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Interdiction de retour sur le territoire français (IRTF)

L'interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) est une mesure administrative prise par le préfet pour empêcher un étranger de revenir en France après un éloignement. Elle peut être automatique ou prononcée après une obligation de quitter le territoire (OQTF) et interdit le retour, y compris dans l'espace Schengen, jusqu'à 5 ans (10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public).

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur l'interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) : définition, bénéficiaires, durée, conséquences, recours et abrogation.

Ce qu'il faut savoir

  • L'IRTF est une mesure prise par le préfet pour empêcher un étranger de revenir en France après un éloignement (obligation de quitter le territoire, OQTF).
  • Vous n'êtes pas concerné si vous êtes ressortissant européen ; les membres de votre famille vivant en France avec vous ne le sont pas non plus.
  • L'IRTF est prononcée après une OQTF si vous êtes resté en France au-delà des 30 jours accordés pour un départ volontaire, ou automatiquement si aucun délai ne vous a été accordé.
  • L'IRTF dure 5 ans maximum à partir de votre départ effectif du territoire ; elle peut atteindre 10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public lorsqu'elle est prononcée avec une OQTF sans délai.
  • L'IRTF vous interdit de revenir non seulement en France, mais aussi dans tout l'espace Schengen : une inscription au système d'information Schengen (SIS) est automatiquement effectuée.
  • Les délais de recours varient selon votre situation : 1 mois (cas général), 7 jours (assignation à résidence), 48 heures (rétention administrative).
  • L'IRTF peut être abrogée : automatiquement si vous quittez la France dans le délai imparti et prouvez votre sortie, sur votre demande (si vous résidez à l'étranger), ou d'initiative du préfet.
  • Revenir en France pendant la durée de l'IRTF est un délit puni de 3 ans d'emprisonnement maximum, et peut entraîner une interdiction du territoire français (ITF).

Conditions essentielles

  • Vous faites l'objet d'une obligation de quitter le territoire (OQTF) et êtes resté en France au-delà du délai de 30 jours de départ volontaire.
  • Ou bien aucune OQTF sans délai ne vous a été accordée : l'IRTF est alors prononcée d'office.
  • Vous n'êtes pas ressortissant européen ni membre de la famille d'un ressortissant européen vivant en France.
  • La décision du préfet doit être argumentée ; des circonstances humanitaires peuvent justifier qu'il ne prononce pas d'IRTF.

Les étapes

  • Réception de la notification de l'IRTF (et, le cas échéant, de l'OQTF et des mesures annexes : refus de titre de séjour, pays de renvoi).
  • Vérifier votre situation : assignation à résidence, rétention administrative ou cas général — le délai de recours en dépend.
  • Former un recours devant le tribunal administratif compétent dans le délai applicable : 1 mois (cas général), 7 jours (assignation), 48 heures (rétention).
  • Le cas échéant, se faire assister par un avocat (de votre choix ou commis d'office) et solliciter l'aide juridictionnelle si nécessaire.
  • Attendre la décision du tribunal administratif : 6 mois (cas général), 15 jours (assignation), 96 heures (rétention).
  • Quitter la France dans le délai imparti et prouver votre sortie dans les 2 mois suivant la fin du délai (cachet sur le passeport ou présence à l'ambassade/consulat français) pour bénéficier de l'abrogation automatique.
  • Le cas échéant, demander l'abrogation de l'IRTF au préfet par lettre écrite, si vous résidez à l'étranger (sauf si vous êtes incarcéré ou assigné à résidence).
  • Ne pas revenir en France pendant la durée de l'IRTF, sous peine de sanctions pénales (jusqu'à 3 ans d'emprisonnement).

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — durée et prolongation, inscription au SIS, délais de recours selon la situation, abrogation — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des délais de recours selon votre situation et des modalités d'abrogation, voir les sections « Quels sont les recours possibles » et « Une IRTF peut-elle être abrogée ? ».

Qu'est-ce que l'IRTF ?

L'interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) est une mesure administrative prise par le préfet pour empêcher un étranger de revenir en France lorsqu'il a été éloigné de force du territoire.

Si vous faites l'objet d'une obligation de quitter le territoire (OQTF), le préfet peut vous interdire le retour sur le territoire français. L'IRTF est une mesure complémentaire de l'OQTF : elle s'ajoute à l'obligation de quitter la France et vise à empêcher votre retour une fois l'éloignement effectué. Le préfet peut prononcer l'IRTF en même temps qu'une OQTF avec délai de départ volontaire, ou après une OQTF si vous êtes resté en France au-delà du délai de 30 jours accordé pour un départ volontaire.

Règle

L'IRTF est prononcée par le préfet, après une OQTF, si vous êtes resté en France au-delà du délai de 30 jours de départ volontaire. La décision doit être argumentée. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que le préfet ne prononce pas d'IRTF.

L'IRTF n'est pas une mesure de rétention ni d'assignation à résidence : elle s'applique après votre départ du territoire et interdit votre retour. Elle se distingue de l'interdiction du territoire français (ITF), qui est une peine prononcée par un juge pénal.

Qui est concerné par l'IRTF ?

L'IRTF concerne les étrangers faisant l'objet d'une OQTF. Vous n'êtes pas concerné si vous êtes ressortissant étranger européen. Les membres de votre famille qui vivent en France avec vous ne sont pas concernés non plus.

L'exclusion des ressortissants européens découle de leur droit de séjour dans l'Union européenne : un citoyen de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse ne peut faire l'objet d'une IRTF. Les membres de sa famille l'accompagnant ou vivant avec lui en France bénéficient de la même protection.

Règle

Pas d'IRTF pour : les ressortissants étrangers européens et les membres de leur famille vivant en France avec eux.

Pour les ressortissants de pays tiers (hors UE/EEE/Suisse), l'IRTF peut s'appliquer dans les conditions décrites dans cette fiche, sous réserve des règles propres au droit d'asile et de la protection internationale.

Dans quels cas l'IRTF est-elle prononcée ?

L'IRTF peut être prononcée de deux manières : après une OQTF avec délai de départ volontaire, si vous êtes resté en France au-delà des 30 jours ; ou automatiquement, si vous faites l'objet d'une OQTF sans délai de départ volontaire.

Dans le premier cas, le préfet prononce l'IRTF si vous n'avez pas quitté la France dans le délai des 30 jours. Cette décision doit être argumentée : le préfet doit motiver les raisons pour lesquelles un retour serait susceptible de porter atteinte à l'ordre public. Dans le deuxième cas (OQTF sans délai), l'IRTF est prononcée d'office, c'est-à-dire automatiquement, sans décision individuelle motivée spécifique — la décision doit tout de même être argumentée. Le préfet peut aussi décider de prononcer une IRTF en même temps qu'une OQTF avec délai de départ volontaire.

Règle

OQTF avec délai de départ volontaire : IRTF prononcée si non-départ dans les 30 jours, décision argumentée. OQTF sans délai : IRTF prononcée d'office (automatique), décision argumentée. Circonstances humanitaires : possibilité pour le préfet de ne pas prononcer d'IRTF.

L'IRTF peut aussi être prononcée lors d'un réexamen de votre situation par l'administration, en complément d'une OQTF.

Quelle est la durée de l'IRTF ?

L'IRTF dure 5 ans maximum à partir du moment où vous avez effectivement quitté le territoire. Si vous vous êtes maintenu ou si vous êtes revenu sur le territoire français malgré l'OQTF, elle peut être prolongée de 2 ans maximum, sans que la durée totale puisse excéder 5 ans.

Le point de départ de la durée est votre départ effectif de France, et non la date de notification de la décision. En cas d'OQTF sans délai (IRTF automatique), la durée est de 5 ans maximum ; elle peut toutefois atteindre 10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public. Lorsque la durée excède 5 ans, l'IRTF fait l'objet d'un réexamen tous les 5 ans en vue de prononcer éventuellement son abrogation : il est tenu compte de l'évolution de la menace pour l'ordre public, des changements intervenus dans votre situation personnelle et familiale et des garanties de réinsertion professionnelle ou sociale.

Règle

Durée : 5 ans maximum à partir du départ effectif. Prolongation en cas de maintien ou de retour malgré l'OQTF : 2 ans maximum, sans dépasser 5 ans au total. OQTF sans délai : 5 ans maximum, pouvant atteindre 10 ans en cas de menace grave pour l'ordre public. Réexamen tous les 5 ans si la durée dépasse 5 ans.

La prolongation de 2 ans vise à sanctionner le maintien ou le retour illégal sur le territoire malgré l'OQTF, dans la limite du plafond global de 5 ans.

Quelles sont les conséquences de l'IRTF ?

L'IRTF vous interdit de revenir non seulement en France, mais aussi dans tout pays de l'espace Schengen. Une IRTF prononcée en France entraîne en effet un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS).

Vous devez être informé de votre inscription dans ce fichier lors de la notification de l'IRTF. Cette inscription vous empêchera d'obtenir un visa pour entrer et séjourner dans l'espace Schengen. Le signalement est supprimé dans les cas suivants : fin du délai de l'interdiction ; annulation par le juge ; abrogation de la mesure par le préfet.

Règle

Effets de l'IRTF : interdiction de revenir en France et dans tout l'espace Schengen ; inscription au SIS (système d'information Schengen) aux fins de non-admission ; impossibilité d'obtenir un visa Schengen pendant la durée de la mesure.

L'inscription au SIS est la conséquence automatique de l'IRTF : elle étend l'interdiction au-delà de la France à l'ensemble des pays Schengen, ce qui rend le contournement de la mesure par une entrée dans un autre pays membre impossible.

Quels sont les recours possibles quand une IRTF est notifiée ?

Vous pouvez contester l'IRTF en même temps que l'OQTF prise en décision principale. Vous pouvez en plus contester les mesures annexes suivantes : refus de titre de séjour (si vous estimez pouvoir être régularisé) et décision fixant le pays de renvoi (si vous estimez courir un risque dans ce pays).

Les délais pour former un recours varient selon que vous êtes assigné à résidence, en rétention administrative ou ni l'un ni l'autre (cas général). Un recours gracieux devant le préfet ou un recours hiérarchique devant le ministre de l'intérieur ne prolonge pas le délai de recours contentieux devant le tribunal administratif.

Règle

Cas général (ni assignation à résidence ni rétention) : délai pour former un recours d'1 mois ; le tribunal administratif a un délai de 6 mois pour se prononcer. Assignation à résidence : recours dans les 7 jours suivant la notification ; jugé en procédure spéciale accélérée par un juge unique dans un délai de 15 jours. Rétention administrative : recours dans les 48 heures suivant la notification ; jugé en procédure prioritaire par un juge unique dans un délai de 96 heures à compter de la fin du délai de recours.

La présence d'un avocat n'est pas obligatoire. Vous pouvez cependant être assisté par un avocat de votre choix ou demander au tribunal qu'il vous en soit désigné un d'office. Vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle pour payer vos frais d'avocat.

Devant quel tribunal contester l'IRTF ?

Le recours doit être déposé auprès du tribunal administratif territorialement compétent pour la préfecture qui a pris la décision.

Si vous êtes placé en rétention ou assigné à résidence, le recours doit être déposé auprès du tribunal administratif dont dépend le lieu de rétention ou d'assignation. Il existe 2 exceptions à cette règle : si vous êtes placé au centre de rétention de Metz, le recours doit être déposé auprès du tribunal administratif de Nancy ; si vous êtes placé au centre de rétention n° 3 du Mesnil-Amelot, le recours doit être déposé auprès du tribunal administratif de Montreuil.

Règle

Règle générale : tribunal administratif compétent pour la préfecture auteur de la décision. Assignation à résidence ou rétention : tribunal administratif du lieu de rétention ou d'assignation. Exceptions : centre de rétention de Metz → TA de Nancy ; centre de rétention n° 3 du Mesnil-Amelot → TA de Montreuil.

Le recours contentieux est indépendant du recours gracieux (préfet) ou hiérarchique (ministre de l'intérieur), qui ne prolonge pas le délai devant le tribunal.

Une IRTF peut-elle être abrogée ?

L'abrogation de l'IRTF peut être automatique, sur votre demande, ou décidée par le préfet.

Abrogation automatique : l'IRTF prise par le préfet en complément d'une OQTF avec délai de départ volontaire est abrogée si les 2 conditions suivantes sont réunies : vous avez quitté la France dans le délai imparti, et vous prouvez votre sortie dans les 2 mois suivant la fin de ce délai. Vous pouvez prouver votre sortie par tout moyen : cachet apposé sur votre passeport par la police aux frontières, ou présentation à l'ambassade ou au consulat français dans le pays de retour. Le préfet peut refuser cette abrogation en fonction de circonstances particulières liées à votre situation et à votre comportement.

Règle

Abrogation sur demande : vous pouvez demander l'abrogation de la mesure à condition de résider à l'étranger (sauf si vous êtes incarcéré ou assigné à résidence). La demande écrite doit être adressée au préfet qui a pris la mesure. Abrogation d'initiative : le préfet peut à tout moment abroger l'IRTF.

Lorsque la durée de l'IRTF excède 5 ans, elle fait l'objet d'un réexamen tous les 5 ans en vue de prononcer éventuellement son abrogation. Ce réexamen tient compte de l'évolution de la menace pour l'ordre public, des changements de votre situation personnelle et familiale et des garanties de réinsertion professionnelle ou sociale.

Quelles sanctions en cas de retour en France pendant l'IRTF ?

Si vous revenez en France pendant la durée de l'IRTF, vous pouvez être condamné par le juge pénal à une peine de prison pouvant aller jusqu'à 3 ans.

Le retour illégal pendant l'IRTF constitue un délit. Vous pouvez en outre faire l'objet d'une interdiction du territoire français (ITF), qui est une peine complémentaire prononcée par le juge pénal, distincte de l'IRTF (mesure administrative du préfet). L'ITF peut interdire l'entrée sur le territoire français pour une durée déterminée.

Règle

Sanction pénale : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement. Peine complémentaire possible : interdiction du territoire français (ITF).

Pendant l'interrogatoire de première comparution ou toute autre procédure, consultez un avocat : l'assistance d'un avocat et l'aide juridictionnelle sont possibles devant le tribunal administratif comme devant le juge pénal.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Interdiction de retour sur le territoire français (IRTF)

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

L'IRTF est une mesure administrative grave aux conséquences pénales en cas de non-respect. En cas de notification d'une IRTF, consultez rapidement un avocat (aide juridictionnelle possible) et respectez scrupuleusement les délais de recours (1 mois, 7 jours ou 48 heures selon la situation).

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