Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur l'entretien préalable au licenciement économique : son caractère obligatoire, la convocation, le délai de 5 jours ouvrables et le déroulement de l'entretien.
Ce qu'il faut savoir
- L'employeur qui envisage un licenciement économique doit en principe convoquer le salarié à un entretien préalable.
- Le caractère obligatoire de l'entretien varie selon le nombre de salariés licenciés sur une même période de 30 jours.
- La convocation est effectuée par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge.
- Un délai minimum de 5 jours ouvrables doit être respecté entre la présentation ou la remise de la lettre de convocation et la date de l'entretien.
- Les mentions obligatoires de la lettre diffèrent selon la présence ou non d'un représentant du personnel dans l'entreprise.
- Le salarié n'est pas obligé de se présenter à l'entretien : son absence n'est pas une faute et n'empêche pas la poursuite de la procédure.
- Lorsque l'employeur décide de licencier le salarié, il l'informe en lui adressant une lettre de licenciement.
Conditions essentielles
- L'employeur envisage un licenciement pour motif économique.
- Le nombre de salariés licenciés sur une même période de 30 jours détermine l'obligation de convoquer à un entretien.
- La convocation est faite par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge.
- Le salarié peut se faire assister, selon la présence ou non d'un représentant du personnel dans l'entreprise.
Les étapes
- Convoquer le salarié par lettre RAR ou remise en main propre contre décharge.
- Respecter un délai minimum de 5 jours ouvrables avant la date de l'entretien.
- Indiquer les mentions obligatoires dans la lettre de convocation, selon la présence d'un représentant du personnel.
- Tenir l'entretien, au cours duquel l'employeur indique le motif et recueille les explications du salarié.
- Permettre au salarié de se faire assister dans les conditions prévues.
- En cas de décision de licencier, adresser la lettre de licenciement au salarié.
Cette synthèse ne détaille pas le contenu exact de la lettre de convocation selon chaque configuration ni le régime spécifique des entreprises de 1000 salariés ou plus ; ces points sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail de la convocation, du délai de 5 jours et des mentions obligatoires, voir les sections « Comment le salarié est-il convoqué ? », « Le délai de 5 jours ouvrables » et « Mentions de la lettre : entreprise sans représentant du personnel ».
Un entretien préalable est-il obligatoire ?
Les obligations de l'employeur varient en fonction du nombre de salariés licenciés sur une même période de 30 jours.
- Moins de 10 salariés licenciés : l'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable.
- Au moins 10 salariés licenciés : l'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable uniquement dans les entreprises sans CSE.
Le critère est donc double : d'une part le nombre de licenciements sur une même période de 30 jours, d'autre part l'existence ou non d'un comité social et économique (CSE) dans l'entreprise.
Dans les entreprises sans CSE, l'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable quelle que soit la configuration, y compris pour au moins 10 salariés licenciés.
Comment le salarié est-il convoqué ?
La convocation est effectuée par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge.
Le choix entre l'envoi en recommandé avec avis de réception et la remise en main propre contre décharge permet de fixer le point de départ du délai précédant l'entretien.
La lettre de convocation doit contenir un ensemble de mentions obligatoires, dont la liste varie selon la présence ou non de représentant du personnel dans l'entreprise.
La date retenue pour la computation du délai est celle de la première présentation de la lettre recommandée ou du jour de la remise en main propre contre décharge.
Le délai de 5 jours ouvrables
Un délai minimum de 5 jours ouvrables doit être respecté entre la présentation ou la remise en main propre contre décharge de la lettre de convocation et la date de l'entretien.
La 1re présentation ou le jour de la remise en main propre de la lettre au salarié et le jour de l'entretien ne comptent pas dans le délai des 5 jours ouvrables.
À savoir
- Le délai est de 5 jours ouvrables minimum.
- Le jour de la présentation ou de la remise de la lettre ne compte pas dans le délai.
- Le jour de l'entretien ne compte pas dans le délai.
- Si le délai se termine un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant.
Le samedi est un jour ouvrable : il compte donc dans le délai de 5 jours lorsque le délai ne se termine pas un samedi.
Exemples de computation du délai
La fiche officielle illustre le calcul du délai à partir d'un salarié travaillant du lundi au vendredi, avec repos hebdomadaire le dimanche et sans jour férié dans la semaine.
- Si la 1re présentation de la lettre a lieu le mardi, l'entretien peut avoir lieu au plus tôt le mardi de la semaine suivante. Le samedi étant un jour ouvrable, il compte dans le délai de 5 jours.
- Si la 1re présentation de la lettre a lieu le lundi, l'entretien peut avoir lieu au plus tôt le mardi de la semaine suivante. Le délai se terminant un samedi, il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant.
Ces exemples montrent l'effet du samedi, jour ouvrable, et de la prolongation du délai lorsqu'il se termine un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé.
Le point de départ demeure la 1re présentation de la lettre recommandée ou la remise en main propre contre décharge, jour qui ne compte pas dans le délai.
Mentions de la lettre : entreprise sans représentant du personnel
Dans une entreprise sans représentant du personnel, la lettre de convocation doit indiquer un ensemble d'éléments.
- Objet de l'entretien entre le salarié et l'employeur (ou toute personne appartenant à l'entreprise avec délégation de pouvoir).
- Date, heure et lieu de l'entretien (lieu de travail ou siège de l'entreprise).
- Possibilité pour le salarié de bénéficier d'une assistance durant l'entretien, soit par un autre salarié appartenant à l'entreprise, soit par un conseiller extérieur appelé conseiller du salarié.
La lettre précise les coordonnées de la mairie et de l'inspection du travail où le salarié peut trouver la liste des conseillers. L'adresse de la mairie est celle du domicile du salarié (s'il réside dans le même département que l'établissement), sinon celle de la mairie du lieu de travail.
Ces mentions permettent au salarié d'identifier comment se faire assister et où trouver la liste des conseillers du salarié.
Mentions de la lettre : entreprise avec représentant du personnel
Dans une entreprise avec représentant du personnel, la lettre de convocation doit indiquer des éléments adaptés à cette configuration.
- Objet de l'entretien entre le salarié et l'employeur (ou toute personne appartenant à l'entreprise avec délégation de pouvoir).
- Date, heure et lieu de l'entretien (lieu de travail ou siège de l'entreprise).
- Possibilité pour le salarié de bénéficier d'une assistance durant l'entretien, soit par un autre salarié appartenant à l'entreprise, soit par un représentant du personnel de l'entreprise.
La différence avec l'entreprise sans représentant du personnel réside dans la mention de l'assistance : ici, l'assistance peut être assurée par un autre salarié ou par un représentant du personnel de l'entreprise.
Le contenu de la lettre s'adapte donc à la représentation du personnel existant dans l'entreprise.
Représentation et assistance lors de l'entretien
Les règles diffèrent entre la représentation et l'assistance, pour le salarié comme pour l'employeur.
- Le salarié ne peut pas se faire représenter lors de l'entretien préalable.
- C'est en principe l'employeur qui doit être l'interlocuteur du salarié, mais il peut se faire représenter par un membre du personnel de l'entreprise ayant qualité pour embaucher ou licencier les salariés.
- L'employeur ne peut pas se faire représenter par un avocat.
- Le salarié peut se faire assister par un salarié de l'entreprise, en présence de représentant du personnel, ou par un conseiller du salarié ou un autre salarié appartenant à l'entreprise, en l'absence de représentant du personnel.
- L'employeur ou son représentant peut se faire assister par une personne appartenant au personnel de l'entreprise.
La représentation consiste à agir à la place de la personne ; l'assistance consiste à être accompagné. Le salarié ne peut pas être représenté, mais il peut être assisté.
La possibilité pour l'employeur de se faire assister par une personne appartenant au personnel de l'entreprise coexiste avec sa possibilité de se faire représenter par un membre du personnel ayant qualité pour embaucher ou licencier.
Le salarié peut-il ne pas se présenter ?
Le salarié n'est pas obligé de se présenter à l'entretien préalable.
Son absence à cet entretien n'est pas une faute, ni un motif de licenciement. Cette absence n'empêche pas la poursuite de la procédure de licenciement.
À savoir
- Le salarié n'a aucune obligation de se présenter.
- L'absence n'est pas une faute et n'est pas un motif de licenciement.
- L'absence n'empêche pas la poursuite de la procédure.
- Le salarié n'a pas d'obligation d'informer son employeur de son absence.
Le salarié qui ne se présente pas n'a donc pas à justifier son absence auprès de l'employeur.
Comment se déroule l'entretien ?
L'entretien varie en fonction du nombre de salariés dans l'entreprise.
- Moins de 1000 salariés : au cours de l'entretien, l'employeur indique au salarié le ou les motifs de la décision envisagée et recueille ses explications. L'employeur propose au salarié un contrat de sécurisation professionnelle (CSP).
- 1000 salariés ou plus : l'entretien varie lorsque l'entreprise est en redressement ou en liquidation judiciaire ou non. Au cours de l'entretien, l'employeur indique le ou les motifs de la décision envisagée et recueille les explications. Le salarié doit être informé sur les conditions permettant de bénéficier d'un congé de reclassement.
- Entreprise en redressement judiciaire ou liquidation judiciaire : au cours de l'entretien, l'employeur indique le ou les motifs de la décision envisagée et recueille les explications. L'employeur propose au salarié un contrat de sécurisation professionnelle (CSP).
Dans tous les cas, l'employeur indique le ou les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié.
Selon la taille de l'entreprise et sa situation judiciaire, l'entretien peut comporter une proposition de CSP ou une information sur le congé de reclassement.
Que se passe-t-il après l'entretien ?
Lorsque l'employeur décide de licencier le salarié, il l'informe en lui adressant une lettre de licenciement.
L'entretien préalable constitue une étape de la procédure : la décision de licencier, si elle est prise, se matérialise ensuite par la notification de la lettre de licenciement.
La procédure se poursuit donc après l'entretien par l'envoi de la lettre de licenciement en cas de décision de rupture.
Points de vigilance
Plusieurs règles encadrant l'entretien préalable méritent d'être rappelées.
À savoir
- L'obligation de convoquer dépend du nombre de salariés licenciés sur 30 jours et de l'existence d'un CSE.
- Le délai minimum est de 5 jours ouvrables entre la présentation ou la remise de la lettre et l'entretien.
- Le jour de la remise et le jour de l'entretien ne comptent pas dans le délai.
- Les mentions de la lettre diffèrent selon la présence d'un représentant du personnel.
- Le salarié ne peut pas se faire représenter, mais il peut se faire assister.
- L'employeur ne peut pas se faire représenter par un avocat.
- L'absence du salarié n'est pas une faute et n'empêche pas la poursuite de la procédure.
Ces points renvoient aux sections « Le délai de 5 jours ouvrables », « Représentation et assistance lors de l'entretien » et « Le salarié peut-il ne pas se présenter ? ».
Questions fréquentes
Quelques réponses aux questions les plus courantes sur l'entretien préalable au licenciement économique.
L'entretien est-il toujours obligatoire ?
Il dépend du nombre de salariés licenciés sur 30 jours : moins de 10, l'employeur convoque ; au moins 10, uniquement dans les entreprises sans CSE.
Comment le salarié est-il convoqué ?
Par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge.
Quel délai respecter ?
Un délai minimum de 5 jours ouvrables entre la présentation ou la remise de la lettre et l'entretien, les deux jours extrêmes ne comptant pas et le délai étant prolongé s'il se termine un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé.
Le salarié peut-il se faire assister ?
Oui : par un salarié de l'entreprise en présence de représentant du personnel, ou par un conseiller du salarié ou un autre salarié en l'absence de représentant.
Et si le salarié ne vient pas ?
Son absence n'est pas une faute, n'est pas un motif de licenciement et n'empêche pas la poursuite de la procédure.
Que se passe-t-il après ?
Si l'employeur décide de licencier, il adresse au salarié une lettre de licenciement.
Ces réponses reprennent des règles exposées dans les sections précédentes, regroupées ici pour faciliter la consultation.
Textes applicables
- Code du travail : articles L1233-11 à L1233-14Textes légaux
- Code du travail : article L1233-38Textes légaux
- Code du travail : article L1233-66Textes légaux
- Code du travail : article R1233-19Textes réglementaires
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Licenciement économique d'un salarié : entretien préalable
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
