Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de demander une carte de résident mention résident de longue durée-UE : conditions d'éligibilité, coûts, démarches et voies de recours.
Ce qu'il faut savoir
- La carte de résident de longue durée-UE s'adresse aux étrangers non européens ayant séjourné régulièrement et ininterrompement en France pendant au moins 5 ans.
- Elle est valable 10 ans et renouvelable, sous réserve de ne pas avoir quitté la France plus de 6 ans consécutifs.
- Le coût de première délivrance est de 350 € (droit de timbre de 50 € + taxe de 300 €), ou 250 € si vous détenez déjà un titre de séjour en cours de validité.
- Un dépôt hors délai expose à un droit de visa de régularisation de 180 €, sauf cas de force majeure ou présentation d'un visa valide.
- La carte ouvre droit à la circuler sans visa de long séjour dans les autres pays de l'Union européenne, mais un titre de séjour devra être demandé dans le pays d'accueil au-delà de 3 mois.
- Si vous bénéficiez de l'AAH pour un taux d'incapacité d'au moins 80 % ou de l'Asi, vous êtes dispensé de justifier de vos ressources.
- L'intégration républicaine suppose de connaître le français au niveau B1 et de réussir l'examen civique mention carte de résident.
Conditions essentielles
- Être étranger non européen et avoir séjourné au moins 5 ans en France avec un ou plusieurs titres de séjour réguliers (VLS, carte de séjour temporaire ou pluriannuelle, carte de résident).
- Justifier de ressources stables, suffisantes et régulières d'au moins le montant du Smic, hors prestations familiales et allocations sociales exclues.
- Disposer d'une assurance maladie.
- Justifier de son intégration républicaine : engagement à respecter les principes de la République, connaissance du français niveau B1, réussite à l'examen civique.
- Réunir l'ensemble des justificatifs exigés (état civil, nationalité, domicile, ressources sur 5 ans, photos ou e-photo).
Les étapes
- Vérifier que vous remplissez les conditions de séjour, de ressources, de couverture maladie et d'intégration républicaine.
- Rassembler les justificatifs : acte de naissance, passeport, justificatif de domicile de moins de 6 mois, justificatifs de ressources sur 5 ans, attestation d'assurance maladie, attestation de niveau B1 et attestation de réussite à l'examen civique.
- Déposer la demande au moment du renouvellement (2 mois avant la fin de validité en préfecture, ou entre 4 et 2 mois avant sur le site de l'ANEF) ou à tout moment dès que les conditions sont réunies.
- Payer le droit de timbre par timbres fiscaux et conserver le justificatif de paiement.
- Suivre l'instruction du dossier par la préfecture ou la sous-préfecture compétente.
- En cas de refus notifié ou de refus implicite après 4 mois sans réponse, former un recours dans les délais applicables.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — liste exhaustive des titres de séjour ouvrant droit, justificatifs spécifiques au renouvellement ANEF, conditions de perte de validité — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la carte bleue européenne, au renouvellement de la carte et aux voies de recours, voir les sections « Le cas particulier de la carte bleue européenne », « Durée de validité et renouvellement » et « En cas de refus ».
Qui est concerné par la carte de résident de longue durée-UE ?
La carte de résident mention résident de longue durée-UE est délivrée aux étrangers résidant légalement en France depuis au moins 5 ans, sous réserve de conditions cumulatives de ressources, de santé et d'intégration.
Pour obtenir la carte de résident de longue durée-UE, vous devez être étranger non européen et remplir des conditions concernant votre durée de résidence en France. Vous devez également justifier de ressources, d'une couverture maladie et de votre intégration républicaine.
Ce titre de séjour tire son nom de la directive européenne 2003/109/CE du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée. Il consolide la situation administrative de l'étranger qui a démontré une insertion durable en France, tout en lui ouvrant une perspective européenne de mobilité. La mention « résident de longue durée-UE » figure sur la carte elle-même et distingue ce titre du simple carte de résident national. Les ressortissants européens, suisses, monégasques, andorrans ou saint-mariniais ne sont pas concernés : ils bénéficient de régimes de séjour propres. Les ressortissants algériens relèvent également d'un régime spécifique, le certificat de résidence de 10 ans.
Règle
La demande peut être effectuée au moment du renouvellement de votre carte de séjour, ou à tout moment dès que vous remplissez les conditions. Les justificatifs diffèrent légèrement selon le moment du dépôt et selon que le renouvellement se fait en préfecture ou sur le site de l'ANEF.
Des règles différentes s'appliquent si vous êtes européen ou algérien. Si vous êtes réfugié ou bénéficiaire de la protection subsidiaire, les 5 ans de séjour régulier sont comptabilisés à partir de la date de dépôt de votre demande d'asile.
Conditions de séjour : les 5 ans réguliers en France
La condition fondamentale est d'avoir séjourné en France de façon légale et ininterrompue pendant au moins 5 ans, avec un ou plusieurs titres de séjour ouvrant droit à la demande.
Vous devez avoir séjourné au moins 5 ans en France avec un ou plusieurs des titres de séjour suivants : visa de long séjour valant titre de séjour, carte de séjour temporaire visiteur, carte de séjour temporaire ou pluriannuelle vie privée et familiale, carte de séjour temporaire ou pluriannuelle salarié, carte de séjour temporaire ou pluriannuelle entrepreneur ou profession libérale, carte de séjour pluriannuelle talent, ou carte de résident.
La carte de séjour temporaire/pluriannuelle vie privée et familiale ouvre droit à la demande sous réserve de certaines exclusions : la protection subsidiaire, le dépôt de plainte pour certaines infractions et le témoignage dans une procédure pénale ne comptent pas dans le calcul des 5 ans. De même, la carte de séjour pluriannuelle talent ouvre droit à la demande, sauf pour le salarié en mission et sa famille. Ces exclusions visent les situations où le lien avec le territoire français n'est pas jugé suffisamment durable au sens de la directive européenne.
Règle
Votre séjour en France doit avoir été ininterrompu. Toutefois, certaines absences sont autorisées et prises en compte dans le calcul des 5 ans : une absence maximale de 6 mois consécutifs, pour un total d'absences de 10 mois sur la période. Ces tolérances couvrent notamment les séjours temporaires à l'étranger de courte durée (vacances, famille, formation).
- Visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS).
- Carte de séjour temporaire visiteur.
- Carte de séjour temporaire ou pluriannuelle vie privée et familiale (hors protection subsidiaire, dépôt de plainte pour certaines infractions et témoignage dans une procédure pénale).
- Carte de séjour temporaire ou pluriannuelle salarié.
- Carte de séjour temporaire ou pluriannuelle entrepreneur ou profession libérale.
- Carte de séjour pluriannuelle talent (sauf salarié en mission et sa famille).
- Carte de résident.
Si vous êtes réfugié ou bénéficiaire de la protection subsidiaire, les 5 ans de séjour régulier sont comptabilisés à partir de la date de dépôt de votre demande d'asile, et non de l'obtention du statut.
Ressources et couverture maladie
Vous devez justifier de ressources stables, suffisantes et régulières, ainsi que d'une assurance maladie, sauf dispense pour les bénéficiaires de l'AAH ou de l'Asi.
Vous devez avoir des ressources stables, suffisantes et régulières pour subvenir à vos besoins. Vos revenus doivent atteindre au moins le montant du Smic (1 867,02 € bruts mensuels). Toutes vos ressources propres sont prises en compte.
Les justificatifs de resports doivent couvrir les 5 dernières années : bulletins de paie, avis d'imposition, attestation de versement de pension, contrat de travail. Si vous êtes marié, les ressources de votre couple peuvent être prises en compte. En revanche, un certain nombre de prestations sociales sont exclues du calcul : prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), allocations familiales, complément familial, allocation de logement, allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), allocations destinées aux familles (ASF), allocation de rentrée scolaire (ARS), allocation journalière de présence parentale (AJPP), revenu de solidarité active (RSA) et allocation de solidarité spécifique (ASS).
Règle
Vous n'avez pas à justifier de vos ressources si vous bénéficiez de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) pour un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 %, ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité (Asi). Vous devez toutefois joindre les justificatifs de perception de ces prestations.
La couverture maladie doit être justifiée par une carte d'assurance maladie ou une attestation d'assurance maladie. Sans couverture, la demande ne peut pas aboutir : l'assurance maladie est une condition cumulative, et non une simple recommandation.
Intégration républicaine
L'intégration républicaine dans la société française est une condition évaluée par le préfet, qui peut saisir le maire de votre commune de résidence pour avis.
Pour obtenir la carte de résident longue durée-UE, vous devez justifier de votre intégration républicaine dans la société française. Cette condition est évaluée en particulier au regard de votre engagement à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes, de votre connaissance suffisante du français (niveau B1) et de votre réussite à l'examen civique mention « carte de résident ».
L'intégration repose sur trois piliers concrets. Le premier est l'engagement formel, matérialisé par la signature du contrat d'engagement à respecter les principes de la République. Le second est la maîtrise de la langue française : un diplôme, un test ou une attestation linguistique attestant du niveau B1 doivent être produits. Le troisième est la réussite à l'examen civique, dont la mention « carte de résident » figure sur l'attestation délivrée. Pour évaluer votre intégration, le préfet saisit également pour avis le maire de votre commune de résidence : l'avis municipal renseigne notamment sur votre ancrage local.
Règle
Si vous avez plus de 65 ans, la condition d'intégration est évaluée différemment : seul est exigé l'engagement à respecter les principes de la République et le respect effectif de ces principes. La condition de connaissance du français et la réussite à l'examen civique ne sont pas exigées dans ce cas. Le préfet saisit toutefois le maire de votre commune de résidence pour avis.
Les justificatifs d'intégration sont identiques qu'il s'agisse d'une première demande ou d'un renouvellement : exemplaire signé de l'engagement à respecter les principes de la République, preuve de connaissance du français au niveau B1, attestation de réussite à l'examen civique.
Le cas particulier de la carte bleue européenne
Les détenteurs de la carte bleue européenne depuis au moins 2 ans en France peuvent prétendre à la carte de résident longue durée-UE avec des conditions de séjour adaptées.
Si vous détenez une carte bleue européenne depuis au moins 2 ans en France, vous pouvez demander une carte de résident longue durée-UE, à condition d'avoir séjourné régulièrement en France ou dans un autre pays de l'Union européenne avant cette période pendant au moins 3 ans avec l'un des titres suivants : carte bleue européenne, carte de séjour nationale délivrée aux étrangers occupant un emploi hautement qualifié, carte de séjour chercheur, ou carte de séjour délivrée aux étrangers bénéficiaires du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire.
Le cumul des deux périodes — 2 ans en France + 3 ans ailleurs dans l'UE — constitue les 5 ans exigés par la directive. C'est la mobilité intra-européenne du travailleur hautement qualifié qui justifie cet aménagement : le législateur reconnaît l'insertion professionnelle durable même si une partie du séjour a eu lieu hors de France.
Règle
Le séjour dans l'Union européenne doit avoir été ininterrompu. Des périodes d'absence sur les 5 ans sont toutefois autorisées, mais elles ne doivent pas durer plus de 12 mois consécutifs ni dépasser 18 mois au total sur la période de 5 ans. Ces tolérances sont plus larges que pour le cas général (6 mois consécutifs, 10 mois au total), en cohérence avec la logique de mobilité européenne.
Si vous avez une carte bleue européenne, une partie des 5 ans peut avoir lieu sur le territoire d'un autre pays membre de l'Union européenne. Néanmoins, vous devez avoir effectué les 2 années de séjour précédant la demande de délivrance de la carte de résident en France.
Quels sont les documents à fournir ?
Les documents à fournir sont différents selon si la demande est faite au moment du renouvellement de votre carte ou à tout moment, et selon que le renouvellement se fait en préfecture ou sur le site de l'ANEF.
Le dossier comporte systématiquement un justificatif d'état civil (copie intégrale d'acte de naissance comportant les mentions les plus récentes, sauf si vous avez déjà une carte de séjour), un justificatif de nationalité (passeport avec les pages concernant l'état civil, les dates de validité, les cachets d'entrée et les visas, ou autre justificatif avec photo : attestation consulaire, carte d'identité, carte consulaire, certificat de nationalité), un justificatif de domicile datant de moins de 6 mois et une déclaration sur l'honneur de non polygamie en France si vous êtes marié et originaire d'un pays l'autorisant.
Les justificatifs de séjour régulier et ininterrompu en France de 5 ans prennent la forme de titres de séjour, récépissés de renouvellement, certificats de scolarité, avis d'imposition, etc. Les justificatifs de ressources sur les 5 dernières années comprennent bulletins de paie, avis d'imposition, attestation de versement de pension et contrat de travail. Si vous percevez l'AAH ou l'Asi, vous devez joindre les justificatifs correspondants. Le justificatif d'assurance maladie est une carte ou une attestation d'assurance maladie. L'engagement à respecter les principes de la République doit être fourni en exemplaire signé. L'intégration républicaine se justifie par la preuve de connaissance du français au niveau B1 (diplôme, test ou attestation linguistique) et l'attestation de réussite à l'examen civique mention « carte de résident ».
Règle
Lors d'un renouvellement sur le site de l'ANEF, les 3 photographies d'identité sont remplacées par une e-photo : vous devez indiquer le code de la e-photo fourni par le photographe ou la cabine agréée sur la planche photo. Si vous n'avez pas encore de e-photo, vous pouvez localiser un service photo et signature numériques. Lors d'un renouvellement en préfecture, 3 photographies d'identité sont exigées.
- Justificatif d'état civil : copie intégrale d'acte de naissance avec les mentions les plus récentes.
- Justificatif de nationalité : passeport ou autre justificatif avec photo.
- Justificatif de domicile de moins de 6 mois.
- Déclaration sur l'honneur de non polygamie (si applicable).
- 3 photos d'identité ou code e-photo (selon le mode de dépôt).
- Justificatifs de séjour régulier et ininterrompu de 5 ans.
- Justificatifs de ressources sur les 5 dernières années.
- Justificatif d'assurance maladie.
- Engagement signé à respecter les principes de la République.
- Justificatifs d'intégration : niveau B1 et réussite à l'examen civique.
Au moment du renouvellement d'une carte de résident de longue durée-UE, des justificatifs supplémentaires sont exigés : la carte en cours de validité, et une attestation sur l'honneur de non séjour de plus de 3 ans consécutifs hors de France (ou hors de l'Union européenne, selon le titre antérieur) au cours des 10 dernières années.
Comment demander la carte de résident de longue durée-UE ?
La demande se dépose auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture, en ligne sur le site de l'ANEF ou selon les modalités pratiques de votre préfecture.
La demande de la carte de résident de longue durée-UE peut se faire au moment du renouvellement de votre carte de séjour ou à tout moment dès que vous remplissez les conditions. Le délai de dépôt dépend du mode de renouvellement de votre titre actuel.
Si le renouvellement de votre carte de séjour se fait en préfecture, vous devez déposer votre demande dans les 2 mois avant sa fin de validité. Si le renouvellement se fait sur le site de l'ANEF, vous devez déposer votre demande au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant sa fin de validité. Pour une demande à tout moment, la demande se fait directement auprès de votre préfecture, dès que vous remplissez les conditions : rendez-vous sur son site internet pour connaître les conditions pratiques de dépôt de votre dossier. Une téléprocédure est disponible sur le site de l'ANEF pour les demandes de titre de séjour, changement de situation, titre de voyage et demande de naturalisation.
Règle
Il n'est pas possible d'effectuer les démarches dans certaines sous-préfectures. Renseignez-vous sur le site internet de votre préfecture. À Paris, la compétence revient à la préfecture de police de Paris — service des titres de séjour.
Si vous déposez votre demande hors délai, sauf cas de force majeure ou présentation d'un visa valide, vous devrez payer, en plus du coût de la carte, un droit de visa de régularisation de 180 €.
Quel est le coût de la carte ?
Le coût dépend de votre situation au moment du dépôt : première délivrance ou possession d'un titre de séjour en cours de validité.
Le coût de première délivrance est de 350 € (droit de timbre de 50 € + taxe de 300 €), à payer par timbres fiscaux. Si vous avez déjà un titre de séjour en cours de validité, le coût est de 250 € (droit de timbre de 50 € + taxe de 200 €).
Le paiement s'effectue exclusivement par timbres fiscaux. Le justificatif de paiement du droit de timbre est demandé lors de la remise de la carte à la préfecture ou la sous-préfecture, selon le lieu de dépôt. La distinction entre première délivrance (350 €) et renouvellement avec titre en cours de validité (250 €) traduit la volonté d'encourager le renouvellement dans les délais : le titre en cours de validité est un élément de sécurité administrative.
Règle
Si vous déposez votre demande hors délai, sauf cas de force majeure ou présentation d'un visa valide, vous devrez payer, en plus du coût de la carte, un droit de visa de régularisation de 180 €. Ce droit s'ajoute au tarif normal et constitue une sanction administrative du dépôt tardif.
Les montants indiqués correspondent aux tarifs en vigueur au moment de la vérification de la fiche (octobre 2026). Vérifier les dernières évolutions auprès de votre préfecture avant tout dépôt.
Durée de validité et renouvellement
La carte de résident de longue durée-UE est valable 10 ans et renouvelable, sous réserve de conditions de présence sur le territoire européen et français.
La carte de résident de longue durée-UE est valable 10 ans. Elle est renouvelable. Au moment du renouvellement, vous pouvez soit renouveler votre carte de résident de longue durée-UE, soit faire une première demande de carte de résident permanent.
La carte est périmée si vous êtes dans l'une des situations suivantes : résidence en dehors du territoire des pays membres de l'Union européenne pendant une période de plus de 3 ans consécutifs ; résidence en dehors de France pendant 6 années consécutives ; acquisition du statut de résident de longue durée dans un autre pays européen. Ces conditions de perte de validité traduisent la logique de la directive : le titre consolide une insertion durable en France et dans l'UE, pas une simple nationalité d'origine. La carte de résident n'est plus valable si vous quittez la France pendant une période de 6 ans consécutifs.
Règle
Pour renouveler, vous devez déposer votre demande de carte sur internet au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant la fin de validité de votre document de séjour (visa, VLS-TS ou titre). Le dossier de renouvellement comporte : la carte de résident de longue durée-UE en cours de validité, les justificatifs d'état civil et de nationalité, le justificatif de domicile de moins de 6 mois, la déclaration de non polygamie, la e-photo, l'engagement signé à respecter les principes de la République, et une attestation sur l'honneur de non séjour de plus de 3 ans consécutifs hors de France (ou hors de l'Union européenne) au cours des 10 dernières années.
Le coût du renouvellement est de 250 € (droit de timbre de 50 € + taxe de 200 €). Si vous déposez votre demande hors délai, sauf cas de force majeure ou présentation d'un visa valide, un droit de visa de régularisation de 180 € s'ajoute au coût de la carte.
Séjour dans les autres pays de l'Union européenne
La carte de résident de longue durée-UE ouvre un droit de circulation dans l'Union européenne, sous réserve de conditions dans le pays d'accueil.
La carte de résident mention résident de longue durée-UE vous autorise à continuer de séjourner en France après y avoir séjourné régulièrement pendant 5 ans. Elle vous permet également de séjourner plus de 3 mois, sans visa de long séjour, dans un autre pays membre de l'Union européenne.
La portée européenne de ce titre est un avantage majeur par rapport au simple carte de résident : vous pouvez vous rendre dans un autre État membre sans formalité de visa pour des séjours de courte durée. Toutefois, si vous souhaitez vous installer durablement dans ce deuxième pays, vous devrez demander un titre de séjour dans le pays d'accueil en fonction du motif de votre installation (travail, études, regroupement familial, etc.). La carte de résident de longue durée-UE ne se substitue donc pas aux titres de séjour nationaux des autres États membres.
Règle
Si la carte vous a été délivrée en France, elle vous autorise à travailler sur le territoire français. La mention « résident de longue durée-UE » fig sur la carte atteste de votre statut et facilite vos démarches auprès des employeurs et des administrations.
La carte de résident permanent, que vous pouvez demander à la place du renouvellement, est un titre national sans mention européenne. Les deux statuts ne se confondent pas : le résident de longue durée-UE conserve la dimension européenne du titre, le résident permanent consolide la situation en France.
En cas de refus
La démarche de recours varie selon que le refus vous a été notifié ou résulte d'une absence de réponse de la préfecture au-delà de 4 mois.
Si le préfet vous a notifié le refus, la décision vous est notifiée par lettre argumentée (décision explicite). Sauf exception, ce refus est assorti d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) fixant le pays où vous serez renvoyé. Vous pouvez former un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de 48 heures, 15 jours ou 30 jours selon le type d'OQTF. Faire appel à un avocat n'est pas obligatoire.
Le refus implicite correspond à l'absence de réponse de la préfecture au bout de 4 mois. Ce silence vaut décision de refus et ouvre des voies de recours distinctes du refus explicite. Vous pouvez alors former, dans un délai de 2 mois à compter de ce refus, un recours administratif (recours gracieux devant le préfet et/ou recours hiérarchique devant le ministre de l'intérieur) et/ou un recours contentieux devant le tribunal administratif. Faire appel à un avocat n'est pas obligatoire.
Règle
Le délai de recours dépend donc de la nature du refus : 48 heures, 15 jours ou 30 jours pour un refus notifié assorti d'OQTF (selon le type d'OQTF) ; 2 mois pour un refus implicite. Le non-respect de ces délais rend le recours irrecevable.
En cas de refus notifié, la présence d'une OQTF rend la situation particulièrement urgente : les délais courts (48 heures dans certains cas) imposent une réaction immédiate. Le tribunal administratif de Paris est compétent pour les recours contre les décisions de la préfecture de police de Paris.
Textes applicables
- Directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue duréeeur-lex.europa.eu
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : article L433-7Légifrance
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : article L421-12Légifrance
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L436-1 à L436-13Légifrance
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L412-7 à L412-10Légifrance
- Arrêté du 22 décembre 2025 relatif à la justification de la maîtrise du français au niveau requis pour l'obtention d'une carte de séjour pluriannuelle, d'une carte de résident, d'une carte de résident permanent ou d'une carte de résident portant la mention « résident de longue durée-UE »Légifrance
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : annexe 10Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Carte de résident de longue durée-UE (étranger en France depuis 5 ans)
Vérifiée le 2026-09-19
Voir aussi
- Faire une demande sur internet pour un titre de séjour — ANEF
- Directive 2003/109/CE relative au statut des résidents de longue durée
- CESEDA — article L.433-7 (carte de résident)
- CESEDA — articles L.436-1 à L.436-13 (carte de résident permanent)
- CESEDA — articles L.412-7 à L.412-10
Les conditions de séjour, de ressources et d'intégration républicaine sont fixées par le CESEDA et la directive 2003/109/CE. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre préfecture ou d'un conseiller juridique avant tout dépôt de demande.
