Couple tenant les clés de leur nouveau logement — installation dans un chez-soi

Qu'est-ce qu'un logement soumis à la loi de 1948 ?

Un logement est soumis à la loi du 1er septembre 1948 s'il est construit avant le 1er septembre 1948 dans certaines communes de plus de 10 000 habitants ou à proximité de ces communes, et si le locataire est entré dans les lieux avant le 23 décembre 1986. Ce régime encadre le loyer, sa révision et les conditions de fin de bail.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur le régime de la loi de 1948 : conditions d'assujettissement, encadrement des loyers et règles de fin de bail.

Ce qu'il faut savoir

  • Un logement est soumis à la loi de 1948 s'il est construit avant le 1er septembre 1948 dans certaines communes de plus de 10 000 habitants ou à proximité de ces communes.
  • Le locataire doit être entré dans les lieux avant le 23 décembre 1986.
  • Le bail n'est pas obligatoirement écrit : la location peut être verbale, et son contenu n'est pas réglementé.
  • Le loyer peut être augmenté une fois par an (révision annuelle, au 1er juillet) ou après des travaux modificatifs, dans la limite d'un montant maximum lié à la catégorie du logement.
  • Il est interdit d'augmenter le loyer d'un logement classé en catégorie IV.
  • Le locataire a un droit au maintien dans les lieux sans limitation de durée si le propriétaire n'a pas donné son préavis à l'échéance du bail.
  • À décès ou abandon du locataire, le bail est résilié automatiquement, mais le droit au maintien peut être transféré à certaines personnes.
  • Un logement devenu vacant après le 23 décembre 1986 ne peut plus être reloué sous le régime de la loi de 1948.

Conditions essentielles

  • Logement construit avant le 1er septembre 1948.
  • Situation dans une commune de plus de 10 000 habitants ou à proximité de ces communes.
  • Locataire entré dans les lieux avant le 23 décembre 1986.
  • Logement classé dans une catégorie II A à IV (les logements de catégorie I sont exclus).

Les étapes

  • Vérifier la date de construction du logement (avant le 1er septembre 1948).
  • Vérifier que la commune figure parmi les communes concernées par la loi de 1948.
  • Vérifier la date d'entrée dans les lieux du locataire (avant le 23 décembre 1986).
  • Identifier la catégorie du logement (II A à IV) selon ses équipements et son confort.
  • Calculer le loyer maximal : surface corrigée × prix de base au m² selon la catégorie.
  • Appliquer la révision annuelle annuelle au 1er juillet, dans la limite du montant maximum.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails sur les catégories, les prix de base au m², les taux de révision et les règles de fin de bail sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des règles de révision annuelle (taux, prix de base au m², agglomération parisienne vs autres communes) et de la fin de bail (congé, décès, abandon), voir les sections « Peut-on augmenter le loyer en cours de bail ? » et « Comment mettre fin au bail ? ».

Quelles sont les conditions d'assujettissement ?

Trois conditions cumulatives déterminent l'assujettissement d'un logement au régime de la loi de 1948 : la date de construction, la situation géographique et la date d'entrée dans les lieux du locataire.

Pour être soumis à la loi de 1948, un logement doit être construit avant le 1er septembre 1948 dans certaines communes de plus de 10 000 habitants ou à proximité de ces communes. Le locataire doit aussi être entré dans les lieux avant le 23 décembre 1986.

La date de construction est le critère matériel : le logement doit avoir été construit avant l'entrée en vigueur de la loi, c'est-à-dire avant le 1er septembre 1948. La situation géographique est le critère spatial : la loi ne s'applique que dans certaines communes de plus de 10 000 habitants ou à proximité de ces communes. La date d'entrée dans les lieux est le critère personnel : le locataire doit être entré dans les lieux avant le 23 décembre 1986, date à laquelle le régime a été progressivement gelé. Ces trois conditions sont cumulatives : si l'une d'elles n'est pas remplie, le logement relève du bail de droit commun (loi du 6 juillet 1989) et non du régime de 1948. La détermination de l'assujettissement peut parfois être complexe, notamment pour les logements dont la date de construction ou la situation géographique est incertaine : en cas de doute, il est conseillé de consulter le propriétaire ou de demander conseil à un professionnel du droit.

Règle

Le bail d'un logement soumis à la loi de 1948 n'est pas obligatoirement écrit : la location peut être verbale. Le contenu du bail n'est pas réglementé. Il n'existe pas de durée minimale pour le bail : tout dépend de la durée convenue entre le propriétaire et le locataire lors de la signature du bail. Le bail à durée indéterminée est autorisé.

Un logement loué sous le régime de la loi de 1948, puis devenu vacant après le 23 décembre 1986, ne peut pas être reloué sous le régime de la loi de 1948. Ce point est essentiel : la vacance du logement met fin définitivement à l'application du régime, même si le logement remplit par ailleurs les conditions de construction et de situation géographique.

Classement du logement en catégorie

Chaque logement soumis à la loi de 1948 est classé dans une catégorie, selon ses équipements et son confort. La catégorie détermine le montant maximum de loyer que le propriétaire peut exiger.

Chaque logement soumis à la loi de 1948 est classé dans une catégorie, selon ses équipements et son confort. La catégorie du logement détermine le montant maximum de loyer que le propriétaire peut exiger de son locataire. Le classement va de la catégorie II A (confort le plus élevé) à la catégorie IV (confort le plus bas) : plus la catégorie est élevée en numéro, plus le prix de base au m² est faible et donc plus le plafond de loyer est bas.

Le classement se fait par logement et non par immeuble : dans un même immeuble, il peut y avoir des logements de qualités diverses, notamment selon leur situation (niveau, accès, etc.). Les catégories vont de II A (la plus confortable) à IV (la moins confortable). Les logements de catégorie I, considérés comme étant de qualité exceptionnelle, ne sont plus soumis à la loi de 1948.

Règle

La catégorie détermine le prix de base au m² utilisé pour calculer le montant maximum de loyer : ce montant obtenu en multipliant la surface corrigée du logement par le prix de base au m² correspondant à sa catégorie. Les prix de base au m² sont fixés par le décret n° 48-1881 du 10 décembre 1948 et diffèrent selon que le logement se situe dans ou hors de l'agglomération parisienne.

La surface corrigée est une notion propre à la loi de 1948 : elle tient compte de la surface habitable et d'un coefficient lié aux annexes (cave, grenier, balcons, etc.), conformément au décret n° 48-1766 du 22 novembre 1948. Le calcul exact de la surface corrigée doit être vérifié auprès du propriétaire ou d'un professionnel.

Le bail d'un logement soumis à la loi de 1948

Le bail d'un logement soumis à la loi de 1948 est un bail de droit commun, avec des particularités liées à l'encadrement des loyers et au droit au maintien dans les lieux.

Le bail n'est pas obligatoirement écrit : la location peut être verbale. Le contenu du bail n'est pas réglementé. Il n'existe pas de durée minimale pour le bail, et le bail à durée indéterminée est autorisé.

Contrairement aux baux d'habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989 (bail mobilité, bail à usage d'habitation, etc.), le bail de la loi de 1948 n'est soumis à aucun formalisme particulier en matière de durée ou de contenu. La liberté contractuelle des parties prévaut, sous réserve de l'encadrement des loyers et des règles de fin de bail. Le locataire qui veut quitter définitivement le logement peut le faire à tout moment, à la condition de donner préalablement son congé (préavis) au propriétaire.

Règle

Si à l'échéance du bail le propriétaire n'a pas donné son préavis, le locataire a un droit au maintien dans les lieux. Le locataire peut rester dans le logement sans limitation de durée et sans que le propriétaire n'ait à rédiger un nouveau bail. Ce droit au maintien est la protection majeure du régime de 1948 pour le locataire en place.

Le propriétaire qui veut reprendre le logement peut le faire à l'échéance du bail, à la condition de donner préalablement son congé (préavis) au locataire. Les modalités de ce congé (motifs, délai) relèvent des règles générales du congé donné par le propriétaire (bailleur).

Peut-on augmenter en cours de bail le loyer d'un logement soumis à la loi de 1948 ?

Le propriétaire peut augmenter le loyer une fois par an (révision annuelle) ou après avoir réalisé des travaux modificatifs, dans la limite d'un montant maximum déterminé par la catégorie du logement.

Le propriétaire peut augmenter le loyer une fois par an — on parle de révision annuelle — ou après avoir réalisé des travaux modificatifs. L'augmentation intervient au 1er juillet de chaque année et ne doit pas avoir pour effet de rendre le loyer supérieur au montant maximum calculé sur la base de la surface corrigée et du prix de base au m².

Les règles sont différentes selon que le logement est ou non dans l'agglomération parisienne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, certaines communes en Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val-d'Oise). Le taux d'augmentation applicable est de 0,78 % à partir du 1er juillet 2026, et de 1,40 % du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026. Il est interdit d'augmenter le loyer d'un logement classé en catégorie IV.

Règle

Pour connaître le montant maximum, il faut multiplier la surface corrigée du logement par le prix de base au m² correspondant à sa catégorie. Agglomération parisienne — prix de base au m² de surface corrigée : catégorie II A : 14,11 € pour chacun des 10 premiers m², 8,37 € pour chaque autre m² ; II B : 9,70 € et 5,20 € ; II C : 7,44 € et 3,93 € ; III A : 4,49 € et 2,38 € ; III B : 2,66 € et 1,38 € ; IV : 0,26 € et 0,12 €. Exemple pour un logement de type II C avec une surface corrigée de 43 m² : (7,44 € × 10) + (3,93 € × 33) = 204,09 € ; l'augmentation annuelle ne doit pas avoir pour effet de rendre le loyer supérieur à 204,09 €. Hors agglomération parisienne — prix de base au m² : II A : 11,52 € et 6,87 € ; II B : 7,94 € et 4,32 € ; II C : 6,06 € et 3,26 € ; III A : 3,68 € et 2,06 € ; III B : 2,19 € et 1,15 € ; IV : 0,26 € et 0,12 €. Exemple pour un logement de type II C avec une surface corrigée de 43 m² : (6,06 € × 10) + (3,26 € × 33) = 168,18 €.

La révision annuelle et les travaux modificatifs obéissent aux mêmes taux et aux mêmes plafonds de prix de base au m². L'interdiction d'augmenter le loyer en catégorie IV s'applique quelle que soit la nature de l'augmentation (révision ou travaux). Pour les taux applicables aux périodes antérieures, la réglementation fixe des taux spécifiques : consulter le décret annuel de révision des loyers de la loi de 1948. En pratique, le propriétaire qui souhaite réviser le loyer doit pouvoir justifier du respect du plafond : le locataire peut demander le détail du calcul (surface corrigée, catégorie, prix de base au m²) et contester une augmentation qui excède le montant maximum devant le juge des contentieux de la protection.

Comment mettre fin au bail d'un logement soumis à la loi de 1948 ?

La fin de bail dépend de la personne qui veut y mettre fin : le propriétaire (à l'échéance ou par sortie progressive) ou le locataire (à tout moment avec préavis).

Tout dépend de la personne qui veut mettre fin au bail. En tant que propriétaire, il existe 2 possibilités : à l'échéance du bail, en donnant préalablement son congé (préavis) au locataire ; ou à tout moment, en faisant sortir le logement des règles de la loi de 1948 lorsque le locataire a des revenus supérieurs à un montant minimum et que le logement est de catégorie II B ou II C. En tant que locataire, vous pouvez quitter définitivement le logement à tout moment, à la condition de donner préalablement votre congé (préavis) au propriétaire.

La reprise à l'échéance est la voie classique : le propriétaire notifie son congé avant l'échéance du bail. Si à l'échéance le propriétaire n'a pas donné son préavis, le locataire a un droit au maintien dans les lieux : il peut rester dans le logement sans limitation de durée et sans que le propriétaire n'ait à rédiger un nouveau bail. La sortie progressive est une procédure spécifique qui permet au propriétaire de faire sortir le logement du régime de la loi de 1948, sous conditions de revenus du locataire et de catégorie du logement (II B ou II C).

Règle

Le propriétaire qui veut reprendre le logement peut le faire à l'échéance du bail, à la condition de donner préalablement son congé (préavis) au locataire. La sortie progressive est possible lorsque le locataire a des revenus supérieurs à un montant minimum et que le logement est de catégorie II B ou II C. Le locataire qui veut quitter le logement doit donner son congé (préavis) au propriétaire avant de partir.

Le droit au maintien dans les lieux est la protection centrale du régime : même à défaut de reconduction du bail, le locataire en place ne peut pas être expulsé sans motif légitime et sans respecter les procédures applicables. La sortie progressive nécessite de vérifier les conditions de revenus applicables : consulter la fiche consacrée au bail de sortie progressive de la loi de 1948. Par ailleurs, le congé du propriétaire doit respecter les formes et délais prévus par la réglementation : un congé donné trop tardivement ou sans motif légitime peut être contesté devant le juge des contentieux de la protection. Le locataire, quant à lui, dispose d'un quasi-droit de reprise : son congé n'a pas à être motivé, mais il doit respecter le préavis applicable.

Que devient le bail au décès ou en cas d'abandon du locataire ?

Au décès ou en cas d'abandon du locataire, le bail est résilié automatiquement. Le droit au maintien dans les lieux peut être transféré à certaines personnes si le logement est habité.

Au décès du locataire ou en cas d'abandon du logement, le bail est résilié automatiquement. Si le logement est habité, le droit au maintien dans les lieux sans limitation de durée est transféré à certaines personnes. Si le logement devient vacant, il ne peut pas être reloué sous le régime de la loi de 1948.

Le droit au maintien est transféré aux personnes suivantes : l'époux ou le partenaire de Pacs du locataire ; les enfants mineurs qui vivent effectivement avec le locataire depuis plus d'un an, jusqu'à leur majorité ; l'ascendant qui vit effectivement avec le locataire depuis plus d'un an ; la personne handicapée qui vit effectivement avec le locataire depuis plus d'un an, à la condition qu'elle reçoive l'une de ces 3 aides : pension de grand invalide de guerre, rente d'invalide du travail correspondant à une incapacité au moins égale à 80 %, ou allocation versée à toute personne ayant au moins 80 % d'incapacité permanente.

Règle

Si plusieurs personnes réclament le transfert du droit au maintien dans les lieux, c'est le juge qui décidera en tenant compte des intérêts de chacun. Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement. Si le logement devient vacant (personne pour y exercer le droit au maintien), il ne peut pas être reloué sous le régime de la loi de 1948.

La résiliation automatique du bail au décès ou à l'abandon est une particularité du régime de 1948, distincte des règles du bail de droit commun (loi du 6 juillet 1989), où le décès du locataire n'entraîne pas automatiquement la résiliation. Le transfert du droit au maintien est subordonné à une cohabitation effective depuis plus d'un an avec le locataire défunt ou abandonnaire. En cas de litige sur le transfert du droit au maintien — par exemple entre plusieurs bénéficiaires potentiels ou sur la réalité de la cohabitation —, c'est le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement qui statue, en tenant compte des intérêts de chacun. La procédure est engagée par assignation délivrée par un commissaire de justice.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Qu'est-ce qu'un logement soumis à la loi de 1948 ?

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

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