Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir
- Les intempéries peuvent empêcher le salarié de se rendre au travail ou d'arriver à l'heure : on parle de force majeure.
- Dans le cas général, l'employeur n'est pas obligé de rémunérer le temps d'absence, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
- Dans le BTP, l'employeur peut décider l'arrêt du chantier lorsque les conditions rendent le travail dangereux ou impossible : c'est le chômage-intempéries.
- La retenue sur salaire est strictement proportionnelle à la durée de l'absence : pour 1 journée d'absence dans un contrat de 35 h à 7 h par jour, la retenue est de 7 h.
- Pour éviter la retenue, l'employeur peut proposer : récupération, congés payés, RTT, repos compensateurs ou télétravail.
- L'employeur ne peut pas licencier un salarié au cours de la période d'inactivité du chantier (sauf faute grave ou arrêt décidé par le maître d'œuvre).
Conditions essentielles
- Que le salarié soit dans l'impossibilité de se rendre au travail ou d'arriver à l'heure en raison d'intempéries (tempête, neige, verglas, gel, pluie, vent fort, canicule).
- Pour le régime BTP : avoir effectué au moins 200 heures de travail au cours des 2 mois précédant l'arrêt.
- Pour le régime BTP : ne pas avoir été indemnisé plus de 55 jours depuis le 1ᵉʳ janvier de l'année.
Les étapes
- Vérifier si l'absence relève d'une impossibilité réelle de se rendre au travail (force majeure).
- En cas général, l'employeur applique la retenue proportionnelle sur la paye.
- En cas général, l'employeur peut proposer une solution alternative (récupération, congés, RTT, télétravail) pour éviter la retenue.
- Pour le BTP, l'employeur décide l'arrêt du travail, vérifie les droits du salarié et déclare l'arrêt à la caisse des congés payés.
- Pour le BTP, la déclaration provisoire d'arrêt doit être adressée à la caisse au plus tard 120 heures après le début de l'arrêt.
L'absence pour intempérie est traitée en deux temps : cas général (tous secteurs) puis régime particulier du BTP, qui indemnise sous conditions.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne couvre pas le détail des seuils d'indemnisation (9 h/jour, 45 h/semaine, 75 % du salaire), la liste des nomenclatures d'activités concernées, ni les obligations spécifiques du salarié en chômage-intempéries.
Conditions de travail dans le secteur privé
Les conditions climatiques (canicule, neige, gel, verglas, pluie, vent fort) peuvent empêcher les salariés de travailler. Les règles diffèrent selon que le salarié travaille dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) ou dans un autre secteur.
Les règles présentées ici concernent les salariés du secteur privé. La fonction publique obéit à un cadre distinct.
Cas général
Hors BTP, l'absence ou le retard du salarié pour cause d'intempéries relève d'un régime simple : la force majeure.
La force majeure est un événement exceptionnel, imprévisible et irrésistible qui justifie de s'exonérer d'une obligation (par exemple une catastrophe naturelle pour un contrat d'assurance, ou le décès du salarié pour un contrat de travail).
Le salarié qui ne peut pas se rendre au travail en raison d'intempéries est en situation de force majeure. L'employeur peut retenir sur la paye le temps d'absence, sous réserve de dispositions conventionnelles plus favorables.
- Une impossibilité réelle de se rendre au travail ou d'arriver à l'heure, liée aux conditions climatiques (tempête, neige, verglas, gel, pluie, vent fort, canicule).
- Un caractère imprévisible et irrésistible de l'événement (critère de la force majeure).
- L'absence de disposition conventionnelle ou d'accord collectif prévoyant le maintien de la rémunération.
Pour identifier la convention collective applicable, un simulateur permet de rechercher la convention avec le nom de l'entreprise ou son numéro Siret.
L'employeur doit-il payer le salarié absent à cause des intempéries ?
La règle de principe est claire : l'absence pour intempérie n'est pas due. Mais elle n'est pas absolue : la convention ou l'accord collectif peut prévoir mieux.
L'employeur n'est pas obligé de rémunérer le temps d'absence du salarié qui est dans l'impossibilité de se rendre au travail ou d'arriver à l'heure en raison d'intempéries.
Une convention ou un accord collectif peut prévoir des dispositions plus favorables en matière de maintien de la rémunération : à vérifier systématiquement avant d'appliquer la retenue.
Pour identifier la convention collective applicable, un simulateur permet de rechercher la convention avec le nom de l'entreprise ou son numéro Siret.
Quel est le montant de la retenue sur le salaire pour absence due aux intempéries ?
La retenue n'est pas forfaitaire : elle est strictement proportionnelle au temps d'absence.
Le montant retenu sur la paye du salarié doit être strictement proportionnel à la durée de l'absence.
À savoir
- La retenue est calculée par application du salaire horaire au nombre d'heures non travaillées : elle ne peut pas être forfaitaire.
- Une journée d'absence dans un contrat de 35 h par semaine à raison de 7 h par jour donne lieu à une retenue de 7 h.
Exemple
Application chiffrée du principe de proportionnalité.
À savoir
- Un salarié dont le contrat de travail est de 35 heures par semaine à raison de 7 heures par jour est absent une journée à cause des intempéries.
- La retenue sur la paye du salarié devra être de 7 heures.
Que peut proposer l'employeur au salarié en cas d'absence individuelle due aux intempéries ?
Pour éviter une retenue sur salaire, l'employeur dispose d'un éventail de solutions. Le choix relève du dialogue avec le salarié.
L'employeur peut proposer, par exemple, une des solutions suivantes :
- Faire effectuer les heures d'absence à un autre moment de la semaine.
- Permettre au salarié de prendre des congés payés.
- Permettre au salarié, s'il en a, de prendre des jours de réduction du temps de travail (RTT).
- Permettre au salarié de prendre des repos compensateurs liés à des heures supplémentaires.
- Recourir au télétravail.
Ces solutions supposent l'accord du salarié : l'employeur ne peut pas l'obliger à poser des congés ou à utiliser ses RTT sans son consentement.
Que peut faire l'employeur en cas d'interruption collective de travail due aux intempéries ?
Quand l'interruption concerne plusieurs salariés, l'employeur dispose des mêmes solutions individuelles, plus deux leviers collectifs.
Pour éviter une retenue sur salaire en cas d'interruption collective, l'employeur peut proposer les mêmes solutions qu'en cas individuel, et y ajouter deux leviers propres au collectif.
- Faire effectuer les heures d'absence à un autre moment de la semaine.
- Permettre aux salariés de prendre des congés payés.
- Permettre aux salariés, s'ils en ont, de prendre des jours de RTT.
- Permettre aux salariés de prendre des repos compensateurs liés à des heures supplémentaires.
- Recourir au télétravail.
À savoir
- Faire récupérer les heures perdues dans les 12 mois suivants, après information de l'inspection du travail.
- Faire une demande d'activité partielle auprès de l'autorité administrative.
BTP
Le BTP dispose d'un régime particulier : le chômage-intempéries. Il indemnise les arrêts décidés par l'employeur — pas les impossibilités individuelles de trajet.
Dans le BTP, l'employeur peut décider d'arrêter un chantier en raison des intempéries lorsqu'elles rendent dangereux ou impossible l'accomplissement du travail. Le salarié en arrêt peut alors voir sa perte de salaire compensée par le régime de chômage-intempéries, sous conditions.
À savoir
- Le salarié qui est dans l'impossibilité de se rendre au travail en raison d'une intempérie ne peut pas être indemnisé par le régime de chômage-intempéries : ce régime vise l'arrêt du chantier décidé par l'employeur, pas l'impossibilité individuelle de trajet.
- Les périodes pour lesquelles Météo-France émet un seuil de vigilance orange ou vigilance rouge « canicule » permettent l'indemnisation des arrêts de travail en raison des intempéries.
- La vigilance orange correspond à une période de chaleur intense et durable pour laquelle les indices bio-météorologiques atteignent ou dépassent les seuils départementaux, susceptible de constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée.
- La vigilance rouge correspond à une canicule extrême : exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique, présentant un fort impact sanitaire pour l'ensemble de la population ou pouvant entraîner l'apparition d'effets collatéraux, notamment en termes de continuité d'activité.
Qu'est-ce que l'intempérie dans le secteur du bâtiment et des travaux publics ?
L'intempérie au sens du régime BTP n'est pas seulement la pluie ou le froid : c'est tout ce qui rend le travail dangereux ou techniquement impossible.
Les conditions atmosphériques (canicule, neige, gel, verglas, pluie, vent fort) et les inondations qui rendent dangereux ou impossible le travail sont considérées comme des intempéries.
Cette impossibilité peut être liée à la santé ou à la sécurité des salariés, mais aussi à la nature ou à la technique du travail à accomplir : un crépi extérieur par grand vent, un terrassement sous pluie battante, une soudure sous gel sont des situations courantes d'intempérie BTP.
Connaître la liste des activités professionnelles concernées par le régime de chômage-intempéries
Le régime de chômage-intempéries ne s'applique pas à toutes les entreprises : il est limité aux entreprises du BTP et aux carrières à ciel ouvert qui leur sont directement liées.
Le régime de chômage-intempéries concerne les entreprises relevant des nomenclatures 330 à 349 (entreprises de bâtiment, de travaux publics, de génie civil, terrassements, travaux maritimes et fluviaux, travaux de routes, travaux urbains, etc.) ainsi que les carrières à ciel ouvert extrayant des matériaux destinés au BTP et directement exploitées par les entreprises du BTP.
- Pour être indemnisé, le salarié doit travailler sur le chantier arrêté pour cause d'intempéries.
- Les salariés temporaires mis à disposition d'une entreprise du BTP sont indemnisés par l'entreprise de travail temporaire.
- L'indemnité est due quand les salariés de l'entreprise utilisatrice qui travaillent sur le même chantier sont payés en chômage-intempéries.
- Des conditions de durée minimale de travail (200 heures au cours des 2 mois précédant l'arrêt) et un délai de carence (indemnité due à partir de la 2ᵉ heure perdue) doivent être respectés.
- Il y a une limite au nombre d'heures indemnisées (9 heures par jour, 45 heures par semaine) et une limite au montant de l'indemnisation (75 % du salaire).
- Le salarié ne doit pas, depuis le 1ᵉʳ janvier de l'année, avoir été indemnisé plus de 55 jours au titre du chômage-intempéries.
À savoir
- L'employeur décide de l'arrêt de travail, vérifie les droits des salariés et déclare l'arrêt.
- L'employeur déclare les salaires à la caisse des congés payés et décide de la date de reprise du travail.
- Lorsque le salarié quitte l'entreprise, l'employeur lui remet un certificat mentionnant les journées de chômage-intempéries.
- L'arrêt du travail est décidé par l'employeur ou son représentant sur le chantier, après consultation du CSE lorsqu'il existe.
- Quand les travaux sont faits pour une administration, une collectivité publique, un service concédé ou subventionné, le représentant du maître d'ouvrage peut s'opposer à l'arrêt du travail.
- L'employeur adresse une déclaration provisoire d'arrêt de travail à la caisse de congés payés au plus tard 120 heures après le début de l'arrêt.
- Le bordereau doit parvenir à la caisse de congés payés dans un délai de 1 mois à compter de la reprise du travail.
- Les entreprises doivent adresser périodiquement et au moins tous les 3 mois à la caisse de congés payés une déclaration comportant l'état des salaires servant d'assiette à la cotisation.
L'employeur peut être condamné à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende en cas de fausse déclaration.
Pour la question des grèves de transports, voir la fiche dédiée « Grève des transports : quels droits pour le salarié ? ».
Textes applicables
- Code du travail : articles L1222-9 à L1222-11Légifrance
- Code du travail : article L3121-50Légifrance
- Code du travail : articles L5424-6 à L5424-19Légifrance
- Code du travail : article R3121-33Légifrance
- Code du travail : articles R5122-1 à R5122-26Légifrance
- Code du travail : articles D5424-7 à D5424-29Légifrance
- Arrêté du 8 avril 2026 relatif aux modalités d'indemnisation des arrêts de travail occasionnés par les intempéries visés aux articles L. 5424-6 et suivants du code du travailLégifrance
- Arrêté du 27 mai 2025 relatif à la détermination des seuils de vigilance pour canicule dans le cadre de la protection des travailleurs contre les risques liés aux épisodes de chaleur intenseLégifrance
- Circulaire DGEFP n°2013-12 du 12 juillet 2013 relative à la mise en œuvre de l'activité partielleLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Absence d'un salarié pour cause d'intempéries : quelles sont les règles ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

