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Repos quotidien du salarié

Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien minimal d'au moins 11 heures consécutives entre 2 journées de travail. Des dérogations existent pour certaines activités spécifiques, en cas de surcroît d'activité ou de travaux urgents, avec un plancher de 9 heures consécutives. La durée varie pour les jeunes salariés de moins de 18 ans.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir du repos quotidien du salarié : durée légale, salariés concernés, dérogations possibles et règles spécifiques aux jeunes.

Ce qu'il faut savoir

  • Tout salarié (CDI, CDD, intérim, temps plein ou temps partiel) bénéficie d'un repos quotidien minimal entre 2 journées de travail.
  • Le repos quotidien est d'au moins 11 heures consécutives entre 2 journées de travail.
  • Aucune durée légale minimale de repos quotidien n'est imposée aux cadres dirigeants.
  • Des dérogations existent pour certaines activités spécifiques, en cas de surcroît d'activité ou de travaux urgents ; le repos ne peut alors pas être inférieur à 9 heures consécutives.
  • La durée maximale quotidienne de travail est fixée à 10 heures ; sa non-application possible oblige l'employeur à accorder un repos au moins équivalent au temps de travail effectué au-delà.
  • Un jeune de 16 à 18 ans bénéficie d'un repos d'au moins 12 heures consécutives ; un jeune de moins de 16 ans d'au moins 14 heures consécutives.
  • Il est interdit de faire travailler un jeune de 16 à 18 ans entre 22 h et 6 h et un jeune de moins de 16 ans entre 20 h et 6 h, sous réserve de dérogations.

Conditions essentielles

  • Le salarié est lié par un contrat de travail (CDI, CDD, intérim), à temps plein ou à temps partiel.
  • Pour une dérogation liée à une activité spécifique, le salarié exerce l'une des activités visées par la réglementation.
  • Pour le surcroît d'activité, une convention collective ou un accord collectif d'entreprise le prévoit.
  • Pour les travaux urgents, la situation relève des mesures de sauvetage, de prévention d'accidents imminents ou de réparation d'accidents.
  • Le repos dérogatoire ne descend pas en dessous de 9 heures consécutives.

Les étapes

  • Identifier si le salarié relève du régime de droit commun du repos quotidien de 11 heures.
  • Vérifier si le salarié exerce une activité spécifique permettant une dérogation.
  • Rechercher la durée minimale fixée par la convention collective ou l'accord collectif d'entreprise.
  • S'assurer que le repos dérogatoire respecte le plancher de 9 heures consécutives.
  • En l'absence de convention ou d'accord, demander l'autorisation de l'inspecteur du travail pour ne pas appliquer la durée légale.
  • Pour les travaux urgents, informer l'inspecteur du travail.

Cette synthèse ne détaille pas les activités spécifiques visées, ni les règles du travail de nuit des jeunes : ces points figurent dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour la liste des activités spécifiques et les règles propres aux jeunes, voir les sections « Les dérogations pour activités spécifiques », « Quel repos pour un jeune de 16 à 18 ans ? » et « Quel repos pour un jeune de moins de 16 ans ? ».

Quelle est la durée légale du repos quotidien ?

Le salarié bénéficie d'un repos quotidien d'au moins 11 heures consécutives entre 2 journées de travail.

Cette durée de 11 heures consécutives constitue le socle du repos quotidien : elle s'applique en l'absence de disposition dérogatoire.

Les heures de repos doivent être consécutives : la réglementation exige une plage continue entre deux journées de travail.

Qui peut bénéficier du repos quotidien ?

Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien minimal entre 2 journées de travail, quel que soit son contrat.

  • Salarié en CDI.
  • Salarié en CDD.
  • Salarié en contrat d'intérim.
  • Salarié travaillant à temps plein ou à temps partiel.

Le droit au repos quotidien ne dépend donc ni de la durée du travail, ni du type de contrat : il bénéficie à l'ensemble des salariés.

Le cas des cadres dirigeants

Aucune durée légale minimale n'est imposée aux cadres dirigeants.

Règle

La durée minimale de 11 heures consécutives ne s'applique pas aux cadres dirigeants.

Cette exclusion est une particularité : pour les cadres dirigeants, la réglementation ne fixe pas de plancher de repos quotidien.

Les dérogations pour activités spécifiques

Certaines activités permettent de ne pas appliquer la durée de repos quotidien de 11 heures. C'est le cas si le salarié exerce l'une des activités suivantes.

  • Activités caractérisées par l'éloignement entre le domicile et le lieu de travail ou entre différents lieux de travail du salarié.
  • Garde et surveillance et permanence caractérisées par la protection des biens et des personnes.
  • Activités nécessitant d'assurer la continuité du service ou de la production.
  • Manutention ou exploitation concourant à l'exécution de prestations de transport.
  • Activités s'exerçant par périodes de travail fractionnées dans la journée.

Règle

La durée minimale de repos est alors fixée par convention collective ou accord collectif d'entreprise. Toutefois, la durée de repos quotidien ne peut pas être inférieure à 9 heures consécutives.

La non-application de la durée maximale quotidienne de travail, fixée à 10 heures, est possible : l'employeur doit alors accorder au salarié une période de repos au moins équivalente au temps de travail effectué au-delà de la durée légale quotidienne.

Les dérogations pour surcroît d'activité

En cas de surcroît d'activité, une convention collective ou un accord collectif d'entreprise peut prévoir une réduction de la durée du repos quotidien.

Règle

La durée de repos quotidien ne peut pas être inférieure à 9 heures consécutives.

En l'absence de convention collective ou d'accord d'entreprise, l'employeur doit obtenir l'autorisation de l'inspecteur du travail s'il souhaite ne pas appliquer la durée légale de repos quotidien. La non-application de la durée maximale quotidienne de travail, fixée à 10 heures, est possible, avec l'obligation d'accorder une période de repos au moins équivalente au temps de travail effectué au-delà.

Les dérogations pour travaux urgents

L'employeur peut ne pas appliquer la durée de repos quotidien lorsque des travaux urgents doivent être effectués sans attendre.

  • Mesures de sauvetage.
  • Prévention d'accidents imminents.
  • Réparation d'accidents survenus au matériel, aux installations ou aux bâtiments.

Règle

L'employeur doit en informer l'inspecteur du travail. La durée de repos quotidien ne peut pas être inférieure à 9 heures consécutives.

Comme pour les autres dérogations, la non-application de la durée maximale quotidienne de travail de 10 heures est possible, à condition d'accorder une période de repos au moins équivalente au temps de travail effectué au-delà.

La durée maximale quotidienne de travail et sa contrepartie

La durée maximale quotidienne de travail est fixée à 10 heures. Sa non-application est possible dans les cas de dérogation prévus.

Règle

Lorsque cette durée maximale n'est pas appliquée, l'employeur doit accorder au salarié une période de repos au moins équivalente au temps de travail effectué au-delà de la durée légale quotidienne.

Cette contrepartie s'applique aussi bien aux dérogations pour activités spécifiques qu'au surcroît d'activité ou aux travaux urgents.

Quel repos pour un jeune de 16 à 18 ans ?

Le salarié âgé de 16 à 18 ans bénéficie d'un repos quotidien d'au moins 12 heures consécutives entre 2 journées de travail.

Règle

Il est interdit de faire travailler un jeune âgé de 16 à 18 ans entre 22 h et 6 h.

Des dérogations existent pour certains secteurs d'activité ou dans des situations d'urgence.

Quel repos pour un jeune de moins de 16 ans ?

Le salarié âgé de moins de 16 ans bénéficie d'un repos quotidien d'au moins 14 heures consécutives entre 2 journées de travail.

Règle

Il est interdit de faire travailler un jeune de moins de 16 ans entre 20 h et 6 h.

Comme pour les 16-18 ans, des dérogations existent pour certains secteurs d'activité ou dans des situations d'urgence.

Comparaison des trois régimes de dérogation

Les trois dérogations au repos quotidien de 11 heures (activités spécifiques, surcroît d'activité, travaux urgents) partagent un même plancher de 9 heures consécutives. Leur mise en œuvre diffère cependant.

  • Activités spécifiques

    Origine de la dérogation
    Durée minimale fixée par convention collective ou accord collectif d'entreprise
    Démarche auprès de l'inspecteur du travail
    Pas de démarche spécifique mentionnée dans ce cas
  • Surcroît d'activité

    Origine de la dérogation
    Convention collective ou accord collectif d'entreprise prévoyant une réduction
    Démarche auprès de l'inspecteur du travail
    En l'absence de convention ou d'accord, autorisation de l'inspecteur du travail requise
  • Travaux urgents

    Origine de la dérogation
    Situation de travaux urgents à effectuer sans attendre
    Démarche auprès de l'inspecteur du travail
    L'employeur doit en informer l'inspecteur du travail

Règle

Dans tous les cas, la durée du repos quotidien ne peut pas être inférieure à 9 heures consécutives.

Cette comparaison ne remplace pas l'examen de la convention collective ou de l'accord collectif applicable, qui fixe la durée minimale dans les cas où il en existe un.

Les démarches en cas de dérogation

Selon le type de dérogation, l'employeur doit s'appuyer sur une convention collective, un accord collectif d'entreprise, ou accomplir une démarche auprès de l'inspecteur du travail.

  • Pour les activités spécifiques, la durée minimale de repos est fixée par convention collective ou accord collectif d'entreprise.
  • Pour le surcroît d'activité, la réduction du repos est prévue par convention collective ou accord collectif d'entreprise.
  • En l'absence de convention ou d'accord dans le cas du surcroît d'activité, l'employeur doit obtenir l'autorisation de l'inspecteur du travail.
  • Pour les travaux urgents, l'employeur doit informer l'inspecteur du travail.
  • Toute dérogation doit respecter le plancher de 9 heures consécutives.

Le passage par la convention collective ou l'accord collectif, d'une part, et par l'inspecteur du travail, d'autre part, encadre la réduction du repos quotidien : l'employeur ne peut pas décider seul de descendre sous 11 heures.

Récapitulatif du repos quotidien

Le tableau suivant récapitule les durées de repos quotidien applicables selon la situation.

SituationDurée du repos quotidien
Droit communAu moins 11 heures consécutives
Dérogation (activités spécifiques, surcroît d'activité, travaux urgents)Pas moins de 9 heures consécutives
Cadres dirigeantsAucune durée légale minimale imposée
Jeune de 16 à 18 ansAu moins 12 heures consécutives
Jeune de moins de 16 ansAu moins 14 heures consécutives

La durée maximale quotidienne de travail, fixée à 10 heures, peut ne pas être appliquée dans les cas de dérogation, avec une contrepartie de repos au moins équivalente au temps de travail effectué au-delà.

Définitions utiles

Quelques notions employées dans cette fiche sont rappelées ici.

Repos quotidien
Période de repos entre 2 journées de travail ; sa durée légale de droit commun est d'au moins 11 heures consécutives.
Cadres dirigeants
Catégorie de salariés pour laquelle aucune durée légale minimale de repos quotidien n'est imposée.
Durée maximale quotidienne de travail
Plafond de 10 heures par jour ; sa non-application, dans les cas de dérogation, oblige à accorder un repos au moins équivalent au temps de travail effectué au-delà.
Inspecteur du travail
Autorité dont l'autorisation est requise, en l'absence de convention collective ou d'accord d'entreprise, pour ne pas appliquer la durée légale de repos quotidien.
Activités spécifiques
Activités pour lesquelles la durée du repos quotidien de 11 heures peut ne pas être appliquée : éloignement entre lieux de travail, garde et surveillance, continuité du service ou de la production, manutention ou exploitation liée au transport, périodes de travail fractionnées.
Surcroît d'activité
Situation dans laquelle une convention collective ou un accord collectif d'entreprise peut prévoir une réduction de la durée du repos quotidien, sans descendre sous 9 heures consécutives.
Travaux urgents
Travaux qui doivent être effectués sans attendre : mesures de sauvetage, prévention d'accidents imminents, réparation d'accidents survenus au matériel, aux installations ou aux bâtiments.

Ces définitions reprennent les notions employées dans la fiche source officielle et ne remplacent pas les textes de loi cités en bas de page.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Repos quotidien du salarié

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

    Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

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