Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de louer ou de quitter un logement en concubinage : signature du bail, solidarité financière, départ et transfert du bail.
Ce qu'il faut savoir
- Les règles varient selon que 1 seul ou les 2 concubins signent le bail.
- Si les 2 concubins signent le bail, ils peuvent être liés par une clause de solidarité : le propriétaire peut réclamer la totalité du loyer à n'importe lequel des deux.
- Sans clause de solidarité, chaque concubin doit payer 50 % du loyer et des charges.
- Si 1 seul concubin signe le bail, seul ce concubin est redevable du loyer ; l'autre n'a aucun droit ni titre sur le logement.
- En cas de violences, le concubin qui quitte le logement peut donner son congé avec un préavis de 1 mois (sans clause de solidarité prolongée).
- Au décès ou à l'abandon du logement, le bail peut être transféré au concubin restant, sous conditions de concubinage notoire et d'ancienneté.
- Les conditions de transfert dépendent du type de logement : social, privé ou loi de 1948.
- Le propriétaire doit adresser ses courriers aux 2 concubins (si les deux ont signé) pour que ses courriers soient valables.
Conditions essentielles
- Le bail d'habitation concerne un logement loué vide (social, secteur privé, loi de 1948).
- Pour le transfert du bail : concubinage notoire (relation continue, stable et connue) prouvé par tout moyen.
- Pour le transfert en logement privé : vivre ensemble depuis au moins 1 an à la date du décès ou de l'abandon.
- Pour la loi de 1948 : condition supplémentaire de handicap (pension de grand invalide de guerre, rente d'invalide du travail au moins 80 %, ou allocation pour incapacité permanente au moins 80 %).
Les étapes
- Vérifier qui signe le bail (1 seul ou les 2 concubins) et s'il contient une clause de solidarité.
- En cas de départ volontaire des 2 : envoyer un congé au propriétaire (lettre unique signée des 2 ou lettres individuelles simultanées).
- En cas de départ d'un seul concubin (sans violences) : donner son préavis ; le bail se poursuit avec l'autre concubin.
- En cas de violences : envoyer le congé par LRAR avec justificatif (ordonnance de protection, condamnation pénale < 6 mois, ou preuve de poursuites).
- En cas de décès ou d'abandon : demander le transfert du bail au juge des contentieux de la protection si les conditions sont remplies.
- Prouver le concubinage notoire par tout moyen (attestations de proches, factures, etc.).
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — transfert du bail par type de logement, violences conjugales — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au transfert du bail après décès ou abandon, voir les sections « Décès ou abandon (2 signatures) » et « Décès ou abandon (1 seule signature) ».
Les 2 concubins signent le bail
Chaque concubin est titulaire du bail et locataire du logement qu'ils habitent ensemble lorsqu'ils ont tous les 2 signé le bail.
Les 2 concubins deviennent cotitulaires du bail s'ils le signent ensemble. Ils peuvent également devenir cotitulaires si, après la signature par un seul, ils demandent ensemble au propriétaire (ou à l'agence immobilière) à être cotitulaires. Cette demande doit être faite par écrit et envoyée par courrier recommandé avec accusé de réception. Attention : le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut la refuser.
Règle
En tant que cotitulaires, les 2 concubins ont les mêmes droits et obligations vis-à-vis du bail : droit d'occupation, obligation de payer le loyer, obligation de respecter le bail.
La cotitularité n'est pas automatique si un seul a signé le bail initial : elle nécessite une demande écrite conjointe que le propriétaire peut refuser.
Paiement du loyer (2 signatures)
Les règles de paiement du loyer et des charges sont différentes selon que le bail contient ou non une clause de solidarité.
Le bail contient une clause de solidarité. Les concubins doivent payer le loyer et les charges de façon solidaire. Cela signifie que le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut s'adresser à n'importe lequel d'entre eux pour obtenir la totalité du paiement. Si l'un des deux ne paie pas sa part, l'autre peut être poursuivi pour la totalité. Le bail ne contient pas cette clause. Chaque concubin doit payer 50 % du loyer et des charges. Le propriétaire ne peut réclamer la part de l'un qu'à lui-même.
Règle
La clause de solidarité est souvent prévue dans les baux signés par les couples de concubins. Vérifiez sa présence dans votre bail avant de signer.
En cas de séparation, la clause de solidarité peut continuer de s'appliquer pendant un certain temps (généralement 6 mois après le congé de l'un des concubins) : voir la section sur le départ.
Départ des concubins (2 signatures)
Les concubins qui veulent tous les 2 quitter le logement doivent donner leur préavis (congé) au propriétaire (ou à l'agence immobilière).
Ils peuvent soit envoyer une seule lettre qu'ils signent tous les 2, soit rédiger chacun une lettre qu'ils envoient au même moment. Le congé prend effet à l'expiration du délai de préavis applicable au bail.
Règle
En cas de violences (commises sur le concubin qui quitte le logement ou sur au moins un enfant vivant habituellement avec lui), le concubin qui quitte le logement peut donner son congé avec un préavis de 1 mois. Le congé doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception, indiquer le motif du départ (violences) et comporter l'un des documents suivants : une copie de l'ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales, une copie de la condamnation pénale (même non définitive) pour des faits de violences datant de moins de 6 mois, ou tout document prouvant que le concubin violent fait l'objet de poursuites (par exemple un avis à victime) ou d'une procédure alternative aux poursuites. En cas d'ordonnance de protection ou de condamnation (même non définitive), si le concubin violent ne paie pas le loyer à partir du lendemain de la présentation de la LRAR au propriétaire, le concubin qui quitte le logement et sa caution ne sont pas redevables des impayés faits à partir de cette date. Le propriétaire a alors un motif légitime et sérieux pour vendre ou reprendre le logement.
Autre cas (sans violences). Le concubin qui veut mettre fin au bail doit donner son préavis au propriétaire. Le bail se poursuit avec le concubin restant. S'il y a clause de solidarité, le concubin qui donne son préavis reste redevable du loyer et des charges dus pendant les 6 mois qui suivent la fin de son préavis, ou dès la fin de son préavis si un nouveau locataire arrive avant cette date. Sans clause de solidarité, il reste redevable jusqu'à la fin de son préavis, ou jusqu'à l'arrivée d'un nouveau locataire si celui-ci arrive avant la fin du préavis.
Décès ou abandon (2 signatures)
Lorsque les 2 concubins ont signé le bail, le décès ou l'abandon du logement par l'un d'eux n'éteint pas le bail : il se poursuit avec le concubin restant dans le logement.
L'abandon du domicile n'est reconnu que dans 2 cas seulement. Soit le départ d'un des concubins est rendu inéluctable et définitif en raison de son état de santé, et ce départ s'impose à lui-même et à l'autre concubin (par exemple, installation en EHPAD). Soit le départ d'un des concubins est brusque et imprévisible et a été programmé à l'insu de l'autre concubin (par exemple, départ pendant que l'autre est au travail, en emportant des affaires personnelles, voire les meubles).
Règle
Dans les 2 cas (décès ou abandon), le bail se poursuit avec le concubin restant dans le logement. Le concubin restant dispose des mêmes droits que le concubin décédé ou parti.
Le concubin restant qui souhaite quitter le logement doit à son tour donner son congé au propriétaire, dans les conditions habituelles du bail.
1 seul concubin signe le bail
Seul le concubin qui a signé le bail est titulaire du bail et locataire du logement. L'autre concubin n'a aucun droit ni titre sur le logement, même s'ils ont décidé ensemble de partager le paiement du loyer.
Le concubin non signataire n'est pas locataire : il ne dispose d'aucun droit d'occupation autonome. Sa présence dans le logement repose sur l'autorisation tacite du locataire titulaire. En cas de conflit, le propriétaire ne peut pas s'adresser à lui pour le loyer, mais il peut exiger son départ si le bail est résilié.
Règle
Le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut adresser ses courriers au seul concubin qui a signé le bail. Ces courriers sont opposables à l'autre concubin.
Si le couple souhaite régulariser la situation, le concubin non signataire peut demander à devenir cotitulaire du bail (lettre recommandée conjointe), mais le propriétaire peut refuser.
Paiement du loyer (1 seule signature)
Seul le concubin qui a signé le bail est redevable du paiement du loyer et des charges à l'égard du propriétaire (ou de l'agence immobilière).
Le propriétaire (ou l'agence immobilière) ne peut jamais réclamer le paiement à l'autre concubin, sauf si celui-ci s'est porté caution du locataire. Si le concubin non signataire est caution, le propriétaire peut lui réclamer le paiement dans les limites prévues par la caution.
Règle
Pour réclamer le paiement à la caution, le propriétaire (ou l'agence immobilière) doit respecter certaines règles (formalisme de la demande, délais, montant de la dette cautionnée).
Le partage volontaire du loyer entre les concubins (virement de l'un à l'autre, par exemple) n'a aucun effet à l'égard du propriétaire : seul le titulaire du bail reste redevable.
Départ (1 seule signature)
Les conséquences du départ d'un concubin sont différentes selon qui a signé le bail.
Le concubin qui a signé le bail veut quitter le logement. Il doit donner son préavis (congé) au propriétaire (ou à l'agence immobilière). En conséquence, l'autre concubin doit quitter le logement au plus tard au départ du concubin qui a signé le bail, à moins que le propriétaire (ou l'agence immobilière) accepte de signer un nouveau bail avec l'autre concubin. L'autre concubin (non signataire) veut quitter le logement. Il peut quitter le logement à tout moment, sans faire de démarches préalables auprès du propriétaire (ou de l'agence immobilière).
Règle
Si le concubin titulaire du bail est violent à l'égard de l'autre concubin ou d'au moins un enfant vivant habituellement avec lui, cet autre concubin peut demander au juge aux affaires familiales une ordonnance de protection lui octroyant un droit provisoire sur le logement familial, c'est-à-dire ordonnant l'éviction provisoire du concubin violent du logement.
L'ordonnance de protection est une mesure d'urgence. Elle peut être demandée en dehors de toute procédure de divorce. Renseignez-vous auprès du juge aux affaires familiales du tribunal dont dépend le logement.
Décès ou abandon (1 seule signature)
Lorsque le concubin qui a signé le bail meurt ou abandonne le logement, l'autre concubin peut obtenir le transfert du bail à certaines conditions, qui dépendent du type de logement loué.
L'abandon du logement n'est reconnu que dans 2 cas : départ rendu inéluctable et définitif par l'état de santé (installation en EHPAD, par exemple), ou départ brusque et imprévisible programmé à l'insu de l'autre concubin. Logement social. Le concubin restant peut obtenir le transfert du bail. Il doit prouver que le concubinage était notoire (la relation était continue, stable et connue) par tout moyen (attestations de proches, factures…). D'autres proches (descendants, ascendants, personne à charge) qui vivaient dans le logement depuis au moins 1 an à la date du décès peuvent aussi demander le transfert. Logement privé. Le concubin restant peut obtenir le transfert si toutes les conditions suivantes sont remplies : concubinage notoire (prouvé par tout moyen) et cohabitation depuis au moins 1 an à la date du décès ou de l'abandon. D'autres proches (descendants, ascendants, personne à charge) qui vivaient dans le logement depuis au moins 1 an peuvent aussi demander le transfert. Logement loi de 1948. Le concubin restant ne peut rester dans le logement que s'il remplit toutes les conditions suivantes : cohabitation depuis plus d'un an avec le concubin signataire, handicap (pension de grand invalide de guerre, rente d'invalide du travail correspondant à une incapacité au moins égale à 80 %, ou allocation versée à toute personne ayant au moins 80 % d'incapacité permanente), et concubinage notoire prouvé par tout moyen.
Règle
En cas de demandes multiples (plusieurs proches demandent le transfert), c'est au juge de décider. Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement.
Le transfert du bail est une procédure judiciaire : la demande se fait auprès du juge des contentieux de la protection. Il est recommandé de se faire assister (avocat, Adil) pour constituer le dossier de preuve du concubinage notoire.
Courriers du propriétaire
Lorsque les 2 concubins ont signé le bail, le propriétaire (ou l'agence immobilière) doit adresser chacun de ses courriers aux 2 concubins pour que ses courriers soient valides.
Les échanges de courriers entre le propriétaire (ou l'agence immobilière) et 1 seul des concubins ne sont pas opposables à l'autre concubin. Cela concerne notamment les congés, les mises en demeure, les révisions de loyer et les actes de procédure.
Règle
Lorsque 1 seul concubin a signé le bail, le propriétaire peut adresser ses courriers au seul concubin signataire : ces courriers sont alors opposables à l'autre concubin.
Si vous êtes cotitulaires, veillez à recevoir tous les courriers du propriétaire à les deux adresses, et à y répondre conjointement le cas échéant.
Textes applicables
Les règles du concubinage et du bail d'habitation sont fixées par le code civil et par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs.
Le code civil définit le concubinage (articles 515-8 et suivants) et encadre l'union libre (articles 515-9 à 515-13). La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 fixe les règles du bail d'habitation, notamment la solidarité des locataires (article 8-1), le congé (article 8-2), la durée du bail (article 14) et le transfert du bail en cas de décès (article 15). La loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948 s'applique aux logements soumis à son régime.
Règle
Code civil : articles 515-8 à 515-13 (concubinage). Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : articles 8-1, 8-2, 14, 15, 40. Loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948 : article 5.
Les textes applicables peuvent évoluer. Vérifier les dernières mises à jour sur Légifrance (legifrance.gouv.fr).
Textes applicables
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 : article 8-1 (solidarité)Texte législatif
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 : article 15 (transfert du bail)Texte législatif
- Code civil : articles 515-9 à 515-13 (union libre)Texte législatif
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 8-2Légifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 14Légifrance
- Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 40Légifrance
- Loi n°48-1360 du 1er septembre 1948 sur les rapports locatifs : article 5Légifrance
- Code civil : articles 1310 à 1319Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Couple de concubins locataire de son logement : quelles sont les règles ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les règles du bail d'habitation et du concubinage peuvent évoluer. Vérifier les dernières mises à jour auprès de votre Adil (agence départementale pour l'information sur le logement) ou sur Légifrance.
