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Une condamnation peut-elle être effacée du casier judiciaire ?

Après plusieurs années, une condamnation est automatiquement effacée du casier judiciaire (réhabilitation légale). Entre temps, le condamné peut solliciter la non-inscription et/ou l'effacement d'une mention figurant au bulletin n°2 et n°3, ou demander le retrait de cette mention du bulletin n°1 dans certaines circonstances. Il peut aussi faire une demande de réhabilitation judiciaire après avoir attendu un certain délai.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant de demander l'effacement d'une condamnation du casier judiciaire : délais automatiques, dispense d'inscription, effacement sur demande et réhabilitation.

Ce qu'il faut savoir

  • Après un certain délai, une condamnation est automatiquement effacée du casier judiciaire (réhabilitation légale).
  • Le délai automatique dépend de la peine : 3 ans pour les amendes, 5 ans pour les peines d'emprisonnement inférieures à 1 an, 10 ans pour les peines d'emprisonnement inférieures à 10 ans.
  • À l'audience, le condamné peut demander une dispense d'inscription sur les bulletins n°2 et n°3 (sauf crimes violents et infractions sexuelles).
  • Après l'audience, le condamné peut demander l'effacement d'une mention du bulletin n°2 si cela est nécessaire à sa réinsertion.
  • Les personnes condamnées entre 18 et 21 ans peuvent demander le retrait de la mention du bulletin n°1 après 3 ans.
  • La réhabilitation judiciaire permet de demander l'effacement des mentions des bulletins n°2 et n°3 après des délais variant selon la peine (1 an pour les contraventions, 3 ans pour les délits, 5 ans pour les crimes).
  • Les délais de réhabilitation sont doublés en cas de récidive.
  • Un Français condamné à l'étranger peut aussi demander l'effacement des mentions de son casier judiciaire.

Conditions essentielles

  • Avoir exécuté la peine principale et les peines complémentaires.
  • Justifier du paiement de l'amende si applicable.
  • Prouver l'indemnisation de la victime si applicable.
  • Avoir un comportement irréprochable depuis la condamnation (pour la réhabilitation judiciaire).
  • Respecter les délais applicables (3, 5 ou 10 ans selon la peine).

Les étapes

  • Vérifiez si votre condamnation peut être automatiquement effacée (réhabilitation légale).
  • Si non, déterminez la procédure applicable (dispense d'inscription, effacement sur demande, réhabilitation judiciaire).
  • Rédigez une requête argumentée expliquant les raisons de votre demande.
  • Rassemblez les justificatifs (paiement de l'amende, indemnisation de la victime, preuves de réinsertion).
  • Transmettez la requête au procureur de la République compétent.
  • Attendez la décision de la juridiction (tribunal correctionnel ou chambre de l'instruction).

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — procédures selon le type d'infraction, délais, juridictions compétentes — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres à la réhabilitation légale, à la réhabilitation judiciaire et à l'effacement du bulletin n°1, voir les sections correspondantes.

Dans quels délais une condamnation est-elle automatiquement effacée ?

Au bout d'un certain temps, les mentions de condamnations sont automatiquement effacées des bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire. C'est ce qu'on appelle la réhabilitation légale.

La réhabilitation légale concerne toute personne condamnée à une peine criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle qui a été exécutée. La personne condamnée n'a pas de démarche à faire pour être réhabilitée. La réhabilitation s'opère automatiquement après un délai qui varie selon la peine prononcée : 3 ans pour les condamnations à une peine d'amende ou de jours-amende (à compter du paiement de l'amende ou du montant global des jours-amende) ; 5 ans pour les condamnations à une peine d'emprisonnement inférieure à 1 an (à compter de la fin de la peine) ; 10 ans pour les condamnations à une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans ou en cas de condamnations multiples dont le montant total est inférieur à 5 ans (à compter de l'expiration de la peine). Pour les condamnations à une peine de sursis, ces délais courent à compter du jour où la condamnation est non avenue. Par exemple, l'auteur d'un délit peut être condamné à une peine d'emprisonnement assortie d'un sursis de 2 ans. S'il ne commet pas de nouvelle infraction pendant 2 ans, son sursis prend fin. Ainsi, il n'effectue pas de peine de prison et la condamnation est effacée du B2 de son casier judiciaire, après le délai de réhabilitation légale.

Règle

Pour que la réhabilitation soit automatique, il est nécessaire que la personne condamnée n'ait pas commis de nouvelle infraction criminelle ou délictuelle durant ces délais.

  • Amende ou jours-amende : 3 ans à compter du paiement.
  • Emprisonnement inférieur à 1 an : 5 ans à compter de la fin de la peine.
  • Emprisonnement inférieur à 10 ans (ou condamnations multiples < 5 ans) : 10 ans à compter de l'expiration de la peine.
  • Sursis : les délais courent à compter du jour où la condamnation est non avenue.
  • Récidive : les délais sont doublés.

Passé un certain délai, les mentions sont également supprimées du bulletin n°1 du casier judiciaire. Les délais d'effacement du B1 sont différents (voir section « L'effacement des mentions du bulletin n°1 »).

La dispense d'inscription à l'audience

Durant l'audience, la personne poursuivie peut demander, avant l'annonce de la peine par le juge, que la condamnation ne soit pas inscrite sur les bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire. Il s'agit d'une demande de dispense d'inscription.

Le juge prend sa décision en fonction des faits concernés et de la situation de la personne poursuivie. Si la demande est acceptée, la mention de condamnation n'est pas inscrite sur les bulletins n°2 et n°3. Toutefois, elle figure sur le bulletin n°1 du casier judiciaire. La dispense d'inscription doit être demandée avant l'annonce de la peine par le juge. Si elle est rejetée, la personne peut demander l'effacement après l'audience. La dispense d'inscription est une opportunité importante pour éviter que la condamnation figure sur les bulletins consultés par la plupart des employeurs et administrations.

Règle

La dispense d'inscription ne peut pas être demandée pour certaines infractions : meurtre ou assassinat, proxénétisme à l'égard d'un mineur, recours à la prostitution d'un mineur, agressions sexuelles ou viol (sur un majeur ou un mineur).

  • Demande effectuée avant l'annonce de la peine par le juge.
  • Si acceptée : mention non inscrite sur les B2 et B3, mais présente sur le B1.
  • Infractions exclues : meurtre, assassinat, proxénétisme sur mineur, prostitution de mineur, agressions sexuelles, viol.

La dispense d'inscription est une possibilité offerte à toute personne poursuivie, quel que soit le type d'infraction (sauf les infractions exclues). Le juge apprécie souverainement en fonction des circonstances.

L'effacement après l'audience

Une personne peut demander l'effacement d'une mention figurant sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire, sauf s'il s'agit d'une condamnation pour un crime violent (meurtre) ou pour une infraction sexuelle (viol, proxénétisme, etc.).

La demande prend la forme d'une requête argumentée. La personne doit prouver que l'effacement qu'elle demande est véritablement nécessaire à sa réinsertion dans la société (par exemple, qu'elle ne peut pas obtenir un emploi à cause de la mention sur son casier). Elle doit également prouver qu'elle a indemnisé la victime. La requête doit être transmise au procureur de la République du lieu où se trouve la juridiction qui l'a condamnée. Le procureur transmet la demande au tribunal correctionnel dont il dépend. Le tribunal rend sa décision après avoir entendu le procureur et la personne qui fait la demande (ou son avocat). Si l'effacement est accordé sur le B2, la mention est également supprimée du B3. Si la demande est rejetée, la personne peut faire appel devant la chambre des appels correctionnels, ou solliciter un nouvel effacement après un délai de 6 mois.

Règle

L'effacement n'est pas possible pour les crimes violents (meurtre) ni pour les infractions sexuelles (viol, proxénétisme).

  • Requête argumentée : prouver la nécessité pour la réinsertion et l'indemnisation de la victime.
  • Transmission au procureur de la République, puis au tribunal correctionnel.
  • Si accordé : effacement du B2 et du B3.
  • Si rejeté : appel possible, ou nouvelle demande après 6 mois.
  • Français condamné à l'étranger : requête au tribunal correctionnel de son domicile (ou de Paris).

Si la demande a été rejetée lors de l'audience, la personne peut refaire une demande d'effacement après l'audience. Elle peut aussi attendre pour réunir des preuves de sa réinsertion.

Le retrait de la mention du bulletin n°1 (18-21 ans)

Les personnes condamnées entre 18 et 21 ans peuvent solliciter le retrait de la mention de condamnation du bulletin n°1 de leur casier judiciaire.

Lorsqu'une personne a commis une infraction alors qu'elle avait entre 18 et 21 ans, elle peut demander le retrait de la mention inscrite sur le bulletin n°1. C'est une procédure spécifique aux jeunes majeurs, plus favorable que le droit commun. Pour cela, toutes les conditions suivantes doivent être respectées : un délai de 3 ans doit s'être écoulé depuis la condamnation ; la personne doit avoir exécuté la peine principale et les peines complémentaires qui ont éventuellement été prononcées contre elle ; si elle a été condamnée à une peine d'amende, elle doit justifier de son paiement ; elle doit démontrer les évolutions positives de sa situation depuis le moment de l'infraction.

Règle

La demande est transmise au président du tribunal qui a rendu la décision de condamnation, ou à la chambre de l'instruction si la condamnation a été prononcée par une cour d'assises.

  • Délai de 3 ans depuis la condamnation.
  • Exécution de la peine principale et des peines complémentaires.
  • Paiement de l'amende si applicable.
  • Démonstration des évolutions positives de la situation.
  • Demande au président du tribunal ou à la chambre de l'instruction.

Si la requête est acceptée, la condamnation est retirée du bulletin n°1 du casier judiciaire. C'est une procédure spécifiquement conçue pour favoriser la réinsertion des jeunes adultes.

La réhabilitation légale

La réhabilitation légale est l'effacement automatique des mentions de condamnations des bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire, après un certain délai. La personne condamnée n'a pas de démarche à faire.

La réhabilitation légale s'applique à toute personne condamnée à une peine criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle qui a été exécutée. L'effacement est automatique, sans démarches de la part du condamné. Les délais varient selon la peine : 3 ans pour les amendes et jours-amende ; 5 ans pour les peines d'emprisonnement inférieures à 1 an ; 10 ans pour les peines d'emprisonnement inférieures à 10 ans. Pour les peines de sursis, les délais courent à compter du jour où la condamnation est non avenue. La réhabilitation est automatique si le condamné n'a pas commis de nouvelle infraction criminelle ou délictuelle pendant le délai.

Règle

La réhabilitation légale est automatique. Aucune démarche n'est nécessaire. Les délais sont doublés en cas de récidive.

La réhabilitation légale ne concerne que les bulletins n°2 et n°3. L'effacement du bulletin n°1 obéit à des délais différents (voir section dédiée).

La réhabilitation judiciaire

La réhabilitation judiciaire est une procédure par laquelle une personne condamnée pour un crime, un délit ou une contravention peut solliciter l'effacement des mentions figurant aux bulletins n°2 et n°3 de son casier judiciaire.

Les délais pour solliciter une réhabilitation judiciaire varient en fonction de la peine prononcée : 1 an pour les peines contraventionnelles ; 3 ans pour les peines correctionnelles ; 5 ans pour les peines criminelles. Ces délais courent à compter d'une date qui dépend de la peine : pour les condamnations à une amende, à compter du jour où la condamnation est devenue définitive ; pour les peines de prison, à partir de la libération définitive ou de la libération conditionnelle (si elle n'a pas été annulée) ; pour les autres peines, au moment où la sanction a été exécutée. La requête doit porter sur l'ensemble des mentions de condamnations prononcées qui n'ont pas déjà été effacées. Elle doit préciser les dates de condamnation et les lieux où le condamné a habité depuis sa libération.

Règle

La requête doit être transmise au procureur de la République de résidence actuelle de la personne condamnée (ou du lieu de sa dernière résidence en France si elle habite à l'étranger). Le procureur la transmet à la chambre de l'instruction, qui doit statuer dans un délai de 2 mois à compter de la réception de la requête.

  • Contravention : délai de 1 an.
  • Délit (correctionnel) : délai de 3 ans.
  • Crime (criminel) : délai de 5 ans.
  • Point de départ : jugement définitif (amende), libération définitive (prison), exécution de la sanction (autres).
  • Récidive : délais doublés (6 ans pour un délit, 10 ans pour un crime).
  • Décision de la chambre de l'instruction sous 2 mois.

En principe, la chambre de l'instruction se prononce lors d'une audience. En pratique, elle peut prendre sa décision sans audience si la personne condamnée a donné son accord. En cas de rejet, un pourvoi en cassation est possible. L'auteur d'un délit en état de récidive ne peut demander une réhabilitation judiciaire qu'après un délai de 6 ans à compter de la prescription de la peine ou du moment où il est libéré ; si le crime a été condamné à une peine criminelle, ce délai est porté à 10 ans.

L'effacement des mentions du bulletin n°1

Toutes les condamnations sont effacées du bulletin n°1 du casier judiciaire après une période qui varie en fonction de l'infraction commise ou de la peine prononcée.

L'effacement automatique du bulletin n°1 concerne notamment : les peines criminelles et délictuelles prononcées depuis plus de 40 ans, si elles n'ont pas été suivies d'une nouvelle condamnation correctionnelle ou criminelle ; les peines contraventionnelles prononcées depuis plus de 3 ans ; les compositions pénales prononcées depuis plus de 3 ans, sauf en cas de nouvelle condamnation ou de nouvelle composition pénale pendant ce délai ; les déclarations de culpabilité avec dispense de peine. La réhabilitation judiciaire peut, si la chambre de l'instruction le décide, entraîner l'effacement des mentions du bulletin n°1 en même temps que celles des bulletins n°2 et n°3. Le bulletin n°1 est le seul casier judiciaire consulté par le condamné lui-même. Les bulletins n°2 et n°3 sont consultés par certaines administrations ou employeurs dans des conditions spécifiques.

Règle

Les délais d'effacement du B1 sont plus longs que ceux du B2/B3. Pour les peines criminelles et délictuelles, le délai est de 40 ans (sous réserve de l'absence de nouvelle condamnation).

  • Peines criminelles et délictuelles : plus de 40 ans, sans nouvelle condamnation.
  • Peines contraventionnelles : plus de 3 ans.
  • Compositions pénales : plus de 3 ans, sans nouvelle condamnation ou composition.
  • Dispense de peine : effacement automatique.

La réhabilitation judiciaire peut, si la chambre de l'instruction le décide, entraîner l'effacement des mentions du bulletin n°1 en même temps que celles des bulletins n°2 et n°3. C'est une décision discrétionnaire de la juridiction.

Le cas du Français condamné à l'étranger

Un Français condamné à l'étranger peut demander l'effacement de la mention inscrite sur les bulletins n°2 et n°3 de son casier judiciaire français.

Lorsqu'un Français a été condamné par une juridiction étrangère, la condamnation peut être inscrite sur son casier judiciaire français. Il peut demander l'effacement de cette mention en adressant une requête au tribunal correctionnel de son domicile (ou de Paris s'il habite encore à l'étranger). La procédure est similaire à celle de l'effacement après l'audience : requête argumentée, preuve de la nécessité pour la réinsertion, indemnisation de la victime. Le tribunal correctionnel examine la demande et rend sa décision après avoir entendu le procureur de la République.

Règle

La requête est transmise au tribunal correctionnel du domicile du condamné, ou au tribunal correctionnel de Paris s'il habite encore à l'étranger.

Le casier judiciaire français ne contient que les condamnations prononcées par les juridictions françaises, sauf dans certains cas prévus par la loi (notamment les condamnations des Français à l'étranger).

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Une condamnation peut-elle être effacée du casier judiciaire ?

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

Les règles d'effacement des condamnations du casier judiciaire sont fixées par le code pénal et le code de procédure pénale. Les délais et conditions peuvent varier selon la nature de l'infraction et la peine prononcée. Consultez un avocat ou le procureur de la République pour des renseignements personnalisés.

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