Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur l'encadrement des loyers à Montpellier : champ d'application, loyers de référence, complément de loyer et voies de recours.
Ce qu'il faut savoir
- Le loyer d'un logement loué avec un bail mobilité ou un bail d'habitation (vide ou meublé) signé ou renouvelé entre juillet 2022 et le 24 novembre 2026 est encadré à Montpellier.
- L'encadrement fixe un loyer de référence minoré et un loyer de référence majoré, qui dépendent de la catégorie du logement : location vide ou meublée, nombre de pièces et époque de construction.
- Le loyer de base (hors charges et hors complément de loyer) ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail.
- Le bail doit mentionner le loyer de base, le loyer de référence et le loyer de référence majoré. Ces montants doivent également figurer dans l'annonce immobilière.
- Si le bail ne mentionne pas le loyer de référence majoré, le locataire dispose d'un mois pour adresser au propriétaire une mise en demeure par courrier recommandé.
- Si le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré, le locataire peut demander une diminution de loyer et le remboursement des trop-perçus.
- Le propriétaire encourt une amende administrative de 5 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale) en cas de non-respect de l'encadrement.
- Un complément de loyer peut s'appliquer si le logement a des caractéristiques particulières et si le loyer de base est égal au loyer de référence majoré.
Conditions essentielles
- Le logement est situé à Montpellier.
- Le bail est un bail mobilité ou un bail d'habitation (vide ou meublé).
- Le bail est signé ou renouvelé entre juillet 2022 et le 24 novembre 2026.
- Le loyer de base ne dépasse pas le loyer de référence majoré applicable à la catégorie du logement.
Les étapes
- Vérifier que le logement est soumis à l'encadrement des loyers (bail signé ou renouvelé entre juillet 2022 et le 24 novembre 2026).
- Connaître le loyer de référence majoré applicable à la catégorie du logement (vide/meublé, nombre de pièces, époque de construction) via le simulateur officiel.
- Vérifier que le bail mentionne le loyer de base, le loyer de référence et le loyer de référence majoré.
- Si le bail ne mentionne pas le loyer de référence majoré : adresser une mise en demeure au propriétaire par courrier recommandé avec accusé de réception dans un mois.
- Si le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré : saisir la commission départementale de conciliation (CDC) ou signaler le non-respect à la préfecture.
- En cas de désaccord persistant : saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement.
Cette synthèse présente les règles générales de l'encadrement des loyers à Montpellier. Les modalités de contestation du complément de loyer et du renouvellement du bail sont détaillées dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des règles de complément de loyer, de renouvellement du bail et de contestation, voir les sections « Complément de loyer : conditions et contestation », « À l'approche du renouvellement du bail » et « Location initiale : contestation du loyer ».
Principe de l'encadrement des loyers à Montpellier
L'encadrement des loyers à Montpellier fixe des loyers de référence (minoré et majoré) pour les logements loués avec un bail mobilité ou un bail d'habitation (vide ou meublé) signé ou renouvelé entre juillet 2022 et le 24 novembre 2026.
Les montants des loyers de référence dépendent de la catégorie du logement : location vide ou meublée, nombre de pièces et époque de construction. Le simulateur officiel permet de connaître le loyer de référence applicable à votre logement.
Règle
L'encadrement des loyers s'applique à chacun des événements suivants : location initiale, renouvellement du bail et remise sur le marché du logement. Le loyer de base (hors charges et hors complément de loyer) ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail.
Vous pouvez vérifier que le loyer de votre logement est conforme à l'encadrement des loyers à l'aide du simulateur officiel disponible sur le site du ministère chargé du logement.
Loyer de base et complément de loyer
Le loyer (hors charges) peut se composer de 2 éléments : le loyer de base et un complément de loyer.
Le loyer de base est le montant du loyer hors charges et hors complément de loyer. Il ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail. Le complément de loyer est une majoration exceptionnelle du loyer, possible uniquement si le logement présente des caractéristiques particulières et si le loyer de base est égal au loyer de référence majoré.
Règle
Si un complément de loyer s'applique, le loyer est égal au total du loyer de base et du complément de loyer. Le montant du complément de loyer et les caractéristiques du logement qui le justifient doivent être indiqués dans le bail.
Le complément de loyer ne peut pas être appliqué si le loyer de base est inférieur au loyer de référence majoré : il suppose que le loyer de base atteint déjà le plafond autorisé.
Mentions obligatoires dans le bail et l'annonce
Le bail doit indiquer les montants suivants : le loyer de base (montant du loyer hors charges et hors complément de loyer), le loyer de référence et le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail et qui correspondent à la catégorie du logement (localisation, nombre de pièces, etc.).
Ces différents montants doivent également être mentionnés dans l'annonce immobilière. La transparence des prix est une obligation du propriétaire : le locataire doit pouvoir vérifier la conformité du loyer par rapport aux loyers de référence en vigueur.
Règle
Le loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail. En cas de non-respect de cette règle, le locataire dispose de voies de recours (voir sections suivantes).
Vérifier la présence de ces mentions dans le bail et l'annonce avant de signer. En cas d'absence de mention du loyer de référence majoré, le locataire dispose d'un délai d'un mois pour agir (voir section suivante).
Si le bail ne mentionne pas le loyer de référence majoré
Si le bail ne mentionne pas le montant du loyer de référence majoré, le locataire a 1 mois à partir de la date de prise d'effet du bail pour adresser au propriétaire, par courrier recommandé avec accusé de réception, une mise en demeure de le faire.
Le propriétaire a ensuite 1 mois pour répondre, à partir de la date de réception de la proposition du locataire. En l'absence de réponse ou en cas de refus du propriétaire dans ce délai, le locataire peut saisir, dans les 3 mois suivants, le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement, pour obtenir une diminution du loyer, si nécessaire.
Règle
La mise en demeure doit être adressée par courrier recommandé avec accusé de réception, dans le délai d'un mois suivant la prise d'effet du bail. Ce délai est strict : un dépôt tardif peut entraîner la forclusion du droit du locataire.
Le juge des contentieux de la protection est compétent pour les litiges relatifs au bail d'habitation. Vérifier la juridiction compétente auprès du tribunal dont dépend le logement loué.
Si le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré
Si le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail (mentionné ou non dans le bail), le locataire peut demander une diminution de loyer et le remboursement des trop-perçus au propriétaire.
Le locataire peut faire les démarches suivantes : (1) saisir la commission départementale de conciliation (CDC) ; en cas d'échec, il peut saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement loué ; (2) signaler le non-respect de l'encadrement des loyers à la préfecture.
Règle
Le propriétaire encourt une amende administrative de 5 000 € s'il s'agit d'une personne physique, et de 15 000 € s'il s'agit d'une personne morale, en cas de non-respect de l'encadrement des loyers.
Le signalement à la préfecture est indépendant de la saisine de la CDC : les deux démarches peuvent être menées en parallèle. Vérifier les coordonnées de la préfecture de l'Hérault et de la CDC du département.
Complément de loyer : conditions et contestation
Le propriétaire (ou l'agence immobilière ou le notaire) peut appliquer un complément de loyer si les 2 conditions suivantes sont réunies : le logement a des caractéristiques particulières (localisation, confort) et le loyer de base (hors charges) est égal au loyer de référence majoré.
Si un complément de loyer s'applique, le loyer est égal au total du loyer de base et du complément de loyer. Le montant du complément de loyer et les caractéristiques du logement qui le justifient doivent être indiqués dans le bail.
Règle
Pour contester le complément de loyer, le locataire doit saisir la commission départementale de conciliation (CDC) dans un délai de 3 mois à partir de la date de signature du bail. C'est au propriétaire (ou à l'agence immobilière) de prouver que le complément de loyer est justifié.
Si la CDC parvient à un accord, le montant du loyer est celui fixé par le document de conciliation délivré par la CDC. Ce nouveau montant s'applique à partir de la date d'entrée en vigueur du bail. Si le désaccord persiste, le locataire a 3 mois à partir de la réception de l'avis de la CDC pour saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement. Il peut lui demander d'annuler ou de diminuer le complément de loyer. Le montant du loyer fixé par le juge s'applique à partir de la date d'entrée en vigueur du bail.
À l'approche du renouvellement du bail
À l'approche du renouvellement du bail, deux situations sont possibles selon le niveau du loyer de base par rapport aux loyers de référence.
- Loyer de base inférieur au loyer de référence minoré : le propriétaire peut engager une *action en réévaluation de loyer* pour augmenter le loyer jusqu'au niveau autorisé.
- Loyer de base supérieur au loyer de référence majoré : le locataire peut engager une *action en diminution de loyer* pour ramener le loyer au niveau du loyer de référence majoré.
Le loyer de base (hors charges et hors complément de loyer) est comparé aux loyers de référence minoré et majoré en vigueur à la date du renouvellement. L'encadrement s'applique à chaque renouvellement de bail.
Règle
Lorsque le locataire engage une action en diminution de loyer, il doit saisir la commission départementale de conciliation (CDC) dans les délais prévus par la loi. En cas d'échec de la conciliation, le juge des contentieux de la protection est compétent.
Vérifier les loyers de référence applicables à la date du renouvellement via le simulateur officiel, car les montants sont réactualisés régulièrement.
Logement remis sur le marché après moins de 18 mois d'inoccupation
Le loyer de base (hors charges et hors complément de loyer) d'un logement remis sur le marché après moins de 18 mois d'inoccupation peut être augmenté dans certains cas seulement.
- Le loyer n'a pas été révisé au cours des 12 mois précédents (révision annuelle selon l'indice de référence des loyers — IRL).
- Des travaux d'amélioration ou de mise aux normes de décence ont été faits depuis le départ de l'ancien locataire.
- Le loyer est sous-évalué par rapport aux loyers de référence.
Ces trois conditions doivent être remplies cumulativement pour que le propriétaire puisse augmenter le loyer lors de la remise sur le marché. Le nouveau loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré en vigueur à la date de signature du bail.
Règle
En l'absence de remplissage de ces conditions, le loyer de base doit rester au même montant que celui de l'ancien bail (hors révision annuelle selon l'IRL).
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent : les conditions exactes d'augmentation du loyer lors de la remise sur le marché sont prévues par la loi ELAN et son décret d'application.
Location initiale : contestation du loyer
Lors d'une location initiale (bail signé pour la première fois ou après une vacance), si le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré, le locataire peut demander une diminution de loyer devant la commission départementale de conciliation (CDC), dans les 3 ans qui suivent la signature du bail.
Le locataire doit saisir la CDC dans le délai de 3 ans à compter de la signature du bail. La CDC tente de concilier les parties ; en cas d'échec, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection.
Règle
Le propriétaire doit pouvoir justifier du respect de l'encadrement des loyers. Le non-respect expose à une amende administrative (5 000 € pour une personne physique, 15 000 € pour une personne morale).
Le délai de 3 ans est un délai de forclusion : passé ce délai, le locataire ne peut plus contester le loyer initial devant la CDC. Vérifier les coordonnées de la CDC de l'Hérault auprès de la préfecture.
Textes applicables
- Décret n° 2021-1144 du 2 septembre 2021 fixant le périmètre du territoire de la métropole Montpellier Méditerranée Métropole sur lequel est mis en place le dispositif d'encadrement des loyersLégifrance
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 18Légifrance
- Loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 sur l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : article 140Légifrance
- Montpellier : arrêté préfectoral sur les loyers de référence du 1er juillet au 24 novembre 2026herault.gouv.fr
- Décret n° 2019-437 du 13 mai 2019 sur les modalités d'application de la mise en demeure en cas de non-respect du dispositif expérimental d'encadrement du niveau des loyers et le recouvrement des amendes administrativesLégifrance
- Décret n°2017-1198 du 27 juillet 2017 sur l'évolution de certains loyers (d'août 2024 au 31 juillet 2027)Légifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 2Légifrance
- Réponse ministérielle du 6 avril 1992 relative à la notion de "travaux d'amélioration" dans les parties communes et privativesAssemblée nationale
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Montpellier : montant du loyer pour un bail d'habitation
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les dates (bails signés ou renouvelés entre juillet 2022 et le 24 novembre 2026), les délais (1 mois pour la mise en demeure, 1 mois pour la réponse du propriétaire, 3 mois pour la saisine de la CDC ou du juge, 3 ans pour la contestation du loyer initial, 18 mois d'inoccupation) et les amendes (5 000 € et 15 000 €) correspondent à la réglementation en vigueur. Les loyers de référence sont réactualisés régulièrement : utiliser le simulateur officiel pour connaître les montants applicables à votre logement.

