Vue d'ensemble
Avant de quitter votre logement loué, voici les règles essentielles sur le congé (préavis) du locataire : délai applicable, formalisme de la lettre, calcul du point de départ et obligations financières.
Ce qu'il faut savoir
- Le locataire peut quitter le logement à tout moment, mais doit informer à l'avance le bailleur et respecter un délai de préavis.
- Pour un logement meublé, le préavis est de 1 mois, même pour un bail de 9 mois (par exemple un bail étudiant).
- Pour un logement vide, le préavis est de 3 mois, sauf situations particulières le réduisant à 1 mois.
- Le congé doit être donné par lettre recommandée avec avis de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre émargement ou récépissé signé.
- Un simple mail n'est pas valable ; en revanche, une lettre recommandée électronique (LRE) l'est, à condition que le destinataire particulier ait préalablement accepté ce mode d'envoi.
- Après avoir donné congé, le locataire ne peut plus changer d'avis, sauf accord du bailleur.
- Les loyers et charges restent dus pendant tout le préavis, sauf si un nouveau locataire emménage avant la fin.
Conditions essentielles
- Le logement doit être loué comme résidence principale.
- Le congé doit être adressé au bailleur social ou au propriétaire privé (ou à son agence immobilière).
- Pour un préavis réduit à 1 mois en logement vide, le locataire doit indiquer le motif dans la lettre de congé et fournir un justificatif.
- En zone tendue, le locataire doit expressément indiquer dans la lettre qu'il bénéficie d'un délai de préavis réduit à un mois, conformément à la loi n° 89-462 (article 15).
Les étapes
- Vérifier le type de bail (vide ou meublé) et la situation personnelle (couple, emploi, ressources, zone).
- Déterminer le délai de préavis applicable (1 mois ou 3 mois).
- Rédiger la lettre de congé en y mentionnant le motif (si préavis réduit) et en joignant le justificatif.
- Envoyer le congé par l'un des modes légaux (LRAR, acte de commissaire de justice, remise en main propre, ou LRE avec accord préalable).
- Calculer la fin du préavis à partir du jour de réception ou de remise du congé.
- Payer les loyers et charges jusqu'à la fin du préavis (avec prorata possible pour le dernier mois).
- Rendre les clés et réaliser l'état des lieux de sortie.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — cas des couples (mariés, pacsés, concubins), violences conjugales, situations de préavis réduit (zone tendue, logement social, RSA/AAH, état de santé, 1er emploi, perte d'emploi), calcul prorata des loyers — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux couples (congé donné ensemble ou par un seul, solidarité, violences) et aux modalités précises de calcul de la fin de préavis, voir les sections « Congé donné en couple et cas des violences » et « Point de départ et calcul du préavis ».
Logement meublé : un préavis de 1 mois
Pour un logement loué meublé, le locataire peut mettre fin au bail à tout moment. Il doit respecter un délai de préavis de 1 mois, y compris lorsque la durée du bail est de seulement 9 mois (par exemple lorsque le logement est loué à un étudiant).
Le bail meublé est un bail de location d'un logement équipé de meubles et d'équipements suffisants pour permettre au locataire d'y dormir, manger et vivre confortablement. La durée légale du bail meublé est en principe d'1 an (et 9 mois pour les baux étudiants). La rupture anticipée du bail par le locataire est toujours possible, mais le préavis de 1 mois s'applique dans tous les cas.
Règle
Le locataire d'un logement meublé n'est pas obligé d'indiquer le motif de son départ dans la lettre de congé, ni de fournir de justificatif. Le préavis est uniformément de 1 mois, quel que soit le motif du départ. Le congé doit néanmoins être donné par l'un des modes légaux (lettre recommandée avec avis de réception, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre émargement ou récépissé signé).
La fin du bail meublé peut aussi résulter d'un congé donné par le propriétaire, soumis à des règles distinctes (préavis de 3 mois, motif légitime et sérieux pour ne pas renouveler). Pour le locataire, l'essentiel est de respecter le préavis d'1 mois et de rendre le logement dans l'état où il l'a reçu, sous réserve de la dégradation normale.
Logement vide : un préavis de 3 mois par défaut
Pour un logement loué vide, le locataire doit respecter un délai de préavis de 3 mois avant de quitter définitivement le logement, sauf exceptions prévues par la loi (voir section suivante). Le préavis court à compter de la réception du congé par le bailleur.
Le bail de logement vide est le bail d'habitation classique (loi n° 89-462 du 6 juillet 1989), applicable aux logements non meublés loués comme résidence principale. La durée légale du bail est de 3 ans pour un bailleur particulier (1 an pour un bailleur personne morale), avec un droit au renouvellement. Le locataire peut donner congé à tout moment, mais doit respecter le préavis.
Règle
Le locataire n'a pas à indiquer le motif de son départ dans la lettre de congé (sauf s'il demande un préavis réduit). Si le locataire part et rend les clés avant la fin du préavis, le délai du préavis peut être réduit dans la même proportion, à condition que le propriétaire accepte un nouveau locataire ou qu'il fasse de lourds travaux de rénovation. La réduction est donc subordonnée à l'accord du bailleur.
Le préavis de 3 mois est la règle générale du logement vide. Avant de donner congé, vérifiez si votre situation (zone tendue, obtention d'un logement social, perception du RSA ou de l'AAH, état de santé, situation d'emploi) ne vous ouvre pas droit à un préavis réduit de 1 mois. Un simulateur officiel permet de connaître le délai de préavis applicable à votre situation.
Quand le préavis est réduit à 1 mois ?
Plusieurs situations permettent au locataire d'un logement vide de bénéficier d'un préavis réduit à 1 mois, au lieu des 3 mois de droit commun. Dans tous ces cas, le motif doit être indiqué dans la lettre de congé et un justificatif doit être fourni.
Le préavis est réduit à 1 mois dans les situations suivantes : le logement est situé en zone tendue ; le locataire obtient un logement social ; le locataire perçoit le RSA ou l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ; l'état de santé du locataire justifie un changement de domicile ; le locataire est victime de violences dans son couple (ou l'enfant qui vit avec lui est violenté) ; le locataire obtient son 1er emploi ; le locataire change de lieu de travail (salarié ou fonctionnaire) ; le locataire perd son emploi (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD) ; le locataire obtient un nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi.
| Situation | Délai de préavis | Justificatif exigé |
|---|---|---|
| Logement en zone tendue | 1 mois | Mention expresse dans la lettre de congé (loi n° 89-462, art. 15) |
| Obtention d'un logement social | 1 mois | Justificatif d'obtention du logement social |
| Perception du RSA ou de l'AAH | 1 mois | Justificatif de perception (si ressources égales au montant sans perception réelle : 3 mois) |
| État de santé justifiant un changement de domicile | 1 mois | Certificat médical (simple fatigue physique ou psychique : 3 mois) |
| Violences dans le couple | 1 mois | Ordonnance de protection, condamnation pénale < 6 mois ou preuve de poursuites |
| Obtention du 1er emploi | 1 mois | Document attestant la date d'affiliation à la sécurité sociale (CDI issu d'un CDD : non) |
| Changement de lieu de travail (salarié, fonctionnaire) | 1 mois | Justificatif de mutation (proche de la date d'envoi du congé) |
| Perte d'emploi, rupture conventionnelle ou fin de CDD | 1 mois | Justificatif ; la perte doit précéder et être proche de l'envoi du congé |
| Nouvel emploi après perte d'emploi (même bail) | 1 mois | Justificatifs de perte et de nouvel emploi |
Logement en zone tendue
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Mention expresse dans la lettre de congé (loi n° 89-462, art. 15)
Obtention d'un logement social
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Justificatif d'obtention du logement social
Perception du RSA ou de l'AAH
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Justificatif de perception (si ressources égales au montant sans perception réelle : 3 mois)
État de santé justifiant un changement de domicile
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Certificat médical (simple fatigue physique ou psychique : 3 mois)
Violences dans le couple
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Ordonnance de protection, condamnation pénale < 6 mois ou preuve de poursuites
Obtention du 1er emploi
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Document attestant la date d'affiliation à la sécurité sociale (CDI issu d'un CDD : non)
Changement de lieu de travail (salarié, fonctionnaire)
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Justificatif de mutation (proche de la date d'envoi du congé)
Perte d'emploi, rupture conventionnelle ou fin de CDD
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Justificatif ; la perte doit précéder et être proche de l'envoi du congé
Nouvel emploi après perte d'emploi (même bail)
- Délai de préavis
- 1 mois
- Justificatif exigé
- Justificatifs de perte et de nouvel emploi
En zone tendue — communes où le marché locatif est tendu, listées par décret — le préavis est de 1 mois à la condition d'indiquer dans la lettre de congé l'adresse du logement loué et le fait de bénéficier d'un délai de préavis réduit à un mois, conformément à la loi n° 89-462 (article 15) et au décret n° 2013-392. Si vous ne le faites pas, le délai de préavis reste de 3 mois. Un simulateur officiel permet de savoir si votre commune est en zone tendue.
Règle
Si le locataire ne fournit pas le justificatif ou n'indique pas le motif dans la lettre de congé, le délai de préavis reste de 3 mois. La réduction à 1 mois n'est donc jamais automatique : elle doit être demandée et justifiée. Pour le RSA et l'AAH, si vos ressources sont égales au montant de ces aides mais que vous ne les recevez pas, le délai de préavis est de 3 mois. Pour le changement de lieu de travail, la mutation peut être à votre initiative ou à celle de votre employeur ; elle n'est soumise à aucune condition d'éloignement géographique, mais la date de la mutation doit être proche de la date d'envoi du congé (plusieurs mois ne doivent pas s'être écoulés).
Pour l'état de santé, le préavis de 1 mois s'applique lorsque le logement n'est plus compatible avec votre état de santé (par exemple handicap, maladie nécessitant un relogement proche de soins). En cas de simple fatigue physique ou psychique, même médicalement constatée, le délai de préavis est de 3 mois. Pour le 1er emploi, un CDD qui se transforme en CDI n'est pas considéré comme un 1er emploi, sauf décision contraire du juge des contentieux de la protection.
Quand le préavis reste de 3 mois ?
Certaines situations professionnelles ou personnelles ne réduisent pas le préavis : le locataire qui démissionne (ou est en abandon de poste), qui est en fin de droits de l'assurance chômage, qui part à la retraite, ou qui cesse une activité d'indépendant ou de profession libérale, doit respecter un préavis de 3 mois.
Un indépendant ou profession libérale qui change de lieu de travail (ouvre un cabinet ailleurs, par exemple) n'a pas droit au préavis réduit de 1 mois : le préavis de 3 mois s'applique. De même, un locataire qui obtient un nouvel emploi alors qu'il était au chômage au moment de la signature du bail du logement qu'il souhaite quitter doit respecter un préavis de 3 mois, même s'il obtient cet emploi dans le même bail.
Règle
Ces situations sont exclues du dispositif de préavis réduit, qui vise les aléas subis par le locataire (perte d'emploi, mutation imposée, santé, ressources) plutôt que les choix de vie (démission, retraite volontaire, création d'activité). La démission et l'abandon de poste ne constituent pas un motif de réduction du préavis : le préavis de 3 mois s'applique, sauf accord amiable du propriétaire pour une sortie anticipée.
Si vous démissionnez et que votre nouveau logement est disponible avant la fin du préavis de 3 mois, vous pouvez négocier avec le propriétaire une réduction proportionnelle du préavis, à condition qu'il accepte un nouveau locataire ou qu'il fasse de lourds travaux de rénovation. Sans accord, les loyers et charges restent dus jusqu'à la fin complète du préavis.
Congé donné en couple et cas des violences
Lorsque le logement est occupé par un couple (marié, pacsé ou en concubinage), les règles de congé diffèrent selon que les deux partenaires ont signé le bail et selon qui souhaite partir.
Si le couple souhaite quitter le logement ensemble, les époux, partenaires de PACS ou concubins doivent adresser ensemble leur congé au propriétaire (ou à l'agence immobilière). Si un seul des partenaires donne congé, l'autre reste titulaire du bail en cours et peut rester dans le logement (sauf cas du partenaire non signataire, voir ci-dessous).
Cas du mariage : l'époux qui donne congé reste solidairement obligé de payer le loyer et les charges du logement jusqu'à ce que l'autre époux quitte définitivement le logement, ou jusqu'à la retranscription du divorce en marge de l'état civil. Cas du PACS : le partenaire qui donne congé reste solidairement obligé de payer le loyer et les charges jusqu'à la fin du Pacs ou jusqu'à ce que l'autre partenaire quitte le logement. Si un seul partenaire a signé le bail et veut quitter le logement, l'autre partenaire doit quitter le logement au plus tard à son départ, à moins que le propriétaire accepte de signer un bail avec lui. Cas du concubinage : le concubin qui quitte le logement reste redevable du loyer et des charges, soit pendant les 6 mois qui suivent la fin de son préavis si le bail contient une clause de solidarité, soit jusqu'à la fin de son préavis (ou l'arrivée d'un nouveau locataire) s'il n'y a pas de clause.
Règle
En cas de violences commises par l'un des époux, partenaires de PACS ou concubins sur l'autre membre du couple ou sur l'enfant qui vit habituellement avec lui, la victime peut donner son congé avec un délai de préavis de 1 mois. Le congé doit être donné par lettre recommandée avec avis de réception, en y indiquant le motif du départ (violences) et en joignant l'un des documents suivants : une copie de l'ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales ; une copie de la condamnation pénale, même non définitive, pour des faits de violences, datant de moins de 6 mois ; tout document prouvant que la personne violente fait l'objet de poursuites (par exemple un avis à victime) ou d'une procédure alternative aux poursuites.
En cas d'ordonnance de protection ou de condamnation (même non définitive), si la personne violente ne paie pas le loyer à partir du lendemain de la présentation de la lettre recommandée au propriétaire : le propriétaire a un motif légitime et sérieux pour vendre ou reprendre le logement ; et la personne qui quitte le logement (et sa caution) n'est pas redevable de ces impayés. Pour le concubin qui n'a pas signé le bail et veut quitter le logement, il n'a pas à donner congé pour le faire, mais il reste solidairement obligé de payer le loyer et les charges jusqu'à la fin du concubinage ou jusqu'au départ de l'autre concubin.
Point de départ et calcul du préavis
Le début du préavis dépend du mode d'envoi du congé : pour une lettre recommandée avec avis de réception, il s'agit du jour de la réception de la lettre (le jour où le destinataire en prend possession) ; pour un acte de commissaire de justice, du jour de la signification (par exemple le jour du dépôt du congé dans la boîte aux lettres) ; pour une remise en main propre contre émargement ou récépissé signé, du jour de la remise.
Si la lettre recommandée n'a pas été remise à son destinataire absent et vous a été renvoyée, le congé n'est pas valable. Si la lettre lui parvient en retard ou lui est remise en retard, la fin du préavis est repoussée d'autant. Le calcul de la fin du préavis obéit à une règle simple : si le jour de début et le jour de fin sont identiques, le préavis expire à minuit du jour correspondant du mois suivant ; si les dates ne peuvent pas être identiques, il s'agit du dernier jour de ce mois.
| Durée du préavis | Exemple (congé reçu le 5 septembre) | Règle de fin de mois |
|---|---|---|
| 1 mois | Préavis jusqu'au 5 octobre à minuit | Même jour le mois suivant ; sinon dernier jour du mois |
| 3 mois | Préavis jusqu'au 5 décembre à minuit | Même jour le mois suivant ; sinon dernier jour du mois |
1 mois
- Exemple (congé reçu le 5 septembre)
- Préavis jusqu'au 5 octobre à minuit
- Règle de fin de mois
- Même jour le mois suivant ; sinon dernier jour du mois
3 mois
- Exemple (congé reçu le 5 septembre)
- Préavis jusqu'au 5 décembre à minuit
- Règle de fin de mois
- Même jour le mois suivant ; sinon dernier jour du mois
Règle
Les jours fériés et les week-ends sont inclus dans le calcul du préavis. Par exemple, si le préavis finit un dimanche, il finit ce jour-là, et non le vendredi précédent ou le lundi suivant. Un préavis commencé le 30 janvier expire le 28 février (ou le 29 février en cas d'année bissextile). Un préavis commencé le 30 novembre expire le 28 février (ou le 29 février en année bissextile) pour un préavis de 3 mois.
Attention à ne pas confondre la date d'envoi du congé et la date de réception : c'est la réception qui fait courir le préavis. Si vous envoyez une LRAR le 1er septembre mais qu'elle n'est remise au propriétaire que le 10 septembre, le préavis court à partir du 10 septembre. Cette distinction est importante pour calculer la date exacte de fin et planifier la restitution des clés et l'état des lieux de sortie.
Loyer et charges pendant le préavis
Le locataire doit payer les loyers et charges locatives durant toute la période de son préavis, sauf si le propriétaire (ou l'agence immobilière) signe un nouveau bail avec un autre locataire et que celui-ci habite le logement avant la fin du préavis. Dans ce cas, le locataire sortant n'est plus redevable des loyers postérieurs à l'emménagement du nouveau locataire.
Si le préavis prend fin en cours de mois, le montant du loyer et des charges que vous devez pour ce dernier mois est proportionnel au nombre de jours durant lesquels vous avez disposé du logement. Par exemple, si le préavis prend fin le 5 d'un mois de 30 jours, le montant dû pour le dernier mois équivaut à 5/30e du montant mensuel ; pour un mois de 31 jours, 5/31e ; pour un mois de 28 jours (février), 5/28e ; pour un mois de 29 jours (février bissextile), 5/29e.
Règle
Si les charges du logement sont à payer par provision, le calcul définitif de ce que vous devez pour votre dernière année de location (même incomplète) ne pourra être fait qu'après la régularisation annuelle des charges. Le locataire ne peut pas déduire de ses derniers loyers le montant du dépôt de garantie qu'il a versé : le dépôt de garantie sert à couvrir les impayés de loyer, les charges et les dégradations, et n'est pas un loyer d'avance. Il est restitué après l'état des lieux de sortie, dans les conditions prévues par la loi.
Le bailleur social ou le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut réclamer pendant 3 ans tout impayé de loyers ou de charges que le locataire lui doit. Par exemple, il peut réclamer jusqu'en juillet 2029 une dette de loyer datant de juillet 2026, même si le locataire a définitivement quitté le logement en août 2026. Conservez vos preuves de paiement (virements, reçus) pendant toute la durée du préavis et après votre départ.
Peut-on quitter sans préavis ?
En principe, le préavis est obligatoire. Toutefois, le locataire peut quitter le logement sans préavis lorsque celui-ci est en péril (habitat menaçant ruine) ou insalubre (habitat indigne). Cette faculté est encadrée : elle suppose que le locataire ait préalablement averti le bailleur social ou le propriétaire privé (ou l'agence immobilière) des désordres constatés et ait fait les démarches pour l'obliger à faire les travaux.
Le logement en péril est un habitat menaçant ruine, dont la solidité ou la sécurité des occupants est compromise. Le logement insalubre est un habitat indigne, présentant des risques pour la santé ou la sécurité des occupants (humidité, plomb, amiante, absence d'éclairage naturel, etc.). Dans ces deux cas, la mise en demeure du propriétaire de faire les travaux constitue le préalable nécessaire à la rupture sans préavis.
Règle
La rupture sans préavis ne dispense pas le locataire de rendre les clés et de participer à l'état des lieux de sortie. Les loyers et charges restent dus jusqu'à la date effective de restitution du logement. En cas de litige sur le caractère insalubre ou périlleux du logement, l'Agence régionale de santé (ARS), le service communal d'hygiène et de santé (CSHS) ou le juge des contentieux de la protection peuvent être saisis pour constater l'état du logement.
Même en cas de logement dégradé, il est recommandé de formaliser la mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception, et de conserver les preuves des démarches entreprises (signalements, constats, avis de l'ARS ou du CSHS). En cas de litige ultérieur, ces éléments permettent de justifier la rupture du bail sans préavis. Pour être accompagné dans ces démarches, vous pouvez contacter l'Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil) de votre département.
Textes applicables
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 15 (congé du locataire)Texte légal — Légifrance
- Code de la construction et de l'habitation : articles L.353-14 à L.353-22Texte légal — Légifrance
- Décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 (communes en zone tendue)Texte réglementaire — Légifrance
- Code de procédure civile : article 641Légifrance
- Code de procédure civile : article 667Légifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 25-8Légifrance
- Loi n°48-1360 du 1er septembre 1948 sur les rapports locatifs : article 3 noniesLégifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 8-2Légifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 7-1Légifrance
- Décret n°2015-650 du 10 juin 2015 sur les modalités de mise en œuvre du dispositif d'encadrement du niveau de certains loyersLégifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 17Légifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 40Légifrance
- Code civil : articles 1310 à 1319Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Préavis et formalités du congé donné par le locataire (bail d'habitation)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
- OuvrirService-Public.fr
Rédaction du bail d'habitation (clause par clause)
Vérifiée le 2026-09-19
Voir aussi
- Simulateur : donner son préavis (congé) au propriétaire
- Simulateur : connaître le délai de préavis (zone tendue)
- Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil)
Les délais de préavis et cas de réduction décrits dans cet article proviennent de la fiche officielle Service-Public F1168 et de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Les listes de communes en zone tendue sont mises à jour par décret — vérifiez votre commune via le simulateur officiel avant de donner congé. Les justificatifs exigés pour un préavis réduit doivent accompagner la lettre de congé : sans eux, le préavis de 3 mois s'applique. Consultez un conseiller de l'Adil en cas de situation complexe.


Comment donner son congé ?
Le locataire doit donner congé au bailleur social ou au propriétaire privé (ou à l'agence immobilière) par l'un des moyens suivants : lettre recommandée avec avis de réception ; acte de commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) ; remise en main propre contre émargement ou récépissé signé.
Le simple mail n'est pas un mode valable de donner congé : un préavis donné par mail n'est pas valide, même s'il est accepté par retour de mail par son destinataire. En revanche, le locataire peut donner son préavis par lettre recommandée électronique (LRE), à la condition que, si le destinataire est un particulier, il ait préalablement accepté ce mode d'envoi. Pour cela, avant l'envoi de la LRE, vous devez envoyer un mail au destinataire en lui demandant son accord pour lui envoyer une LRE, et en lui indiquant qu'il a 15 jours pour accepter ou refuser cette proposition.
Règle
Après avoir donné congé, le locataire ne peut plus changer d'avis. Pour pouvoir revenir sur sa décision, il doit obtenir l'accord du bailleur social ou du propriétaire privé (ou de l'agence immobilière). La lettre de congé doit contenir les mentions requises : l'identification du logement, la date de fin de préavis souhaitée, et, si le locataire demande un préavis réduit, l'indication du motif et le justificatif joint. Un modèle de lettre est disponible en ligne pour guider la rédaction.
Le choix du mode d'envoi a des conséquences sur le point de départ du préavis : la lettre recommandée avec avis de réception fait courir le préavis à compter du jour de la réception ; l'acte de commissaire de justice, à compter du jour de la signification ; la remise en main propre, à compter du jour de la remise contre émargement ou récépissé signé. Conservez précieusement l'avis de réception ou le récépissé : ils font preuve de la date de départ du préavis.