Un arrêt de travail pour maladie déclenche deux circuits parallèles. Le premier concerne votre employeur : il doit savoir que vous êtes absent et disposer du justificatif. Le second concerne votre caisse d'assurance maladie : c'est elle qui instruira le dossier et versera, si vous remplissez les conditions, des indemnités journalières. Aucun circuit ne remplace l'autre. Prévenir seulement la caisse expose à une sanction disciplinaire ; prévenir seulement l'entreprise peut faire perdre tout ou partie de l'indemnisation.
Trois dates récentes changent la pratique. Depuis le 1er septembre 2026, la durée d'une prescription initiale est encadrée. Depuis le 1er janvier 2026, les retards répétés de transmission à l'assurance maladie peuvent entraîner une réduction totale des indemnités. Depuis le 1er septembre 2025, les anciens formulaires papier, les photocopies et les scans ne sont plus acceptés. Ces évolutions justifient de vérifier les documents avant de les envoyer.
La réponse en bref
- Immédiatement : informez votre employeur, par téléphone, courriel, SMS ou tout autre moyen. Si aucune convention collective ni accord d'entreprise ne fixe de délai, l'usage est de le faire dans les 48 heures.
- Dans les 48 heures : informez votre CPAM ou votre MSA et transmettez les feuillets n°1 et n°2 du certificat médical.
- Sans attendre : remettez à votre employeur le feuillet n°3, qui justifie l'absence et précise les dates et le motif.
- Pendant l'arrêt : respectez les prescriptions, les horaires de sortie autorisés, l'interdiction d'activité non autorisée et les contrôles médicaux.
- En cas de prolongation : prévenez de nouveau l'employeur, dans les 48 heures selon l'usage, et transmettez les feuillets selon la même répartition.
Qui est concerné par ces démarches
Ces règles visent les salariés du secteur privé relevant du régime général, donc de la CPAM, ou du régime agricole, donc de la MSA. Elles s'appliquent au premier arrêt comme à chaque prolongation, quelle que soit la forme du contrat : durée indéterminée, durée déterminée, temps partiel ou mission d'intérim. C'est le statut de salarié affilié à une caisse qui déclenche l'obligation d'information et la procédure d'indemnisation.
Le périmètre s'arrête à la maladie ordinaire. L'accident du travail, la maladie professionnelle, le congé de maternité ou de paternité suivent des règles distinctes. Les fonctionnaires et agents publics relèvent d'un régime particulier, tout comme les travailleurs indépendants. Si vous êtes dans l'une de ces situations, ne transposez pas les règles ci-dessous.
Ce n'est pas au médecin de prévenir l'employeur. Il remplit le certificat et remet les feuillets au patient. C'est au salarié d'accomplir les transmissions.
Le cadre juridique
Les obligations figurent principalement dans le Code de la sécurité sociale. Les articles L323-1 à L323-7 organisent le droit aux indemnités et les obligations pendant l'arrêt, notamment l'article L323-6. Les articles L162-2 à L162-4-5 encadrent la prescription et la prolongation, avec l'article L162-4-4 pour le maintien de l'indemnisation. Les articles R321-2 à R321-6 décrivent la procédure. L'article D323-2 traite de l'envoi hors délai. Les articles R162-1-7 à R162-1-15, et particulièrement R162-1-9-1, précisent les conditions de prolongation.
Le certificat médical papier doit être établi sur le formulaire sécurisé cerfa n°10170\*08, qui comporte une étiquette holographique et des éléments d'authentification destinés à lutter contre la fraude. Depuis le 1er septembre 2025, l'Assurance maladie refuse les anciens modèles, les photocopies et les scans. Un arrêt transmis sur un support non conforme peut être rejeté, avec perte du droit aux indemnités.
La page officielle de référence a été mise à jour le 1er septembre 2026. Elle intègre deux évolutions : la limite de 31 jours pour une prescription initiale et la limite de 62 jours pour chaque prolongation, lorsque l'arrêt ouvre droit à des indemnités. Ces plafonds ne sont pas des plafonds de durée totale. Ils encadrent chaque acte de prescription. Le médecin peut aller au-delà s'il motive sa décision sur l'ordonnance au regard de votre état de santé.
Prévenir son employeur
L'obligation est simple dans son principe : prévenir sans délai. Le texte n'impose pas un formalisme unique. Un appel suffit, un courriel ou un SMS aussi. L'essentiel est de pouvoir établir que l'information a été donnée. En cas de contentieux, un message daté vaut mieux qu'un appel dont personne ne se souvient.
Si la convention collective ou un accord d'entreprise ne prévoit pas de délai, l'usage veut que l'information soit donnée dans les 48 heures suivant le début de l'arrêt. Cette règle relève donc de l'usage, pas d'une règle légale générale. Vérifiez votre convention : elle peut être plus favorable, mais aussi plus exigeante, avec un appel le jour même ou une forme écrite obligatoire.
L'information doit être justifiée par la remise du feuillet n°3. Ce feuillet mentionne les dates et le motif de l'arrêt, mais pas le diagnostic détaillé. Votre employeur n'a pas à connaître la nature précise de votre pathologie, seulement les éléments nécessaires à la gestion de l'absence. Si vous travaillez pour plusieurs employeurs et que le médecin a estimé que vous ne pouvez exercer aucune de vos activités, vous devez avertir chacun d'eux et leur transmettre une photocopie du volet n°3.
Tout médecin peut prescrire l'arrêt, pas seulement votre médecin traitant : un urgentiste, un spécialiste ou un médecin de garde peut l'établir. Dans leur domaine, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste peuvent aussi le délivrer. Un salarié qui consulte un spécialiste ou les urgences n'a donc pas besoin de repasser par son médecin traitant.
Si vous ne prévenez pas votre employeur, vous risquez une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement. L'absence injustifiée peut constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement. Le risque est indépendant de la reconnaissance de votre maladie par l'assurance maladie : un arrêt médicalement justifié ne protège pas un salarié qui omet délibérément d'en informer son employeur.
Informer la CPAM ou la MSA
Vous disposez de 48 heures pour informer votre organisme d'assurance maladie. Ce délai court à compter du début de l'arrêt, et non de la remise du certificat. En principe, le médecin vous remet trois feuillets : vous envoyez les n°1 et n°2 à votre caisse, et vous remettez le n°3 à votre employeur.
Le support compte. Si l'arrêt est établi sur papier, seul le cerfa sécurisé n°10170\*08 est accepté. Les anciens formulaires, les photocopies et les scans sont refusés depuis le 1er septembre 2025.
La téléconsultation simplifie la transmission. Dans de nombreux cas, le médecin télétransmet automatiquement les volets n°1 et n°2 à la caisse. Vous ne recevez alors que le volet n°3, que vous devez transmettre à l'employeur. Cette automatisation n'est pas garantie partout : vérifiez sur votre compte Ameli ou auprès de votre caisse que l'arrêt a bien été reçu. Un défaut de transmission automatique ne vous exonère pas de votre obligation.
Les canaux acceptés dépendent de votre caisse : espace en ligne, courrier ou dépôt à l'accueil. La fiche officielle renvoie à l'annuaire des CPAM et des MSA. Conservez une preuve d'envoi : en cas de litige sur la date, elle fera la différence.
Le retard a des conséquences graduées. Si vous transmettez après 48 heures, votre caisse vous informe du retard et vous avertit des conséquences en cas de nouvel envoi tardif. En cas de nouvel envoi tardif dans les deux ans, les indemnités peuvent être réduites de 50 % pour la période comprise entre la prescription et l'envoi. Depuis le 1er janvier 2026, lorsque l'arrêt est reçu après la fin de la période prescrite, la réduction peut atteindre 100 % pour toute la période concernée.
Deux tempéraments existent. Aucune réduction n'est appliquée si vous justifiez d'une hospitalisation ou de l'impossibilité matérielle de transmettre dans le délai de 48 heures. Ces justificatifs doivent être conservés et transmis à la caisse. La réduction n'est pas non plus automatique dans tous les cas : la caisse apprécie la situation, mais vous ne pouvez pas compter sur une indulgence systématique.
Les obligations pendant l'arrêt
L'arrêt n'est pas une simple autorisation d'absence. Il implique quatre obligations pendant toute sa durée.
- Suivre les prescriptions de votre médecin. L'arrêt n'est pas un congé : le traitement et les soins prescrits doivent être suivis.
- Vous soumettre aux contrôles médicaux organisés par l'employeur et/ou la Sécurité sociale. L'employeur peut notamment recourir à une contre-visite médicale.
- Respecter l'interdiction de sortie ou les heures de sortie autorisées. Le médecin peut autoriser des sorties à certaines heures ; en dehors, vous devez rester à domicile.
- Vous abstenir de toute activité, sauf autorisation du médecin traitant. Cette interdiction vise notamment les activités rémunérées, mais pas seulement.
Le non-respect entraîne la suspension du versement des indemnités journalières, pour une durée variable selon la gravité des faits. L'exercice d'une activité rémunérée non autorisée expose en outre à une sanction financière. La bonne foi ne suffit pas : c'est l'autorisation médicale qui compte.
Peut-on sortir faire des courses, accompagner un enfant à l'école ou se rendre à un rendez-vous ? La réponse dépend des heures autorisées par le médecin et des règles applicables. La fiche officielle sur les sorties détaille les situations. En cas de doute, demandez au médecin de préciser les horaires sur l'arrêt ou par écrit.
Peut-on travailler pendant un arrêt ? En principe non, sauf autorisation médicale. La fiche dédiée précise les cas dans lesquels une activité peut être envisagée. L'arrêt suspend l'exécution du contrat : l'employeur n'est pas tenu de fournir du travail, et le salarié n'est pas tenu de travailler. Les effets de cette suspension sur le préavis, la période d'essai ou les congés font l'objet de fiches spécifiques. Ne déduisez pas de l'arrêt des conséquences automatiques sur ces points sans vérifier.
La formation pendant un arrêt dispose également d'une fiche distincte.
La prolongation
Une prolongation suit une procédure propre. Depuis le 1er septembre 2026, chaque prolongation donnant lieu à des indemnités est limitée à 62 jours. Cette limite porte sur chaque prolongation, et non sur la durée totale de l'arrêt. Plusieurs prolongations peuvent donc être prescrites si l'état de santé le justifie. Le médecin peut dépasser 62 jours s'il justifie sur la prescription la nécessité d'une durée plus longue. Lorsque la prolongation dépasse trois mois, il peut solliciter l'avis du service du contrôle médical de l'Assurance maladie.
En principe, seul votre médecin traitant ou le médecin qui a prescrit l'arrêt initial peut prolonger. À titre exceptionnel, la prolongation peut être établie par le remplaçant du médecin traitant, le remplaçant du médecin prescripteur initial, un spécialiste consulté à la demande du médecin traitant, ou un médecin qui vous suit pendant une hospitalisation.
La prolongation par téléconsultation est possible mais encadrée. Le médecin doit remplir l'un des critères précédents. Il doit aussi vous avoir déjà vu en consultation présentielle dans les douze derniers mois, ou agir dans une situation exceptionnelle, par exemple une urgence ou une impossibilité d'accès aux soins. La téléconsultation doit se dérouler via une plateforme agréée et sécurisée. La durée d'un arrêt renouvelé ainsi ne peut en principe pas dépasser trois jours pour être indemnisée, sauf exceptions, notamment avec le médecin traitant, son remplaçant ou la sage-femme référente.
Les transmissions sont les mêmes qu'au premier arrêt. Vous devez tenir informé votre employeur et lui transmettre les documents de prolongation. L'usage est de le prévenir dans les 48 heures suivant la prolongation. Vous envoyez les feuillets n°1 et n°2 à la caisse et le n°3 à l'employeur. Si la prolongation est prescrite sur papier, le médecin doit utiliser le cerfa sécurisé. En téléconsultation, les feuillets n°1 et n°2 sont généralement transmis automatiquement à la CPAM, et le volet n°3 vous est adressé par courriel, via la plateforme ou votre compte Ameli ; vous devez alors l'envoyer vous-même à l'employeur.
Le défaut de transmission de la prolongation expose aux mêmes risques que pour l'arrêt initial : une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement.
Les documents à préparer
- Le feuillet n°3 du certificat médical, à remettre à l'employeur. Il justifie l'absence et indique les dates et le motif.
- Les feuillets n°1 et n°2, à transmettre à la CPAM ou à la MSA pour l'instruction du dossier.
- Le formulaire cerfa sécurisé, lorsque l'arrêt est établi sur papier. Le modèle n°10170\*08 est le seul accepté depuis le 1er septembre 2025.
- Un justificatif d'hospitalisation ou d'impossibilité de transmission, si vous transmettez tardivement et souhaitez éviter une réduction.
- Les documents de prolongation, le cas échéant, avec la même répartition.
Deux pièces complémentaires sont utiles sans être exigées : votre convention collective, pour vérifier le délai d'information et les garanties de maintien de salaire, et une preuve d'envoi de chaque transmission. Conservez aussi les coordonnées de votre caisse et de votre service des ressources humaines. En téléconsultation, vérifiez que le volet n°3 vous a bien été adressé.
Le formulaire « avis d'arrêt de travail » est disponible sur Service-Public.gouv.fr.
Coûts, délais et indemnisation
Déclarer un arrêt ne coûte rien. Ce qui est en jeu, ce n'est pas un frais administratif, mais le droit aux indemnités journalières et, le cas échéant, au complément de l'employeur.
Les indemnités de la Sécurité sociale représentent 50 % du salaire journalier de base. Pour un salarié payé au mois, ce salaire est calculé à partir des trois derniers salaires bruts perçus avant l'arrêt, divisé par 91,25. Le montant est plafonné : en 2026, les indemnités ne peuvent pas dépasser 42,97 € bruts par jour, et le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € par mois pour un arrêt débuté à partir du 1er avril 2025. Pour les arrêts antérieurs, un plafond à 1,8 fois le Smic reste applicable.
Les conditions d'ouverture dépendent de la durée. Pour les six premiers mois, il faut justifier, au jour de l'interruption, soit d'au moins 150 heures travaillées dans les trois mois civils ou les 90 jours précédents, soit d'une cotisation, sur les six mois civils précédents, sur la base d'une rémunération au moins égale à 1 015 fois le Smic horaire. Au-delà de six mois, il faut une affiliation d'au moins douze mois et 600 heures travaillées dans les douze mois ou les 365 jours précédents, ou une cotisation sur la base d'au moins 2 030 fois le Smic horaire. Ces conditions valent pour le temps complet comme pour le temps partiel. Des règles spécifiques existent pour le travail discontinu ou saisonnier.
Un délai de carence de trois jours s'applique à chaque arrêt : les indemnités sont versées à partir du quatrième jour. Il n'y a pas de carence en cas de reprise d'activité entre deux arrêts n'ayant pas dépassé 48 heures, ni pour des arrêts successifs liés à une affection de longue durée. Les indemnités sont dues pour chaque jour calendaire, y compris le week-end, et versées tous les 14 jours avec un relevé. La durée maximale est de douze mois d'indemnités par période de trois ans consécutifs. En cas d'affection de longue durée, elle est portée à trois ans, avec un nouveau délai de trois ans après au moins un an de reprise.
Un complément peut être versé par l'employeur, dans les conditions du Code du travail et souvent de la convention collective. Il suppose notamment un an d'ancienneté calculé depuis le premier jour d'absence, la transmission du certificat dans les 48 heures, une affiliation ouvrant droit aux indemnités, des soins en France ou dans l'Espace économique européen, et le fait de ne pas être travailleur à domicile, saisonnier, intermittent ou temporaire. Le versement effectif des indemnités par la caisse n'est pas une condition, mais leur montant entre dans le calcul. Un délai de carence de sept jours s'applique, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. La durée varie de 60 jours pour 1 à 5 ans d'ancienneté à 180 jours pour 31 ans et plus, avec une indemnisation à 90 % puis aux deux tiers selon les périodes. La convention collective peut prévoir davantage.
Les indemnités journalières sont des revenus de remplacement soumis à la CSG et à la CRDS à des taux particuliers, et imposables. La page d'impots.gouv.fr explique ce qu'il faut déclarer ; en cas de doute, référez-vous à votre déclaration pré-remplie ou à votre centre des finances publiques.
Les jours de carence comptent pour la retraite, car c'est la durée de l'arrêt qui est prise en compte. Pour les arrêts courts, l'impact est limité. Pour les arrêts longs, un trimestre est validé pour chaque période de 60 jours d'indemnisation, dans la limite de quatre trimestres par an.
Téléconsultation : ce qui change
La téléconsultation ne dispense pas des formalités, mais modifie la répartition des documents.
Pour un arrêt initial prescrit en téléconsultation, la durée ne peut en principe pas dépasser trois jours pour être indemnisé. Des exceptions sont prévues, notamment avec le médecin traitant, son remplaçant ou la sage-femme référente. Au-delà, l'arrêt peut exister, mais il ne sera pas indemnisé, sauf exception.
Pour une prolongation, le médecin doit être votre médecin traitant, le médecin ayant prescrit l'arrêt initial, le remplaçant de l'un de ces deux médecins, un spécialiste consulté à la demande du médecin traitant, ou un médecin vous suivant à l'hôpital. Il doit aussi vous avoir vu en présentiel dans les douze derniers mois, ou agir en situation exceptionnelle. La plateforme doit être agréée et sécurisée. La durée renouvelée ne peut en principe pas dépasser trois jours pour être indemnisée, avec les mêmes exceptions.
Côté documents, le médecin télétransmet généralement les volets n°1 et n°2 à la CPAM. Vous recevez le volet n°3 par courriel, via la plateforme ou votre compte Ameli. Vous devez l'envoyer vous-même à l'employeur dans les délais. Cette étape est souvent oubliée : le salarié croit que tout a été transmis parce que la caisse a reçu l'arrêt, alors que l'employeur n'a pas le feuillet n°3. Conservez la preuve de la téléconsultation et le message contenant le volet.
Cas particuliers
Plusieurs employeurs. Si le médecin a déterminé que vous ne pouvez exercer aucune activité, avertissez chaque employeur et envoyez une photocopie du volet n°3. Si l'arrêt ne concerne qu'une partie de vos activités, posez la question au médecin : c'est lui qui détermine les activités interdites.
Arrêt pendant le préavis ou la période d'essai. L'arrêt suspend l'exécution du contrat. Les conséquences sur le préavis et la période d'essai sont détaillées dans des fiches spécifiques. Ne considérez pas que le préavis est automatiquement prolongé.
Affection de longue durée. Les indemnités peuvent être versées pendant trois ans, et un nouveau délai de trois ans est ouvert après au moins un an de reprise. Le délai de carence ne s'applique pas en cas d'arrêts successifs liés à l'ALD.
Accident du travail ou maladie professionnelle. Ce n'est pas un arrêt maladie ordinaire. Les indemnités AT-MP ne se cumulent pas avec les indemnités maladie, et les règles de prise en charge diffèrent, notamment la date de début d'indemnisation. Utilisez les fiches dédiées.
Hospitalisation empêchant la transmission dans les 48 heures. Conservez le justificatif d'hospitalisation : il permet d'éviter la réduction pour transmission tardive.
Reprise de moins de 48 heures entre deux arrêts. Il n'y a pas de nouveau délai de carence.
Fonctionnaire, agent public ou indépendant. Les régimes sont différents. Consultez les fiches correspondantes plutôt que de transposer ces règles.
Erreurs fréquentes
Croire que les 48 heures sont un délai légal unique. Vis-à-vis de l'employeur, les 48 heures relèvent de l'usage, sauf convention ou accord. Vis-à-vis de la caisse, c'est un délai fixé par les textes. Les deux ne se confondent pas.
Prévenir seulement l'employeur. Sans transmission à la caisse dans les 48 heures, les indemnités peuvent être réduites, puis supprimées en cas de retard répété.
Prévenir seulement la caisse. L'employeur peut qualifier l'absence d'injustifiée et engager une procédure disciplinaire. Le feuillet n°3 doit lui être remis.
Envoyer une photocopie ou un scan d'un ancien formulaire. Depuis le 1er septembre 2025, ces supports sont refusés. Seul le cerfa sécurisé n°10170\*08 est accepté pour un arrêt papier.
Oublier le volet n°3 en téléconsultation. La télétransmission à la caisse ne dispense pas d'envoyer le volet n°3 à l'employeur.
Attendre la fin de l'arrêt pour transmettre. Le délai court dès le début. Attendre la fin, c'est être hors délai.
Confondre limite par prescription et durée totale. Les 31 jours de l'arrêt initial et les 62 jours de chaque prolongation ne plafonnent pas la durée totale. Un arrêt long reste possible si le médecin le justifie.
Reprendre une activité rémunérée sans autorisation. Même ponctuelle, elle peut entraîner une sanction financière et la suspension des indemnités.
Négliger les heures de sortie. Les contrôles peuvent avoir lieu à domicile. Une sortie hors des heures autorisées peut être relevée.
Questions fréquentes
Dois-je prévenir mon employeur avant d'avoir le certificat ?
Oui, dès que vous savez que vous ne pouvez pas travailler. Le certificat et le feuillet n°3 suivent. Vous pouvez annoncer l'absence par téléphone ou message, puis transmettre le feuillet dès réception.
Puis-je envoyer l'arrêt par courriel à la CPAM ?
Cela dépend des modalités de votre caisse. L'espace Ameli permet souvent la transmission, mais vérifiez les canaux acceptés et conservez une preuve d'envoi.
Le médecin peut-il refuser de me remettre le feuillet n°3 ?
Le certificat comporte trois feuillets, destinés à la caisse et à l'employeur. Le médecin remet l'ensemble au patient. Si un feuillet manque, demandez-lui de compléter avant de quitter le cabinet.
Mon employeur peut-il exiger le motif médical ?
Le feuillet n°3 mentionne les dates et le motif de l'arrêt, pas le diagnostic détaillé. L'employeur n'a pas à connaître la nature précise de la pathologie. Il peut vérifier la réalité de l'arrêt par les moyens prévus, notamment la contre-visite.
Que se passe-t-il si je transmets à la caisse au bout de cinq jours ?
La caisse vous informe du retard et vous avertit des conséquences en cas de nouvel envoi tardif. Si un nouvel envoi tardif intervient dans les deux ans, les indemnités peuvent être réduites de 50 % pour la période entre la prescription et l'envoi. En cas de nouveau retard, la réduction peut atteindre 100 % depuis le 1er janvier 2026. Une hospitalisation ou une impossibilité de transmettre peut justifier l'absence de réduction.
Puis-je sortir ou travailler pendant l'arrêt ?
Vous devez respecter l'interdiction de sortie ou les heures autorisées. En principe, vous ne pouvez pas travailler, sauf autorisation du médecin traitant. Une activité rémunérée non autorisée expose à une sanction financière et à la suspension des indemnités.
Ai-je droit à un complément de salaire ?
Cela dépend de l'ancienneté, de la convention collective et des conditions légales. Le complément suppose notamment un an d'ancienneté, la transmission du certificat dans les 48 heures et le respect des autres conditions. Vérifiez votre convention, qui peut prévoir des garanties plus favorables.
Les indemnités journalières sont-elles imposables ?
Oui, ce sont des revenus de remplacement imposables et soumis à la CSG et à la CRDS à des taux particuliers. La page d'impots.gouv.fr explique ce qu'il faut déclarer.
Sources
- Service-Public.gouv.fr — Arrêt maladie : démarches à effectuer par le salarié (F303), page vérifiée le 1er septembre 2026. Source principale pour les délais, les feuillets, les obligations, la prolongation et la téléconsultation.
- Service-Public.gouv.fr — Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié (F3053), page vérifiée le 1er juin 2026. Source pour les conditions d'indemnisation, le montant, la carence, la durée et le complément employeur.
- Service-Public.gouv.fr — Un salarié peut-il travailler pendant un arrêt de travail ? (F18724)
- Service-Public.gouv.fr — Un salarié en arrêt maladie peut-il sortir de son domicile ? (F12415)
- Service-Public.gouv.fr — Contre-visite médicale (F33908)
- Service-Public.gouv.fr — Droits du salarié dont le contrat est suspendu (F21050)
- Service-Public.gouv.fr — Avis d'arrêt de travail (R1458)
- Code de la sécurité sociale — articles L323-1 à L323-7
- Code de la sécurité sociale — articles L162-2 à L162-4-5
- Code de la sécurité sociale — articles R321-2 à R321-6
- Code de la sécurité sociale — articles D323-1 à D323-5
- Code de la sécurité sociale — articles R162-1-7 à R162-1-15
- Ameli — adresses et contacts des CPAM
- MSA — coordonnées des caisses
- impots.gouv.fr — indemnités journalières de maladie : que déclarer ?




