Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de reprendre le travail après un arrêt pour maladie professionnelle : visite de reprise obligatoire, entretien de liaison, visite de pré-reprise et travail léger.
Ce qu'il faut savoir
- Si l'arrêt est inférieur à 30 jours, une visite de reprise est obligatoire.
- Pour un arrêt de plus de 30 jours, en plus de la visite de reprise, le salarié peut bénéficier d'un rendez-vous de liaison et/ou demander une visite de pré-reprise.
- La visite de reprise doit avoir lieu au plus tard dans les 8 jours qui suivent la reprise du travail.
- La suspension du contrat de travail prend fin à la date de la visite de reprise.
- Le salarié reprend son précédent emploi, ou à défaut un emploi similaire avec une rémunération équivalente.
- Dans certains cas, le médecin traitant peut proposer une reprise de travail léger (temps partiel), indemnisée sous conditions par la CPAM ou la MSA.
Conditions essentielles
- L'arrêt de travail doit avoir débuté à compter du 1ᵉʳ avril 2022 (fiche applicable à cette date).
- La visite de reprise est obligatoire quel que soit la durée de l'arrêt (inférieur ou supérieur à 30 jours).
- L'entretien de liaison est proposé pour les arrêts de plus de 30 jours (continue ou discontinue).
Les étapes
- L'employeur contacte le service de santé au travail pour fixer la date de la visite de reprise.
- Le salarié reçoit sa convocation (généralement par écrit).
- Le salarié se présente à la visite de reprise dans les 8 jours qui suivent la reprise effective.
- Le médecin du travail vérifie l'aptitude et émet des préconisations le cas échéant.
- Pour les arrêts de plus de 30 jours : entretien de liaison et/ou visite de pré-reprise avant la fin de l'arrêt.
- En cas de reprise de travail léger : le médecin traitant remplit les certificats et la CPAM/MSA statue sur l'indemnisation.
Cette fiche présente uniquement le cas d'un arrêt de travail qui a débuté à compter du 1ᵉʳ avril 2022.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la visite de reprise, à l'entretien de liaison, à la visite de pré-reprise et au travail léger, voir les sections suivantes.
Dans quelles conditions un salarié reprend-il le travail ?
Lors du retour du salarié dans l'entreprise, il reprend son précédent emploi. Si celui-ci n'est plus disponible, le salarié doit être réintégré dans un emploi similaire (de même qualification ou niveau hiérarchique par exemple), avec une rémunération équivalente.
Le droit à la réintégration est une protection essentielle du salarié après un arrêt pour maladie professionnelle : l'employeur ne peut pas imposer un poste déqualifié ou une baisse de rémunération. Le médecin du travail peut demander des aménagements sur le poste en fonction de l'état de santé du salarié. La suspension du contrat de travail prend fin à la date de la visite de reprise du travail. Si l'examen médical de reprise n'a pas lieu le jour même de la reprise du travail, le contrat reste suspendu jusqu'à la visite médicale de reprise. Par exemple, si le salarié reprend le travail le 1ᵉʳ juillet 2025 mais que la visite de reprise n'a lieu que le 5 juillet 2025, le contrat de travail reste suspendu jusqu'au 5 juillet.
Règle
La suspension du contrat de travail prend fin à la date de la visite de reprise du travail, et non à la date de reprise effective si celle-ci est antérieure.
Le médecin du travail peut proposer des aménagements, adaptations du poste ou un reclassement si l'état de santé du salarié l'exige. Ces propositions doivent être examinées avec l'employeur.
La visite médicale de reprise du travail
Le salarié doit passer une visite de reprise du travail. Elle doit avoir lieu au plus tard dans les 8 jours qui suivent la reprise du travail. Elle se déroule devant le médecin du travail dont dépend l'entreprise.
La visite de reprise est une consultation médicale obligatoire organisée par l'employeur après un arrêt de travail pour maladie professionnelle. C'est l'employeur qui contacte le service de santé au travail pour fixer la date et l'heure de la visite. Une fois fixé, le salarié en est informé généralement par écrit (courrier ou courrier électronique). Cette visite vise à vérifier que le salarié est apte à reprendre, que le poste est compatible avec son état de santé, et à examiner les éventuelles mesures d'aménagement ou de reclassement.
Règle
La visite de reprise doit avoir lieu au plus tard dans les 8 jours qui suivent la reprise du travail. Elle est obligatoire quel que soit la durée de l'arrêt (inférieur ou supérieur à 30 jours).
La convocation est à l'initiative de l'employeur : c'est à lui de contacter le service de santé au travail. Le salarié n'a pas à faire de démarche proactive pour organiser la visite, mais il doit s'y présenter une fois convoqué.
Déroulement de la visite de reprise
La visite de reprise du travail a pour objet de vérifier que le salarié est apte à reprendre le travail, et si le poste de travail est compatible avec son état de santé.
Au cours de la visite, le médecin du travail remplit plusieurs missions : vérifier que le salarié est apte à reprendre le travail ; vérifier si le poste de travail (ou, si c'est le cas, le poste de reclassement auquel le salarié est affecté) est compatible avec son état de santé ; examiner les propositions d'aménagement, d'adaptation du poste ou de reclassement faites par l'employeur à la suite des préconisations émises par le médecin du travail ; étudier l'aménagement, l'adaptation du poste ou le reclassement du salarié ; émettre, si nécessaire, un avis d'inaptitude. La visite se déroule pendant les heures de travail. Si la visite de reprise ne peut pas avoir lieu pendant les heures de travail (par exemple en cas de travail de nuit), le temps nécessaire aux examens médicaux est alors rémunéré comme du temps de travail effectif.
Règle
La visite de reprise se déroule pendant les heures de travail. L'absence pour y assister est rémunérée dans les conditions habituelles, c'est-à-dire comme du temps de travail effectif.
L'avis d'inaptitude émis par le médecin du travail peut donner lieu à des obligations spécifiques pour l'employeur (recherche de reclassement, etc.). En cas de désaccord sur l'avis d'inaptitude, des recours sont prévus par le code du travail.
Rémunération pendant la visite de reprise
L'absence pour la visite de reprise est rémunérée dans les conditions habituelles, c'est-à-dire comme du temps de travail effectif.
Que la visite se déroule pendant les heures de travail ou en dehors (avec une majoration ou un temps libre accordé), le salarié ne subit aucune perte de rémunération. Si la visite a lieu en dehors des heures de travail (par exemple pour un salarié de nuit), le temps nécessaire aux examens médicaux est rémunéré comme du temps de travail effectif. Cette règle protège le salarié contre toute perte financière liée à l'accomplissement de cette formalité obligatoire.
Règle
L'absence est rémunérée comme du temps de travail effectif, sans condition de durée ou de fractionnement.
Le salarié doit conserver une trace de sa convocation et de sa présence à la visite, en cas de contrôle ou de litige sur la rémunération.
L'entretien de liaison (arrêts de plus de 30 jours)
Pour les arrêts de plus de 30 jours (dont la durée a été continue ou discontinue), un rendez-vous de liaison peut être mis en place entre le salarié et l'employeur, en faisant participer le service de prévention et de santé au travail.
L'entretien de liaison vise à anticiper les conditions dans lesquelles le salarié pourra ou non reprendre le travail. Il informe le salarié sur les actions pour prévenir la désinsertion professionnelle (formation, reclassement), sur la visite de pré-reprise, et sur les mesures d'aménagement du poste et du temps de travail. Le salarié comme l'employeur peut en être à l'initiative. La démarche peut se faire par mail ou par courrier simple, et le rendez-vous peut avoir lieu par téléphone ou par vidéoconférence. Il ne s'agit pas d'une visite médicale : ce rendez-vous est facultatif. La loi n'impose pas de délai pour réaliser ce rendez-vous, et celui-ci ne remplace pas la visite de pré-reprise ou de reprise.
Règle
L'entretien de liaison est proposé pour les arrêts dont la durée cumulée dépasse 30 jours, continue ou discontinue. Exemple : 20 jours d'arrêt en janvier puis 15 jours en mars pour le même problème = 35 jours cumulés.
L'entretien de liaison est un dispositif de dialogue, pas une obligation. Il peut néanmoins permettre d'identifier très tôt les mesures d'accompagnement nécessaires à la reprise.
La visite de pré-reprise
C'est le service de prévention et de santé au travail (SPST) qui convoque le salarié pour la visite de pré-reprise. Cette visite a pour objectif de favoriser le maintien du salarié dans l'emploi à la fin de son arrêt.
La visite de pré-reprise se déroule avant la fin de l'arrêt de travail. Au cours de cette visite, le médecin du travail peut recommander les mesures suivantes : aménagements et adaptations du poste de travail, préconisations de reclassement, formations professionnelles à organiser en vue de faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle. Cette visite peut être demandée par le salarié, l'employeur ou le médecin conseil de la CPAM/MSA. Elle est particulièrement utile pour préparer sereinement la reprise et éviter une reprise inadaptée qui pourrait entraîner une rechute.
Règle
Cette visite ayant lieu avant la fin de l'arrêt de travail, une visite de reprise sera réalisée à la suite de l'arrêt. La visite de pré-reprise ne se substitue donc pas à la visite de reprise obligatoire.
Le salarié peut demander lui-même une visite de pré-reprise, notamment s'il anticipe des difficultés de reprise ou souhaite négocier des aménagements avec son employeur.
Le travail léger pour raison médicale
Le médecin traitant peut autoriser le salarié à reprendre un travail léger pour raison médicale. Dans ce cas, il préconise au salarié une reprise du travail à temps partiel.
Le travail léger est une reprise progressive du travail, à temps partiel, destinée à accompagner la guérison ou la consolidation du salarié. Le médecin traitant doit remplir le certificat médical et le certificat d'arrêt de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle. Le salarié doit adresser le dernier volet à son employeur. L'employeur se charge ensuite d'établir une attestation indiquant la nature exacte de l'emploi et la rémunération du salarié. Ce dispositif permet une reprise adaptée, sans mise en péril de la santé du salarié ni rupture brutale avec le monde du travail.
Règle
Le travail léger est subordonné à la double validation du médecin traitant (recommandation médicale) et du médecin-conseil de la CPAM ou de la MSA (indemnisation).
Le certificat médical accident du travail - maladie professionnelle est disponible en téléprocédure sur le site d'Ameli.
Indemnités journalières pendant le travail léger
Si le médecin-conseil de la CPAM ou de la MSA considère la reprise du travail comme étant de nature à favoriser la guérison ou la consolidation du salarié, il continue de percevoir des indemnités journalières (IJ).
La CPAM ou la MSA fixe elle-même le montant versé pendant cette reprise du travail pour raison médicale. L'organisme de sécurité sociale (CPAM, MSA) informe le salarié de sa décision par lettre recommandée. Le maintien des IJ vise à compenser la perte de revenu liée au temps partiel, tout en encourageant la reprise progressive du travail. Le salarié conserve donc une partie de ses indemnités journalières tout en retrouvant une activité professionnelle partielle.
Règle
Le maintien des IJ est conditionné à l'accord du médecin-conseil de la CPAM ou de la MSA, qui statue au vu du certificat médical et de l'attestation de l'employeur.
Le montant des IJ est fixé par l'organisme de sécurité sociale : il peut différer du montant perçu pendant l'arrêt total. Se renseigner auprès de la CPAM ou de la MSA pour connaître le montant applicable.
Ressources et aides
La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et la mutualité sociale agricole (MSA) sont les interlocuteurs de référence pour les questions d'indemnisation liées à la maladie professionnelle.
La CPAM gère l'assurance maladie des salariés du secteur privé et de leurs ayants droit, y compris les indemnités journalières pour accident du travail ou maladie professionnelle. La MSA gère les mêmes prestations pour les salariés et exploitants agricoles. Les deux organismes peuvent informer sur les démarches de reprise de travail léger, le montant des indemnités, et les recours possibles en cas de désaccord.
- CPAM : https://www.ameli.fr/assure/adresses-et-contacts — Trouver votre interlocuteur : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/cpam
- MSA : https://www.msa.fr/lfy/web/msa/contact/coordonnees-msa — Trouver votre interlocuteur : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/msa
Règle
L'information et le suivi de l'indemnisation relèvent de l'organisme de sécurité sociale compétent selon la situation professionnelle du salarié (CPAM ou MSA).
Pour toute question sur les droits du salarié après un arrêt maladie professionnelle, le service-public.fr met à disposition de nombreuses fiches pratiques complémentaires.
Textes applicables
- Code du travail : articles L1226-7 à L1226-9-1 — LégifranceTexte légal — Légifrance
- Code de la sécurité sociale : articles L433-1 à L433-4 — LégifranceTexte légal — Légifrance
- Code du travail : article R4624-31Légifrance
- Code du travail : article R4624-34Légifrance
- Code de la sécurité sociale : article R433-15Légifrance
- Code du travail : articles R4624-39 à R4624-41Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Maladie professionnelle : reprise du travail du salarié
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Certificat médical accident du travail - maladie professionnelle (spécimen)
- CPAM — contacts
- MSA — contacts
- Trouver votre CPAM
- Trouver votre MSA
Cette fiche présente uniquement le cas d'un arrêt de travail pour maladie professionnelle qui a débuté à compter du 1ᵉʳ avril 2022. Vérifier les règles applicables à votre situation auprès de votre employeur, du service de santé au travail ou de votre CPAM/MSA.



