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Témoin assisté

Lors d'une procédure d'information judiciaire, le juge d'instruction peut placer un suspect sous le statut de témoin assisté s'il n'y a pas assez d'indices pour le mettre en examen. Ce statut intermédiaire protège le suspect en lui accordant des droits de défense, tout en lui imposant des obligations.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur le statut de témoin assisté : définition, cas d'attribution, droits, devoirs et possibilité de mise en examen.

Ce qu'il faut savoir

  • Le témoin assisté est une personne nommément mise en cause dans une enquête pénale, ou sur laquelle pèsent des indices qui rendent vraisemblable sa participation à la commission d'une infraction.
  • Il n'est pas un témoin (un simple témoin n'est pas soupçonné) et il n'est pas mis en examen (les indices contre lui ne sont pas suffisants : il manque les indices graves ou concordants).
  • Le placement sous le statut de témoin assisté est possible uniquement dans le cadre d'une information judiciaire (instruction), pas devant le tribunal correctionnel ou la cour d'assises sans instruction.
  • Le témoin assisté bénéficie de droits de défense : assistance d'un avocat (choisi ou commis d'office), interprète, accès au dossier (par l'intermédiaire de son avocat), droit de garder le silence, traduction des pièces essentielles.
  • Il peut demander sa confrontation avec les personnes qui le mettent en cause et, en cas d'expertise, il a les mêmes droits que le mis en examen et la partie civile (10 jours pour demander modification ou complément de la mission de l'expert).
  • Le témoin assisté ne peut pas être placé en détention provisoire, sous contrôle judiciaire ni sous bracelet électronique — contrairement au mis en examen.
  • Il peut être mis en examen à l'initiative du juge d'instruction (dès lors que des indices graves ou concordants apparaissent) ou à sa propre demande, à tout moment de la procédure.
  • Le témoin assisté doit déclarer son adresse personnelle et signaler tout changement d'adresse jusqu'à la fin de l'information judiciaire.

Conditions essentielles

  • La procédure est une information judiciaire menée par un juge d'instruction.
  • La personne est mise en cause dans l'enquête : désignée par le procureur (réquisitoire), par une victime (plainte, plainte avec constitution de partie civile ou audition sans plainte), par un témoin, ou touchée par des indices rendant vraisemblable sa participation.
  • Le juge d'instruction n'a pas les indices graves ou concordants nécessaires à une mise en examen.
  • Pour un mis en examen souhaitant revenir en arrier : il estime qu'il n'y a plus d'indices graves ou concordants contre lui.

Les étapes

  • La personne est mise en cause dans l'enquête (réquisitoire du procureur, plainte de la victime, témoignage ou indices).
  • Le juge d'instruction la convoque par lettre recommandée pour une audition en tant que témoin assisté, ou lui accorde ce statut à l'issue de l'interrogatoire de première comparution.
  • Lors de la première audition, le juge constate l'identité, donne connaissance du réquisitoire ou des déclarations qui désignent la personne, et informe de ses droits (déclarations, réponses ou silence).
  • Le témoin assisté est assisté par son avocat (choisi ou commis d'office) et peut exercer ses droits de défense (accès au dossier, confrontation, demandes d'actes d'enquête limitées).
  • Il déclare son adresse personnelle et signale tout changement d'adresse jusqu'à la fin de l'information judiciaire (par déclaration au greffe ou LRAR).
  • Si des indices graves ou concordants apparaissent, le juge peut le mettre en examen (par interrogatoire ou par lettre recommandée).
  • Le cas échéant, le témoin assisté peut lui-même demander à être mis en examen à tout moment (lors d'une audition ou par LRAR) : il est alors considéré comme mis en examen dès sa demande.
  • Si un mis en examen estime qu'il n'y a plus d'indices graves ou concordants, il peut demander à redevenir témoin assisté (6 mois après la mise en examen, ou dans les 10 jours suivant la notification d'une expertise ou d'un interrogatoire).

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — cas d'attribution, droits comparés, devoirs, mise en examen et rétrogradation — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des droits du témoin assisté et de leur comparaison avec ceux du mis en examen et du simple témoin, voir les sections « Quels sont les droits du témoin assisté ? » et « Droits du témoin assisté, du mis en examen et du témoin ».

Qu'est-ce qu'un témoin assisté ?

Le témoin assisté est une personne nommément mise en cause dans une enquête pénale ou sur laquelle pèsent des indices qui rendent vraisemblable sa participation à la commission de l'infraction. Ce n'est pas un témoin (un simple témoin n'est pas soupçonné) et ce n'est pas un mis en examen (les indices contre lui ne sont pas suffisants).

Le statut de témoin assisté constitue un statut intermédiaire entre le simple témoin et le mis en examen. Il est destiné à protéger le suspect en lui accordant des droits qui lui permettent de se défendre, alors même que les indices ne justifient pas encore une mise en examen. Pour être mis en examen, il faut en effet des indices graves ou concordants d'une participation à l'infraction. Le témoin assisté a aussi des obligations à respecter (déclaration d'adresse, signalement des changements d'adresse).

Règle

Le placement sous le statut de témoin assisté est possible uniquement dans le cadre d'une information judiciaire (instruction préparatoire). C'est le juge d'instruction qui convoque le suspect et l'auditionne en tant que témoin assisté. Parfois, il est obligé de lui accorder ce statut, selon la façon dont le suspect est mis en cause.

Pendant l'interrogatoire de première comparution, la personne n'est pas encore témoin assisté, mais elle bénéficie déjà des mêmes droits (avocat, interprète, accès au dossier, droit de se taire).

Dans quels cas bénéficie-t-on du statut de témoin assisté ?

Plusieurs situations permettent de bénéficier du statut de témoin assisté, selon la manière dont la personne est mise en cause dans l'enquête : désignation par le procureur, par une victime, par un témoin, existence d'indices contre elle, ou demande d'un mis en examen souhaitant rétrograder.

Personne désignée par le procureur : elle est désignée dans un réquisitoire du Procureur de la République comme auteur potentiel d'une ou plusieurs infractions. Le juge peut la mettre en examen à l'issue de l'interrogatoire de première comparution ; s'il ne la met pas en examen, il doit lui accorder le statut de témoin assisté pour pouvoir l'auditionner à nouveau. Personne désignée par la victime : la désignation résulte d'une plainte, d'une plainte avec constitution de partie civile ou d'une audition de victime sans plainte. Le juge peut entendre le mis en cause comme simple témoin ou comme témoin assisté ; s'il l'entend comme simple témoin, il doit l'informer qu'il a le droit de demander à être témoin assisté, et s'il le demande, le juge est obligé de lui accorder ce statut. Si le mis en cause est également désigné dans un réquisitoire du procureur mais qu'il n'est pas mis en examen, il doit bénéficier du statut de témoin assisté.

Règle

Personne mise en cause par un témoin : sans être désignée dans un réquisitoire du procureur ni par une victime, elle peut être convoquée pour être auditionnée en tant que témoin assisté ; le juge peut également décider de l'entendre comme simple témoin. Personne contre laquelle il existe des indices : une personne que personne ne désigne peut être auditionnée en tant que témoin assisté lorsqu'il existe des indices qui rendent vraisemblable sa participation à l'infraction ; le juge peut également l'entendre comme simple témoin.

Une personne déjà mise en examen peut aussi revenir au statut de témoin assisté si elle estime qu'il n'y a plus d'indices graves ou concordants contre elle (voir section « Un mis en examen peut-il redevenir témoin assisté ? »).

Comment le mis en cause apprend-il qu'il est témoin assisté ?

Le plus souvent, le mis en cause apprend qu'il est témoin assisté à l'issue de son interrogatoire de première comparution. Le juge d'instruction peut aussi l'informer, dès la convocation pour son audition, qu'il aura le statut de témoin assisté.

Pour auditionner un mis en cause sous le statut de témoin assisté, le juge d'instruction le convoque par lettre recommandée. Cette convocation indique au mis en cause qu'il sera entendu comme témoin assisté et qu'il a, de ce fait, le droit de garder le silence et de se faire assister d'un avocat choisi ou commis d'office. Lors de la première audition, le juge d'instruction constate l'identité du témoin assisté.

Règle

Si le témoin assisté est visé dans un réquisitoire du procureur de la République, le juge lui donne connaissance de ce réquisitoire. S'il est mis en cause par la victime ou un témoin, le juge lui donne connaissance de la plainte, des déclarations de la victime ou du témoignage qui le désigne. Le juge informe le témoin assisté de son droit de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire.

Pendant l'interrogatoire de première comparution, la personne n'est pas encore témoin assisté, mais elle bénéficie déjà des mêmes droits (avocat, interprète, accès au dossier, droit de se taire).

Quels sont les droits du témoin assisté ?

Lorsqu'il est auditionné par le juge, le témoin assisté bénéficie des droits suivants : droit à l'assistance d'un avocat (choisi ou commis d'office), droit à l'interprète, droit d'accès au dossier, droit de garder le silence.

D'autres droits permettent au témoin assisté de participer activement au déroulement de l'instruction. Il peut par exemple demander sa confrontation avec les individus qui le mettent en cause. En cas d'expertise, il a les mêmes droits que le mis en examen et la partie civile : il reçoit notification des décisions qui ordonnent une expertise et dispose de 10 jours pour demander une modification, un complément de la mission de l'expert, ou la désignation d'un expert supplémentaire. Le témoin assisté ne prête pas serment, contrairement au simple témoin.

Règle

Droits du témoin assisté : assistance d'un avocat ; interprète ; accès au dossier en consultation ou en copie uniquement par l'intermédiaire d'un avocat ; droit de garder le silence ; traduction des pièces essentielles du dossier ; demande de confrontation ; droit de demander l'annulation d'un acte ou d'une pièce de la procédure ; droit de demander la clôture de l'information judiciaire. En matière d'expertise : notification des décisions et 10 jours pour demander modification, complément ou expert supplémentaire.

Le témoin assisté ne prête pas serment. Son accès au dossier est plus restreint que celui du mis en examen : il ne peut consulter ou copier le dossier que par l'intermédiaire de son avocat, alors qu'un mis en examen peut obtenir une copie sans l'intermédiaire de l'avocat.

Droits du témoin assisté, du mis en examen et du témoin

Le statut de témoin assisté confère des droits intermédiaires entre ceux du simple témoin et ceux du mis en examen. Le tableau suivant récapitule les principales différences.

Le simple témoin, n'étant pas soupçonné, ne bénéficie que de droits limités (interprète). Le mis en examen bénéficie de l'ensemble des droits de défense. Le témoin assisté occupe une position intermédiaire : il a les droits fondamentaux de la défense (avocat, silence, accès au dossier par avocat), mais son droit de demander des actes d'enquête est limité aux confrontations, expertises et contre-expertises.

Règle

Comparaison des droits selon le statut procédural.

  • Assistance d'un avocat

    Témoin assisté
    Oui
    Mis en examen
    Oui
    Témoin
    Non
  • Interprète

    Témoin assisté
    Oui
    Mis en examen
    Oui
    Témoin
    Oui
  • Garder le silence

    Témoin assisté
    Oui
    Mis en examen
    Oui
    Témoin
    Non
  • Accès au dossier

    Témoin assisté
    Consultation ou copie uniquement par l'intermédiaire d'un avocat
    Mis en examen
    Consultation ou copie par l'avocat ; copie sans l'avocat
    Témoin
    Non
  • Traduction des pièces essentielles

    Témoin assisté
    Oui
    Mis en examen
    Oui
    Témoin
    Non
  • Demander des actes d'enquête

    Témoin assisté
    Uniquement confrontations, expertises et contre-expertises
    Mis en examen
    Oui, tous types d'acte
    Témoin
    Non
  • Demander l'annulation d'un acte ou d'une pièce

    Témoin assisté
    Oui
    Mis en examen
    Oui
    Témoin
    Non
  • Demander la clôture de l'information judiciaire

    Témoin assisté
    Oui
    Mis en examen
    Oui
    Témoin
    Non

Le témoin assisté ne prête pas serment, contrairement au simple témoin. Son accès au dossier est conditionné à l'intermédiation de son avocat.

Quels sont les devoirs du témoin assisté ?

À l'issue de la première comparution, le témoin assisté doit déclarer son adresse personnelle. Il doit signaler au juge tout changement d'adresse jusqu'à la fin de l'information judiciaire.

Le signalement du changement d'adresse se fait par déclaration au greffe du juge d'instruction ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Cette obligation vise à garantir que le témoin assisté pourra être convoqué et informé des actes de la procédure.

Règle

Déclaration d'adresse à l'issue de la première comparution. Signalement de tout changement d'adresse jusqu'à la fin de l'information judiciaire, par déclaration au greffe ou par LRAR avec avis de réception.

Toute notification faite à la dernière adresse déclarée est valable, même s'il ne s'agit plus de la bonne adresse. Le juge peut délivrer des mandats de recherche, de comparution, d'amener ou d'arrêt à l'égard du témoin assisté.

Quelles mesures coercitives sont applicables au témoin assisté ?

Contrairement au mis en examen, il n'est pas possible de placer le témoin assisté en détention provisoire, sous contrôle judiciaire, ou sous bracelet électronique (assignation à résidence).

L'absence de mesures coercitives est l'une des différences majeures entre le statut de témoin assisté et celui de mis en examen. Le témoin assisté reste libre : il n'est pas privé de liberté ni soumis à des restrictions de déplacement imposées par le juge. Cette absence de contrainte physique traduit le fait que les indices ne sont pas suffisants pour justifier une mise en examen.

Règle

Mesures coercitives non applicables au témoin assisté : détention provisoire, contrôle judiciaire, bracelet électronique.

Le juge peut néanmoins délivrer des mandats de recherche, de comparution, d'amener ou d'arrêt à l'égard du témoin assisté : ces mandats visent à le convoquer ou à le rechercher, mais ne constituent pas des mesures de sûreté restrictives de liberté au sens du contrôle judiciaire ou de la détention provisoire.

Le témoin assisté peut-il être mis en examen ?

Oui, le témoin assisté peut être mis en examen, soit à l'initiative du juge d'instruction, soit à sa propre demande. Pour être mis en examen, il faut des indices graves ou concordants d'une participation à l'infraction.

Mise en examen décidée par le juge : le témoin assisté, déjà auditionné par le juge, peut être mis en examen dès lors que des indices graves ou concordants apparaissent contre lui au cours de l'enquête. Le juge peut organiser un interrogatoire pour le mettre en examen : le témoin assisté doit être convoqué, l'avocat doit recevoir la convocation au moins 5 jours ouvrables avant l'interrogatoire, et le témoin assisté peut renoncer à la présence de son avocat. À la fin de l'interrogatoire, le juge doit informer la personne des droits attachés au statut de mis en examen. Le juge peut aussi informer le témoin assisté de sa mise en examen par lettre recommandée.

Règle

Mise en examen par lettre recommandée : le juge informe le mis en examen des faits reprochés et de ses droits (par exemple demander des actes). Cette mise en examen par courrier peut avoir lieu en même temps que l'envoi de l'avis de fin d'information (le document par lequel le juge informe qu'il a terminé son enquête) : dans ce cas, le mis en examen dispose d'un délai de 3 mois pour demander des actes supplémentaires (interrogatoire, expertise…), réduit à 1 mois s'il est placé en détention provisoire. Pendant ce délai, il peut aussi présenter une requête en annulation d'un acte ou d'une pièce de la procédure. La personne est également informée que si elle demande à être à nouveau entendue, le juge d'instruction doit procéder à son interrogatoire.

Mise en examen demandée par le témoin assisté : à tout moment de la procédure, le témoin assisté peut demander à être mis en examen. Il peut faire cette demande lors d'une audition ou par lettre recommandée avec avis de réception envoyée au juge d'instruction. La personne est considérée comme mise en examen dès sa demande ou dès l'envoi de la lettre recommandée avec avis de réception.

Un mis en examen peut-il redevenir témoin assisté ?

Si la personne mise en examen estime qu'il n'y a plus d'indices graves ou concordants contre elle, elle peut demander au juge d'instruction de lui donner le statut de témoin assisté au lieu de mis en examen.

La demande peut être faite au plus tôt 6 mois après la mise en examen, et tous les 6 mois suivants. Elle peut également être faite dans les 10 jours qui suivent la notification d'une expertise ou d'un interrogatoire lors duquel la personne est interrogée sur les retours de l'enquête. La demande est faite par le mis en examen ou son avocat par une déclaration au greffier du juge d'instruction ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Si la personne est détenue, la demande peut également être faite au moyen d'une déclaration auprès du chef de l'établissement pénitentiaire.

Règle

Délais : au plus tôt 6 mois après la mise en examen, puis tous les 6 mois ; ou dans les 10 jours suivant la notification d'une expertise ou d'un interrogatoire. Forme : déclaration au greffier ou LRAR avec avis de réception ; si détenu, déclaration auprès du chef de l'établissement pénitentiaire.

Si le juge d'instruction accorde la demande, il informe la personne qu'elle bénéficie du statut de témoin assisté. Le passage du statut de mis en examen au statut de témoin assisté met fin aux éventuelles mesures de sûreté (contrôle judiciaire, détention provisoire, bracelet électronique) : si le détenu provisoire devient témoin assisté, le juge ordonne sa remise en liberté. Si le juge estime que la personne doit rester mise en examen, il rend une ordonnance dans laquelle il justifie sa décision en démontrant l'existence d'indices graves ou concordants.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Témoin assisté

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Le statut de témoin assisté et ses droits sont fixés par le code de procédure pénale. En cas de placement sous ce statut, consultez rapidement un avocat (choisi ou commis d'office) pour exercer vos droits de défense.

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