Vue d'ensemble
Un habitat menaçant ruine est un logement dont la solidité n'est plus assurée, présentant un risque pour la sécurité des personnes. Le maire dispose de pouvoirs étendus pour faire cesser le danger.
Ce qu'il faut savoir
- Il y a péril lorsque les murs, bâtiments ou édifices n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des personnes.
- Toute personne ayant connaissance de faits révélant une situation de péril doit le signaler au maire.
- Le maire peut faire procéder à des visites entre 6h et 21h pour évaluer les risques.
- Un rapport de la situation est établi et mis à disposition du propriétaire, qui peut présenter ses observations pendant au moins 1 mois.
- Le maire peut prendre un arrêté de mise en sécurité prescrivant des mesures de réparation, de démolition ou d'interdiction d'habiter.
- En cas de non-exécution des mesures, une astreinte peut être prononcée (maximum 1 000 € par jour de retard) et le maire peut faire exécuter les travaux d'office.
- L'interdiction définitive d'habiter ne peut être décidée que s'il n'existe aucun moyen technique de remédier à la situation.
Conditions essentielles
- La solidité du bâtiment n'est plus assurée et présente un risque pour la sécurité.
- Le maire doit respecter une procédure contradictoire avant de prendre l'arrêté de mise en sécurité.
- Le délai d'exécution des mesures ne peut pas être inférieur à 1 mois à partir de la notification de l'arrêté.
- L'interdiction définitive d'habiter nécessite l'absence de moyen technique de remédier au péril ou un coût supérieur à la reconstruction.
Les étapes
- Signaler la situation de péril au maire.
- Le maire fait procéder à des visites pour évaluer les risques.
- Les services municipaux établissent un rapport de la situation.
- Le propriétaire présente ses observations (délai minimum 1 mois).
- Le maire prend un arrêté de mise en sécurité après procédure contradictoire.
- Les mesures prescrites sont exécutées dans le délai fixé (minimum 1 mois).
- Le maire constate la réalisation des mesures et prend un arrêté de mainlevée.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — procédure contradictoire, hébergement, astreinte, mainlevée — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux mesures prescrites, à l'hébergement et aux conséquences de la non-exécution, voir les sections « Quelles mesures peuvent être prescrites ? », « Hébergement et relogement des occupants » et « Que se passe-t-il en cas de non-exécution des mesures ? ».
Qu'est-ce qu'un habitat menaçant ruine ?
Il y a péril lorsque les murs, bâtiments ou édifices n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des personnes.
Le péril peut affecter l'ensemble d'un bâtiment ou certaines de ses parties. Il peut être dû à la vétusté, à des désordres structurels, à des travaux mal exécutés ou à tout autre facteur compromettant la solidité de l'ouvrage. La constatation du péril relève du maire, qui s'appuie sur les services municipaux ou intercommunaux compétents.
Règle
Le maire ou le président de l'EPCI (établissement public de coopération intercommunale) intervient pour protéger la sécurité et la santé des personnes en prenant des mesures pour remédier à la situation de péril. Il dispose de pouvoirs étendus, allant de la réparation à la démolition du bien.
Le péril doit être distingué de l'insalubrité, qui concerne des conditions d'hygiène ou de salubrité défavorables à la santé. Les deux situations peuvent toutefois coexister dans un même logement.
Qui peut signaler une situation de péril ?
Toute personne ayant connaissance de faits révélant une situation de péril doit le signaler au maire ou au président de l'EPCI par tous moyens.
Le signalement peut être fait par courrier, en se présentant en mairie, par téléphone ou par tout autre moyen. Le signalement est anonyme, mais il permet au maire d'engager les démarches nécessaires pour évaluer la situation et protéger les personnes.
Règle
Le maire ou le président de l'EPCI intervient pour protéger la sécurité et la santé des personnes en prenant des mesures pour remédier à la situation de péril. L'intervention du maire est obligatoire dès qu'il a connaissance d'une situation de péril.
Les voisins, les occupants, les services sociaux, les pompiers ou toute autre personne peuvent effectuer ce signalement. Il n'est pas nécessaire d'être propriétaire ou locataire du bien concerné.
Comment la situation de péril est-elle constatée ?
La situation de péril est constatée par l'intervention des services municipaux ou intercommunaux compétents. Le maire peut faire procéder à toutes visites qui lui paraissent utiles pour évaluer les risques de péril.
Lorsque les lieux sont à usage total ou partiel d'habitation, les visites ne peuvent être faites qu'entre 6 heures et 21 heures. Si l'occupant s'oppose à la visite ou que la personne ayant qualité pour autoriser l'accès n'a pas pu être contactée, il est nécessaire d'obtenir l'autorisation du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble.
Règle
Les services municipaux ou intercommunaux établissent un rapport de la situation. Ce rapport est mis à disposition de la personne qui devra exécuter les mesures pour remédier à la situation de péril, c'est-à-dire le propriétaire ou le titulaire de droits réels immobiliers. Ce dernier peut présenter ses observations dans un délai qui ne peut pas être inférieur à 1 mois.
Lorsque les désordres concernent les seules parties communes d'un immeuble en copropriété, l'information sur la mise à disposition du rapport est faite au syndicat des copropriétaires pris en la personne du syndic. Le syndic transmet immédiatement cette information aux copropriétaires. Le syndic peut présenter ses observations dans un délai qui ne peut pas être inférieur à 2 mois.
Qu'est-ce que l'arrêté de mise en sécurité ?
L'arrêté de mise en sécurité est un acte pris par le maire à l'issue d'une procédure contradictoire, prescrivant les mesures nécessaires pour faire cesser le danger présenté par un bâtiment menaçant ruine.
Avant de prendre l'arrêté, le maire informe la personne qui devra exécuter les mesures de la mise en place de la procédure contradictoire. Il informe également les occupants, par courrier, remise contre signature ou affichage sur la façade de l'immeuble. Lorsque l'immeuble est en copropriété, la procédure est faite avec le syndicat des copropriétaires représenté par le syndic, qui en informe immédiatement les copropriétaires et les occupants.
Règle
L'arrêté mentionne le délai dans lequel les mesures devront être réalisées (ce délai ne peut pas être inférieur à 1 mois à partir de la notification de l'arrêté) et les conséquences en cas de non-exécution des mesures (paiement d'une astreinte par jour de retard, exécution d'office des travaux aux frais de la personne qui doit exécuter les mesures). L'arrêté est notifié à la personne tenue d'exécuter les mesures. Si l'adresse n'est pas connue, la notification est affichée à la mairie et sur la façade de l'immeuble.
À la demande du maire, l'arrêté est publié au fichier immobilier ou au livre foncier dont dépend le bien.
Quelles mesures peuvent être prescrites ?
Selon les circonstances, le maire peut prescrire l'exécution de plusieurs types de mesures pour remédier à la situation de péril. La mesure la moins contraignante est privilégiée.
Les mesures possibles sont : la réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation (comprenant, si nécessaire, des mesures pour préserver la solidité des bâtiments mitoyens) ; la démolition de tout ou partie de l'immeuble (la démolition ne peut être décidée que s'il n'existe aucun moyen technique de remédier à la situation de péril ou lorsque les mesures nécessaires à la remise aux normes du bien seraient plus coûteuses que sa reconstruction) ; la cessation de la mise à disposition du local ou de l'installation à des fins d'habitation ; l'interdiction d'habiter, d'utiliser ou d'accéder aux lieux, temporairement ou définitivement (l'interdiction définitive ne peut être décidée que s'il n'existe aucun moyen technique de remédier à la situation de péril ou lorsque les mesures nécessaires à la remise aux normes du bien seraient plus coûteuses que sa reconstruction).
Règle
En cas de danger imminent (constaté par un expert désigné par le tribunal administratif, qui se prononce dans un délai de 24 heures), le maire peut ordonner, par arrêté, et sans procédure contradictoire préalable, les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'il fixe. Lorsqu'aucune autre mesure ne permet d'écarter le danger, le maire peut faire procéder à la démolition complète du bien, sur autorisation du président du tribunal judiciaire statuant en référé.
L'arrêté de mise en sécurité est publié au fichier immobilier ou au livre foncier dont dépend le bien, à la demande du maire.
Hébergement et relogement des occupants
L'arrêté de mise en sécurité entraîne des conséquences à l'égard des locataires ou occupants en place. Les obligations de la personne tenue d'exécuter les mesures diffèrent selon que l'interdiction d'habiter est temporaire ou définitive.
En cas d'interdiction temporaire, la personne tenue d'exécuter les mesures doit assurer l'hébergement décent des occupants correspondant à leurs besoins et possibilités. L'hébergement doit être assuré jusqu'à la fin des travaux. À la fin des travaux, le maire doit assurer le relogement des occupants dans leur ancien logement. En cas d'interdiction définitive, la personne tenue d'exécuter les mesures doit assurer le relogement des occupants et verser une indemnité égale à 3 mois de leur nouveau loyer pour couvrir leurs frais de réinstallation.
Règle
À partir de la notification de l'arrêté de mise en sécurité, les locaux vacants ne peuvent pas être loués ou mis à disposition ou occupés pour quelque usage que ce soit. Lorsque l'arrêté comporte une interdiction définitive d'habiter et d'utiliser les lieux, les baux et contrats d'occupation poursuivent leurs effets, mais le loyer cesse d'être dû à partir du 1er jour du mois qui suit la notification de l'arrêté de mise en sécurité.
Si un occupant refuse 3 offres de relogement, la personne tenue d'exécuter les mesures peut saisir le tribunal judiciaire pour demander la résiliation du bail ou du droit d'occupation et l'autorisation d'expulser l'occupant. Les occupants restés dans les lieux faute d'avoir reçu une offre de relogement correspondant à leurs besoins sont des occupants de bonne foi qui ne peuvent pas être expulsés.
Que se passe-t-il en cas de non-exécution des mesures ?
La personne qui était tenue de réaliser les mesures doit payer une astreinte. Le maire peut également faire procéder à l'exécution d'office des mesures. Le maire doit motiver sa décision pour pouvoir intervenir à la place de la personne défaillante.
Le montant de l'astreinte est fixé par arrêté du maire. Son montant ne peut pas dépasser 1 000 € par jour de retard. Pour fixer le montant de l'astreinte, le maire tient compte de l'ampleur des mesures prescrites et des conséquences de leur non-exécution. L'astreinte est due à partir de la date de notification de l'arrêté la prononçant et jusqu'à la complète exécution des mesures prescrites. Le recouvrement des sommes est engagé à la fin de chaque trimestre.
Règle
Lorsque l'arrêté concerne les seules parties communes d'un immeuble en copropriété, ce sont les copropriétaires qui sont redevables du paiement de l'astreinte. Lorsque l'arrêté concerne un immeuble en indivision, ce sont les indivisaires qui doivent payer solidairement l'astreinte. Le maire peut décider d'exonérer totalement ou partiellement la personne tenue d'exécuter les mesures s'il est établi qu'elle était dans l'impossibilité de les exécuter intégralement.
Si l'immeuble est en copropriété et si l'inexécution des mesures est due à la défaillance de certains copropriétaires, le maire peut se substituer à eux pour les sommes exigibles. La défaillance est caractérisée si, après avoir été mis en demeure par le syndic, les copropriétaires n'ont pas répondu aux appels de fonds dans le délai de 15 jours.
Comment la mise en sécurité peut-elle prendre fin ?
C'est le maire qui constate la réalisation des mesures prescrites et leur date d'achèvement. Le maire prend un arrêté de mainlevée lorsque les mesures ont été exécutées dans le délai fixé.
L'arrêté de mainlevée est notifié à la personne qui a exécuté les mesures. Cet arrêté est publié au fichier immobilier ou au livre foncier dont dépend le bien. Si les mesures ont mis fin durablement au danger, le maire prend acte de leur réalisation et de la date d'achèvement.
Règle
Si les mesures indispensable n'ont pas été exécutées dans le délai, le maire les fait exécuter d'office aux frais de la personne qui était tenue de les exécuter. Le maire peut également décider de faire procéder à la démolition du bien s'il a été autorisé par jugement du président du tribunal judiciaire statuant en référé.
La personne tenue d'exécuter les mesures doit informer le maire de leur réalisation pour que soit mis fin à l'application de l'astreinte. L'arrêté de mainlevée met fin aux restrictions d'occupation et aux obligations de la personne tenue d'exécuter les mesures.
Textes applicables
- Code de la construction et de l'habitation : articles L.511-1 à L.511-22Texte légal
- Code de la construction et de l'habitation : articles R.511-1 à R.511-13Texte légal
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtisLégifrance
- Code civil : articles 815 à 815-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Habitat menaçant ruine (en péril)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les procédures relatives aux habitats menaçant ruine sont encadrées par le Code de la construction et de l'habitation. Vérifier les dernières évolutions auprès de la mairie ou d'un conseiller juridique.
