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Vie en prison : droit de visite, accès au téléphone, réception d'argent, etc.

Même privé de liberté, un détenu conserve des droits essentiels : recevoir des visites, communiquer avec l'extérieur par téléphone et par courrier, recevoir de l'argent, acheter des produits de la cantine, pratiquer des activités culturelles et sportives et exercer sa religion. Les règles diffèrent cependant selon que la personne est condamnée ou en détention provisoire (prévenu ou accusé).

Vue d'ensemble

La privation de liberté n'efface pas les droits fondamentaux de la personne détenue. Un détenu a le droit de recevoir des visites, de communiquer avec l'extérieur par téléphone et par courrier, de recevoir de l'argent pour subvenir à ses besoins quotidiens, d'accéder à des activités culturelles et sportives et d'exercer sa religion. Ces droits sont précisés dans le règlement intérieur de chaque établissement pénitentiaire et repris dans un guide remis dès l'arrivée en prison.

Ce qu'il faut savoir

  • Les droits des personnes condamnées ne sont pas les mêmes que ceux des personnes placées en détention provisoire (appelées prévenu ou accusé).
  • Un détenu condamné reçoit en principe 1 visite par semaine, d'un membre de son entourage ou d'une personne contribuant à sa réinsertion ; les proches titulaires d'un permis de visite peuvent en outre obtenir, chaque trimestre, un parloir familial ou une unité de vie familiale.
  • Pour qu'une personne rende visite à un détenu, elle doit obtenir un permis de visite : délivré par le chef de l'établissement pénitentiaire pour les condamnés, par le magistrat chargé de l'affaire pour les prévenus.
  • L'utilisation d'un téléphone portable personnel est strictement interdite en prison ; des cabines et des points-phone sont à disposition, et un forfait téléphonique payant peut être souscrit.
  • Il est interdit d'avoir de l'argent liquide, un chéquier ou une carte de crédit en prison : chaque détenu dispose d'un compte nominatif alimenté par virement bancaire ou en ligne.
  • La commission de discipline peut priver temporairement un détenu du droit d'acheter des produits ou d'exercer certaines activités en cas de faute disciplinaire.
  • Un détenu condamné peut obtenir des permissions de sortir dans les conditions prévues par la loi (durée maximale variant de 1 à 10 jours selon les cas) ; les prévenus ne peuvent bénéficier que d'une autorisation de sortie sous escorte, pour des motifs exceptionnels.
  • En cas de détention dans un quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), des restrictions s'appliquent : pas de parloir familial ni d'unité de vie familiale, pas de matériel informatique, restrictions sur les permissions de sortir.

Conditions essentielles

  • Distinguer le statut : personne condamnée ou personne en détention provisoire (prévenu ou accusé), car les droits et les interlocuteurs diffèrent.
  • Pour les visites : faire obtenir un permis de visite à la personne qui souhaite rendre visite, avec les justificatifs demandés (parenté ou situation, pièce d'identité, photos, enveloppe affranchie).
  • Pour les communications téléphoniques : en détention provisoire, obtenir l'autorisation du magistrat ; en cas de condamnation, l'autorisation relève du chef de l'établissement.
  • Pour l'argent : disposer d'un compte nominatif ouvert dès l'arrivée et respecter les conditions de versement (numéro d'écrou, nom et prénom).
  • Respecter le règlement intérieur de l'établissement et les obligations disciplinaires, sous peine de suspension ou de retrait de certains droits.

Les étapes

  • Repérer, dès l'arrivée en prison, le règlement intérieur et le guide du détenu remis par l'administration.
  • Pour une visite : la personne concernée dépose une demande de permis de visite en ligne ou par courrier auprès du chef de l'établissement (condamné) ou du magistrat chargé de l'affaire (prévenu).
  • Attendre la réponse : en principe 3 semaines pour un permis de visite de condamné (refus tacite après 2 mois), 20 jours pour un prévenu.
  • Pour téléphoner : utiliser les cabines et points-phone, souscrire un forfait téléphonique après la carte téléphonique d'arrivée, et en détention provisoire attendre l'autorisation du magistrat.
  • Pour recevoir de l'argent : transmettre à l'entourage le RIB de la régie des comptes nominatifs, avec le numéro d'écrou et le nom dans la zone facultative du virement.
  • Pour les achats : commander à la cantine, éventuellement en ligne via le numérique en détention (NED), et retirer les produits en cellule ou au guichet dédié.
  • Pour les activités : s'inscrire à la médiathèque sans inscription préalable, demander son inscription aux activités sportives auprès d'un surveillant ou d'un moniteur, et se renseigner sur la programmation socio-culturelle auprès du SPIP.

Cette synthèse présente les droits de la vie quotidienne en détention tels qu'exposés par la fiche officielle Service-Public. Les conditions précises (fréquence des visites, forfaits téléphoniques, produits de cantine, programmation des activités) peuvent varier d'un établissement à l'autre via le règlement intérieur.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des droits selon le statut — visites, téléphone, courrier, argent, activités, religion — et pour les règles relatives aux permissions de sortir, voir les sections « Un détenu condamné peut-il recevoir des visites en prison ? », « Le prévenu ou l'accusé peut-il recevoir des visites en prison ? » et « Sortir temporairement de prison : permission de sortir et sortie sous escorte ».

Un détenu condamné peut-il recevoir des visites en prison ?

La fréquence des visites et les démarches à accomplir dépendent du type de visite : visite classique (parloir ordinaire) ou visite en parloir familial ou en unité de vie familiale.

Chaque semaine, un détenu condamné a la possibilité de recevoir 1 visite, soit d'un membre de son entourage (parent, enfant, époux, partenaire de Pacs, concubin, ami…), soit d'une personne qui contribue à sa réinsertion, par exemple un visiteur de prison.

En plus de cette visite hebdomadaire, les proches qui détiennent un permis de visite — époux, partenaire pacsé, concubin, enfants, parents, etc. — peuvent obtenir, chaque trimestre, un parloir familial ou une unité de vie familiale (UVF). Le parloir familial est un salon fermé permettant de recevoir ses proches en préservant une certaine intimité, pour des visites d'une durée comprise entre 3 h 30 et 6 heures. L'unité de vie familiale est un appartement meublé de 2 ou 3 pièces situé dans l'enceinte pénitentiaire mais à l'extérieur de l'espace de détention, permettant une visite d'une durée de 6 à 72 heures. La demande de parloir familial ou d'UVF doit être effectuée à chaque fois par le détenu et la personne qui souhaite le voir : elle s'adresse au chef de l'établissement pénitentiaire et est transmise par la famille par mail avec accusé de réception ou par courrier postal.

Règle

Pour qu'une personne rende visite à un détenu condamné, elle doit demander un permis de visite au chef de l'établissement pénitentiaire. La demande peut être faite en ligne (service pénitentiaire) ou par courrier postal à l'aide du formulaire cerfa n° 13750 — Demande de permis de visite (prison), accompagné d'un document justifiant de la parenté ou de la situation (par exemple un livret de famille), d'une photocopie d'une pièce d'identité, de 2 photos d'identité de moins de 3 mois et d'une enveloppe affranchie mentionnant le nom de famille et l'adresse du demandeur. Tous ces éléments sont transmis au chef de l'établissement. En règle générale, une réponse est donnée dans les 3 semaines suivant la demande ; en l'absence de réponse dans un délai de 2 mois, la demande est considérée comme refusée. Si elle est acceptée, le chef de l'établissement délivre un permis de visite permanent (valable pour toute la durée de détention) ou provisoire (pour un nombre de visites limité).

Le chef de l'établissement peut refuser de délivrer un permis de visite pour un motif de bon ordre ou de sécurité de la prison, pour prévenir la commission d'une infraction au sein de l'établissement, ou si le détenu a été condamné à une interdiction d'entrer en contact avec certaines personnes. Le refus peut également viser un mineur témoin des violences conjugales pour lesquelles le détenu a été condamné, ou un mineur dont l'autorité parentale a été retirée au détenu. Un enfant mineur qui souhaite rendre visite doit lui-même détenir un permis de visite ; pour l'obtenir, il doit fournir une autorisation signée de l'un de ses représentants légaux, qui peuvent également demander le permis pour lui. Lors de la visite, le visiteur doit être muni d'une pièce d'identité et de son permis de visite, et déposer tous les objets qu'il détient ou apporte dans un casier pour contrôle. Si le visiteur est suspecté d'avoir commis une infraction près de la prison, des agents spécialement habilités peuvent procéder à une palpation de sécurité et, s'il est d'accord, à une fouille. En principe, la visite se déroule dans un parloir sans vitre ; le parloir peut être vitré en cas de raisons sérieuses de redouter un incident, en cas d'incident survenu lors d'une visite antérieure, à la demande du détenu ou du visiteur, ou si le détenu est placé en QLCO. La conversation se déroule en français, sauf si le permis de visite prévoit une autre langue. Les surveillants ne sont pas physiquement présents, mais ils peuvent écouter et regarder la visite pour en contrôler le bon déroulement ; les visites en parloir familial ou en UVF peuvent se dérouler sans surveillance continue et directe. Tout incident mettant en cause un visiteur peut entraîner la suspension ou le retrait du permis. Si le détenu est placé en quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), ses proches ne peuvent pas obtenir de parloir familial ni d'unité de vie familiale. En cas d'hospitalisation d'office d'un détenu dans un établissement de santé, la personne qui souhaite le visiter doit remplir le même formulaire de permis de visite, l'adresser avec les mêmes justificatifs soit au préfet du département d'hospitalisation (ou au préfet de police à Paris) pour un établissement de santé classique, un hôpital militaire ou une unité pour malades difficiles, soit au chef de l'établissement pénitentiaire si la sécurisation est assurée par l'administration pénitentiaire (UHSI, UHSA, EPSNF).

Le condamné peut-il téléphoner et correspondre par courrier ?

La communication avec l'extérieur — par téléphone et par courrier — est un droit encadré : des moyens sont mis à disposition, mais les échanges peuvent être contrôlés par l'administration, sauf communication avec l'avocat.

Dans chaque établissement pénitentiaire, des cabines téléphoniques et des points-phone sont à disposition des détenus dans les cellules, sur les cours de promenade et dans des espaces dédiés. À l'arrivée en détention, une carte téléphonique d'un euro (environ 5 minutes d'appel) est remise au détenu pour appeler la personne de son choix ; par la suite, il doit souscrire un forfait téléphone payant auprès de l'établissement.

Le chef de l'établissement autorise en principe le détenu condamné à téléphoner aux membres de sa famille et à d'autres personnes pouvant l'aider à préparer sa réinsertion, par exemple un visiteur de prison. Le détenu peut également communiquer avec son avocat. Les conversations téléphoniques peuvent être écoutées, enregistrées et interrompues par des surveillants pénitentiaires désignés, sous le contrôle du chef de l'établissement ; en revanche, les échanges avec l'avocat restent confidentiels et ne peuvent pas être écoutés ni enregistrés. Un appel vidéo peut être passé si le détenu a obtenu l'autorisation de l'administration pénitentiaire et si la personne contactée a téléchargé une application spéciale. L'usage d'un téléphone portable personnel est strictement interdit. La correspondance écrite est également un droit : dès l'arrivée en prison, un kit courrier est remis au détenu (papier, stylo, enveloppes, timbres). Le détenu est autorisé à écrire tous les jours et sans limitation aux personnes de son choix. Chaque courrier doit mentionner le numéro d'écrou, le numéro de cellule et l'adresse précise de l'établissement ; au dos de l'enveloppe, le numéro d'écrou et le nom de famille sont rappelés. Le courrier est déposé dans les boîtes aux lettres du quartier pénitentiaire.

Règle

Les courriers envoyés peuvent être lus par l'administration pénitentiaire : l'enveloppe déposée dans une boîte aux lettres doit être ouverte, sauf s'il s'agit d'un courrier confidentiel — courrier adressé à l'avocat, au contrôleur général des lieux de privation de liberté, à un aumônier ou à un juge. Le détenu peut recevoir des lettres de toute personne, et son entourage peut lui envoyer des colis si le chef de l'établissement l'a autorisé. En revanche, les courriers reçus ne peuvent pas contenir d'argent. Les courriers reçus peuvent être lus par l'administration, à l'exception de ceux provenant des personnes mentionnées ci-dessus (avocat, contrôleur général, aumônier, juge), qui restent confidentiels.

Le droit de téléphoner peut être retiré provisoirement ou définitivement pour un motif lié au bon ordre et à la sécurité de la prison ou à la prévention de nouvelles infractions. Ce retrait relève du chef de l'établissement pour un condamné.

Comment le condamné gère-t-il son argent et ses achats en prison ?

L'argent liquide est interdit en prison : la gestion financière du détenu passe par un compte nominatif ouvert dès son arrivée, alimenté par son entourage et utilisé pour les achats et les envois.

En prison, il est interdit d'avoir de l'argent liquide, un chéquier ou une carte de crédit. Dès son arrivée, le personnel pénitentiaire ouvre au détenu un compte nominatif sur lequel il peut mettre de l'argent, recevoir de l'argent et en envoyer à ses proches.

Le détenu peut recevoir de l'argent de la part des personnes ayant un droit de visite permanent (parents, enfants, conjoint, etc.) ou de personnes ayant une autorisation du chef de l'établissement. Les versements peuvent être effectués depuis le site de l'administration pénitentiaire (portail de virement bancaire à un détenu) ou par virement bancaire classique. Pour un virement classique, l'entourage doit obtenir le relevé d'identité bancaire (RIB) de la régie des comptes nominatifs de l'établissement ; l'ordre de virement doit mentionner, dans la zone « facultative » ou « libre », le numéro d'écrou ainsi que le nom et le prénom du détenu. Le compte est en principe crédité 2 à 4 jours ouvrés après le virement. Si les renseignements fournis sont incomplets, faux ou illisibles, le virement est rejeté et l'argent renvoyé à son émetteur.

Règle

Si le détenu n'est pas autorisé à recevoir de l'argent — par exemple en cas de faute disciplinaire —, le virement est rejeté. Depuis la prison, le détenu peut envoyer de l'argent à ses proches et à la partie civile dans le but de l'indemniser ; l'envoi d'argent doit se faire uniquement par virement bancaire, la procédure étant expliquée lors de l'arrivée dans l'établissement. Pour les achats, le détenu peut acquérir à la cantine de la nourriture, des boissons non alcoolisées, des produits d'hygiène, des cigarettes, des journaux, une radio, et, si le chef de l'établissement l'y autorise, un ordinateur et du matériel informatique (interdits en QLCO). Dans certaines prisons, les commandes peuvent s'effectuer en ligne via le numérique en détention (NED) ; les produits disponibles sont livrés directement en cellule ou retirés dans un guichet dédié. En cas de faute disciplinaire, la commission de discipline peut priver temporairement le détenu du droit d'acheter ou de louer des produits.

La régie des comptes nominatifs est le service chargé, dans chaque établissement pénitentiaire, de gérer et contrôler les opérations d'encaissement de l'argent appartenant ou dû à un détenu. C'est auprès d'elle qu'est obtenu le RIB nécessaire aux virements.

Quelles activités le condamné peut-il pratiquer en prison ?

La vie en prison n'est pas réduite à la cellule : la médiathèque, les activités sportives et socio-culturelles, l'exercice de la religion et la possibilité de demander un changement de cellule font partie des droits de la vie quotidienne.

Chaque établissement pénitentiaire possède une médiathèque où le détenu peut se rendre sans inscription préalable pour accéder aux ouvrages exposés et les emprunter gratuitement. Une programmation d'activités sportives est prévue dans chaque établissement, et des activités socio-culturelles (concerts, projections de films, ateliers de créations artistiques, etc.) y sont organisées.

À la médiathèque, les ouvrages empruntés doivent être traités avec le plus grand soin, ne pas être prêtés à d'autres détenus et être rendus dans les temps fixés par le bibliothécaire. Le détenu peut y utiliser un ordinateur, notamment pour accéder au numérique en détention (NED) : consultation du compte nominatif, commandes à la cantine, demandes aux services de la prison, suivie de formations, lecture des informations de l'établissement. Pour les activités sportives, l'inscription se fait auprès d'un surveillant ou d'un moniteur de sport ; une tenue de sport est nécessaire. L'inscription peut être refusée par le chef de l'établissement pour des raisons de sécurité, disciplinaires ou en cas de contre-indication médicale. Si le détenu est mineur, le sport est inclus dans son emploi du temps. Les activités socio-culturelles s'inscrivent dans l'emploi du temps hebdomadaire du détenu, et le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) aide à connaître la programmation et à s'inscrire.

Règle

Le détenu a le droit d'exercer sa religion dans sa cellule (prière, port de vêtements religieux, etc.) ou dans des salles de culte, de participer aux offices religieux organisés dans l'établissement, et de recevoir la visite d'un aumônier sur demande auprès du chef de l'établissement. Les entretiens avec l'aumônier ont lieu au parloir, dans un espace dédié ou en cellule et sont confidentiels. À la cantine, le détenu peut acheter des aliments conformes à ses convictions religieuses, et ses proches peuvent lui envoyer des colis de nourriture spécialement commandée lors des fêtes religieuses. Le détenu peut demander à changer de cellule au chef de l'établissement, à l'écrit ou à l'oral, mais la demande doit toujours être argumentée — par exemple cellule insalubre (présence de rats), violences de la part d'un codétenu, partage de cellule avec un fumeur alors que le détenu ne fume pas. La demande est traitée par un service d'encadrement qui se prononce notamment sur l'urgence ; le chef de l'établissement se fonde sur cette réponse pour accepter ou refuser.

Si le détenu commet une faute disciplinaire, la commission de discipline peut le priver temporairement du droit d'exercer l'une des activités (médiathèque, sport, activités socio-culturelles) ou du droit d'acheter ou de louer des produits. Les conditions précises (horaires, tenue, fréquence des emprunts) relèvent du règlement intérieur de chaque établissement.

Le prévenu ou l'accusé peut-il recevoir des visites en prison ?

Les personnes placées en détention provisoire (prévenus ou accusés) bénéficient de droits de visite encadrés différemment des condamnés : le magistrat chargé de l'affaire joue un rôle central dans la délivrance des permis.

En principe, un prévenu ou un accusé a la possibilité de recevoir la visite d'un membre de son entourage (parents, enfants, conjoint, concubin, ami, etc.) ou d'une personne qui contribue à sa réinsertion (par exemple un visiteur de prison). Le nombre de visites est limité à 3 par semaine.

Pour qu'une personne rende visite à un prévenu ou à un accusé, elle doit demander un permis de visite au magistrat chargé de l'affaire (par exemple le juge d'instruction), qui peut accepter ou refuser la demande. Le dossier comporte le formulaire cerfa de demande de permis de visite (prison) accompagné d'un document justifiant de la parenté ou de la situation (par exemple un livret de famille), d'une photocopie d'une pièce d'identité, de 2 photos d'identité de moins de 3 mois et d'une enveloppe affranchie avec le nom de famille et l'adresse. Le dossier complet est transmis au magistrat chargé de l'affaire.

Règle

Le magistrat doit traiter la demande de permis de visite dans un délai de 20 jours à compter de son dépôt. En cas d'acceptation, il délivre un permis de visite transmis par courrier postal, valable autant de temps que dure la détention provisoire. Si l'enfant mineur souhaite rendre visite, il doit avoir un permis à son nom, obtenu avec une autorisation signée de l'un de ses représentants légaux, qui peuvent également demander le permis pour lui.

Le magistrat peut refuser la délivrance d'un permis de visite dans plusieurs situations. Si le prévenu est soumis à une interdiction de communiquer depuis son arrivée en détention provisoire, il ne peut pas entrer en contact avec l'extérieur pendant une durée de 20 jours maximum. Le magistrat peut également priver le prévenu du droit de recevoir des visites pour une durée déterminée afin de poursuivre correctement l'instruction, de maintenir le bon ordre et la sécurité dans la prison, ou d'éviter la commission de nouvelles infractions ; sa décision doit être motivée et notifiée à la personne qui a demandé le permis, par tous moyens (par exemple par mail) et dans un délai très court. Un recours est possible contre une décision de refus : la personne dont la demande a été refusée saisit le président de la chambre de l'instruction par une requête écrite expliquant pourquoi la décision lui paraît injustifiée, accompagnée de la décision contestée, dans un délai de 5 jours à compter de la notification. Si le recours est accepté, le président remet un permis de visite. Le déroulement de la visite est comparable à celui des condamnés : pièce d'identité et permis de visite à présenter, dépôt des objets dans un casier pour contrôle, palpation de sécurité possible en cas de suspicion d'infraction près de la prison. La visite se déroule en principe dans un parloir sans vitre, mais un dispositif de séparation peut être mis en place lorsque le magistrat l'a ordonné, en cas de raisons sérieuses de redouter un incident, en cas d'incident lors d'une visite antérieure, à la demande du prévenu ou du visiteur, ou en cas de détention en QLCO. Les échanges doivent se faire en français sauf clause contraire du permis ; les surveillants ne sont pas physiquement présents mais peuvent écouter et regarder la visite. Tout incident peut entraîner la suspension ou le retrait du permis.

Le prévenu peut-il téléphoner et correspondre par courrier ?

En détention provisoire, l'accès au téléphone est conditionné par une autorisation du magistrat et peut faire l'objet d'interdictions temporaires. La correspondance écrite suit des règles proches de celles des condamnés.

Comme pour les condamnés, des cabines téléphoniques et des points-phone sont à disposition dans les cellules, sur les cours de promenade et dans des espaces dédiés. Une carte téléphonique d'un euro (environ 5 minutes d'appel) est remise à l'arrivée en détention.

Par la suite, le prévenu doit être autorisé à téléphoner par le magistrat en charge de son dossier (par exemple le juge d'instruction). La décision du magistrat autorise à appeler les membres de la famille et d'autres personnes aidant à préparer la réinsertion (visiteur de prison) ; elle contient l'identité des personnes appelables et leurs numéros de téléphone, et elle est valable pendant toute la durée de la détention provisoire. Dès l'autorisation obtenue, le prévenu peut souscrire un forfait téléphone payant auprès de l'établissement. Les conversations peuvent être écoutées, enregistrées et interrompues par des surveillants désignés, sous le contrôle du chef de l'établissement ; les échanges avec l'avocat restent confidentiels.

Règle

Au début de la détention provisoire, le juge d'instruction peut interdire de téléphoner : cette interdiction ne peut pas durer plus de 20 jours et n'est pas applicable aux communications avec l'avocat. Après un mois de détention provisoire, le juge chargé du dossier peut en outre priver le droit de téléphoner pour une durée qu'il détermine, si sa décision — motivée et notifiée par tout moyen dans un délai très court — le justifie par la poursuite de l'instruction, le maintien du bon ordre et de la sécurité dans la prison, ou l'évitement de nouvelles infractions. Un recours contre une interdiction de téléphoner s'exerce devant le président de la chambre de l'instruction, par requête écrite et la décision contestée, dans un délai de 5 jours à compter de la notification ; en cas d'acceptation, le président remet une autorisation de téléphoner. Pour le courrier, le prévenu reçoit un kit courrier dès son arrivée et peut écrire tous les jours et sans limitation ; les mentions obligatoires sont les mêmes que pour les condamnés (numéro d'écrou, numéro de cellule, adresse de l'établissement, numéro d'écrou et nom au dos de l'enveloppe). Les courriers envoyés peuvent être lus par l'administration, sauf courriers confidentiels (avocat, contrôleur général des lieux de privation de liberté, aumônier, juge) ; l'enveloppe déposée en boîte aux lettres doit être ouverte sauf pour ces courriers confidentiels. Le prévenu peut recevoir des lettres de toute personne et des colis autorisés par le chef de l'établissement ; les courriers reçus ne peuvent pas contenir d'argent et peuvent être lus, hors correspondance confidentielle.

La correspondance écrite du prévenu peut également être limitée : le code de procédure pénale prévoit la possibilité de privation de correspondance écrite en détention provisoire (article 145-4-2). Les conditions et durées précises relèvent des décisions du magistrat et du code de procédure pénale.

Argent, achats, activités et vie quotidienne du prévenu

Sur le plan financier, des achats et des activités, les droits du prévenu sont globalement identiques à ceux du condamné : compte nominatif, cantine, médiathèque, sport, activités socio-culturelles, religion et possibilité de demander un changement de cellule.

Le prévenu est soumis à la même interdiction d'argent liquide, de chéquier et de carte de crédit que le condamné. Un compte nominatif lui est ouvert dès l'arrivée, sur lequel il peut recevoir de l'argent de personnes ayant un droit de visite permanent ou une autorisation du chef de l'établissement, et en envoyer à ses proches ou à la partie civile pour l'indemniser.

Les versements se font par le portail de l'administration pénitentiaire ou par virement bancaire auprès de la régie des comptes nominatifs (RIB de la régie, numéro d'écrou et nom dans la zone facultative du virement). Le compte est crédité en principe 2 à 4 jours ouvrés après le virement, sous réserve de renseignements complets ; un virement rejeté en raison d'informations incomplètes, fausses ou illisibles est renvoyé à son émetteur. Si le prévenu n'est pas autorisé à recevoir de l'argent (faute disciplinaire), le virement est rejeté. L'envoi d'argent depuis la prison se fait uniquement par virement bancaire. Pour les achats, le prévenu peut acquérir à la cantine de la nourriture, des boissons non alcoolisées, des produits d'hygiène, des cigarettes, des journaux, une radio et, avec l'autorisation du chef de l'établissement, un ordinateur ou du matériel informatique (interdits en QLCO). Les commandes peuvent être effectuées en ligne via le numérique en détention (NED) dans certaines prisons ; les produits sont livrés en cellule ou retirés au guichet. La commission de discipline peut priver temporairement le prévenu du droit d'acheter ou de louer des produits. Les activités sont les mêmes que pour les condamnés : accès gratuit et sans inscription à la médiathèque, inscription aux activités sportives auprès d'un surveillant ou d'un moniteur de sport (tenue de sport nécessaire, refus possible pour raisons de sécurité, disciplinaires ou contre-indication médicale ; sport inclus dans l'emploi du temps des mineurs), participation aux activités socio-culturelles organisées dans l'établissement avec l'aide du SPIP. Le prévenu peut exercer sa religion dans sa cellule ou les salles de culte, participer aux offices et recevoir un aumônier sur demande auprès du chef de l'établissement ; les entretiens sont confidentiels et la cantine propose des aliments conformes aux convictions religieuses.

Règle

Le prévenu peut demander un changement de cellule au chef de l'établissement, par écrit ou oralement, avec une demande argumentée (insalubrité, violences de codétenu, tabagisme passif, etc.). La demande est traitée par un service d'encadrement qui se prononce notamment sur l'urgence ; le chef de l'établissement se fonde sur cet avis pour décider.

Le SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) est le service départemental de l'administration pénitentiaire qui assure le contrôle et le suivi des peines exécutées en établissement ou en milieu ouvert ; il aide notamment les détenus à connaître et à s'inscrire aux activités socio-culturelles.

Sortir temporairement de prison : permission de sortir et sortie sous escorte

Sous certaines conditions, un détenu peut sortir temporairement de prison : les condamnés peuvent obtenir des permissions de sortir, les prévenus uniquement une autorisation de sortie sous escorte pour des motifs exceptionnels.

Un détenu condamné qui n'exécute pas une période de sûreté peut obtenir une permission de sortir de prison ; de manière exceptionnelle, il peut bénéficier d'une autorisation de sortie sous escorte. Un détenu prévenu ou accusé ne peut, lui, obtenir qu'une autorisation de sortie sous escorte, valable pour une seule sortie.

Les conditions et les moyens d'obtenir une permission de sortir dépendent du motif de la sortie. Le cas général permet de sortir pour le maintien des liens familiaux avec ses proches (sans les contraintes du parloir) ou pour la réinsertion dans la société (rencontre d'organismes de lutte contre la récidive). Pour en bénéficier, le condamné doit être dans l'une des situations suivantes : il exécute une peine de prison inférieure ou égale à 1 an ; il peut bénéficier d'une libération conditionnelle mais doit préalablement obtenir des permissions de sortir ; ou il a déjà exécuté la moitié de sa peine et le reste à subir est inférieur à 3 ans. Les mineurs condamnés à une peine supérieure à 1 an doivent avoir exécuté 1/3 de leur peine. Le condamné doit en outre avoir les moyens financiers pour supporter les frais de son séjour hors de prison. En centre de détention, deux conditions cumulatives s'appliquent : avoir exécuté au moins 1/3 de la peine et disposer des moyens financiers nécessaires. Pour un événement familial important (par exemple la naissance d'un enfant), le détenu peut demander une permission de sortir pour une durée maximale de 3 jours. Des permissions de sortir peuvent aussi être accordées pour d'autres motifs si le condamné exécute une peine inférieure ou égale à 5 ans, ou une peine supérieure dont il a déjà exécuté la moitié : rencontre avec un éventuel employeur ou une structure de formation en vue d'un aménagement de peine (libération conditionnelle, libération sous contrainte), présentation aux épreuves d'un examen, présentation à une structure de soins, sorties pour la pratique d'activités culturelles ou sportives organisées, exercice du droit de vote, convocation devant une juridiction (si les conditions de visioconférence ne sont pas réunies). L'autorisation de sortie sous escorte peut être accordée pour un motif exceptionnel : rendre visite à un proche gravement malade, l'enterrement d'un proche, la naissance de son enfant, l'audition de son enfant par une juridiction pour mineurs, la présentation aux épreuves d'un examen.

Règle

La demande de permission de sortir précise les dates, les lieux, les motifs de la sortie et l'établissement pénitentiaire d'incarcération, avec des documents justificatifs (certificat d'hébergement, certificat de décès, etc.). Elle est adressée au greffe du juge de l'application des peines (condamné majeur) ou au greffe du juge des enfants (condamné mineur), par déclaration écrite au chef de l'établissement (qui la transmet) ou par lettre recommandée avec avis de réception. Le juge rend sa décision après avoir examiné la situation du condamné et obtenu l'avis de la commission d'application des peines ; elle peut être remise en main propre au détenu ou à son avocat, ou notifiée par le chef d'établissement. La décision peut faire l'objet d'un appel devant la chambre de l'application des peines dans un délai de 24 heures. Une permission peut être accordée pour une ou plusieurs sorties. Chaque sortie dure 3 jours au maximum en cas général, 5 jours au maximum en centre de détention (avec une permission allant jusqu'à 10 jours une fois par an), et 1 journée maximum pour les autres motifs énumérés. La décision fixe la durée, le lieu, l'autorisation de conduire éventuelle, un délai de route selon le trajet et les transports, ainsi que les obligations et interdictions (ne pas s'absenter de son domicile ou d'une zone délimitée, ne pas se rendre dans certains lieux, s'abstenir d'entrer en relation avec certaines personnes, ne pas fréquenter les débits de boissons, répondre aux convocations du juge ou du SPIP). La demande d'autorisation de sortie sous escorte suit la même procédure, adressée au juge de l'application des peines ou au juge des enfants ; pour un prévenu, elle est sollicitée auprès du juge d'instruction. La décision détermine le lieu de la sortie, le service chargé de l'escorte (police, gendarmerie ou administration pénitentiaire) et si le détenu doit porter des menottes (la décision finale revenant au chef de l'escorte). Pour un prévenu, la décision du juge d'instruction peut faire l'objet d'un recours devant le président de la chambre de l'instruction ; pour un condamné, la décision peut être contestée par appel devant la chambre de l'application des peines sous 24 heures.

Les détenus dans un quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) ne peuvent pas bénéficier d'une permission de sortir s'il existe un risque de fuite ou si les obligations et interdictions décidées par le juge ne permettent pas d'éviter qu'ils entrent en contact avec un réseau criminel. Par ailleurs, le condamné qui exécute une période de sûreté ne peut pas demander d'aménagement de peine : cette période est obligatoire pour les peines supérieures ou égales à 10 ans et facultative à partir de 5 ans.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Vie en prison : droit de visite, accès au téléphone, réception d'argent, etc.

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les droits présentés sont ceux prévus par le code pénitentiaire et le code de procédure pénale, tels qu'exposés par la fiche officielle Service-Public. Les règles précises (fréquence des visites, forfaits téléphoniques, conditions de sortie) peuvent varier selon le statut (condamné, prévenu, accusé), le type d'établissement et, le cas échéant, le placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée. Pour toute situation particulière, adressez-vous au chef de l'établissement pénitentiaire, au service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) ou à un avocat.

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