Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur l'offre d'achat d'un bien immobilier : sa nature, son contenu, sa durée de validité et les réponses possibles du vendeur.
Ce qu'il faut savoir
- L'offre d'achat est une proposition d'achat adressée au vendeur par un candidat acquéreur après la visite du bien ; elle n'est pas une démarche obligatoire.
- Elle doit être ferme : l'acheteur exprime sa volonté d'acquérir le bien si le vendeur accepte les conditions qu'il propose.
- La durée de validité de l'offre est en général de quelques jours (1 à 2 semaines) ; passé ce délai, si le vendeur n'a pas accepté, l'offre est caduque.
- Il est interdit de verser un acompte au vendeur : le versement d'une somme d'argent rend l'offre d'achat nulle.
- Quand le vendeur accepte l'offre, il s'engage à vendre le bien, ne peut plus changer d'avis et doit cesser de faire visiter le bien.
- En cas de refus de vente, l'acquéreur peut saisir le juge pour demander l'exécution forcée de la vente et des dommages et intérêts.
- Pour rédiger une offre, l'acheteur doit avoir la capacité juridique de signer un contrat ; à défaut, l'offre n'est pas valable.
Conditions essentielles
- Le candidat a visité le bien et souhaite l'acquérir à des conditions qu'il fixe lui-même.
- L'acheteur dispose de la capacité juridique de signer un contrat.
- L'offre est adressée au vendeur ou à l'agent immobilier par courrier recommandé avec accusé de réception (RAR) ou par mail.
- Aucun acompte n'est versé au vendeur au moment de l'offre.
Les étapes
- Rédiger une lettre d'offre mentionnant la désignation du bien, sa superficie, la date, le prix et la durée de validité.
- Envoyer l'offre au vendeur ou à l'agent immobilier par courrier RAR ou par mail.
- Attendre la réponse écrite du vendeur dans le délai de validité fixé.
- En cas d'acceptation, signer le compromis de vente chez le notaire.
- Exercer, le cas échéant, le droit de rétractation dans les 10 jours calendaires suivant la signature du compromis.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Le contenu détaillé de l'offre, la réponse du vendeur et les conséquences d'un refus de vente sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne couvre pas les effets d'une contre-proposition du vendeur ni les modalités de l'exécution forcée de la vente, traités dans les sections « Comment le vendeur répond-il à une offre d'achat ? » et « Que se passe-t-il en cas de refus de vente ? ».
Qu'est-ce qu'une offre d'achat ?
L'offre d'achat est une proposition d'achat que le candidat acquéreur adresse au vendeur après avoir visité un bien immobilier. Elle exprime l'intention d'acheter à des conditions que l'acheteur fixe lui-même.
L'offre d'achat est la manifestation de volonté par laquelle un candidat acquéreur propose d'acquérir un bien immobilier à un prix et selon des modalités qu'il détermine. Elle se distingue du compromis de vente, qui est l'accord contractuel formalisé ensuite chez le notaire lorsqu'une offre a été acceptée. Faire une offre d'achat n'est pas une démarche obligatoire : elle constitue un usage destiné à sécuriser la négociation et à formaliser le prix et les conditions de l'achat envisagé.
L'offre d'achat doit être ferme : l'acheteur doit exprimer sa volonté d'acheter le bien en cas d'acceptation de l'offre par le vendeur. Une offre non ferme, ou assortie de réserves non exprimées, n'a pas la même portée et n'engage pas l'acheteur de la même manière.
L'offre d'achat n'a pas de forme légale imposée. En pratique, elle prend la forme d'une lettre adressée au vendeur ou à l'agent immobilier, par courrier recommandé avec accusé de réception (RAR) ou par mail. Le choix du RAR permet de conserver la preuve de la date d'envoi et donc du point de départ du délai de validité.
Que contient une offre d'achat ?
L'offre d'achat contient au minimum un certain nombre d'informations. L'acheteur peut y ajouter, pour permettre au vendeur de décider plus facilement, des informations complémentaires, notamment sur son financement.
| Information | Caractère |
|---|---|
| Désignation du bien | Obligatoire |
| Superficie du bien | Obligatoire |
| Date de l'offre | Obligatoire |
| Prix fixé par l'acheteur | Obligatoire |
| Durée de validité de l'offre | Obligatoire |
| Plan de financement (apport personnel, prêts, prêt relais, vente d'un bien) | Facultatif |
| Vente sous la condition suspensive de l'obtention d'un crédit immobilier | Facultatif |
| Montant du dépôt de garantie remis au notaire à la signature du compromis de vente | Facultatif |
| Vente sous la condition suspensive d'obtention d'une autorisation d'urbanisme | Facultatif |
| Date d'entrée dans les lieux souhaitée | Facultatif |
- Mentions obligatoires : désignation du bien, superficie, date de l'offre, prix fixé par l'acheteur et durée de validité de l'offre.
- Mentions facultatives de financement : plan de financement (apport personnel, prêts, prêt relais, vente d'un bien pour financer l'achat), condition suspensive d'obtention d'un crédit immobilier, montant du dépôt de garantie remis au notaire à la signature du compromis.
- Mentions facultatives de calendrier : condition suspensive d'obtention d'une autorisation d'urbanisme et date d'entrée dans les lieux souhaitée.
Il est interdit de verser un acompte au vendeur. Le versement d'une somme d'argent rend l'offre d'achat nulle. Le dépôt de garantie mentionné dans l'offre n'est remis au notaire qu'à la signature du compromis de vente, pas au stade de l'offre.
Quelle est la durée de validité de l'offre ?
La durée de validité de l'offre est en général de quelques jours, soit 1 à 2 semaines. Passé ce délai, si le vendeur n'a pas accepté l'offre, elle est « caduque », c'est-à-dire qu'elle n'est plus valable.
Délai à retenir
La durée de validité de l'offre d'achat est en général de 1 à 2 semaines. À l'expiration de ce délai sans acceptation du vendeur, l'offre devient caduque.
L'acheteur fixe lui-même la durée de validité de son offre. Cette durée doit figurer dans l'offre. Tant qu'elle n'est pas expirée, le vendeur peut accepter. Une fois le délai écoulé sans acceptation, l'offre ne produit plus d'effet.
Si l'acheteur n'a pas indiqué la durée de sa proposition d'achat, cette durée sera déterminée par le juge en cas de litige. Il est donc recommandé de la mentionner expressément dans la lettre d'offre, de préférence par écrit.
Peut-on se rétracter après une offre d'achat ?
L'acheteur dispose de deux temps pour revenir sur sa décision : avant que le vendeur ait reçu l'offre, puis, après la signature du compromis de vente, pendant un délai de 10 jours calendaires.
Règle
Vous pouvez vous rétracter, c'est-à-dire revenir sur votre décision, tant que le vendeur n'a pas reçu votre offre. Vous pourrez vous rétracter après la signature du compromis de vente, dans un délai de 10 jours calendaires.
La rétractation de l'acheteur se distingue de l'acceptation par le vendeur. Tant que l'offre n'est pas parvenue au vendeur, l'acheteur peut la retirer librement ; une fois l'offre reçue par le vendeur, l'acheteur ne peut plus la retirer à ce stade. Après la signature du compromis de vente, l'acheteur retrouve un droit de rétractation de 10 jours calendaires.
Le droit de rétractation ne s'applique pas au vendeur. Quand il a accepté l'offre d'achat, le vendeur a l'obligation de céder son bien à l'acheteur. Le délai de rétractation de l'acheteur après le compromis se décompte en jours calendaires.
Comment le vendeur répond-il à une offre d'achat ?
Le vendeur doit répondre par écrit à l'offre d'achat, de préférence par lettre RAR. Pendant la durée de validité de l'offre, il dispose de plusieurs possibilités.
Le vendeur accepte l'offre
Le vendeur accepte les conditions de l'offre, avec la mention « bon pour accord » et sa signature sur l'offre d'achat.
Exemple
Une fois l'offre acceptée, le vendeur s'engage à vendre le bien et ne peut plus changer d'avis ; il doit arrêter de faire visiter le bien à d'autres candidats acquéreurs.
Le vendeur fait une contre-proposition
Le vendeur formule une contre-proposition écrite, c'est-à-dire une nouvelle offre qui rend l'offre initiale caduque.
Exemple
La contre-proposition remplace l'offre initiale, qui n'est plus valable ; l'acheteur peut alors l'accepter, la refuser ou formuler à son tour une nouvelle proposition.
Le vendeur ne répond pas
En l'absence de réponse dans le délai de validité, l'offre est caduque.
Exemple
L'offre n'étant plus valable, l'acheteur qui souhaite toujours acquérir le bien doit adresser une nouvelle offre.
Le vendeur n'est pas tenu d'accepter l'offre. Tant que l'offre est valable, il peut l'accepter, proposer une contre-proposition ou ne pas répondre. Sa réponse doit être écrite.
La réponse écrite du vendeur est recommandée pour conserver une preuve des conditions acceptées et de la date d'acceptation. L'acceptation doit porter sur l'ensemble des conditions de l'offre pour former un accord ferme. Une acceptation partielle ou assortie de réserves n'équivaut pas à une acceptation pure et simple.
Que se passe-t-il en cas de refus de vente ?
Quand le vendeur a accepté une offre d'achat, il s'engage à vendre le bien. S'il refuse ensuite de vendre, l'acquéreur dispose de voies de recours devant le juge.
En cas de refus de vente après acceptation, l'acquéreur peut saisir le juge pour demander l'exécution forcée de la vente. L'acheteur peut également demander des dommages et intérêts.
Demander l'exécution forcée de la vente
L'acquéreur saisit le juge pour obtenir que la vente soit exécutée malgré le refus du vendeur.
Exemple
Le vendeur qui a accepté l'offre puis se rétracte s'expose à une décision judiciaire ordonnant la vente.
Demander des dommages et intérêts
L'acheteur peut demander réparation du préjudice subi du fait du refus de vente.
Exemple
Les dommages et intérêts sont évalués en fonction du préjudice effectivement subi par l'acquéreur.
L'engagement du vendeur naît de l'acceptation de l'offre. Avant cette acceptation, le vendeur reste libre de refuser l'offre ou de proposer une autre solution, sans que l'acheteur puisse lui reprocher un refus. Une contre-proposition écrite rend l'offre initiale caduque.
Quelle capacité juridique faut-il pour offrir ?
Pour rédiger une offre d'achat, l'acheteur doit avoir la capacité juridique de signer un contrat.
La capacité juridique est l'aptitude à être titulaire de droits et à les exercer, notamment à signer un contrat. L'offre d'achat engage son auteur : elle suppose donc que celui-ci soit en mesure de contracter. Le contrat est le futur acte de vente du bien immobilier.
- Personne capable : elle peut rédiger et signer une offre d'achat sans représentation.
- Personne ne disposant pas de la capacité juridique : l'offre qu'elle formulerait n'est pas valable.
- Représentation : la question de la capacité se pose au moment de la formulation de l'offre et au regard du futur acte de vente.
Si l'acheteur n'a pas la capacité juridique de signer un contrat (le futur acte de vente), l'offre n'est pas valable. Cette exigence s'apprécie au moment où l'offre est formulée et conditionne la validité de l'engagement.
De l'offre acceptée au compromis de vente
Lorsque le vendeur a accepté l'offre d'achat, la vente se formalise ensuite par un compromis de vente signé chez le notaire. C'est à cette étape, et non au stade de l'offre, que l'acheteur peut exercer son droit de rétractation de 10 jours calendaires.
L'offre d'achat prépare la vente : elle fixe le prix et les conditions. Le compromis de vente, ou promesse de vente, constitue l'accord contractuel qui précède l'acte authentique. Le dépôt de garantie mentionné dans l'offre est remis au notaire à la signature du compromis.
L'offre d'achat ne se confond pas avec le compromis : le versement d'une somme d'argent au vendeur au stade de l'offre rend l'offre nulle. La séquence habituelle est donc : offre d'achat, acceptation écrite du vendeur, puis signature du compromis chez le notaire.
Où s'informer et se faire accompagner ?
Avant de rédiger une offre d'achat ou d'en accepter une, il est possible de se faire accompagner gratuitement par une structure spécialisée dans l'information sur le logement.
- Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil) : structure d'information gratuite sur les questions relatives au logement, accessible partout en France.
- L'Adil propose un site officiel permettant de trouver l'antenne compétente près de chez soi.
- Service-Public.gouv.fr met également à disposition un service pour trouver l'interlocuteur Adil le plus proche.
- Le vendeur ou l'agent immobilier peut préciser la forme de réponse attendue à l'offre (écrit, mention « bon pour accord », signature).
L'accompagnement de l'Adil porte sur l'information générale relative au logement. Il ne remplace pas le conseil d'un notaire ou d'un avocat pour la rédaction d'un acte. Pour toute situation particulière, il est conseillé de vérifier les règles applicables auprès de l'organisme compétent avant de s'engager dans une offre d'achat ou de signer un compromis de vente.
Textes applicables
- Code civil — articles 1113 à 1122Textes légaux
- Code civil — article 1583Textes légaux
- Code civil — article 1589-1Textes légaux
- Code civil — article 1145Textes légaux
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Qu'est-ce qu'une offre d'achat d'un bien immobilier ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.


