Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur la pension alimentaire pour un enfant : fondement légal, fixation du montant, versement, révision et recouvrement des impayés.
Ce qu'il faut savoir
- La pension alimentaire est une obligation légale qui pèse sur chaque parent pour contribuer à l'entretien et l'éducation de son enfant, indépendamment du lien de mariage et du mode de garde.
- Le devoir d'entretien est inscrit dans le Code civil (articles 371-1 et suivants), du même en l'absence de jugement, et il est proportionnel aux ressources de chaque parent et aux besoins de l'enfant.
- Le montant est fixé par le juge aux affaires familiales (JAF) ou par convention homologuée entre les parents, en tenant compte des besoins de l'enfant, des ressources de chaque parent et du mode de garde.
- La pension peut être versée directement au parent créancier ou via l'ARIPA (Agence de Recouvrement des Impayés de Pensions Alimentaires), service public gratuit rattaché à la CAF.
- La pension est révisable à tout moment en cas de changement de situation (revenus, besoins de l'enfant, mode de garde) et peut être indexée sur un indice.
- En cas d'impayés, l'ARIPA assure le recouvrement amiable puis judiciaire, et verse une allocation de soutien familial (ASF) si le recouvrement échoue.
- L'abandon de famille — non-paiement de la pension pendant 2 mois — est un délit passible de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
Conditions essentielles
- Avoir la charge effective de l'enfant (résidence principale chez le parent créancier ou résidence alternée).
- Que l'autre parent ne contribue pas, ou contribue insuffisamment, aux besoins de l'enfant.
- Établir la filiation de l'enfant (reconnaissance pour le parent non marié).
- Saisir le juge aux affaires familiales ou convenir d'une convention entre parents (sous réserve d'homologation).
- Réunir les justificatifs de revenus, de charges et de la situation familiale.
Les étapes
- Évaluer les besoins de l'enfant et les ressources et charges de chaque parent.
- Tenter un accord amiable entre les parents (discussion directe ou médiation familiale).
- En cas d'accord : rédiger une convention écrite, signée par les deux parents, et la soumettre à l'homologation du juge.
- En cas de désaccord : saisir le juge aux affaires familiales du lieu de résidence de l'enfant par requête.
- Participer à l'audience : tentative de conciliation, échange des arguments et pièces, décision du juge.
- Verser la pension selon le mode prévu (virement recommandé, ou via l'ARIPA).
- En cas d'impayés : mise en demeure, puis saisine de l'ARIPA (CAF) pour le recouvrement.
- Le cas échéant : demander la révision du montant si la situation des parents ou les besoins de l'enfant changent.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — barème indicatif, fiscalité, procédure d'impayés, enfants majeurs — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles de fixation du montant et le barème indicatif, voir la section « Comment le montant est-il fixé ? ». Pour le recouvrement des impayés et les voies de recours, voir la section « Impayés, refus et recours ».
L'obligation d'entretien des parents
La pension alimentaire découle du devoir d'entretien que chaque parent doit à ses enfants. Ce devoir est une obligation légale, inscrite dans le Code civil, et il s'exerce indépendamment du statut matrimonial des parents et du mode de garde.
Le devoir d'entretien des parents envers leurs enfants est inscrit dans le Code civil (articles 371-1 et suivants). Il est indépendant du mariage, du PACS ou du concubinage, il est du même en l'absence de jugement, et il est proportionnel aux ressources de chaque parent ainsi qu'aux besoins de l'enfant.
La pension alimentaire est la contribution financière versée par un parent à l'autre parent — ou directement à l'enfant — pour subvenir aux besoins de l'entretien et de l'éducation de l'enfant. Elle intervient dès lors qu'un parent ne contribue pas directement aux charges de l'enfant : en cas de divorce ou de séparation d'un couple marié ou pacsé, de séparation des concubins, lorsque la filiation est établie pour un parent non marié, ou encore en cas de garde partagée ou alternée. La pension n'est pas soumise à la TVA — il s'agit d'une contribution entre particuliers — et elle ne constitue pas, en elle-même, un revenu fiscal propre au sens de l'impôt : le parent qui la verse peut la déduire de son revenu imposable, tandis que le parent qui la reçoit doit l'ajouter au sien.
Règle
Le devoir d'entretien couvre les charges d'alimentation, de logement, d'habillement, les frais scolaires (cantine, fournitures), les loisirs et activités et les vacances. Certaines charges sont souvent partagées 50/50 entre les parents au-delà de la pension : frais de santé non remboursés par l'assurance maladie, frais de scolarité (école privée, études supérieures), activités extrascolaires (conservatoire, sport) et frais de transport.
La pension est révisable à tout moment en cas de changement de situation (hausse ou baisse des revenus, changement des besoins de l'enfant, modification du mode de garde) et peut être indexée sur un indice. Le jugement initial peut prévoir une révision annuelle automatique. En cas d'impayés, le jugement constitue un titre exécutoire permettant la saisie.
Qui est concerné par la pension alimentaire ?
Tous les parents qui ont un enfant à charge peuvent être concernés, quel que soit leur statut matrimonial. Les règles diffèrent selon le mode de garde, l'âge de l'enfant et l'établissement de la filiation.
Sont concernés tous les parents qui ont un enfant à charge : couples mariés séparés ou divorcés, couples pacsés séparés, concubins séparés, parents non mariés avec filiation établie, et parent qui élève seul son enfant. Le parent qui verse la pension est généralement celui chez qui l'enfant ne réside pas ; le parent qui la reçoit est celui chez qui l'enfant réside principalement.
En cas de résidence alternée, la pension est généralement allégée mais elle reste possible lorsque les revenus des deux parents sont déséquilibrés. Pour le père non marié, l'obligation d'entretien suppose que la filiation soit établie par reconnaissance prénatale ou post-natale ; à défaut, une action en établissement de la filiation peut être engagée. Pour les enfants majeurs, la pension peut être prolongée pour un enfant étudiant, un enfant sans emploi ou un enfant en formation, sous conditions de ressources modestes — jusqu'à 21 ans voire 25 ans dans certains cas. Les orphelins peuvent bénéficier d'une pension de réversion si l'un des parents était retraité, ainsi que d'allocations familiales sous conditions de ressources.
Règle
Ne doit pas de pension, en principe, le parent déchu de l'autorité parentale (cas extrême), le parent ayant délégué l'autorité parentale à un tiers, ou le parent biologique dont la filiation n'est pas établie. Pour un parent à l'étranger, les conventions bilatérales internationales, le règlement européen (règlement Bruxelles II ter) et les conventions de La Haye (1956, 1973) déterminent la juridiction compétente et les modalités de recouvrement.
Le divorce par consentement mutuel permet de fixer la pension dans une convention rédigée par les avocats et homologuée par le notaire (procédure sans juge depuis 2017), ce qui rend la procédure plus rapide. Dans tous les cas, l'intérêt de l'enfant doit demeurer la priorité : le juge aux affaires familiales veille à ce que l'enfant ne soit pas utilisé comme objet de conflit entre les parents.
Comment le montant est-il fixé ?
Le montant de la pension est fixé par le juge aux affaires familiales ou par convention homologuée, en tenant compte des besoins de l'enfant, des ressources de chaque parent et du mode de garde. Le ministère de la Justice publie chaque année un barème indicatif.
Le juge fixe le montant en tenant compte des besoins de l'enfant (alimentation, logement, santé, éducation, loisirs), des ressources du parent débiteur (revenus, patrimoine, charges), des ressources du parent créancier (pour rétablir l'équilibre) et du mode de garde (classique, alternée, partagée). Un barème indicatif du ministère de la Justice, fondé sur les revenus nets du parent débiteur, le nombre d'enfants et le mode de garde, sert de référence : ses valeurs sont indicatives et le juge statue au cas par cas.
En garde classique (résidence principale chez un parent), la pension est due en montant plein et couvre généralement l'alimentation, le logement, l'habillement, les frais scolaires, les loisirs et les vacances. En garde alternée (résidence partagée), le montant est souvent réduit de 30 à 50 % par rapport au mode classique, et les charges directes sont partagées 50/50 entre les parents. En garde partagée (semaine / fin de semaine), le montant est généralement intermédiaire, souvent forfaitaire. Les parents peuvent aussi convenir d'une convention écrite, signée et homologuée par le juge : la procédure est plus rapide, sans audience, et la convention acquiert alors force exécutoire.
Règle
Le barème indicatif publié chaque année par le ministère de la Justice donne, pour un mode de garde classique, des ordres de grandeur par tranche de revenus nets mensuels du parent débiteur et par nombre d'enfants : par exemple, pour un revenu net de 1 500 € par mois, environ 170 € pour un enfant et 290 € pour deux enfants ; pour 2 500 €, environ 320 € et 480 € ; pour 3 500 €, environ 440 € et 640 € ; pour 5 000 €, environ 580 € et 830 € ; pour 8 000 €, environ 750 € et 1 080 €. Ces valeurs sont indicatives : le juge apprécie la situation concrète de chaque famille.
- Besoins de l'enfant : alimentation, logement, santé, éducation, loisirs, vacances.
- Ressources du parent débiteur : revenus, patrimoine, charges personnelles.
- Ressources du parent créancier : pour rétablir l'équilibre entre les foyers.
- Mode de garde : classique (montant plein), alternée (réduction de 30 à 50 %), partagée (montant intermédiaire).
- Nombre d'enfants : le barème indicatif distingue un enfant, deux enfants, etc.
Il n'existe pas de plafond légal : le juge fixe librement le montant, sous réserve qu'il ne dépasse pas les ressources du parent débiteur. La prescription des arriérés est de 5 ans à partir de chaque échéance impayée. La pension peut être indexée sur un indice (par exemple l'indice des prix) avec révision annuelle automatique si le jugement le prévoit.
Versement de la pension et rôle de la CAF (ARIPA)
La pension peut être versée directement par le parent débiteur au parent créancier, ou via l'ARIPA — l'Agence de Recouvrement des Impayés de Pensions Alimentaires —, service public gratuit rattaché à la CAF.
Le versement direct par virement bancaire est le mode recommandé : il offre une traçabilité des paiements. Le chèque est possible mais moins traçable ; les espèces sont déconseillées car les preuves de versement sont difficiles à constituer. Le paiement en nature (logement gratuit, paiement direct de factures) est possible mais peu recommandé, car il est difficile à évaluer et à faire valoir en cas de litige.
L'ARIPA (Agence de Recouvrement des Impayés de Pensions Alimentaires) est un service public gratuit de la CAF qui assure trois missions : le recouvrement des pensions impayées — jusqu'à 2 ans d'arriérés — par une procédure amiable puis, si nécessaire, judiciaire ; le versement d'une allocation de soutien familial (ASF) si le recouvrement échoue ; et l'accompagnement des familles en difficulté. L'ARIPA peut être saisie à tout moment dès le premier impayé.
Règle
La procédure amiable de l'ARIPA dure généralement 2 à 6 mois. En cas d'échec, une procédure judiciaire est engagée. Si le recouvrement échoue définitivement, l'ARIPA verse l'ASF — environ 195 € par mois et par enfant (montant indicatif 2026) — sous conditions : parent décédé, parent défaillant (pension impayée depuis plus de 2 mois) ou parent hors d'état (emprisonnement, hospitalisation longue). L'ASF est récupérable auprès du parent débiteur par l'ARIPA. Le premier versement intervient à la date fixée par le jugement, généralement de manière mensuelle en début de mois ; un versement trimestriel ou annuel reste possible mais exceptionnel.
Conserver les preuves de versement (relevés de virement, accusés de réception) est essentiel en cas de contestation. Le parent créancier utilise la pension pour l'entretien de l'enfant et n'a pas, en pratique, à justifier son usage auprès du juge, sauf contestation a posteriori.
Les étapes de la procédure
Avant la saisine du juge, une tentative d'accord amiable est recommandée. À défaut, le juge aux affaires familiales du lieu de résidence de l'enfant est saisi par requête. Le jugement est exécutoire immédiatement, sauf appel.
La procédure débute par l'évaluation des besoins de l'enfant et des ressources et charges de chaque parent. Une tentative d'accord amiable est recommandée : discussion entre les parents, avec ou sans médiateur familial. La médiation familiale — assurée par un médiateur diplômé d'État — se déroule en 3 à 5 séances en moyenne, avec un coût variable (gratuit via la CAF sous conditions, ou environ 60 € à 130 € par séance). Si un accord est trouvé, une convention écrite et signée est soumise à l'homologation du juge, ce qui lui confère force exécutoire.
Si la médiation échoue ou si aucun accord n'est possible, le parent saisit le juge aux affaires familiales (JAF) du tribunal judiciaire du lieu de résidence de l'enfant par requête (formulaire Cerfa prévu à cet effet). L'audience suit un déroulement type : convocation des parents environ un mois avant, tentative de conciliation par le juge, échange des arguments et des pièces, puis décision motivée. Le jugement est notifié aux parties, souvent par huissier. Le délai d'appel est de 1 mois à compter de la notification ; le jugement est exécutoire immédiatement sauf appel.
Règle
Les voies de recours sont l'appel devant la cour d'appel (délai : 1 mois) et la cassation devant la cour de cassation (délai : 2 mois). Une révision peut être demandée si un élément nouveau apparaît. La saisine du tribunal est gratuite ; l'aide juridictionnelle est possible pour les personnes aux ressources faibles (formulaire Cerfa n° 16146). L'assistance d'un avocat est facultative en première instance mais devient obligatoire en appel (depuis 2020, sauf exceptions).
- Évaluer les besoins de l'enfant et les ressources et charges de chaque parent.
- Tenter un accord amiable, le cas échéant via une médiation familiale.
- Rédiger une convention écrite et la soumettre à l'homologation du juge, ou saisir le JAF par requête.
- Participer à l'audience : conciliation, échange des pièces, décision du juge.
- Verser la pension selon le mode prévu (virement recommandé ou ARIPA).
- En cas d'impayés : mise en demeure puis saisine de l'ARIPA.
- Le cas échéant : demander la révision du montant ou interjeter appel dans le délai de 1 mois.
La prescription des arriérés est de 5 ans à compter de chaque échéance impayée : le parent créancier peut réclamer jusqu'à 5 ans d'arriérés en arrière. En cas de décès du parent débiteur, la dette de pension est transmise aux héritiers dans le cadre de la succession, et une pension de réversion peut être due si le parent décédé était retraité.
Documents à fournir
La constitution du dossier suppose de réunir des justificatifs d'identité, de situation familiale, de revenus, de charges et, le cas échéant, de patrimoine. Les pièces diffèrent selon qu'il s'agit d'une première fixation, d'une révision, d'un recouvrement ou d'une saisine du juge.
Pour la première fixation, les parents fournissent leurs pièces d'identité (carte d'identité ou passeport), le livret de famille ou l'acte de naissance de l'enfant, et la convention de divorce ou de séparation le cas échéant. S'ajoutent les justificatifs de revenus des deux parents (trois derniers bulletins de paie, avis d'imposition N-1 et N-2, justificatifs de chômage ou d'indemnités, relevé des prestations familiales) et les justificatifs de charges (quittance de loyer, factures d'énergie et de transports, frais de garde, frais scolaires). En cas de patrimoine significatif, des relevés de comptes bancaires, des justificatifs de biens immobiliers et des tableaux d'amortissement de crédits en cours sont demandés.
Pour une révision, le dossier comprend le jugement antérieur et un justificatif du changement de situation (licenciement, hausse de salaire, naissance, maladie, déménagement). Pour le recouvrement via l'ARIPA, il faut fournir le jugement fixant la pension, remplir le formulaire de demande à la CAF, et fournir une pièce d'identité, un justificatif de domicile et un RIB. Pour la saisine du juge, la requête est déposée au tribunal judiciaire avec les pièces correspondantes ; pour le divorce par consentement mutuel, la convention rédigée par les avocats fixe la pension et est homologuée par le notaire. Pour l'aide juridictionnelle, le formulaire Cerfa n° 16146 est accompagné des justificatifs de revenus, de l'avis d'imposition et d'une pièce d'identité.
Règle
Pour un parent à l'étranger, les pièces peuvent nécessiter une traduction ; l'IBAN étranger permet le versement international. Les conventions internationales applicables (conventions bilatérales, règlement Bruxelles II ter, conventions de La Haye 1956 et 1973) déterminent la juridiction compétente et les modalités d'entraide. Le dossier complet est indispensable pour permettre au juge d'évaluer objectivement les besoins et les ressources.
Il est recommandé de conserver une copie de l'ensemble des pièces déposées et de toutes les preuves de versement de la pension (relevés de virement, accusés de réception) pendant toute la durée du dispositif et au-delà, en cas de litige sur les arriérés.
Où s'adresser ?
Plusieurs interlocuteurs interviennent selon la situation : juge aux affaires familiales, médiateur familial, CAF et ARIPA, avocat, notaire, maison de la justice et du droit, point d'accès au droit et France Services.
Le juge aux affaires familiales (JAF), chambre spécialisée du tribunal judiciaire du lieu de résidence de l'enfant, fixe la pension et statue sur les révisions. La saisine s'effectue par requête adressée au greffe du tribunal. La maison de la justice et du droit (MJD) offre une information juridique gratuite, une orientation vers le tribunal ou la médiation, et une aide à la rédaction de la requête. Le point d'accès au droit (PAD) assure des permanences d'avocats, de notaires et d'huissiers, avec une aide aux démarches.
La CAF informe sur les droits, gère l'ARIPA pour le recouvrement des impayés et verse l'allocation de soutien familial (ASF) en cas d'échec du recouvrement. Les services de médiation familiale — associations, professionnels indépendants, dispositifs CAF — facilitent un accord amiable entre les parents. L'avocat assure le conseil juridique et la représentation devant le tribunal (obligatoire en appel depuis 2020, sauf exceptions) ; l'aide juridictionnelle peut prendre en charge ses honoraires. Le notaire intervient dans le cadre du divorce par consentement mutuel pour la rédaction et l'homologation de la convention. L'espace France Services apporte une aide administrative et une orientation vers les bons interlocuteurs.
Règle
Pour les litiges internationaux, le ministère de la Justice — service de l'entraide civile — et les autorités centrales désignées par chaque État assurent la coopération, en application des conventions bilatérales, du règlement européen Bruxelles II ter ou des conventions de La Haye. Les listes des MJD, PAD et services de médiation familiale sont consultables sur les annuaires de justice et les sites des organismes concernés.
La saisine du tribunal est gratuite. L'aide juridictionnelle est ouverte sous conditions de ressources (formulaire Cerfa n° 16146) et peut être accordée rétroactivement, couvrant ainsi les frais déjà engagés. La médiation familiale n'est pas obligatoire mais elle est souvent recommandée par le juge, car elle permet d'éviter une procédure judiciaire conflictuelle.
Coût de la procédure et fiscalité
La saisine du tribunal est gratuite. L'avocat, la médiation familiale et l'huissier représentent des coûts variables. La pension est déductible du revenu imposable du parent qui la verse et imposable chez le parent qui la reçoit.
La saisine du tribunal est gratuite (aide juridictionnelle possible). Les honoraires d'avocat sont libres : un devis est recommandé. La médiation familiale coûte de 60 à 130 € par séance, avec une prise en charge possible par la CAF sous conditions. L'huissier (signification, exécution) applique des tarifs réglementés ; une mise en demeure par huissier coûte environ 50 €. Pour l'exécution forcée, un commandement de payer est adressé avec un délai de 8 jours, avant une éventuelle saisie (compte, salaire, biens mobiliers ou immobiliers).
Sur le plan fiscal, depuis la réforme de 2006, le parent qui verse la pension peut la déduire de son revenu imposable (avantage fiscal équivalent à la pension multipliée par le taux marginal d'imposition), tandis que le parent qui la reçoit doit l'imposer (cases 1AJ, 1BJ ou 1CJ selon la situation). Pour les enfants majeurs, la pension est imposable pour le parent qui la reçoit et déductible pour le parent qui verse, sous réserve que l'enfant soit rattaché au foyer fiscal. Le parent qui verse peut également bénéficier de crédits d'impôt liés à la garde d'enfant ou à l'emploi à domicile (50 % des frais), et les frais de scolarité, activités extrascolaires, frais de santé non remboursés et voyages scolaires peuvent ouvrir droit à des déductions dans certaines limites.
Règle
Si la pension est impayée, l'ASF (allocation de soutien familial) est versée par la CAF — environ 195 € par mois par enfant (montant indicatif 2026) — et est récupérable auprès du parent débiteur par l'ARIPA. Le parent isolé qui perçoit une pension peut également bénéficier d'un RSA majoré et d'une prime d'activité, ainsi que d'allocations familiales majorées selon sa situation.
Le parent qui reçoit la pension doit la déclarer aux impôts lors de la déclaration annuelle (mars N+1). Le non-respect de cette obligation expose à un redressement. Pour les montants actualisés des barèmes indicatifs et des allocations, consulter les sites du ministère de la Justice (justice.gouv.fr) et de la CAF (caf.fr).
Délais et calendrier
La première demande de pension peut être faite à tout moment. L'appel du jugement doit être formé dans un délai de 1 mois. Les arriérés sont prescrits au-delà de 5 ans.
La saisine initiale peut être faite à tout moment : aucun délai de prescription ne s'oppose à une première demande de fixation. La révision est possible à tout moment en cas de changement de situation. L'appel du jugement doit être formé dans un délai de 1 mois après la notification ; la cassation dans un délai de 2 mois après l'arrêt. Les arriérés de pension se prescrivent par 5 ans à compter de chaque échéance impayée.
Les délais de procédure sont indicatifs et varient selon les tribunaux : la tentative amiable dure 1 à 3 mois ; la médiation 2 à 4 mois ; l'audience JAF 6 à 18 mois selon le tribunal ; la notification du jugement intervient environ 1 mois après l'audience ; l'appel peut prendre 12 à 24 mois, comme la cassation. La saisine de l'ARIPA peut intervenir à tout moment dès le premier impayé ; la procédure amiable dure 2 à 6 mois avant, le cas échéant, une procédure judiciaire. Le versement de l'ASF intervient sous 2 mois après la demande, avec un effet rétroactif possible de 2 mois.
Règle
La décision d'aide juridictionnelle est rendue sous 4 à 6 mois et peut être rétroactive si elle est acceptée. Pour l'exécution forcée, le commandement de payer est adressé avec un délai de 8 jours ; la saisie intervient 1 à 3 mois après le commandement, selon les biens concernés. La prescription quinquennale des arriérés court à partir de chaque échéance : le parent créancier peut donc réclamer les sommes dues au cours des 5 dernières années.
Le calendrier fiscal comporte deux temps importants : la déclaration des pensions perçues et déduites en mars de l'année suivante, et la possible revalorisation de la pension en janvier si une indexation est prévue. La rentrée scolaire en septembre peut constituer un motif de révision en raison des charges supplémentaires.
Impayés, refus et recours
En cas de non-paiement de la pension, plusieurs recours sont ouverts : mise en demeure, saisine de l'ARIPA, injonction de payer, saisie-arrêt. L'abandon de famille est un délit pénal.
Si le parent débiteur ne paie plus, le parent créancier peut d'abord procéder à une rappel amiable (lettre recommandée avec accusé de réception) puis à une mise en demeure par huissier, avec un délai de 8 à 15 jours. À défaut de paiement, la saisine de l'ARIPA (CAF) permet un recouvrement gratuit, amiable puis judiciaire. En cas d'échec de l'amiable, une procédure judiciaire est engagée devant le JAF (référé), avec injonction de payer et éventuelles saisies (compte bancaire, salaire, biens mobiliers, bien immobilier dans les cas extrêmes).
L'abandon de famille constitue un délit prévu par l'article 227-3 du Code pénal : le non-paiement de la pension pendant 2 mois expose à 2 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. La peine est aggravée si le parent débiteur est insolvable de mauvaise foi. Le défaut d'entretien au-delà de la pension peut également caractériser l'abandon moral (article 227-17 du Code pénal), constitutif d'une atteinte à l'autorité parentale et pouvant entraîner un retrait de l'autorité parentale. Les motifs recevables de refus de versement devant le juge sont limités : perte d'emploi durable (après épuisement des droits au chômage), invalidité ou maladie grave, charge exceptionnelle (nouvel enfant, parent dépendant), catastrophe (sinistre, incendie). Sont en revanche non recevables : nouvelle union avec un partenaire aisé, acquisition d'un bien immobilier (sauf situation critique), refus de principe ou fausse déclaration de revenus.
Règle
Si le parent débiteur juge la pension excessive, il peut engager une voie amiable (discussion, médiation familiale, convention modifiée et homologuée) ou une voie judiciaire (saisine du JAF, demande de révision motivée avec justificatifs de changement de situation). Continuer à payer est une obligation, sauf décision contraire du juge : en cas de contestation, les deux voies — paiement et demande de révision — sont indépendantes. Pour un parent à l'étranger, les conventions bilatérales, le règlement européen (Bruxelles II ter) et les conventions de La Haye (1956, 1973) permettent le recouvrement international, avec l'appui du service de l'entraide civile du ministère de la Justice et, le cas échéant, de l'ARIPA.
Avant la saisine du tribunal, un recours hiérarchique est possible auprès du directeur d'agence CAF, ainsi qu'une médiation ou l'intervention d'un conciliateur de justice. La médiation familiale prévient les conflits et permet une résolution amiable, avec un coût variable que la CAF peut prendre en charge.
Révision, enfants majeurs et sortie du dispositif
La pension peut être révisée à tout moment en cas de changement de situation. Elle cesse en principe à la majorité de l'enfant, sous réserve d'une possible prolongation pour études ou recherche d'emploi.
Les événements déclencheurs d'une révision sont la perte d'emploi, une nouvelle union (mariage, PACS), la naissance d'un nouvel enfant, une maladie ou une invalidité, un déménagement, ou une augmentation significative des revenus. La procédure de révision consiste en une demande au JAF (requête), suivie le cas échéant d'une audience si l'autre parent conteste, et aboutit à un nouveau jugement exécutoire immédiatement à la notification.
La pension cesse en principe à la majorité de l'enfant, sauf prolongation : un enfant étudiant en études supérieures peut bénéficier d'une pension jusqu'à l'obtention de son diplôme ; un enfant en recherche d'emploi ou en formation peut également la conserver sous conditions. Pour les enfants majeurs, l'obligation d'entretien est maintenue sous conditions de ressources modestes et de sérieux de la démarche, généralement jusqu'à 21 ans voire 25 ans dans certains cas, et prend fin à l'autonomie financière de l'enfant. La pension cesse également en cas de décès du parent débiteur ou de l'enfant, de changement de garde (révision), d'adoption par un tiers (cas extrême) ou de décision du juge.
Règle
En cas de décès du parent débiteur, la pension de réversion peut intervenir si le parent décédé était retraité (en tout ou partie) ; la dette de pension est par ailleurs transmise aux héritiers dans le cadre de la succession, et une aide sociale peut être mobilisée. Pour les orphelins, les allocations familiales (sous conditions de ressources), les bourses du CROUS et les aides spécifiques complètent le dispositif. Le suivi annuel de la pension comporte, le cas échéant, la revalorisation en janvier (si indexation), une vérification trimestrielle du versement et un bilan annuel des besoins de l'enfant.
La déclaration fiscale de la pension — déduction pour le parent qui verse, imposition pour le parent qui la reçoit — intervient en mars de l'année suivante. Pour les montants actualisés des barèmes indicatifs, de l'ASF et des seuils d'aide juridictionnelle, consulter les sites officiels du ministère de la Justice (justice.gouv.fr) et de la CAF (caf.fr). En cas de doute sur l'interprétation d'une décision, l'organisme compétent ou un avocat peuvent être consultés.
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Pension alimentaire pour un enfant : montant, versement, révision
Vérifiée le 2026-09-22
Voir aussi
- Ministère de la Justice — barème indicatif et simulateur de pension
- CAF — allocation de soutien familial (ASF) et ARIPA
- Légifrance — Code civil, articles 371-1 et suivants
- 1jeune1solution — ressources pour jeunes
Le montant de la pension est fixé par le juge aux affaires familiales au cas par cas, à partir du barème indicatif annuel du ministère de la Justice (indicatif — justice.gouv.fr). L'ARIPA (CAF) assure le recouvrement des impayés et verse l'ASF en cas d'échec (caf.fr). Vérifier les montants actualisés auprès de la CAF ou du ministère de la Justice.
