Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur les travaux à la charge du propriétaire pendant le bail : nature des travaux, formalisme de la notification, obligation de payer le loyer et recours du locataire.
Ce qu'il faut savoir
- Durant toute la durée du bail, le propriétaire doit faire tous les travaux qui ne sont pas à la charge du locataire (c'est-à-dire tous les travaux qui ne sont pas des réparations locatives).
- Sont notamment concernés : travaux d'amélioration dans les parties communes ou privatives, travaux de maintien en l'état et d'entretien normal, travaux de performance énergétique, travaux pour respecter les critères d'un logement décent, entretien des toitures et façades végétalisées.
- Avant le début des travaux, le propriétaire doit envoyer une notification au locataire (lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en mains propres).
- Même si le propriétaire ne fait pas les travaux qu'il doit faire, le locataire doit continuer à payer le loyer : il ne peut pas se faire justice lui-même.
- Si les travaux durent plus de 21 jours, le propriétaire doit accorder au locataire une baisse de loyer proportionnelle à la durée des travaux.
- Le locataire doit permettre l'accès à son logement pour les travaux, mais il n'est pas obligé d'en permettre l'accès les samedis, dimanches et jours fériés.
- Si le propriétaire ne fait pas les travaux, le locataire doit l'avertir, puis le mettre en demeure par lettre recommandée, puis saisir la commission départementale de conciliation ou le conciliateur de justice avant de saisir le juge.
- Si le litige est inférieur ou égal à 5 000 €, l'étape de conciliation est obligatoire avant de saisir le juge.
Conditions essentielles
- Les travaux doivent être à la charge du propriétaire (hors réparations locatives, hors faute du locataire).
- Le propriétaire doit envoyer une notification préalable au locataire précisant la nature et les modalités des travaux.
- Le locataire doit permettre l'accès au logement (hors samedis, dimanches et jours fériés).
- Si les travaux durent plus de 21 jours, le propriétaire doit accorder une baisse de loyer proportionnelle.
- En cas de litige, le locataire doit suivre la procédure : avertissement, mise en demeure, conciliation (obligatoire si au maximum 5 000 €), puis juge.
Les étapes
- Vérifier que les réparations ne font pas partie des réparations locatives (à la charge du locataire).
- Le propriétaire envoie la notification de travaux (lettre recommandée ou mains propres).
- Le locataire permet l'accès au logement pour la préparation et la réalisation des travaux.
- Si les travaux durent plus de 21 jours, le locataire demande une baisse de loyer proportionnelle.
- En cas de travaux non réalisés par le propriétaire : le locataire l'avertit du problème.
- Le locataire met le propriétaire en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.
- À défaut d'accord 2 mois après, le locataire saisit la commission départementale de conciliation ou le conciliateur de justice.
- Le locataire saisit ensuite le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — liste des travaux, modalités de la notification, recours pendant les travaux, clause travaux — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour la liste des travaux à la charge du propriétaire et les exceptions (vétusté, force majeure, faute du locataire), voir « Quels travaux sont à la charge du propriétaire ? ». Pour la procédure en cas de travaux non réalisés, voir « Que faire si le propriétaire ne fait pas les travaux ? ».
Quels travaux sont à la charge du propriétaire ?
Durant toute la durée du bail, le propriétaire doit faire tous les travaux qui ne sont pas à la charge du locataire, c'est-à-dire tous les travaux qui ne sont pas des réparations locatives.
Durant toute la durée du bail, le propriétaire doit faire tous les travaux qui ne sont pas à la charge du locataire, c'est-à-dire tous les travaux qui ne sont pas des réparations locatives.
Les travaux à la charge du propriétaire comprennent notamment : - les travaux d'amélioration dans les parties communes ou privatives du même immeuble (par exemple, installation d'un digicode) ; - les travaux nécessaires au maintien en l'état et à l'entretien normal du logement (par exemple, volet défectueux) ; - les travaux d'amélioration de la performance énergétique du logement (travaux d'isolation) ; - les travaux pour respecter les critères d'un logement décent ; - l'entretien des toitures et façades végétalisées. Cette obligation découle de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs (article 6) et du Code civil (articles 1714 à 1751-1 et article 1755 sur les réparations locatives).
Règle
Trois exceptions à l'obligation du propriétaire : (1) cette obligation ne s'applique pas lorsque les travaux sont rendus nécessaires par la faute du locataire ; (2) lorsque les réparations sont occasionnées par la vétusté ou la force majeure, les réparations locatives sont à la charge du propriétaire ; (3) le locataire peut faire des travaux de rénovation énergétique du logement à ses frais, à la condition d'en avoir informé préalablement le propriétaire.
- Travaux d'amélioration dans les parties communes ou privatives du même immeuble (digicode, etc.).
- Travaux de maintien en l'état et d'entretien normal du logement (volet défectueux, etc.).
- Travaux d'amélioration de la performance énergétique (isolation, etc.).
- Travaux de mise en conformité avec les critères d'un logement décent.
- Entretien des toitures et façades végétalisées.
Les réparations locatives (petites réparations assimilées à l'entretien courant) restent à la charge du locataire. En cas de doute sur la nature d'une réparation, vérifiez la liste des réparations locatives (décret n° 87-712 du 26 août 1987) ou consultez votre Adil. Les réparations occasionnées par la vétusté ou la force majeure incombent au propriétaire, même s'il s'agit de réparations locatives.
Que doit faire le propriétaire avant d'engager les travaux ?
Avant le début des travaux, le propriétaire doit prévenir le locataire en lui envoyant une notification par lettre recommandée avec accusé de réception ou en la lui remettant en mains propres.
Avant le début des travaux, le propriétaire doit prévenir le locataire. Pour cela, il doit lui envoyer une notification par lettre recommandée avec accusé de réception ou la lui remettre en mains propres.
La notification doit préciser la nature des travaux (amélioration recherchée, caractère d'urgence, performance énergétique prévue...) et la façon dont ils vont être faits (date de début, durée, nécessité d'accès...). Ce formalisme permet au locataire d'anticiper les désagréments liés aux travaux et de vérifier que les travaux prévus sont bien à la charge du propriétaire. Le locataire doit permettre l'accès à son logement pour la préparation et la réalisation des travaux qui sont à la charge du propriétaire. Toutefois, le locataire n'est pas obligé d'en permettre l'accès les samedis, les dimanches et les jours fériés.
Règle
Si les travaux durent plus de 21 jours, le propriétaire doit accorder au locataire une baisse de loyer proportionnelle à la durée des travaux.
La notification est une formalité obligatoire : en son absence, le locataire peut contester les conditions de réalisation des travaux et saisir le juge des contentieux de la protection (voir section « Recours du locataire pendant les travaux du propriétaire »).
Que faire si le propriétaire ne fait pas les travaux ?
Si le propriétaire ne fait pas les travaux dont il a la charge, le locataire doit suivre une procédure progressive : avertissement, mise en demeure, conciliation, puis saisine du juge. En aucun cas, le locataire ne peut se faire justice lui-même ni cesser de payer le loyer.
Même si le propriétaire ne fait pas les travaux qu'il doit faire, le locataire doit continuer à payer le loyer. Le locataire ne peut pas se faire justice lui-même : faire grève du loyer expose le bail à être résilié.
Lorsque le propriétaire ne fait pas les travaux dont il a la charge et qu'un dommage apparaît, le locataire doit en avertir le propriétaire. Si, malgré cet avertissement, le propriétaire ne fait pas le nécessaire, le locataire doit le mettre en demeure d'exécuter ses obligations, en lui envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception (un modèle de document est disponible). Si, 2 mois après l'envoi de cette lettre, le propriétaire et le locataire ne sont pas parvenus à un accord, ou si le propriétaire n'a pas répondu, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation (CDC) ou le conciliateur de justice, avant de saisir le juge. Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement. Cette étape de conciliation est obligatoire pour pouvoir ensuite saisir le juge lorsque le litige est inférieur ou égal à 5 000 €.
Règle
Si le juge estime que les travaux font partie des obligations du propriétaire, il peut : (1) contraindre le propriétaire à faire les travaux, ou (2) autoriser le locataire à faire les travaux et charger le propriétaire de rembourser le locataire. Le juge peut en outre accorder au locataire des dommages et intérêts pour trouble de jouissance.
- Vérifier que les réparations ne font pas partie des réparations locatives (à la charge du locataire).
- Alerter le propriétaire du problème rencontré (lettre simple ou recommandée).
- Mettre le propriétaire en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.
- Attendre 2 mois après l'envoi de la mise en demeure.
- Saisir la commission départementale de conciliation ou le conciliateur de justice.
- Saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement (en dernier recours).
Idée reçue : le locataire n'a pas le droit d'arrêter de payer le loyer si le propriétaire ne fait pas les travaux. Le non-paiement du loyer expose le bail à résiliation. La voie est la procédure progressive décrite ci-dessus, qui se termine éventuellement par la saisine du juge.
Recours du locataire pendant les travaux du propriétaire
Pendant la réalisation des travaux par le propriétaire, le locataire dispose de plusieurs recours : baisse de loyer si les travaux durent plus de 21 jours, interruption ou interdiction des travaux dans certains cas, voire résiliation du bail.
Le locataire dispose de recours devant le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement dans plusieurs situations : refus de baisse de loyer pour des travaux de plus de 21 jours, travaux abusifs, vexatoires ou non conformes à la notification, travaux rendant l'utilisation du logement impossible ou dangereuse, réparations urgentes rendant le logement inhabitable.
Les recours du locataire sont les suivants : - Travaux de plus de 21 jours : si le propriétaire refuse d'accorder une baisse de loyer proportionnelle à la durée des travaux, le locataire peut faire appel au juge des contentieux de la protection. - Travaux abusifs, vexatoires ou non conformes : si les travaux, ou leurs conditions de réalisation, ont un caractère abusif ou vexatoire, ou ne sont pas conformes aux conditions indiquées dans la notification, le locataire peut demander au juge d'interrompre ou d'interdire les travaux faits. - Utilisation impossible ou dangereuse : lorsque l'exécution des travaux rend l'utilisation du logement impossible ou dangereuse, le locataire peut demander au juge d'interrompre ou d'interdire les travaux. - Réparations urgentes rendant le logement inhabitable : lorsque des réparations sont urgentes (par exemple, chauffe-eau en hiver) et que les travaux rendent le logement inhabitable, le locataire peut demander au juge de prononcer la résiliation du bail.
Règle
Dans tous les cas, si le montant du litige est inférieur ou égal à 5 000 €, le locataire doit obligatoirement tenter une conciliation, une médiation ou une procédure participative avant de saisir le juge.
Le recours au juge des contentieux de la protection est le même dans toutes ces situations : c'est le tribunal dont dépend le logement qui est compétent. La tentative de conciliation préalable est obligatoire pour les litiges jusqu'à 5 000 €.
La clause travaux dans le bail
Lorsque le logement n'est pas en bon état d'usage à l'entrée dans les lieux, le locataire et le propriétaire peuvent convenir que le locataire se charge des travaux, aux frais du propriétaire, via une clause travaux inscrite dans le bail.
Lorsque le logement n'est pas en bon état d'usage à l'entrée dans les lieux du locataire, le locataire et le propriétaire peuvent convenir ensemble que le locataire se charge des travaux ou réparations nécessaires, aux frais du propriétaire. Pour cela, le bail d'habitation ou le bail mobilité doit contenir une clause travaux.
La clause travaux est une stipulation contractuelle par laquelle le locataire s'engage à réaliser des travaux ou réparations nécessaires à la remise en état du logement, en contrepartie d'une réduction temporaire du loyer. Cette clause est facultative : elle suppose l'accord des deux parties. La clause travaux doit contenir toutes les informations suivantes : - la nature des travaux que le locataire fait ou fait faire ; - la manière dont le montant des travaux sera déduit du loyer ; - la durée de cette réduction temporaire du loyer ; - en cas de départ anticipé du locataire, la façon dont il sera dédommagé des dépenses qu'il a faites (le locataire doit apporter au propriétaire la preuve des dépenses qu'il a faites).
Règle
Les travaux ou réparations faites par le locataire dans le cadre de la clause travaux ne doivent pas être liés à la décence du logement. La clause ne peut donc pas exonérer le propriétaire de son obligation de fournir un logement décent.
La clause travaux est encadrée par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent et par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 sur l'état des lieux et la vétusté. Pour plus de sécurité, faites relire la clause par un professionnel (notaire, avocat, Adil).
Où s'adresser et ressources
Pour des informations sur les travaux à la charge du propriétaire ou du locataire, vous pouvez contacter l'Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil) de votre département. En cas de litige, les interlocuteurs sont la commission départementale de conciliation, le conciliateur de justice et le juge des contentieux de la protection.
L'Adil (Agence départementale pour l'information sur le logement) de votre département peut vous informer sur les règles relatives aux travaux dans le bail d'habitation. En cas de litige, la commission départementale de conciliation ou le conciliateur de justice peuvent être saisis avant le juge.
Les interlocuteurs disponibles sont : - Adil : site officiel anil.org (rubrique « votre Adil ») et outil de recherche d'interlocuteur sur Service-Public.gouv.fr. L'Adil offre un service de conseil gratuit sur le logement locatif. - Commission départementale de conciliation (CDC) : instance paritaire chargée de concilier les litiges entre propriétaires et locataires. Elle doit être saisie avant le juge lorsque le litige est au maximum 5 000 €. - Conciliateur de justice : alternative à la CDC pour la conciliation. - Juge des contentieux de la protection : tribunal dont dépend le logement, compétent pour les litiges locatifs. - Inc-conso : formulaire en ligne « Réclamer au propriétaire de faire les grosses réparations qui sont à sa charge ».
Règle
La saisine de la CDC ou du conciliateur de justice est obligatoire avant de saisir le juge lorsque le litige est inférieur ou égal à 5 000 €. Au-delà, le locataire peut saisir directement le juge des contentieux de la protection.
- Adil : anil.org — annuaire des Adil ; Service-Public.gouv.fr — trouver votre Adil près de chez vous.
- Commission départementale de conciliation : saisine obligatoire si litige au maximum 5 000 €.
- Conciliateur de justice : alternative à la CDC.
- Juge des contentieux de la protection : tribunal dont dépend le logement.
- Inc-conso : formulaire de réclamation en ligne pour les grosses réparations.
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent : les montants, seuils et procédures peuvent évoluer ; vérifiez les dernières évolutions auprès de votre Adil ou d'un conseiller juridique.
Textes applicables
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : article 6 (Légifrance)Disposition législative
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : article 7 (Légifrance)Disposition législative
- Code civil : article 1755 — réparations locatives (Légifrance)Disposition législative
- Code civil : articles 1714 à 1751-1 — le bail (Légifrance)Disposition législative
- Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 — logement décent (Légifrance)Texte réglementaire
- Décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 — état des lieux et vétusté (Légifrance)Texte réglementaire
- Décret n° 2016-1282 du 29 septembre 2016 — travaux d'adaptation aux personnes handicapées (Légifrance)Texte réglementaire
- Décret n° 2022-1026 du 20 juillet 2022 — travaux de rénovation énergétique (Légifrance)Texte réglementaire
- Réponse ministérielle du 9 novembre 2018 sur l'entretien des toitures et des façades végétaliséesAssemblée nationale
- Réponse ministérielle du 6 avril 1992 relative à la notion de "travaux d'amélioration" dans les parties communes et privativesAssemblée nationale
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Bail d'habitation : travaux à la charge du propriétaire (bailleur)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Réclamer au propriétaire de faire les grosses réparations (Inc-conso)
- Annuaire des Adil (Anil)
- Trouver votre Adil près de chez vous
Les règles relatives aux travaux dans le bail d'habitation sont fixées par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (articles 6 et 7), le Code civil (articles 1714 à 1751-1 et 1755) et les décrets associés. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre Adil, de la commission départementale de conciliation ou d'un conseiller juridique.


