Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur le congé de mobilité : cadre, rémunération, déroulement, durée et fin du congé.
Ce qu'il faut savoir
- Le congé de mobilité est un mode de rupture d'un commun accord du contrat de travail à durée indéterminée (CDI).
- Il est proposé dans le cadre d'un accord collectif sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ou d'une rupture conventionnelle collective (RCC).
- Il favorise le retour à un emploi stable par des mesures d'accompagnement, des actions de formation et des périodes de travail au sein ou hors de l'entreprise.
- Pendant les périodes non travaillées, la rémunération correspond au minimum à 65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois précédant l'entrée en congé, avec un montant plancher par heure.
- La rémunération versée est exonérée de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois du congé ; cette durée peut être portée à 24 mois en cas de formation de reconversion professionnelle, et reste soumise à la CSG et à la CRDS.
- À la fin du congé de mobilité, le contrat de travail est rompu d'un commun accord ; le salarié perçoit les indemnités de rupture prévues par l'accord collectif.
Conditions essentielles
- L'employeur a conclu un accord collectif sur la GPEC ou sur la rupture conventionnelle collective.
- Les conditions d'adhésion du salarié sont précisées dans l'accord collectif qui le propose.
- Le salarié adhère selon le mode d'adhésion prévu, comprenant les conditions d'expression de son consentement écrit.
- Pour un salarié protégé, la rupture amiable dans le cadre du congé de mobilité est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail.
Les étapes
- L'employeur propose le congé de mobilité dans le cadre de l'accord collectif.
- Le salarié adhère selon le mode prévu par l'accord (consentement écrit).
- Le salarié participe aux mesures d'accompagnement et aux actions de formation.
- Les périodes de travail sont accomplies au sein ou hors de l'entreprise, dans le cadre d'un nouveau CDI ou d'un CDD.
- En cas de CDD, le congé est suspendu, puis reprend à l'issue du CDD pour la durée restant à courir.
- À la fin du congé, le contrat est rompu d'un commun accord et le salarié perçoit les indemnités prévues par l'accord.
Cette synthèse ne détaille pas le contenu de chaque accord collectif : celui-ci fixe la durée, les conditions d'adhésion, la rémunération et les indemnités de rupture.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Le détail de la rémunération, du déroulement et de la fin du congé est traité dans les sections suivantes.
Qu'est-ce qu'un congé de mobilité pour un salarié ?
Le congé de mobilité permet au salarié qui le souhaite et qui remplit les conditions pour en bénéficier de préparer une reconversion professionnelle. Il a pour objet de favoriser le retour à un emploi stable à l'issue du congé.
Des mesures d'accompagnement, des actions de formation et des périodes de travail au sein ou hors de l'entreprise sont proposées au salarié pendant le congé. Il peut être proposé dans le cadre d'un accord sur la GPEC ou d'un accord de RCC.
Le congé de mobilité est un mode de rupture d'un commun accord du contrat de travail à durée indéterminée (CDI). L'employeur peut le proposer dans le cadre d'un accord collectif sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ou d'une rupture conventionnelle collective (RCC).
Règle
Le congé de mobilité ne doit pas être confondu avec la mobilité volontaire sécurisée.
Pour l'employeur, le congé de mobilité permet d'anticiper l'impact des mutations économiques sur la gestion du personnel, en dehors de toutes difficultés économiques.
Quelles entreprises peuvent proposer un congé de mobilité ?
Un congé de mobilité peut être proposé par toute entreprise ayant conclu un accord collectif.
Un congé de mobilité peut être proposé par toute entreprise ayant conclu un accord collectif sur la rupture conventionnelle collective. Il peut également être proposé par une entreprise ayant conclu un accord collectif de GPEC.
À savoir
- L'obligation de négocier un accord de GPEC concerne les entreprises ou groupes d'entreprises d'au moins 300 salariés dont le siège est en France.
- Elle concerne aussi les entreprises ou groupes de dimension communautaire comportant au moins 1 établissement d'au moins 150 salariés en France.
- Les conditions d'adhésion du salarié au congé de mobilité sont précisées dans l'accord collectif qui le propose.
Le congé de mobilité suppose donc l'existence d'un accord collectif préalable, de GPEC ou de RCC.
L'accompagnement et les actions de formation
Le congé de mobilité a pour objet de favoriser le retour à un emploi stable à l'issue du congé. Pour cela, il combine plusieurs leviers.
Des mesures d'accompagnement, des actions de formation et des périodes de travail au sein ou hors de l'entreprise sont proposées au salarié pendant le congé.
- Mesures d'accompagnement : elles accompagnent le salarié dans la préparation de son projet professionnel.
- Actions de formation : elles peuvent être mobilisées pendant le congé, notamment en vue d'une reconversion professionnelle.
- Périodes de travail : elles peuvent être accomplies au sein ou hors de l'entreprise, dans le cadre d'un nouveau CDI ou d'un CDD.
L'organisation de ces mesures, actions et périodes est précisée par l'accord collectif sur la GPEC ou de RCC.
Le contenu de l'accord collectif
L'accord collectif qui propose le congé de mobilité détermine lui-même les conditions d'adhésion du salarié.
- Durée du congé de mobilité.
- Conditions que doit remplir le salarié pour en bénéficier.
- Mode d'adhésion du salarié à la proposition de l'employeur, comprenant les conditions d'expression de son consentement écrit et les engagements des parties.
- Organisation des périodes de travail, conditions auxquelles il est mis fin au congé et modes d'accompagnement des actions de formation envisagées.
- Niveau de la rémunération versée pendant la période du congé de mobilité.
- Conditions d'information des institutions représentatives du personnel.
- Indemnités de rupture garanties au salarié, qui ne peuvent être inférieures aux indemnités légales dues en cas de licenciement pour motif économique.
L'accord collectif est donc la source des règles applicables au congé : durée, rémunération, adhésion et indemnités de rupture.
Quelle rémunération pendant le congé de mobilité ?
La rémunération versée pendant le congé de mobilité est fixée par l'accord collectif relatif à la GPEC ou de RCC. Elle varie selon les périodes travaillées ou non travaillées pendant ce congé.
Le salarié en congé de mobilité doit percevoir la rémunération correspondant au travail qu'il effectue, selon les règles applicables dans l'entreprise d'accueil. Elle ne peut pas être inférieure à celle perçue lors des périodes non travaillées.
La rémunération des périodes non travaillées correspond au minimum à 65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois précédant l'entrée en congé. Au minimum, le montant de l'allocation doit atteindre 10,46 € par heure, multipliée par la durée collective de travail fixée dans l'entreprise (soit 1 586,96 € si l'entreprise applique les 35 heures).
À savoir
- La rémunération versée est exonérée de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois du congé.
- Cette durée peut être portée à 24 mois en cas de formation de reconversion professionnelle.
- La rémunération reste soumise à la CSG et à la CRDS.
- La rémunération des périodes travaillées ne peut pas être inférieure à celle perçue lors des périodes non travaillées.
Le niveau de rémunération est précisé par l'accord collectif, dans le respect du minimum prévu pour les périodes non travaillées.
Comment se déroule le congé de mobilité ?
L'organisation des périodes de travail, les mesures d'accompagnement et les actions de formation envisagées sont précisées dans l'accord collectif sur la GPEC ou de RCC qui le propose.
Les périodes de travail proposées aux salariés peuvent être accomplies au sein ou en dehors de l'entreprise, dans le cadre d'un nouveau CDI ou d'un CDD.
Règle
Lorsque le salarié a signé un CDD, le congé de mobilité est suspendu. Il reprend à l'issue du CDD pour la durée restant à courir.
Les périodes de travail au sein de l'entreprise d'accueil ouvrent droit à la rémunération prévue par les règles applicables dans cette entreprise.
Quelle est la durée du congé de mobilité ?
La durée du congé est précisée par l'accord collectif sur la GPEC ou de RCC qui le met en place.
Elle correspond à la période de maintien du contrat de travail avant sa rupture. Elle est laissée au libre choix des négociateurs.
La durée du congé de mobilité n'est pas fixée par la loi : elle résulte de l'accord collectif. Elle correspond au temps pendant lequel le contrat de travail est maintenu avant la rupture.
La suspension du congé pendant un CDD prolonge d'autant la durée restant à courir à l'issue de ce contrat.
Que se passe-t-il à la fin du congé de mobilité ?
À la fin du congé de mobilité, le contrat de travail du salarié est rompu d'un commun accord.
Le salarié perçoit les indemnités de rupture prévues par l'accord collectif. Le salarié qui n'a pas retrouvé d'emploi à la fin du congé de mobilité peut prétendre à l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE), sous conditions.
À savoir
- Les indemnités de rupture garanties par l'accord ne peuvent être inférieures aux indemnités légales dues en cas de licenciement pour motif économique.
- Le salarié qui n'a pas retrouvé d'emploi peut prétendre à l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE), sous conditions.
- La rupture amiable dans le cadre du congé de mobilité pour un salarié protégé est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail.
L'ouverture des droits à l'assurance chômage suppose de remplir les conditions d'attribution de l'ARE.
Les obligations d'information de l'employeur
Dans le cadre d'un accord GPEC, l'employeur doit transmettre un bilan des ruptures à l'administration.
Dans le cadre d'un accord GPEC, l'employeur doit transmettre tous les 6 mois le bilan des ruptures prononcées dans le cadre du congé de mobilité à la Dreets.
Pour ce faire, l'employeur utilise le portail de gestion dématérialisée des ruptures collectives de contrats de travail (RUPCO).
Situations particulières
Trois situations appellent des précisions quant au déroulement ou à la fin du congé de mobilité.
- Signature d'un CDD pendant le congé
- Lorsque le salarié a signé un CDD, le congé de mobilité est suspendu ; il reprend à l'issue du CDD pour la durée restant à courir.
- Salarié protégé
- La rupture amiable dans le cadre du congé de mobilité pour un salarié protégé est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail.
- Absence d'emploi à la fin du congé
- Le salarié qui n'a pas retrouvé d'emploi à la fin du congé de mobilité peut prétendre à l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE), sous conditions.
Ces situations sont prévues par la fiche officielle et doivent être combinées avec les stipulations de l'accord collectif.
Le vocabulaire du congé de mobilité
Plusieurs notions et sigles structurent le congé de mobilité. Les préciser facilite la lecture.
- GPEC
- Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ; un accord collectif sur la GPEC peut instituer le congé de mobilité.
- RCC
- Rupture conventionnelle collective ; un accord collectif de RCC peut également proposer le congé de mobilité.
- Dreets
- Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (ex-Direccte) ; destinataire du bilan semestriel des ruptures dans le cadre d'un accord GPEC.
- CSG-CRDS
- Contribution sociale généralisée et contribution pour le remboursement de la dette sociale ; la rémunération versée pendant le congé reste soumise à ces contributions.
- ARE
- Allocation chômage d'aide au retour à l'emploi, à laquelle peut prétendre le salarié qui n'a pas retrouvé d'emploi à la fin du congé, sous conditions.
- RUPCO
- Portail de gestion dématérialisée des ruptures collectives de contrats de travail, utilisé par l'employeur pour transmettre le bilan des ruptures.
Ces sigles sont ceux employés dans la fiche officielle.
Points de vigilance
Quelques règles méritent une attention particulière. Elles concernent le cadre du dispositif, l'adhésion du salarié, la rémunération et la protection de certains salariés.
Le congé de mobilité suppose un accord collectif préalable, l'adhésion écrite du salarié et le respect des minima de rémunération. La rupture amiable d'un salarié protégé est soumise à autorisation.
À savoir
- Le congé de mobilité ne doit pas être confondu avec la mobilité volontaire sécurisée.
- Il suppose l'existence d'un accord collectif de GPEC ou de RCC.
- Le consentement écrit du salarié est requis selon le mode d'adhésion prévu par l'accord.
- La rémunération des périodes non travaillées a un plancher : 65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois, et un montant horaire minimal.
- L'exonération de cotisations sociales est limitée à 12 mois, portée à 24 mois en cas de formation de reconversion.
- Pour un salarié protégé, la rupture amiable est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail.
Ces éléments découlent de la fiche officielle et de l'accord collectif applicable.
Textes applicables
- Code du travail : article L1237-17Textes légaux
- Code du travail : articles L1237-18 à L1237-18-5Textes légaux
- Code du travail : articles D1237-4 à D1237-5Textes légaux
- Code du travail : articles L2242-20 à L2242-21Légifrance
- Code du travail : articles L2341-1 et L2341-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Congé de mobilité d'un salarié
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
