Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur la rupture conventionnelle collective : accord collectif, validation Dreets, candidature des salariés, indemnités et recours.
Ce qu'il faut savoir
- La rupture conventionnelle collective encadre le départ volontaire du salarié en CDI dans le cadre d'un accord collectif, quel que soit l'effectif de l'entreprise.
- C'est un mode de rupture à l'amiable du CDI : ni licenciement, ni démission ; l'accord n'a pas à être justifié par un motif économique.
- Le dispositif n'est ouvert qu'aux salariés en CDI : il ne s'applique pas aux salariés en CDD, en intérim ou en contrat d'apprentissage.
- L'employeur informe la Dreets de son intention d'ouvrir une négociation par voie dématérialisée via le portail RUPCO.
- L'accord collectif doit comporter des éléments obligatoires (nombre maximal de départs, conditions, critères de départage, indemnités, accompagnement, suivi).
- La Dreets se prononce sur la validation de l'accord dans un délai de 15 jours ; l'absence de réponse vaut validation.
- L'indemnité de rupture ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement ; elle est exonérée de cotisations dans la limite de 96 120 € et exonérée d'impôts sur le revenu en totalité.
- L'employeur et le salarié bénéficient d'un droit de rétractation dans les conditions fixées par l'accord ; le salarié dispose de 12 mois pour saisir le conseil de prud'hommes.
Conditions essentielles
- Le salarié doit être en CDI (le dispositif ne s'applique pas aux CDD, intérimaires, apprentis).
- Un accord collectif portant rupture conventionnelle collective doit être conclu et validé par la Dreets.
- Le salarié doit remplir les conditions fixées par l'accord pour bénéficier du dispositif.
- La candidature du salarié doit être acceptée par l'employeur (sauf salarié protégé, soumis à autorisation de l'inspecteur du travail).
Les étapes
- L'employeur informe la Dreets de son intention d'ouvrir une négociation (par voie dématérialisée, portail RUPCO).
- Négociation de l'accord collectif portant rupture conventionnelle collective (contenu obligatoire).
- L'employeur transmet l'accord à la Dreets pour validation, via RUPCO (avec procès-verbal de carence si pas de CSE).
- La Dreets se prononce dans un délai de 15 jours ; en cas de refus, un nouvel accord peut être négocié ; en cas d'absence de réponse, validation automatique.
- Dès l'accord validé, les salariés concernés peuvent se porter candidat par écrit, selon les conditions fixées par l'accord.
- L'employeur accepte ou refuse la candidature (motif objectif) ; en cas d'excédent de candidats, départage selon les critères de l'accord.
- Signature de la convention individuelle de rupture (avec droit de rétractation) ; rupture le lendemain de l'autorisation pour les salariés protégés.
- Remise des documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte) et versement de l'indemnité de rupture.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — contenu de l'accord, validation Dreets, indemnités et fiscalité — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le contenu obligatoire de l'accord, voir la section « Contenu obligatoire de l'accord ». Pour les indemnités et la fiscalité, voir la section « Indemnités, exonérations et documents de fin de contrat ».
Qu'est-ce que la rupture conventionnelle collective ?
La rupture conventionnelle collective a pour objet d'encadrer le départ volontaire du salarié en CDI dans le cadre d'un accord collectif, quel que soit l'effectif de l'entreprise. C'est un mode de rupture à l'amiable du CDI.
Il ne s'agit ni d'un licenciement, ni d'une démission : la rupture résulte d'un accord entre l'employeur et le salarié, formalisé dans une convention individuelle de rupture. L'accord collectif mettant en place une rupture conventionnelle collective n'a pas à être justifié par un motif économique. Le dispositif est basé uniquement sur le volontariat du salarié qui décide de quitter ou non l'entreprise.
Règle
La rupture conventionnelle collective est régie par le code du travail (articles L.1237-19 à L.1237-19-14 et D.1237-4 à D.1237-12). Elle est ouverte uniquement au salarié en CDI.
La rupture conventionnelle collective se distingue de la rupture conventionnelle individuelle (aussi possible en CDI, mais sans accord collectif) et du licenciement pour motif économique (qui suppose une cause économique et une procédure spécifique).
Mise en place par accord collectif
La rupture conventionnelle collective est mise en place dans le cadre d'un accord collectif. Elle est possible quel que soit l'effectif de l'entreprise.
L'employeur informe la Dreets (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) de son intention d'ouvrir une négociation pour la conclusion d'un accord collectif portant rupture conventionnelle collective. Cette information est réalisée par voie dématérialisée via le portail des ruptures collectives de contrats de travail (RUPCO).
Règle
L'accord peut être conclu dans les conditions habituelles de la négociation collective (accord d'entreprise, d'établissement, de branche…). Le formalisme d'information du CSE, s'il existe, est fixé par l'accord lui-même.
L'absence de justification par un motif économique distingue nettement ce dispositif du licenciement économique collectif : l'employeur n'a pas à démontrer de difficultés économiques.
Contenu obligatoire de l'accord
L'accord collectif doit obligatoirement indiquer plusieurs éléments, listés par le code du travail.
Les éléments obligatoires sont : le formalisme et les conditions d'information du comité social et économique (CSE), s'il existe ; le nombre maximal de départs envisagés, de suppressions d'emplois associées et la durée pendant laquelle les ruptures du contrat de travail peuvent être engagées au regard de l'accord ; les conditions à remplir par le salarié pour en bénéficier ; les conditions de présentation et d'examen des candidatures au départ des salariés ; les conditions de conclusion d'une convention individuelle de rupture entre l'employeur et le salarié et d'exercice du droit de rétractation des parties ; les critères de départage entre les candidats au départ ; le mode de calcul des indemnités de rupture garanties au salarié (ne peut pas être inférieur à l'indemnité légale de licenciement) ; les mesures d'accompagnement et de reclassement externe des salariés sur des emplois équivalents (par exemple congé de mobilité, validation des acquis de l'expérience) ; les clauses de suivi de l'accord.
Règle
Le respect de ces éléments obligatoires est une condition de validité de l'accord. L'indemnité de rupture garantie ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement.
Les mesures d'accompagnement (congé de mobilité, VAE…) visent à faciliter le retour à l'emploi des salariés volontaires. Leur contenu est fixé librement par l'accord, dans le respect des dispositions légales.
Validation de l'accord par la Dreets
L'employeur transmet pour validation le contenu de l'accord à la Dreets via le portail RUPCO. En l'absence de CSE, l'employeur joint un procès-verbal de carence. La Dreets se prononce sur la demande de validation dans un délai de 15 jours, à compter de la réception de l'accord.
Trois issues sont possibles : validation — la décision de validation par la Dreets, ainsi que les voies et délais de recours, sont portés à la connaissance des salariés (par voie d'affichage ou tout autre moyen permettant de donner une date certaine) ; refus de validation — un nouvel accord peut être négocié, le CSE est informé de la reprise des négociations, le nouvel accord tient compte des éléments de motivation accompagnant la décision de la Dreets et il est transmis dans les mêmes conditions que le 1ᵉʳ accord ; absence de réponse — l'absence de réponse par la Dreets à la fin du délai de 15 jours vaut décision de validation. La copie de la demande de l'accord et de l'accusé de réception par la Dreets, ainsi que les voies et délais de recours, sont portés à la connaissance des salariés.
Règle
La validation administrative par la Dreets est une condition de mise en œuvre de l'accord : sans validation (expresse ou tacite), les ruptures ne peuvent pas être engagées.
Le délai de 15 jours est un délai bref qui accélère la mise en œuvre du dispositif. Le silence vaut acceptation : l'absence de réponse de la Dreets à l'expiration du délai vaut validation de l'accord.
Candidature du salarié et rupture du contrat
Dès que l'accord portant rupture conventionnelle collective est validé, les salariés concernés peuvent se porter candidat pour une rupture à l'amiable du contrat de travail. La demande se fait par écrit, selon les conditions fixées par l'accord.
Cas général : l'acceptation par l'employeur de la candidature du salarié entraîne la rupture du contrat de travail d'un commun accord entre les parties. Le salarié dont la candidature est acceptée signe une convention individuelle de rupture (modèle disponible sur code.travail.gouv.fr). Salarié protégé : la rupture du contrat de travail d'un salarié protégé (représentant du personnel) qui adresse sa candidature est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail. La demande auprès de l'inspecteur du travail s'effectue dans les mêmes conditions que le licenciement d'un salarié protégé. La rupture du contrat de travail pourra avoir lieu le lendemain du jour de l'autorisation par l'inspecteur du travail.
Règle
La convention individuelle de rupture précise les conditions de la rupture (date, indemnité, accompagnement). L'employeur et le salarié bénéficient d'un droit de rétractation dans les conditions fixées par l'accord.
La procédure de rupture varie donc selon que le salarié est protégé ou non : pour les salariés protégés, l'autorisation de l'inspecteur du travail est un préalable obligatoire, même en cas de départ volontaire.
Refus de la candidature par l'employeur
L'employeur peut refuser la candidature d'un salarié pour un motif objectif.
Par exemple, si le salarié ne remplit pas les conditions fixées dans l'accord (ancienneté, catégorie, site concerné, etc.). Par ailleurs, si le nombre de salariés au départ est supérieur au nombre maximal de départs envisagés par l'accord, les candidats seront départagés en fonction des critères de départage fixés par l'accord.
Règle
Le refus doit reposer sur un motif objectif issu de l'accord collectif (conditions de départ ou critères de départage). L'employeur ne peut pas refuser une candidature de manière arbitraire ou discriminatoire.
Les critères de départage (ancienneté, situation familiale, qualification, etc.) sont fixés par l'accord collectif et doivent être appliqués de manière impartiale entre les candidats.
Indemnités, exonérations et documents de fin de contrat
Le salarié bénéficie d'une indemnité de rupture fixée par l'accord collectif, qui ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Il perçoit également les éléments de rémunération dus à la date de rupture.
Le calcul de l'indemnité varie en fonction de l'ancienneté et de la rémunération du salarié ; l'accord précise les règles de calcul. Le salarié a droit à l'ensemble des éléments de rémunération dus par l'employeur à la date de rupture (salaire, primes…). Il reçoit une indemnité compensatrice de congés payés s'il n'a pas pris tous les congés acquis à la date de rupture. Fiscalité et cotisations : l'indemnité versée dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective est exonérée de cotisations et contributions sociales dans la limite de 96 120 € ; elle est exonérée d'impôt sur le revenu en totalité. Documents de fin de contrat : l'employeur remet les documents suivants au salarié : certificat de travail, attestation France Travail (anciennement Pôle emploi), reçu pour solde de tout compte. Lorsqu'un dispositif d'épargne salariale est mis en place dans l'entreprise, l'employeur remet au salarié, à la fin du contrat de travail, un état récapitulatif des sommes épargnées.
Règle
Le plafond d'exonération de cotisations (96 120 €) et l'exonération totale d'impôt sur le revenu sont des avantages fiscaux propres à ce dispositif, plus favorables que pour la rupture conventionnelle individuelle.
L'exonération totale d'impôt sur le revenu distingue favorablement la rupture conventionnelle collective par rapport à la rupture conventionnelle individuelle (où l'exonération d'impôt est plafonnée).
Rétractation, chômage et recours
L'employeur et le salarié bénéficient d'un droit de rétractation (droit de revenir sur sa décision) dans les conditions fixées par l'accord. Le salarié peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) s'il remplit les conditions, et dispose de 12 mois pour saisir le conseil de prud'hommes.
Le droit de rétractation s'exerce après la signature de la convention individuelle de rupture, dans les conditions (délai, formalisme) fixées par l'accord collectif. Chômage : si le salarié remplit les conditions, il peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Recours : le salarié a 12 mois à compter de la rupture du contrat de travail pour saisir le conseil de prud'hommes (CPH) pour contester la rupture.
Règle
Le droit de rétractation est un droit propédeutique : il permet aux parties de revenir sur leur décision avant que la rupture ne produise ses effets pleins. Le délai de recours de 12 mois court à compter de la date de rupture effective du contrat.
La rupture conventionnelle collective ouvre droit aux allocations chômage dans les mêmes conditions qu'une autre fin de contrat de travail, sous réserve de remplir les conditions générales d'ouverture des droits à l'assurance chômage.
Textes applicables
- Code du travail — articles L1237-19 à L1237-19-14Texte légal
- Code du travail — articles D1237-4 à D1237-12Texte légal
- Code du travail : articles L5422-1 à L5422-2-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Rupture conventionnelle collective
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Portail RUPCO — ruptures collectives de contrats de travail
- Convention individuelle de rupture d'un commun accord — modèle (code.travail.gouv.fr)
- Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets) — annuaire
Les règles de la rupture conventionnelle collective sont fixées par le code du travail (articles L.1237-19 à L.1237-19-14). La validation par la Dreets est obligatoire ; l'indemnité de rupture est au minimum égale à l'indemnité légale de licenciement. Vérifier les dernières évolutions auprès de la Dreets ou d'un conseiller juridique.

