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Recouvrement des charges de copropriété impayées

Tout copropriétaire a l'obligation de participer aux charges communes de l'immeuble. Lorsque les charges ne sont pas payées, le syndic doit mettre en œuvre des démarches de recouvrement, d'abord amiables puis judiciaires, en respectant des formes précises.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur le recouvrement des charges de copropriété impayées : rôle du syndic, étapes amiables puis judiciaires, mesures de sûreté et délai de prescription.

Ce qu'il faut savoir

  • Le recouvrement des charges est de la compétence exclusive du syndic de copropriété : il ne peut pas confier cette tâche à un tiers.
  • Le syndic a un large pouvoir d'initiative et n'a pas besoin de l'autorisation de l'assemblée générale pour engager des actions en recouvrement.
  • Le recouvrement suit un parcours en plusieurs étapes : relance simple, mise en demeure, mesures alternatives (si impayés au maximum 5 000 €), puis saisine du tribunal judiciaire.
  • En cas d'impayés inférieurs ou égaux à 5 000 €, le recours à un conciliateur de justice, un médiateur ou une procédure participative est obligatoire avant tout recours au juge.
  • Des intérêts de retard sont dus au taux légal à compter de la mise en demeure.
  • Le syndic peut opter pour une procédure de recouvrement avec déchéance du terme, permettant d'exiger immédiatement l'arriéré et les provisions futures de l'exercice en cours.
  • Les créances du syndicat sont garanties par une hypothèque légale sur le lot du copropriétaire défaillant.
  • Les charges impayées peuvent être réclamées pendant un délai maximum de 5 ans à compter de leur exigibilité.

Conditions essentielles

  • Avoir constaté un impayé de charges de copropriété (appel de fonds non réglé ou partiellement réglé).
  • Que le syndic ait engagé les relances amiables (relance simple puis mise en demeure).
  • Que les démarches alternatives aient été tentées si l'impayé est inférieur ou égal à 5 000 €.
  • Que le délai de prescription de 5 ans ne soit pas écoulé.

Les étapes

  • Le syndic constate l'impayé et envoie une relance simple (lettre simple et/ou email) rappelant la date de paiement dépassée.
  • À défaut de règlement, le syndic envoie une mise en demeure par voie électronique (ou par LRAR si le copropriétaire l'a demandé).
  • Si l'impayé est au maximum 5 000 €, le syndic saisit un conciliateur de justice, un médiateur ou engage une procédure participative.
  • Si les démarches amiables échouent, le syndic saisit le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble.
  • Le tribunal peut ordonner une injonction de payer, une procédure classique de recouvrement ou une procédure accélérée au fond.
  • Le syndic peut inscrire une hypothèque légale, former une opposition sur le prix de vente ou recourir à une saisie conservatoire.
  • En cas de vente du lot, le syndic peut former une opposition sur le prix de vente entre les mains du notaire.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — charges recouvrables, mise en demeure, déchéance du terme, saisine du juge, mesures de sûreté — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres aux charges recouvrables, à la mise en demeure, à la déchéance du terme, aux mesures alternatives et à la saisine du juge, voir les sections « Quelles charges le syndic peut-il exiger ? », « Envoyer une mise en demeure », « La déchéance du terme », « En cas d'impayés inférieurs ou égaux à 5 000 € : les mesures alternatives » et « En cas d'échec des démarches amiables, recourir au juge ».

Quelles charges le syndic peut-il exiger ?

Les charges de copropriété sont les dépenses de l'immeuble que les copropriétaires doivent payer, chacun à hauteur de sa quote-part. Le recouvrement est de la compétence exclusive du syndic de copropriété.

Le syndic peut exiger le paiement de plusieurs catégories de charges, correspondant aussi bien au fonctionnement courant de la copropriété qu'à des dépenses d'investissement ou de travaux. Ces charges sont appelées périodiquement par des appels de fonds adressés à chaque copropriétaire.

Règle

Le syndic peut exiger le paiement des charges suivantes.

  • Avance constituant la réserve prévue au règlement de copropriété.
  • Provisions du budget prévisionnel (charges courantes de fonctionnement).
  • Provisions pour le fonds de travaux (réservé aux grosses réparations).
  • Provisions pour les travaux de conservation ou d'entretien de l'immeuble, les travaux portant sur les éléments d'équipements communs et les travaux d'amélioration.
  • Provisions pour les études techniques de l'immeuble (diagnostics et consultations).
  • Avances correspondant à l'échéancier prévu dans le plan pluriannuel de travaux (PPT) adopté par l'assemblée générale.
  • Avances décidées en assemblée générale destinées à combler un manque temporaire de trésorerie.
  • Contributions dues au titre de l'emprunt collectif : quote-part de remboursement du prêt, intérêts, frais éventuels de caution, frais et honoraires dus au titre de la mise en œuvre et de la gestion du prêt.

Le syndic dispose d'un large pouvoir d'initiative pour engager les actions en recouvrement : il n'a pas besoin de l'autorisation préalable de l'assemblée générale des copropriétaires.

Envoyer une relance simple

Lorsque le syndic constate qu'un appel de fonds n'a pas été réglé ou a été payé partiellement, il doit d'abord envoyer une relance simple au copropriétaire concerné.

La relance peut être envoyée par lettre simple et/ou par email. Dans cette lettre, il doit être rappelé au copropriétaire que la date de paiement des charges est dépassée. Le syndic peut également l'informer qu'en l'absence de paiement, une tentative de règlement à l'amiable, puis une procédure de recouvrement devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble pourront être engagées.

Règle

La relance simple constitue la première étape du parcours de recouvrement. Elle n'a pas de valeur juridique contraignante, mais elle permet d'informer le copropriétaire de sa situation et de l'inciter au paiement avant toute mesure plus formelle.

Si la relance simple n'a pas de formalisme imposé par la loi, il est recommandé de la conserver (copie de la lettre ou de l'email) afin de constituer un dossier de recouvrement complet en cas d'escalade judiciaire.

Envoyer une mise en demeure

Si la relance simple ne fonctionne pas, le syndic doit envoyer une mise en demeure au copropriétaire défaillant. Il s'agit de l'acte par lequel le syndic demande officiellement à un copropriétaire de régler ses charges impayées dans un délai donné, avant d'engager une procédure judiciaire.

La mise en demeure est envoyée par voie électronique : lettre recommandée électronique ou tout procédé électronique sécurisé, mis en œuvre par un prestataire garantissant l'intégrité, la sécurité et la traçabilité de l'envoi. Par exception, elle peut être envoyée par lettre recommandée avec avis de réception lorsque le copropriétaire a demandé à la recevoir par voie postale.

Règle

Dans le cadre d'une indivision, le syndic doit mettre en demeure tous les coïndivisaires, sauf clause contraire du règlement de copropriété. Si la propriété du lot est démembrée, les charges sont réparties entre l'usufruitier (lorsqu'elles concernent la jouissance du bien) et le nu-propriétaire (lorsqu'elles concernent des dépenses exceptionnelles et gros travaux) : le syndic doit mettre en demeure l'un ou l'autre selon la nature des charges, sauf clause contraire du règlement de copropriété imposant une solidarité entre usufruitier et nu-propriétaire.

  • Nom, prénom et adresse du copropriétaire défaillant.
  • Adresse de la copropriété.
  • Montant des charges impayées, souvent accompagné d'un décompte.
  • Délai dans lequel le copropriétaire défaillant doit régler le montant de ses impayés (par exemple, 15 jours).
  • Sanction en cas de non-paiement.

Les frais de mise en demeure engagés par le syndic sont à la charge du copropriétaire défaillant. Des intérêts de retard sont dus au taux légal à partir de la mise en demeure.

La déchéance du terme

Le syndic peut opter pour une procédure spéciale de recouvrement avec déchéance du terme. Cela signifie que si un copropriétaire ne paie pas un appel de fonds, le syndic peut exiger le règlement immédiat de l'arriéré de charges ainsi que de toutes les sommes futures restantes sur l'exercice en cours, même si leur date d'échéance n'est pas encore arrivée.

Cette règle s'applique aux provisions du budget prévisionnel, aux cotisations au fonds de travaux ou aux dépenses non comprises dans le budget prévisionnel. La déchéance du terme permet à la copropriété d'obtenir immédiatement le paiement de l'intégralité de la dette de l'exercice en cours, et pas seulement de la tranche déjà échue.

Règle

Ces sommes deviennent exigibles si, après la mise en demeure, le copropriétaire ne règle pas sa dette dans un délai de 30 jours.

  • Nom, prénom et adresse du copropriétaire défaillant.
  • Adresse de la copropriété.
  • Nature et montant des provisions réclamées (budget prévisionnel, dépenses pour travaux non comprises dans ce budget et cotisations fonds travaux).
  • Délai de 30 jours dans lequel le copropriétaire défaillant doit régler le montant de ses impayés.
  • Contenu de l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965.
  • Sanction encourue d'exigibilité immédiate des provisions futures.

La déchéance du terme constitue une sanction contractuelle prévue par la loi : elle permet à la copropriété de ne pas subir les conséquences d'un impayé prolongé sur la trésorerie de l'exercice en cours.

En cas d'impayés inférieurs ou égaux à 5 000 € : les mesures alternatives

En cas d'impayés de charges inférieur ou égal à 5 000 €, le syndic doit faire appel à une mesure alternative de règlement des conflits avant de saisir le juge.

Le syndic peut recourir à un conciliateur de justice (démarche gratuite), à un médiateur (démarche payante) ou à une procédure participative (démarche payante avec recours à un avocat) pour trouver une solution négociée au litige.

Règle

Ce recours est obligatoire avant de faire un recours devant le juge. La mesure alternative permet de résoudre le conflit sans engager de procédure judiciaire, souvent plus rapide et moins coûteuse.

Pour les créances dont le montant est inférieur à 5 000 €, il est également possible de mettre en œuvre une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances. Cette procédure est mise en œuvre par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur). En cas d'accord entre les parties (syndicat des copropriétaires et copropriétaire défaillant) sur le montant et les conditions de paiement de la dette, la copropriété obtient un titre exécutoire qui a la même valeur qu'un jugement. En l'absence d'accord, il faudra saisir le juge.

En cas d'échec des démarches amiables, recourir au juge

Si le copropriétaire défaillant n'a pas réagi aux relances amiables dans les délais donnés, ou si aucun accord amiable de remboursement de la dette n'a pu être trouvé, le syndic doit saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble.

Pour recouvrer la dette d'un copropriétaire défaillant, le syndic peut engager différentes procédures en fonction du montant des charges impayées et de la situation financière de la copropriété. Le montant du litige et la stratégie des dossiers peuvent nécessiter l'accompagnement d'un avocat.

Règle

Le syndic peut ainsi choisir de mettre en œuvre l'une des procédures suivantes.

  • Une injonction de payer : procédure simplifiée permettant d'obtenir un titre exécutoire sans audience, si le copropriétaire ne s'oppose pas à la demande.
  • Une procédure classique de recouvrement : permettant d'obtenir le règlement de toutes les charges dues au jour de l'assignation ou de l'audience de plaidoiries.
  • Une procédure spéciale dite accélérée au fond : permettant d'obtenir le règlement de l'arriéré de charges et de toutes les provisions de l'exercice devenues exigibles (y compris les provisions futures, en cas de déchéance du terme).

Le copropriétaire défaillant peut également être condamné à payer des dommages et intérêts s'il a causé un préjudice au syndicat des copropriétaires. Ce dommage doit être différent du simple retard : c'est le cas, par exemple, de l'impossibilité de réaliser des travaux nécessaires ou d'un déficit de trésorerie persistant.

Saisir les biens du copropriétaire défaillant

Toute créance du syndicat des copropriétaires à l'encontre du copropriétaire défaillant est garantie par une hypothèque légale, qui permet à la copropriété de bénéficier d'un droit de préférence (être payé en priorité) en cas de vente amiable ou de saisie immobilière du lot de copropriété.

Le syndic peut faire inscrire cette hypothèque au profit du syndicat sans autorisation préalable de l'assemblée générale des copropriétaires. L'inscription est faite lorsque le copropriétaire défaillant n'a pas réglé ses charges après la mise en demeure. Le syndic peut également en accepter la mainlevée et, si la dette est entièrement payée, en demander l'annulation.

Règle

En outre, le syndicat des copropriétaires a une hypothèque légale spéciale sur le lot du copropriétaire débiteur. Cette garantie permet au syndicat d'assurer le paiement de sa créance, notamment en cas de vente du lot.

  • Hypothèque légale : droit de préférence sur le lot, inscrit sans autorisation de l'assemblée générale.
  • Opposition sur le prix de vente : lorsque le copropriétaire débiteur vend son lot, le syndic peut former une opposition entre les mains du notaire pour bloquer tout ou partie du prix de vente et obtenir le règlement des sommes dues avant que le vendeur ne perçoive le solde.
  • Saisie conservatoire : le syndic peut recourir à une mesure de saisie conservatoire pour saisir les meubles du copropriétaire défaillant.

Le syndic n'a pas à obtenir l'autorisation préalable du juge pour engager une mesure de saisie conservatoire ou une mesure de sûreté judiciaire (par exemple, hypothèque) à l'encontre du copropriétaire défaillant.

Le délai de recouvrement des charges impayées

Les charges de copropriété impayées peuvent être réclamées pendant un délai maximum de 5 ans.

Cela signifie que la copropriété dispose de 5 ans à compter de l'exigibilité des sommes pour engager une action en recouvrement. Passé ce délai, la dette est en principe prescrite, c'est-à-dire qu'elle ne peut plus être exigée en justice.

Règle

Le point de départ du délai est la date d'exigibilité de la charge, c'est-à-dire la date à laquelle elle devait être payée en vertu de l'appel de fonds. Chaque impayé est apprécié individuellement : un appel de fonds antérieur de plus de 5 ans ne peut plus être réclamé, même si des appels plus récents restent impayés.

La prescription est une cause d'extinction de la dette : au-delà de 5 ans, le syndicat ne peut plus obtenir le paiement en justice. Il est donc essentiel pour le syndic d'engager les actions de recouvrement dans les délais.

Questions fréquentes

Les questions les plus fréquemment posées sur le recouvrement des charges de copropriété impayées.

Qui peut engager le recouvrement des charges impayées ?
Le recouvrement des charges est de la compétence exclusive du syndic de copropriété. Il ne peut pas confier cette tâche à un tiers. Le syndic a un large pouvoir d'initiative et n'a pas besoin de l'autorisation de l'assemblée générale pour engager des actions en recouvrement.
Quelle est la différence entre une relance simple et une mise en demeure ?
La relance simple est une première démarche amiable (lettre simple et/ou email) rappelant que la date de paiement est dépassée. La mise en demeure est un acte plus formel, envoyé par voie électronique (ou LRAR sur demande), demandant officiellement le règlement dans un délai donné avant toute procédure judiciaire. Seule la mise en demeure fait courir les intérêts de retard au taux légal.
Que se passe-t-il si je ne paie pas mes charges de copropriété ?
En cas d'impayé, le syndic envoie d'abord une relance simple, puis une mise en demeure. Si l'impayé est au maximum 5 000 €, une mesure alternative (conciliateur, médiateur, procédure participative) est obligatoire avant tout recours au juge. Sinon, le syndic peut saisir le tribunal judiciaire. Des intérêts de retard sont dus au taux légal, et le syndic peut inscrire une hypothèque sur votre lot.
Qu'est-ce que la déchéance du terme ?
La déchéance du terme permet au syndic d'exiger le règlement immédiat de l'arriéré de charges et de toutes les sommes futures restantes sur l'exercice en cours, même si leur date d'échéance n'est pas encore arrivée. Elle s'applique si, après la mise en demeure, le copropriétaire ne règle pas sa dette dans un délai de 30 jours.
Combien de temps peut-on réclamer des charges impayées ?
Les charges de copropriété impayées peuvent être réclamées pendant un délai maximum de 5 ans à compter de leur exigibilité. Passé ce délai, la dette est en principe prescrite et ne peut plus être exigée en justice.
Quelles mesures de sûreté le syndic peut-il prendre ?
Le syndic peut inscrire une hypothèque légale sur le lot du copropriétaire défaillant (sans autorisation de l'assemblée générale), former une opposition sur le prix de vente entre les mains du notaire en cas de vente du lot, ou recourir à une saisie conservatoire des meubles. Il n'a pas besoin de l'autorisation préalable du juge pour ces mesures.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Recouvrement des charges de copropriété impayées

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de recouvrement des charges de copropriété sont fixées par la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre syndic, de votre Adil ou d'un conseiller juridique.

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