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Règles en matière d’héritage : personne décédée n’ayant pas eu d’enfant

Le règlement de la succession d’un défunt sans enfant dépend de l’existence d’un testament ou non. Sans testament, la dévolution dépend de la situation maritale : si la personne décédée était mariée, ses biens vont à ses parents et à son époux (ou épouse) ; si elle n’était pas mariée, ses biens vont à ses parents et à ses frères et sœurs. Avec un testament, elle doit réserver une partie de son patrimoine à son époux ou épouse.

Vue d’ensemble

Ce qu’il faut retenir sur les règles d’héritage lorsque la personne décédée n’a pas eu d’enfant : héritiers, parts, réserve héréditaire, testament et droit de retour.

Ce qu'il faut savoir

  • Si la personne décédée était mariée, ses biens vont à ses parents et à son époux (ou épouse) ; si elle n’était pas mariée, ses biens vont à ses parents et à ses frères et sœurs.
  • Quand la personne décédée n’a pas fait de testament, le règlement de sa succession dépend de sa situation maritale.
  • Quand la personne décédée a fait un testament, elle doit réserver une partie de son patrimoine à son époux ou épouse et peut attribuer la part restante librement.
  • En l’absence d’enfant, c’est l’époux ou épouse de la personne décédée qui est héritier réservataire.
  • La personne décédée doit réserver 1/4 de son patrimoine à son époux ou épouse ; elle peut attribuer librement les 3/4 restants dans son testament.
  • Les parents ont un droit de retour, c’est-à-dire le droit de reprendre les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant avant son décès.

Conditions essentielles

  • La personne décédée n’avait pas d’enfant.
  • La succession est réglée selon la situation maritale du défunt : mariée ou non mariée.
  • Le régime matrimonial par défaut est la communauté réduite aux acquêts ; un contrat de mariage peut modifier la part de l’époux.
  • En cas de testament, la réserve héréditaire de l’époux (1/4 du patrimoine) doit être respectée.

Les étapes

  • Identifier les héritiers : époux ou épouse, parents, frères et sœurs, selon la situation maritale de la personne décédée.
  • Vérifier l’existence d’un testament, qui permet d’attribuer librement la quotité disponible (3/4 du patrimoine) à un héritier ou à un tiers.
  • Appliquer les parts légales : si les 2 parents sont vivants, ils héritent de la moitié en pleine propriété et l’époux (ou les frères et sœurs) de l’autre moitié.
  • Si un parent seulement est vivant, il hérite d’1/4 en pleine propriété ; l’époux hérite des 3/4 ou les frères et sœurs des 3/4.
  • Si les parents sont également décédés, l’époux hérite de toute la succession, ou les frères et sœurs héritent de toute la succession.
  • Saisir un notaire pour le règlement de la succession.

Cette synthèse reprend l’essentiel de la fiche. Les parts détaillées par situation (parents vivants ou décédés, frères et sœurs, réserve et quotité disponible) sont traitées dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des parts par héritier selon la situation maritale et l’existence de frères et sœurs, et pour la réserve héréditaire et le testament, voir les sections suivantes.

Qui sont les héritiers ?

Si la personne décédée était mariée, ses biens vont à ses parents et à son époux (ou épouse). Si la personne décédée n’était pas mariée, ses biens vont à ses parents, et à ses frères et sœurs.

Les parts d’héritage sont attribuées différemment selon que la personne décédée était mariée ou non. Le règlement de la succession est ensuite différent selon que les parents de la personne décédée sont vivants ou décédés.

Les héritiers réservataires sont les héritiers qui ne peuvent pas être exclus de la succession : ils reçoivent obligatoirement une part de l’héritage de la personne décédée. En l’absence d’enfant, c’est l’époux ou épouse de la personne décédée qui est héritier réservataire.

À savoir

  • La part de l’époux ou épouse présentée ici concerne le régime matrimonial de la communauté réduite aux acquêts. Elle pourra être différente si les époux ont conclu un contrat de mariage.

Les demi-frères et demi-sœurs ont les mêmes droits que les frères et sœurs.

Quelle part reçoit chacun des héritiers si la personne décédée était mariée ?

Le règlement de la succession est différent selon que les parents de la personne décédée sont vivants ou décédés.

  • Les 2 parents sont vivants

    Part des parents
    La moitié de la succession en pleine propriété
    Part de l’époux ou de l’épouse
    L’autre moitié de la succession
  • 1 parent est vivant

    Part des parents
    1/4 de la succession en pleine propriété
    Part de l’époux ou de l’épouse
    3/4 de la succession en pleine propriété
  • Les parents sont également décédés

    Part des parents
    —
    Part de l’époux ou de l’épouse
    Toute la succession

La pleine propriété correspond au cumul de l’usufruit et de la nue-propriété : l’héritier dispose pleinement des biens. La moitié ou les 3/4 de la succession désignent la fraction du patrimoine transmise à chaque catégorie d’héritiers.

Règle

Les parents ont un droit de retour, c’est-à-dire le droit de reprendre les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant avant son décès. Ce droit s’exerce en plus de leur part successorale.

Attention : la part de l’époux ou épouse présentée ici concerne le régime matrimonial de la communauté réduite aux acquêts. Elle pourra être différente si les époux ont conclu un contrat de mariage.

Quelle part reçoit chacun des héritiers si la personne décédée n’était pas mariée ?

Le règlement de la succession est différent selon que la personne décédée a ou non des frères et sœurs.

  • La personne décédée a des frères et sœurs — les 2 parents sont vivants

    Part des parents
    La moitié de la succession en pleine propriété
    Part des frères et sœurs
    L’autre moitié de la succession, à parts égales
  • La personne décédée a des frères et sœurs — 1 parent est vivant

    Part des parents
    1/4 de la succession en pleine propriété
    Part des frères et sœurs
    3/4 de la succession en pleine propriété, à parts égales
  • La personne décédée a des frères et sœurs — les parents sont également décédés

    Part des parents
    —
    Part des frères et sœurs
    Toute la succession, à parts égales

La répartition entre frères et sœurs s’effectue à parts égales. Si la personne décédée a 1 frère et 1 sœur, ils auront droit chacun à 1/4 de la succession en pleine propriété (cas des 2 parents vivants), ou à 3/8 chacun (cas d’1 parent vivant), ou à la moitié chacun (cas des parents décédés).

Règle

Les demi-frères et demi-sœurs ont les mêmes droits que les frères et sœurs. Les parents ont un droit de retour, c’est-à-dire le droit de reprendre les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant avant son décès.

La répartition entre frères et sœurs s’effectue à parts égales, quel que soit le nombre de frères et sœurs.

Que se passe-t-il si la personne décédée n’a pas de frères et sœurs ?

Si la personne décédée n’a pas de frères et sœurs, les biens vont à ses ascendants : parents, grands-parents, arrières-grands-parents.

D’abord, la succession est partagée en 2 parts égales qui vont à chaque branche parentale (maternelle et paternelle). Ensuite, les héritiers sont déterminés par branche en allant de la 1ʳᵉ génération aux générations les plus éloignées.

  • S’il n’y a pas d’ascendant vivant, la succession va aux oncles, tantes, cousins et cousines de la personne décédée.
  • S’il n’y a pas d’héritier connu, la succession est déclarée vacante.
  • Si les parents de la personne décédée sont également décédés et qu’elle avait des frères et sœurs, les frères et sœurs héritent de toute la succession, à parts égales.

Les ascendants sont les parents, grands-parents et arrières-grands-parents de la personne décédée. La succession est d’abord partagée en 2 parts égales entre les branches maternelle et paternelle, puis les héritiers sont déterminés par branche, de la 1ʳᵉ génération aux générations les plus éloignées.

Le droit de retour des parents s’applique également dans cette hypothèse : les parents peuvent reprendre les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant avant son décès.

Réserve héréditaire et quotité disponible

Certains héritiers ne peuvent pas être exclus de la succession : il s’agit des héritiers réservataires. Ils reçoivent obligatoirement une part de l’héritage de la personne décédée : c’est la réserve héréditaire.

En l’absence d’enfant, c’est l’époux ou épouse de la personne décédée qui est héritier réservataire. La réserve héréditaire ne représente jamais la totalité de l’héritage de la personne décédée.

La part du patrimoine restant s’appelle la quotité disponible. Elle peut être distribuée librement (au profit d’un héritier ou d’un tiers) par la personne décédée dans son testament.

  • 1/4 du patrimoine

    Destinataire
    Époux ou épouse
    Mode de transmission
    Réserve héréditaire (obligatoire)
  • 3/4 du patrimoine

    Destinataire
    Héritier ou tiers au choix du défunt
    Mode de transmission
    Quotité disponible (libre attribution par testament)

Exemple : la personne décédée a un patrimoine de 200 000 €. Son époux ou épouse recevra 50 000 € (1/4). La personne décédée peut attribuer les 150 000 € restants (3/4) aux personnes de son choix (héritiers ou tiers).

Règle

Si l’époux ou l’épouse n’a pas reçu un lot égal à sa part de réserve, il/elle peut exercer une action en réduction.

À savoir

  • Si l’époux ou épouse n’a pas reçu un lot égal à sa part de réserve, il/elle peut exercer une action en réduction.

Comment le testament organise-t-il la transmission ?

Quand la personne décédée a fait un testament, elle doit réserver une partie de son patrimoine à son époux ou épouse. Elle peut attribuer la part restante librement (à un héritier ou à un tiers).

La réserve héréditaire (1/4 du patrimoine au profit de l’époux) ne peut pas être écartée par le testament. La quotité disponible (les 3/4 restants) peut être attribuée librement, au profit d’un héritier ou d’un tiers.

Le testament est l’acte par lequel la personne décédée organise de son vivant la transmission de son patrimoine. Il permet d’attribuer la quotité disponible à la personne de son choix, dans la limite des parts réservées à l’époux.

Règle

Si l’époux ou l’épouse n’a pas reçu un lot égal à sa part de réserve, il/elle peut exercer une action en réduction pour faire respecter la réserve héréditaire.

À savoir

  • Le testament ne peut pas écartier la réserve héréditaire de l’époux : il ne porte que sur la quotité disponible.

Le notaire peut vous accompagner dans la rédaction du testament et le règlement de la succession.

Qu’est-ce que le droit de retour des parents ?

Les parents ont un droit de retour, c’est-à-dire le droit de reprendre les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant avant son décès.

Le droit de retour s’exerce en plus de la part successorale des parents. Il permet aux parents de reprendre les biens qu’ils avaient transmis à leur enfant, y compris lorsque la succession est dévolue à l’époux ou aux frères et sœurs.

Le droit de retour légal des parents est prévu par le Code civil. Il s’applique dans les successions de personnes décédées sans enfant, lorsque les parents sont appelés à la succession.

Règle

Le droit de retour concerne les biens donnés par les parents à leur enfant avant son décès. Il ne porte pas sur les biens que l’enfant a acquis par d’autres moyens.

À savoir

  • Le droit de retour des parents s’applique dans toutes les situations présentées : personne décédée mariée ou non, avec ou sans frères et sœurs.

Le droit de retour légal des parents est un droit prévu par le Code civil, qui complète la part successorale des parents.

Que se passe-t-il s’il n’y a pas d’héritier connu ?

S’il n’y a pas d’héritier connu, la succession est déclarée vacante.

La déclaration de succession vacante intervient lorsque la recherche d’héritiers n’a pas permis d’identifier de bénéficiaire de la succession (ni époux, ni parents, ni frères et sœurs, ni ascendants, ni oncles/tantes/cousins).

Une succession vacante est une succession ouverte pour laquelle il n’existe aucun héritier acceptant. Les biens sont alors gérés dans les conditions prévues par le Code civil.

Règle

Avant de déclarer la succession vacante, la recherche d’héritiers doit être épuisée : époux, parents, frères et sœurs, ascendants, puis oncles, tantes, cousins et cousines.

À savoir

  • La succession vacante est le dernier recours, lorsque tous les ordres d’héritiers ont été épuisés sans résultat.

Le notaire peut vous accompagner dans les démarches de recherche d’héritiers et, le cas échéant, dans la déclaration de succession vacante.

Où s’adresser ?

Le notaire est l’interlocuteur principal pour le règlement d’une succession et l’accompagnement des héritiers.

Le notaire assiste les héritiers dans le règlement de la succession : identification des héritiers, application des parts légales, respect de la réserve héréditaire, rédaction du testament et déclaration de succession.

  • Notaire : accompagnement dans le règlement de la succession, la rédaction du testament et les démarches auprès des héritiers.
  • Annuaire des notaires : consultez l’annuaire des notaires de France pour trouver un notaire près de chez vous.

À savoir

  • Le notaire peut vous accompagner pour la rédaction du testament comme pour le règlement de la succession après le décès.

Le droit de retour légal des parents et la réserve héréditaire de l’époux sont des règles du Code civil ; le notaire peut vous renseigner sur leur application à votre situation.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Règles en matière d'héritage : personne décédée n'ayant pas eu d'enfant

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

    Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

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