Couple tenant les clés de leur nouveau logement — installation dans un chez-soi

Qu'est-ce qu'un bail de sortie progressive de la loi de 1948 ?

Le propriétaire d'un logement soumis à la loi de 1948 peut décider de faire cesser ce régime pour relouer au prix du marché, sous certaines conditions. Il doit alors signer avec le locataire un bail de sortie progressive de la loi de 1948, d'une durée de 8 ans. À l'issue de ce bail, un nouveau bail peut être conclu avec un loyer correspondant au prix du marché. La hausse du loyer est étalée progressivement sur les 8 ans du bail de sortie.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur le bail de sortie progressive de la loi de 1948 : conditions, proposition, réponse du locataire, modalités de la hausse du loyer et recours.

Ce qu'il faut savoir

  • Le bail de sortie progressive permet au propriétaire d'un logement soumis à la loi de 1948 de faire cesser ce régime et de relouer au prix du marché.
  • Le bail de sortie a une durée de 8 ans. La hausse du loyer est étalée par huitième annuel, c'est-à-dire sur les 8 ans.
  • Le propriétaire doit envoyer une proposition au locataire par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte de commissaire de justice.
  • Le locataire dispose de 2 mois pour répondre. L'absence de réponse vaut refus.
  • Le propriétaire ne peut proposer le bail de sortie que si les ressources des personnes logées dépassent un plafond (34 233 € pour 1 personne en France hors Île-de-France, 45 644 € en Île-de-France).
  • En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection peut être saisi dans les 6 mois suivant la proposition.
  • À défaut de saisine du juge dans les 6 mois, le logement reste soumis à la loi de 1948.

Conditions essentielles

  • Le logement doit être soumis au régime de la loi de 1948 et classé en catégorie II B ou II C.
  • Les ressources des personnes logées doivent dépasser le plafond applicable selon l'adresse du logement.
  • Le loyer doit être fixé par référence aux prix habituellement pratiqués dans le voisinage, au cours des 3 dernières années, pour des logements comparables.
  • Le propriétaire doit joindre à sa proposition au moins 3 références de loyer (6 dans une agglomération de plus d'un million d'habitants).

Les étapes

  • Vérifier que le logement est soumis à la loi de 1948 et classé en catégorie II B ou II C.
  • Vérifier que les ressources des personnes logées dépassent le plafond applicable.
  • Rassembler au moins 3 (ou 6) références de loyer comparables dans le voisinage.
  • Envoyer la proposition de bail de sortie progressive au locataire par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte de commissaire de justice.
  • Attendre la réponse du locataire dans un délai de 2 mois (absence de réponse = refus).
  • En cas d'accord : signer le bail de sortie progressive et appliquer la hausse du loyer par huitième annuel.
  • En cas de désaccord : saisir la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection dans les 6 mois.
  • À l'issue des 8 ans : conclure un nouveau bail soumis à la loi du 6 juillet 1989, avec un loyer fixé librement.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — plafonds de ressources, références de loyer, procédure de recours — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les plafonds de ressources, les références de loyer et la procédure de recours, voir les sections « Plafonds de ressources des personnes logées », « Références de loyer » et « En cas de désaccord ou de silence du locataire ».

Quels logements peuvent faire l'objet d'un bail de sortie ?

Le bail de sortie progressive concerne les logements soumis au régime de la loi de 1948 et classés en catégorie II B ou II C.

Le logement doit être soumis au régime de la loi de 1948. Il doit être classé en catégorie II B ou catégorie II C. Ces catégories regroupent les logements de bonne, voire d'assez bonne qualité.

La loi de 1948 encadre les loyers des logements construits avant 1949, afin de protéger les locataires contre la hausse excessive des loyers. Ce régime est progressivement appelé à disparaître, mais il s'applique encore à de nombreux logements anciens. Le propriétaire est autorisé à faire une proposition de bail de sortie progressive lorsque les ressources des personnes logées dépassent un certain montant. Ce seuil dépend de l'adresse du logement et du nombre de personnes logées.

Règle

Le classement du logement en catégorie II B ou II C détermine l'éligibilité au dispositif. Les logements classés en catégorie I (meilleure qualité) ou en catégorie inférieure ne sont pas concernés par le bail de sortie progressive de la loi de 1948.

La catégorie du logement figure dans le bail initial ou peut être obtenue auprès de la mairie ou de l'observatoire local des loyers. En cas de doute, il est conseillé de vérifier le classement avant d'engager la procédure.

Plafonds de ressources des personnes logées

Le propriétaire ne peut proposer un bail de sortie que si les ressources des personnes logées dépassent un plafond déterminé selon l'adresse du logement.

Le propriétaire est autorisé à faire une proposition de bail de sortie progressive lorsque les ressources des personnes logées dépassent un certain montant. Les ressources correspondent au total des revenus nets imposables perçus durant l'année civile précédant celle de la proposition du propriétaire.

Le montant à partir duquel le propriétaire est autorisé à faire une proposition dépend de l'adresse du logement : Cas général (France hors Île-de-France) : | Nombre de personnes logées | Total des revenus nets imposables | | --- | --- | | 1 personne | 34 233 € | | 2 personnes | 41 775 € | | 3 personnes | 49 319 € | | 4 personnes | 56 861 € | | Par personne supplémentaire | + 7 542 € | Île-de-France : | Nombre de personnes logées | Total des revenus nets imposables | | --- | --- | | 1 personne | 45 644 € | | 2 personnes | 55 700 € | | 3 personnes | 65 757 € | | 4 personnes | 75 815 € | | Par personne supplémentaire | + 10 056 € |

Règle

Si le locataire estime que les conditions de ressources ne sont pas respectées, il doit le signaler au propriétaire dans sa réponse et accompagner sa réponse des justificatifs nécessaires (avis d'imposition de l'année de référence).

Les plafonds de ressources sont actualisés régulièrement. Vérifier les derniers montants applicables auprès de la commission départementale de conciliation ou d'un conseiller juridique.

Références de loyer

Le loyer du bail de sortie doit être fixé par référence aux prix pratiqués dans le voisinage, avec au moins 3 ou 6 références selon la taille de l'agglomération.

Le loyer doit être fixé par référence aux prix habituellement pratiqués dans le voisinage, au cours des 3 dernières années et pour des logements comparables.

Agglomération de moins d'un million d'habitants : le propriétaire doit se fonder sur au minimum 3 références de loyer. Agglomération de plus d'un million d'habitants : le propriétaire doit se fonder sur au minimum 6 références de loyer. Ces références doivent être mentionnées dans la proposition de bail de sortie progressive envoyée au locataire. Certaines références (période de construction de l'immeuble, typologie des logements, etc.) peuvent être obtenues auprès du réseau des observatoires locaux des loyers ou, pour l'agglomération parisienne, auprès de l'observatoire des loyers de l'agglomération parisienne (Olap).

Règle

L'absence de références de loyer dans la proposition peut constituer un vice de procédure ouvrant droit à contestation par le locataire.

Les observatoires locaux des loyers publient des statistiques de loyers par secteur géographique, période de construction et typologie de logement. Ces données constituent des références objectives pour fixer le nouveau loyer.

La proposition de bail de sortie progressive

Pour mettre fin au bail soumis à la loi de 1948, le propriétaire doit adresser au locataire une proposition écrite, contenant des informations précises.

Pour mettre fin au bail d'habitation soumis à la loi de 1948, le propriétaire (ou son représentant) doit faire parvenir au locataire une proposition de bail de sortie progressive : par lettre recommandée avec avis de réception, ou par acte de commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice).

La proposition de bail doit mentionner les informations suivantes : - Nom ou dénomination du propriétaire, son domicile ou son siège social, ainsi que ceux de son mandataire, si nécessaire. - Date de prise d'effet du bail de sortie progressive et sa durée (8 ans). - Immeuble concerné et sa destination. - Logement concerné et, si nécessaire, énumération des équipements et parties communes auxquelles le locataire a accès. - Montant du loyer, mode de paiement et règle de révision annuelle. - Montant du dépôt de garantie, si nécessaire. - Surface habitable du logement concerné. - Reproduction écrite de l'article 25 et des articles 28 à 33 de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. - Liste des références ayant servi à fixer le loyer (au moins 3 ou 6 références, selon la taille de l'agglomération).

Règle

Le bail de sortie progressive prend effet 6 mois après la date de la proposition envoyée par le propriétaire, sauf exception.

L'envoi en lettre recommandée avec accusé de réception permet de prouver la date de réception par le locataire, point de départ du délai de 2 mois pour répondre et du délai de 6 mois pour saisir le juge.

Réponse du locataire

À partir de la réception de la proposition, le locataire a 2 mois pour accepter, refuser ou contester les conditions de ressources. L'absence de réponse vaut refus.

À partir de la réception de la proposition de bail de sortie progressive, le locataire a 2 mois pour faire l'une des actions suivantes : indiquer au propriétaire que les conditions de ressources ne sont pas respectées (avec justificatifs) ; refuser la proposition et, si nécessaire, demander le remboursement de travaux ; accepter la proposition et, si nécessaire, demander le remboursement de travaux.

Si le locataire estime que les conditions de ressources autorisant un bail de sortie progressive ne sont pas respectées, il doit le faire savoir au propriétaire et accompagner sa réponse des justificatifs nécessaires (avis d'imposition). Si le locataire a fait, à ses frais, des travaux ayant substantiellement amélioré le confort ou l'équipement du logement, il peut demander leur remboursement, que ce soit dans le cadre d'une acceptation ou d'un refus de la proposition. Le locataire doit faire parvenir sa réponse au propriétaire : par lettre recommandée avec avis de réception, ou par acte du commissaire de justice. Si le locataire ne répond pas dans le délai de 2 mois, cette absence de réponse vaut refus.

Règle

Le délai de 2 mois court à compter de la réception de la proposition par le locataire (date figurant sur l'accusé de réception ou la copie de l'acte).

Le locataire qui conteste les conditions de ressources doit fournir des justificatifs récents (avis d'imposition de l'année de référence). Un refus sans justification ni justificatifs peut être considéré comme infondé par le juge.

En cas d'accord

En cas d'accord du locataire, le bail de sortie progressive prend effet 6 mois après la proposition et la hausse du loyer est étalée sur 8 ans.

En cas d'accord, le bail de sortie progressive prend effet 6 mois après la date de la proposition envoyée par le propriétaire, sauf exception. Le nouveau loyer ne s'applique pas immédiatement : la hausse entre l'ancien loyer et le nouveau loyer est progressive, étalée par huitième annuel, c'est-à-dire sur 8 ans.

La révision annuelle selon l'évolution de l'IRL (indice de référence des loyers) peut être appliquée, à la condition qu'une clause du bail le prévoie. Si le locataire a demandé le remboursement de travaux, le montant en est fixé et est remboursé lors de la signature du bail de sortie progressive. Sur demande du propriétaire, le remboursement peut aussi être échelonné au cours du bail de sortie progressive. Si la dette existe encore à la fin de ce bail, le propriétaire en règle alors le solde au locataire.

Règle

La hausse du loyer par huitième annuel signifie que le nouveau loyer ne s'applique pleinement qu'à la 8ᵉ année du bail de sortie. Chaque année, le loyer augmente d'un huitième de la différence entre l'ancien et le nouveau loyer.

L'accord du locataire est formalisé par la signature du bail de sortie progressive. Il est recommandé de conserver une copie du document signé par les deux parties.

En cas de désaccord ou de silence du locataire

En cas de désaccord ou d'absence de réponse du locataire, la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection peut être saisi dans les 6 mois.

Dans les 3 mois qui suivent la réception de la proposition par le locataire, le propriétaire (ou son représentant) ou le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation (CDC). Cette démarche n'est pas obligatoire : le juge des contentieux de la protection peut être saisi directement.

Le juge peut être saisi dans les 6 mois qui suivent la proposition du propriétaire. Si le juge n'est pas saisi dans les 6 mois qui suivent la proposition, le logement reste soumis à la loi de 1948. Le juge statue sur les demandes du locataire et du propriétaire et fixe le montant du nouveau loyer. Le bail de sortie progressive est considéré comme étant conclu aux clauses et conditions fixées par le juge. Le nouveau loyer ne s'appliquera pas immédiatement : la hausse entre l'ancien loyer et ce nouveau loyer est étalée par huitième annuel, c'est-à-dire sur les 8 ans du bail de sortie. La révision annuelle selon l'IRL pourra être appliquée, à la condition qu'une clause du bail le prévoie.

Règle

Le non-respect du délai de 6 mois pour saisir le juge entraîne la péremption de la procédure : le logement reste définitivement soumis à la loi de 1948, sauf nouvelle proposition ultérieure.

La saisine de la commission départementale de conciliation est une étape facultative mais souvent utile : elle permet une conciliation amiable avant un éventuel procès. Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire est compétent pour trancher le litige.

À la fin du bail de sortie progressive

À l'issue des 8 ans du bail de sortie progressive, un nouveau bail est conclu, soumis à la loi du 6 juillet 1989, avec un loyer fixé librement.

À la fin du bail de sortie progressive de 8 ans, un nouveau bail doit être conclu. Ce nouveau bail est soumis à la loi du 6 juillet 1989 relative aux contrats de location d'habitation. Le loyer est fixé librement par le propriétaire, dans le respect des dispositions prévues par la loi.

À l'issue du bail de sortie progressive, le logement n'est plus soumis au régime de la loi de 1948. Le nouveau bail suit les règles du droit commun des baux d'habitation : durée minimale, révision annuelle possible, encadrement des loyers dans les zones tendues, etc. La différence entre l'ancien loyer et le nouveau loyer (fixé librement) s'appliquera progressivement : elle aura été étalée sur toute la durée du bail de sortie progressive (8 ans). À la fin de celui-ci, le loyer pleinement applicable est donc le nouveau loyer.

Règle

Le propriétaire doit respecter les dispositions de la loi du 6 juillet 1989 pour la conclusion du nouveau bail : forme écrite, mentions obligatoires, délai de préavis, etc.

Si le locataire souhaite contester le montant du nouveau loyer ou les conditions du bail, il peut saisir la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection dans les délais prévus par la loi de 1989.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Qu'est-ce qu'un bail de sortie progressive de la loi de 1948 ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les plafonds de ressources et les règles du bail de sortie progressive sont fixés par la loi de 1948 et la loi de 1986. Vérifier les dernières évolutions auprès de la commission départementale de conciliation ou d'un conseiller juridique.

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