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Rémunération d’un salarié en chômage partiel (activité partielle)

L’activité partielle (ou chômage partiel) permet à un employeur en difficulté de faire prendre en charge par l’État tout ou partie du coût de la rémunération du salarié. Le contrat de travail du salarié est suspendu et le salarié ne travaille plus. L’employeur verse une indemnité correspondant à 60 % du salaire brut par heure chômée, soit environ 72 % du salaire net horaire, dans des plafonds et planchers précis.

Vue d’ensemble

Ce qu’il faut retenir sur la rémunération en chômage partiel : salariés éligibles, heures indemnisées, montant de l’indemnité et modalités de versement.

Ce qu'il faut savoir

  • L’activité partielle permet à l’employeur en difficulté de faire prendre en charge par l’État tout ou partie du coût de la rémunération du salarié ; le contrat de travail est suspendu et le salarié ne travaille plus.
  • L’employeur verse une indemnité correspondant à 60 % du salaire brut par heure chômée, soit environ 72 % du salaire net horaire.
  • Cette indemnité ne peut ni être inférieure à 9,74 €, ni être supérieure à un plafond de 33,24 € par heure chômée.
  • L’indemnité est versée par l’employeur à la date habituelle de versement du salaire ; le nombre d’heures indemnisées, les taux appliqués et les sommes versées figurent sur le bulletin de paie ou dans un document annexé.
  • Les heures supplémentaires non prévues par le contrat de travail ou l’accord collectif ne sont pas indemnisées au titre du chômage partiel.
  • Un salarié ayant un contrat de travail de droit français (CDI, CDD notamment) bénéficie du chômage partiel, qu’il soit à temps plein ou temps partiel, en convention de forfait, VRP, intérimaire, en portage salarial, etc.
  • Une convention ou accord collectif et une décision unilatérale de l’employeur peuvent prévoir une indemnisation complémentaire.

Conditions essentielles

  • Vous avez un contrat de travail de droit français (CDI, CDD notamment).
  • Votre activité est réduite ou suspendue en raison des difficultés de l’entreprise (réduction ou suspension d’activité).
  • Les heures chômées sont des heures dans la limite de la durée légale du travail ou, si elle est inférieure, de la durée collective de travail ou contractuelle.
  • Vous n’êtes pas dans l’un des cas d’exclusion : différend collectif de travail (grève), salariés travaillant à l’étranger sous contrat de droit français, expatriés sous contrat de droit local.

Les étapes

  • Vérifier que votre contrat de travail de droit français ouvre droit à l’activité partielle et que vous n’êtes pas dans un cas d’exclusion.
  • Identifier les heures chômées indemnisables : celles chômées dans la limite de la durée légale du travail, ou de la durée collective ou contractuelle si elle est inférieure.
  • Attendre le versement de l’indemnité par l’employeur à la date habituelle de versement du salaire.
  • Vérifier sur votre bulletin de paie (ou document annexé) le nombre d’heures indemnisées, les taux appliqués et les sommes versées.
  • Le cas échéant, bénéficier d’une indemnisation complémentaire prévue par la convention ou l’accord collectif, ou par une décision unilatérale de l’employeur.

Cette synthèse couvre l’essentiel de la rémunération en chômage partiel. Le détail des catégories de salariés éligibles, des heures indemnisées selon la durée de travail et des cas particuliers (apprentissage, procédure collective) est traité dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des règles applicables selon la durée de travail (35 heures, forfait, accord collectif) et des salariés exclus, voir les sections « Quelles sont les heures indemnisées ? » et « Quels salariés ne bénéficient pas du chômage partiel ? ».

Qu’est-ce que l’activité partielle ?

L’activité partielle est un dispositif qui permet à l’employeur en difficulté de faire prendre en charge par l’État tout ou partie du coût de la rémunération du salarié. Le contrat de travail du salarié est suspendu et le salarié ne travaille plus.

L’activité partielle (anciennement appelée chômage partiel ou technique) est une mesure de maintien dans l’emploi : face à une réduction ou une suspension d’activité, l’employeur place ses salariés en activité partielle, leur contrat est suspendu, et l’État prend en charge tout ou partie de la rémunération via une indemnité versée par l’employeur.

Le dispositif repose sur la suspension du contrat de travail : le salarié ne travaille pas, mais reste lié à son employeur. En contrepartie, il perçoit une indemnité d’activité partielle financée en partie par l’État, ce qui permet à l’employeur de réduire son coût salarial tout en maintenant les salariés dans l’effectif.

À savoir

  • L’activité partielle s’inscrit dans une logique de maintien dans l’emploi : le contrat est suspendu, non rompu.
  • L’employeur en difficulté fait prendre en charge par l’État tout ou partie du coût de la rémunération.
  • L’indemnisation varie selon la durée de travail applicable au salarié (durée légale, durée contractuelle ou conventionnelle).

Le dispositif vise à éviter des licenciements en cas de difficultés conjoncturelles de l’entreprise, en permettant une réduction temporaire de l’activité.

Quels salariés peuvent bénéficier de l’activité partielle ?

En cas de réduction ou de suspension d’activité de l’entreprise, seuls certains salariés peuvent bénéficier du chômage partiel. Un salarié ayant un contrat de travail de droit français (CDI, CDD notamment) bénéficie du chômage partiel dans plusieurs configurations professionnelles.

Le critère fondamental est l’existence d’un contrat de travail de droit français. Le bénéfice du chômage partiel ne dépend pas du type de contrat (CDI ou CDD) mais du rattachement au droit français, ce qui inclut des situations variées comme l’intérim, le portage salarial ou le travail pour une entreprise étrangère sans établissement en France.

  • À temps plein ou à temps partiel.
  • En convention de forfait en heures ou en jours sur l’année.
  • Voyageur, représentant et placier (VRP).
  • Salarié employé en France par une entreprise étrangère sans établissement en France.
  • Rémunéré au cachet.
  • Salarié intérimaire en contrat de mission suite à la suspension, l’annulation ou la rupture d’un contrat de mise à disposition signé.
  • En CDI dans le cadre du portage salarial.
  • Cadre dirigeant en cas de fermeture totale de l’entreprise ou d’une partie de celle-ci (fermeture d’un atelier ou d’un service de l’entreprise par exemple).
  • Travailleur à domicile payé à la tâche.
  • Journaliste rémunéré à la pige.

À savoir

  • Le bénéfice du chômage partiel est ouvert aussi bien aux salariés en CDI qu’aux salariés en CDD.
  • Les cadres dirigeants ne sont concernés qu’en cas de fermeture totale de l’entreprise ou d’une partie d’elle (atelier, service).
  • Les salariés intérimaires sont éligibles lorsque leur contrat de mission résulte de la suspension, de l’annulation ou de la rupture d’un contrat de mise à disposition.

L’élargissement du dispositif à des figures comme le portage salarial, le VRP ou l’entreprise étrangère sans établissement en France illustre le critère du droit français du contrat.

Quels salariés ne bénéficient pas du chômage partiel ?

Certains salariés sont explicitement exclus du bénéfice du chômage partiel : ceux dont la réduction ou la suspension d’activité est provoquée par un différend collectif de travail (grève par exemple), ceux qui travaillent à l’étranger sous contrat de droit français et les expatriés titulaires d’un contrat de droit local.

Les exclusions visent trois situations : le conflit collectif de travail (grève), le salarié de droit français travaillant à l’étranger, et l’expatrié sous contrat de droit local. Ces exclusions découlent de la nature du dispositif (prise en charge par l’État de difficultés économiques) et de son rattachement au droit français.

  • Salariés dont la réduction ou la suspension de l’activité est provoquée par un différend collectif de travail (grève par exemple).
  • Salariés titulaires d’un contrat de travail de droit français qui travaillent à l’étranger.
  • Salariés expatriés titulaires d’un contrat de droit local.

À savoir

  • La grève (différend collectif de travail) est une cause d’exclusion explicite : le chômage partiel ne couvre pas les suspensions d’activité liées à un conflit social.
  • Un salarié de droit français travaillant à l’étranger ne bénéficie pas du chômage partiel, même s’il est employé par une entreprise française.
  • L’expatrié sous contrat de droit local relève du droit du pays d’accueil et ne peut pas prétendre au dispositif français d’activité partielle.

Ces exclusions confirment le caractère du dispositif : prise en charge de difficultés économiques pour les salariés rattachés au droit français et travaillant en France.

Quelles sont les heures indemnisées ?

Les heures indemnisées sont les heures chômées, dans la limite de la durée légale du travail ou, si elle est inférieure, de la durée collective de travail ou contractuelle. La réglementation varie selon que la durée du travail est prévue par le contrat de travail ou par un accord collectif.

Le calcul des heures indemnisables s’appuie sur la durée de travail applicable au salarié : durée légale (35 heures par semaine), durée contractuelle (convention de forfait) ou durée conventionnelle (accord collectif). Les heures supplémentaires non prévues par le contrat ou l’accord collectif ne sont pas indemnisées.

Cas général

Les heures indemnisées sont celles chômées dans la limite de la durée légale du travail ou, si elle est inférieure, à la durée collective de travail ou contractuelle.

Durée de travail supérieure à 35 heures — durée prévue au contrat (convention de forfait)

Les heures indemnisées sont celles chômées dans la limite de la durée prévue par le contrat de travail (39 heures par semaine ou 169 heures par mois par exemple). La convention de forfait est prévue dans le contrat de travail ou dans un avenant à celui-ci.

Durée de travail supérieure à 35 heures — durée prévue par un accord collectif

Les heures chômées indemnisées sont celles chômées dans la limite de la durée de travail prévue par l’accord collectif. Par exemple, dans la convention collective nationale des hôtels, cafés et restaurants, la durée conventionnelle de travail est de 39 heures par semaine.

Heures supplémentaires non prévues par le contrat ou l’accord collectif

Les heures supplémentaires non prévues par le contrat de travail ou l’accord collectif ne sont pas indemnisées au titre du chômage partiel.

À savoir

  • Le critère des heures indemniseables est la durée de travail applicable : légale, contractuelle ou conventionnelle.
  • La convention de forfait (en heures ou en jours) est prévue dans le contrat de travail ou dans un avenant à celui-ci.
  • Les heures supplémentaires hors cadre contractuel ou conventionnel échappent à l’indemnisation au titre du chômage partiel.

La distinction entre heures prévues au contrat ou à l’accord collectif et heures supplémentaires libres est déterminante pour estimer le montant des heures indemnisées.

Quel salaire touche le salarié en activité partielle ?

L’employeur doit verser au salarié une indemnité correspondant à 60 % de son salaire brut par heure chômée, soit environ 72 % du salaire net horaire. Cette indemnité ne peut ni être inférieure à 9,74 €, ni être supérieure à un plafond de 33,24 € par heure chômée.

Le taux de 60 % du salaire brut est le taux légal de l’indemnité d’activité partielle. Les plancher et plafond horaires (9,74 € et 33,24 €) protègent les salariés les moins rémunérés et limitent la charge pour l’État sur les salaires élevés.

Élément de l’indemnitéMontant
Taux de l’indemnité (salaire brut)60 % du salaire brut par heure chômée, soit environ 72 % du salaire net horaire
Plancher horaireNe peut pas être inférieure à 9,74 € par heure chômée
Plafond horaireNe peut pas être supérieure à 33,24 € par heure chômée

À savoir

  • L’indemnité correspond à 60 % du salaire brut par heure chômée, soit environ 72 % du salaire net horaire.
  • Le plancher de 9,74 € par heure protège les salariés à faible rémunération horaire.
  • Le plafond de 33,24 € par heure limite l’indemnisation des salariés fortement rémunérés.
  • Une convention ou accord collectif et une décision unilatérale de l’employeur peuvent prévoir une indemnisation complémentaire au-delà du taux légal.

Les montants de 9,74 € (plancher) et 33,24 € (plafond) sont ceux indiqués par la fiche source ; ils peuvent être revalorisés par la réglementation en vigueur.

Comment l’indemnité est-elle versée ?

L’indemnité est versée par l’employeur à la date habituelle de versement du salaire. L’employeur doit faire figurer sur le bulletin de paie du salarié (ou dans un document annexé) le nombre des heures indemnisées, les taux appliqués et les sommes versées.

Le versement de l’indemnité suit le calendrier habituel de la paie : aucune périodicité spécifique n’est imposée. La transparence est assurée par l’affichage sur le bulletin de paie des éléments ayant servi au calcul (heures, taux, sommes).

Règle

L’indemnité est versée par l’employeur à la date habituelle de versement du salaire. L’employeur doit faire figurer sur le bulletin de paie du salarié (ou dans un document annexé) le nombre des heures indemnisées, les taux appliqués et les sommes versées.

À savoir

  • L’indemnité est versée à la date habituelle de versement du salaire : le salarié la perçoit en même temps que son salaire habituel.
  • Le bulletin de paie (ou un document annexé) doit mentionner le nombre d’heures indemnisées, les taux appliqués et les sommes versées.
  • En cas de procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, l’Agence de services et de paiement (ASP) verse directement la somme au salarié sur décision du préfet.

Le document d’annexe à la paie permet de tracer précisément le décompte des heures indemnisées, utile en cas de contestation du montant de l’indemnité.

Indemnisation complémentaire et cas particuliers

Le taux légal de 60 % du salaire brut peut être complété par une convention ou un accord collectif et une décision unilatérale de l’employeur. Par ailleurs, les salariés en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation dont la rémunération est inférieure au Smic reçoivent une indemnité horaire spécifique.

Le dispositif prévoit des compléments : indemnisation conventionnelle supérieure au taux légal, et indemnité horaire adaptée pour les apprentis et salariés en contrat de professionnalisation sous Smic. Une procédure collective peut modifier l’organisme payeur.

Indemnisation complémentaire

Une convention ou un accord collectif et une décision unilatérale de l’employeur peuvent prévoir une indemnisation complémentaire : le salarié perçoit alors un montant supérieur au taux légal de 60 % du salaire brut.

Apprentis et contrats de professionnalisation sous Smic

Les salariés en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation dont la rémunération est inférieure au Smic reçoivent également une indemnité horaire d’activité partielle. Son montant est égal au pourcentage du Smic ou des dispositions conventionnelles qui leur sont applicables.

Procédure collective : versement par l’ASP

En cas de procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, l’Agence de services et de paiement (ASP) verse directement la somme au salarié sur décision du préfet.

À savoir

  • L’indemnisation complémentaire résulte d’un accord collectif ou d’une décision unilatérale de l’employeur : elle s’ajoute au taux légal.
  • Les apprentis et salariés en contrat de professionnalisation sous Smic bénéficient d’une indemnité horaire calculée sur le pourcentage du Smic ou les dispositions conventionnelles.
  • En procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation), c’est l’ASP qui verse directement l’indemnité au salarié, sur décision du préfet.

Les compléments conventionnels et le dispositif des apprentis sous Smic permettent d’adapter l’indemnisation aux situations les plus modestes et aux pratiques sectorielles.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Rémunération d'un salarié en chômage partiel (activité partielle)

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

    Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

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