Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la vente en viager : principe, viager occupé ou libre, fixation du prix (bouquet et rente), répartition des charges, fiscalité et effets du décès du vendeur.
Ce qu'il faut savoir
- Le viager consiste à vendre un bien immobilier en échange d'une rente viagère (mensuelle, trimestrielle ou annuelle), éventuellement accompagnée d'un bouquet payé comptant à la signature de l'acte de vente.
- L'acheteur (débirentier) verse à 1 ou plusieurs vendeurs (crédirentiers) une rente viagère à vie ; au décès du crédirentier, le viager cesse et le débirentier entre en possession du bien sans faire aucune démarche.
- Avec un viager occupé, le vendeur conserve jusqu'à son décès l'usufruit ou un droit d'usage du bien vendu ; avec un viager libre, l'acheteur utilise librement du bien dès la signature.
- Le bouquet n'est pas obligatoire ; il est librement fixé et représente en général 30 % de la valeur totale du bien.
- Le montant de la rente est calculé par le notaire en fonction de barèmes, sur la base de critères tels que l'âge et l'espérance de vie du crédirentier, la valeur du bien et le montant du bouquet.
- En viager occupé, les charges courantes (entretien, énergie, taxe foncière) sont payées par le vendeur, et les grosses réparations par l'acheteur, sauf répartition différente prévue dans l'acte de vente.
- Les rentes viagères sont soumises à l'impôt sur le revenu avec un abattement variant selon l'âge du vendeur au moment du 1ᵉʳ versement (de 70 % à 30 % du montant imposable).
Conditions essentielles
- Le bien est vendu par un acte authentique de vente établi par un notaire.
- Le décès du vendeur doit être imprévisible : l'acheteur ne doit pas avoir eu connaissance d'une maladie dont était atteint le vendeur au moment de la signature.
- La rente viagère est versée à 1 ou plusieurs personnes physiques (époux ou indivisaires) et peut être mensuelle, trimestrielle ou annuelle.
- En viager occupé, le vendeur conserve l'usufruit ou un droit d'usage du bien vendu.
- La répartition des charges d'entretien et de réparation est définie dans l'acte de vente (à défaut, des règles légales s'appliquent en viager occupé).
Les étapes
- Choisir le type de viager : occupé (le vendeur reste dans le logement) ou libre (l'acheteur utilise librement le bien).
- Faire fixer le montant de la rente par un notaire, en fonction des barèmes et des critères légaux (âge et espérance de vie du crédirentier, valeur du bien, montant du bouquet, loyers éventuels).
- Fixer librement le bouquet (somme payée comptant à la signature), qui n'est pas obligatoire mais représente en général 30 % de la valeur totale du bien.
- Faire établir l'acte authentique de vente par un notaire, en y incluant les clauses de protection du vendeur (clause résolutoire, clause pénale, clause d'indexation) si nécessaire.
- Définir dans l'acte la répartition des charges d'entretien, de réparations et d'impôts entre vendeur et acheteur (viager occupé).
- Versement de la rente viagère selon la périodicité convenue (mensuelle, trimestrielle ou annuelle).
- Au décès du crédirentier, le viager cesse et le débirentier entre en possession du bien, sans démarches supplémentaires.
Cette synthèse couvre les règles générales de la vente en viager. Les distinctions entre viager occupé et libre, la fixation du prix, la répartition des charges, la fiscalité et les effets du décès du vendeur sont détaillés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail du viager occupé et du viager libre, de la fixation du prix (bouquet et rente), de la répartition des charges et de la fiscalité, voir les sections suivantes.
Qu'est-ce qu'une vente en viager ?
Le viager est une forme de vente immobilière. Il consiste à vendre un bien en échange du versement d'une rente viagère périodique. Cette rente peut s'accompagner d'une somme payée comptant à la signature de l'acte de vente, le bouquet.
Le viager consiste à vendre à un acheteur un bien immobilier en échange d'une rente viagère (mensuelle, trimestrielle ou annuelle). L'acheteur verse à 1 ou plusieurs vendeurs une rente viagère à vie. L'acheteur est appelé le débirentier et le vendeur est appelé le crédirentier.
Au décès du crédirentier, le viager cesse et le débirentier entre en possession du bien sans faire aucune démarche. Comme pour toutes les ventes de biens immobiliers, un acte authentique de vente est obligatoirement établi par un notaire.
À savoir
- Le débirentier est l'acheteur ; le crédirentier est le vendeur.
- La rente viagère est versée à vie au crédirentier (ou à plusieurs crédirentiers).
- Le bouquet est la somme payée comptant à la signature de l'acte de vente ; il n'est pas obligatoire.
- L'acte authentique de vente est obligatoirement établi par un notaire.
- Au décès du crédirentier, le débirentier entre en possession du bien sans faire aucune démarche.
Règle
La valeur totale de la rente est incertaine, car elle dépend de la durée de vie du vendeur. Son montant est estimé en fonction de plusieurs critères (âge et espérance de vie du crédirentier, valeur du bien, montant du bouquet, loyers que pourrait percevoir le crédirentier si le logement était loué).
Le notaire calcule le montant de la rente en fonction de barèmes. On peut les consulter auprès d'une compagnie d'assurance ou d'un notaire.
Qu'est-ce qu'un viager occupé ?
Avec un viager occupé, le vendeur conserve jusqu'à son décès l'usufruit ou un droit d'usage du bien vendu. Ce type de viager permet au vendeur de rester dans son logement tout en percevant une rente.
- Usufruit
- L'usufruit permet au vendeur d'habiter dans le logement ou de le louer et de percevoir les loyers.
- Droit d'usage
- Le droit d'usage permet au vendeur de conserver l'usage personnel du logement en y habitant sans pouvoir le louer.
Dès la signature de la vente, sans avoir à attendre le décès du vendeur, l'acheteur utilise librement du bien. Il peut l'occuper ou le louer et percevoir les loyers.
- Usufruit : le vendeur habite le logement ou le loue et perçoit les loyers.
- Droit d'usage : le vendeur habite le logement sans pouvoir le louer.
- Durée : le vendeur conserve l'usufruit ou le droit d'usage jusqu'à son décès.
- Acheteur : l'acheteur utilise librement du bien dès la signature (occupation ou location avec perception des loyers).
Le choix entre usufruit et droit d'usage figure dans l'acte de vente. L'usufruit est plus étendu (il permet de louer et de percevoir les loyers) que le droit d'usage (usage personnel uniquement).
Qu'est-ce qu'un viager libre ?
Dans un viager libre, l'acheteur dispose pleinement du bien dès la signature de la vente : il peut l'occuper ou le louer et percevoir les loyers, sans que le vendeur ne conserve de droit d'usage ou d'usufruit.
Dès la signature de la vente, sans avoir à attendre le décès du vendeur, l'acheteur utilise librement du bien. Il peut l'occuper ou le louer et percevoir les loyers.
Règle
Le type de viager — occupé ou libre — détermine la répartition des charges et des taxes entre le vendeur et l'acheteur. En viager libre, les charges (factures d'énergie, taxes, …), l'entretien courant et toutes les réparations sont payés par l'acheteur.
À savoir
- En viager libre, l'acheteur utilise le bien dès la signature de la vente.
- L'acheteur peut occuper le bien ou le louer et percevoir les loyers.
- Les charges (factures d'énergie, taxes…), l'entretien courant et toutes les réparations sont payés par l'acheteur.
- Le vendeur ne conserve aucun droit d'usage ni usufruit sur le bien vendu.
Le viager libre transfère la pleine jouissance du bien à l'acheteur dès la signature, à charge pour lui d'assumer l'ensemble des charges et réparations.
Comment est fixé le prix de la vente en viager ?
Le prix de la vente en viager est généralement constitué du bouquet et d'une rente viagère. Le bouquet n'est pas obligatoire et est librement fixé ; le montant de la rente est calculé par le notaire selon des barèmes.
Le bouquet, payé comptant à la signature du contrat de vente, n'est pas obligatoire. Il est librement fixé. En général, il représente 30 % de la valeur totale du bien.
- Bouquet : somme payée comptant à la signature ; pas obligatoire ; librement fixé ; en général 30 % de la valeur totale du bien.
- Rente viagère : versée à une ou plusieurs personnes physiques (époux ou indivisaires) ; mensuelle, trimestrielle ou annuelle ; payable au début ou à la fin de chaque période.
- Rente réversible : quand la rente est versée à plusieurs crédirentiers et que l'un décède, elle est reversée intégralement au survivant.
- Rente réductible : quand la rente est versée à plusieurs crédirentiers et que l'un décède, elle est réduite proportionnellement.
- Critères de calcul : âge et espérance de vie du crédirentier, valeur du bien, montant du bouquet, loyers que pourrait percevoir le crédirentier si le logement était loué.
- Barèmes : le notaire calcule le montant de la rente en fonction de barèmes ; on peut les consulter auprès d'une compagnie d'assurance ou d'un notaire.
- Clause d'indexation : les parties peuvent insérer dans l'acte de vente une clause permettant la révision automatique du montant de la rente suivant, par exemple, l'indice des prix à la consommation publié par l'Insee.
Règle
Pour assurer la sécurité du paiement des rentes, le crédirentier peut notamment inscrire dans l'acte de vente les éléments suivants : clause résolutoire qui l'autorise à reprendre son bien si plusieurs rentes ne sont plus versées par le débirentier ; clause pénale par laquelle il a le droit de conserver le bouquet (s'il a été versé), en cas de résiliation du contrat de vente.
La valeur totale de la rente est incertaine car elle dépend de la durée de vie du vendeur : c'est le principe même du viager. Le notaire est le professionnel qui calcule la rente selon les barèmes en vigueur.
Entretien, travaux, impôts : qui paye quoi ?
En principe, la répartition des frais d'entretien du logement et des réparations est définie dans l'acte de vente. En l'absence de précision, des règles légales s'appliquent, différemment selon le type de viager.
| Type de viager | Charges payées par le vendeur | Charges payées par l'acheteur |
|---|---|---|
| Viager occupé | Réparations et entretien courant du logement, factures d'énergie, taxe foncière, taxe d'enlèvement des ordures ménagères | Grosses réparations : gros murs, voûtes, rétablissement des poutres et des couvertures entières ; réparation d'une digue, d'un mur de soutènement ou d'une clôture en entier |
| Viager libre | Aucune : les charges, l'entretien courant et toutes les réparations sont payés par l'acheteur | Charges (factures d'énergie, taxes…), entretien courant et toutes les réparations |
Viager occupé
- Charges payées par le vendeur
- Réparations et entretien courant du logement, factures d'énergie, taxe foncière, taxe d'enlèvement des ordures ménagères
- Charges payées par l'acheteur
- Grosses réparations : gros murs, voûtes, rétablissement des poutres et des couvertures entières ; réparation d'une digue, d'un mur de soutènement ou d'une clôture en entier
Viager libre
- Charges payées par le vendeur
- Aucune : les charges, l'entretien courant et toutes les réparations sont payés par l'acheteur
- Charges payées par l'acheteur
- Charges (factures d'énergie, taxes…), entretien courant et toutes les réparations
Règle
En viager occupé, les grosses réparations sont prises en charge par l'acheteur. Elles concernent les gros murs, les voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières. Il peut également s'agir de la réparation d'une digue, d'un mur de soutènement ou d'une clôture en entier.
La répartition des frais d'entretien du logement et des réparations est en principe définie dans l'acte de vente. En l'absence de précision dans l'acte, ce sont les règles légales ci-dessus qui s'appliquent (viager occupé : charges courantes pour le vendeur, grosses réparations pour l'acheteur).
Quelle fiscalité pour la rente viagère et le bouquet ?
Les rentes viagères sont soumises à l'impôt sur le revenu, mais elles bénéficient d'un abattement dont le montant varie selon l'âge du vendeur au moment du 1ᵉʳ versement de la rente. Le bouquet n'est pas considéré comme un revenu mais est soumis au régime de la plus-value immobilière.
Les rentes viagères sont soumises à l'impôt sur le revenu. Cependant, elles bénéficient d'un abattement : seule une fraction de la rente viagère est imposée, selon l'âge du vendeur au moment du 1ᵉʳ versement.
| Âge du vendeur au 1ᵉʳ versement de la rente | Fraction imposable de la rente |
|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % |
| De 50 à 59 ans | 50 % |
| De 60 à 69 ans | 40 % |
| Plus de 69 ans | 30 % |
- Rente viagère : soumise à l'impôt sur le revenu, avec abattement selon l'âge du vendeur au 1ᵉʳ versement (70 %, 50 %, 40 % ou 30 % imposable).
- Bouquet : n'est pas considéré comme un revenu, mais il est soumis au régime de la plus-value immobilière.
- Plus-value immobilière : peut être exonérée, notamment lorsque le logement vendu en viager est la résidence principale du vendeur.
Règle
Seule une fraction de la rente est imposée : 70 % pour un premier versement à moins de 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, et 30 % pour un premier versement à plus de 69 ans.
L'abattement sur la rente viagère s'apprécie selon l'âge du vendeur (crédirentier) au moment du premier versement de la rente. La plus-value sur le bouquet peut être exonérée si le bien vendu constitue la résidence principale du vendeur.
Que se passe-t-il au décès du vendeur ?
Le décès du crédirentier met fin au viager : le débirentier entre en possession du bien sans démarche. Toutefois, le caractère imprévisible du décès est une condition de validité de la vente.
Au décès du crédirentier, le viager cesse et le débirentier entre en possession du bien sans faire aucune démarche.
- Le décès du vendeur doit être imprévisible.
- L'acheteur ne doit pas avoir eu connaissance d'une maladie dont était atteint le vendeur au moment de la signature de l'acte de vente.
- Si le vendeur décède dans les 20 jours qui suivent la signature de l'acte de vente, l'événement est considéré comme prévisible et la vente n'est pas valable.
Règle
L'annulation de la vente peut être demandée par les héritiers du crédirentier devant le tribunal si les conditions d'imprévisibilité du décès ne sont pas réunies.
La règle des 20 jours protège le vendeur et ses héritiers contre les viagers conclus dans des circonstances où le décès était imminent : la vente est alors nulle et peut être annulée à la demande des héritiers.
Où s'adresser ?
Le notaire est le professionnel incontournable de la vente en viager : il établit l'acte authentique et calcule le montant de la rente selon les barèmes. L'Adil et la chambre départementale des notaires sont également des interlocuteurs utiles.
À savoir
- Notaire : établit l'acte authentique de vente et calcule le montant de la rente en fonction des barèmes ; il peut consulter les barèmes auprès d'une compagnie d'assurance.
- Conseil supérieur du notariat : ressource officielle pour les informations sur le notariat.
- Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil) : informe gratuitement sur les aspects juridiques et fiscaux de la vente en viager.
- Chambre départementale des notaires : annuaire des notaires de votre département.
Pour plus de détails sur vos droits et la procédure, consultez la fiche officielle Service-Public et les textes de loi applicables listés ci-dessous.
Textes applicables
- Code civil : articles 600 à 616 (usufruit)Textes légaux — usufruit et droits du vendeur occupé
- Code civil : articles 1968 à 1983 (rente viagère)Textes légaux — rente viagère
- Code général des impôts : article 1523Textes légaux — fiscalité de la rente viagère
- Code général des impôts : article 1408Textes légaux — imposition des rentes viagères
- Code général des impôts : article 1400Légifrance
- Réponse ministérielle du 7 juin 2016 relative à la répartition des charges en viagerAssemblée nationale
- Code civil : articles 815 à 815-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Achat ou vente en viager : quelles sont les règles ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.


