Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur la saisie administrative à tiers détenteur (SATD).
Ce qu'il faut savoir
- La SATD permet à l'administration de recouvrer un impayé (impôts, taxes, facture de cantine, frais d'hospitalisation...) en s'adressant à un tiers détenteur.
- Le tiers détenteur est le plus souvent la banque ou l'employeur, mais peut aussi être un particulier (par exemple, votre locataire).
- L'avis de SATD est notifié simultanément au tiers détenteur et au débiteur ; le tiers détenteur verse la somme impayée à l'administration dans les 30 jours.
- En cas de SATD adressée à la banque, tous les comptes bancaires (sauf le compte-titres) peuvent être saisis, et le compte est bloqué pendant 15 jours.
- Un solde bancaire insaisissable (SBI) de 651,69 € est protégé : le montant prélevé ne peut pas amener le solde en dessous de ce montant.
- Les frais bancaires liés à une SATD sont plafonnés à 10 % du montant dû, dans la limite de 100 € TTC.
- Vous pouvez contester la SATD dans les 2 mois devant l'administration, puis engager un recours contentieux devant le tribunal administratif ou le tribunal judiciaire selon le type d'impôt.
Conditions essentielles
- Avoir une dette de nature fiscale (impôts, taxes, redevances, pénalités) ou une somme à payer à un comptable public (facture de cantine, frais d'hospitalisation...).
- Les sommes saisies doivent être des sommes saisissables (revenus professionnels, sommes sur contrat d'assurance-vie rachetable...).
- La créance doit être déjà due ou, dans certains cas, due à une date ultérieure (créance répétitive).
- L'avis de SATD doit mentionner les recours dont vous disposez et les délais à respecter.
Les étapes
- Recevoir l'avis de SATD, notifié simultanément au tiers détenteur et à vous-même en tant que débiteur.
- Vérifier les mentions de l'avis : nature de la créance, montant, délais et voies de recours.
- Le cas échéant, contester la SATD dans les 2 mois par écrit auprès de la DDFIP du département de la décision.
- Attendre la réponse de l'administration, qui dispose de 2 mois pour répondre à la contestation.
- En l'absence de réponse ou en cas de rejet, engager un recours contentieux devant le tribunal compétent dans les 2 mois.
- Le cas échéant, saisir le juge de l'exécution pour contester la régularité de l'avis de SATD.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les règles propres à la saisie sur compte bancaire, les frais bancaires et les voies de recours sont traitées dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des règles applicables en cas de SATD adressée à votre banque, voir la section « Que se passe-t-il si la SATD est adressée à votre banque ? ».
Qu'est-ce qu'une saisie administrative à tiers détenteur ?
La SATD est une procédure permettant à l'administration d'obtenir le paiement d'une somme que vous lui devez et que vous n'avez pas payée.
Il peut s'agir des impayés suivants : impayé de nature fiscale (par exemple, les impôts, taxes, redevances, pénalités...) ou somme à payer à un comptable public (par exemple, la facture de la cantine, des frais d'hospitalisation...).
Pour cela, l'administration s'adresse à un tiers détenteur, c'est-à-dire à un tiers qui détient des sommes vous appartenant. Le tiers détenteur est le plus souvent votre banque ou votre employeur, mais il peut aussi s'agir d'un particulier (par exemple, votre locataire). La SATD est une procédure de recouvrement forcée : elle ne suppose pas votre accord, mais elle est encadrée par des règles strictes de notification, de montant et de voies de recours.
Règle
La créance doit représenter une somme déjà due ou, dans certains cas, une somme qui sera due à une date ultérieure. Par exemple, lorsqu'une créance est répétitive (comme le paiement d'un loyer), la somme peut être recouvrée ultérieurement. Une SATD peut concerner une seule créance ou plusieurs créances (de même nature ou de nature différente).
Les sommes utilisées pour le paiement doivent être des sommes saisissables. Par exemple, il peut s'agir de vos revenus professionnels ou de sommes versées sur un contrat d'assurance-vie rachetable. En revanche, certaines sommes sont insaisissables (allocations familiales, certaines pensions, solde bancaire insaisissable...).
Comment se déroule la SATD ?
L'avis de SATD est notifié au tiers détenteur et au débiteur, qui dispose de 30 jours avant le versement à l'administration.
L'avis de SATD est simultanément notifié au tiers détenteur et à vous-même, en tant que débiteur. Le tiers détenteur doit verser la somme impayée à l'administration dans les 30 jours.
La notification est l'acte par lequel l'administration porte officiellement à votre connaissance l'existence de la saisie. L'avis que vous recevez doit indiquer les recours dont vous disposez et les délais à respecter. Cette information est une garantie essentielle : sans mention des recours, l'avis est irrégulier et peut être contesté.
Règle
Le montant à prélever (dit « exigible ») correspond au montant dû. Si vous avez déjà payé tout ou partie de la dette, vous devez le signaler à l'administration avec les justificatifs : le montant prélevé doit être réduit d'autant.
La SATD ne peut porter que sur des sommes saisissables. Certaines sommes échappent à la saisie (allocations familiales, indemnités de chômage dans certaines limites, pension d'invalidité, solde bancaire insaisissable...). La nature des fonds détermine donc le montant effectivement prélevé.
Que se passe-t-il si la SATD est adressée à votre banque ?
Lorsque la SATD est adressée à votre banque, des règles spécifiques s'appliquent : comptes concernés, blocage, montant prélevé et solde protégé.
Tous vos comptes bancaires (sauf le compte-titres) peuvent être saisis. Le compte bancaire saisi est bloqué pendant 15 jours.
Le compte-titres (titres financiers, actions, obligations...) est exclu de la saisie : la SATD ne peut porter que sur les comptes de paiement (compte courant, livrets...). Le blocage de 15 jours interdit toute opération (retrait, prélèvement, virement sortant) sur le compte saisi pendant cette durée, afin de permettre à la banque d'effectuer le versement à l'administration.
Règle
Les montants prélevés sont les montants qui étaient déjà présents sur le compte à la date de l'envoi de la SATD à la banque. Toutefois, le montant d'un chèque que vous avez encaissé avant la date d'envoi de la SATD, même quand il n'est pas encore crédité sur le compte à cette date, peut être prélevé.
Le montant prélevé ne peut pas dépasser le solde du compte saisi ni faire descendre le solde en dessous du solde bancaire insaisissable (SBI), fixé à 651,69 €. Ce SBI est la somme minimale laissée à votre disposition pour vos besoins courants. Si votre compte contient moins de 651,69 €, la saisie est nulle.
Quels sont les frais bancaires en cas de SATD ?
La banque peut vous facturer des frais lors d'une SATD, mais ces frais sont plafonnés par la loi.
La banque peut vous facturer des frais lors d'une SATD. Ces frais (TTC) ne doivent pas dépasser 10 % du montant dû, dans la limite de 100 €.
Les frais de SATD correspondent aux démarches effectuées par la banque à la demande de l'administration : identification du compte, blocage, versement, etc. Le plafond de 10 % du montant dû, dans la limite de 100 € TTC, vise à empêcher que des frais disproportionnés aggravent la situation du débiteur.
Règle
Le plafond s'apprécie par SATD : si plusieurs saisies sont notifiées, chaque saisie donne lieu à des frais plafonnés séparément. Les frais sont prélevés sur le compte en sus du montant dû à l'administration.
Si vous estimez que les frais facturés dépassent le plafond légal, vous pouvez contester ces frais auprès de la banque, puis saisir le médiateur de la banque ou le tribunal compétent. Le décret n° 2018-1118 du 10 décembre 2018 fixe les règles applicables.
Qui contacter en cas de SATD ?
Pour obtenir plus d'informations sur l'avis de SATD que vous avez reçu, vous pouvez contacter l'administration fiscale.
Vous pouvez contacter l'administration fiscale : soit par téléphone, au numéro indiqué sur l'avis de SATD ; soit par mail, en vous connectant à votre espace particulier sur le site des impôts.
L'espace particulier sur impots.gouv.fr permet de consulter vos avis d'imposition, vos déclarations, vos échéances et vos éventuelles dettes. Vous y trouverez également les coordonnées de la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) compétente pour votre département.
Règle
Pour obtenir plus d'informations sur l'avis de SATD, le numéro de téléphone indiqué sur l'avis est le premier interlocuteur. L'espace particulier permet également de suivre l'état de votre dossier et de télécharger vos avis.
En cas de contestation, le courrier doit être adressé à la DDFIP du département dans lequel a été prise la décision d'engager la SATD (et non nécessairement de votre domicile). Les coordonnées de chaque DDFIP sont disponibles sur impots.gouv.fr.
Comment contester la SATD devant l'administration ?
Vous-même, ou le tiers détenteur qui a reçu l'avis de SATD, pouvez contester la SATD dans un délai de 2 mois.
Il est possible de contester au moins l'un des éléments suivants : le fait que l'avis est irrégulier (par exemple, il ne mentionne pas les délais et voies de recours), l'obligation de paiement, le montant de la dette compte tenu des paiements déjà effectués, le fait que les sommes réclamées ne sont pas exigibles (par exemple, lorsqu'un délai de paiement a été accordé et qu'il n'est pas encore dépassé).
La contestation est une démarche administrative préalable au recours contentieux. Elle permet à l'administration de vérifier elle-même la régularité et le bien-fondé de la saisie, sans passer par le tribunal. Elle est ouverte tant au débiteur qu'au tiers détenteur (banque, employeur, locataire...).
Règle
Il faut faire la contestation par écrit et joindre tous les justificatifs utiles (preuves de paiement, avis d'imposition, courrier d'accord de délai, etc.). Le courrier doit être envoyé à la DDFIP du département dans lequel a été prise la décision d'engager la SATD.
L'administration doit adresser un accusé de réception de la contestation, indiquant la date de réception, les recours possibles et les délais à respecter. L'administration a 2 mois pour répondre, à partir de la date à laquelle elle a reçu la contestation. En l'absence de réponse dans ce délai, la contestation doit être considérée comme rejetée.
Que faire lorsque l'administration rejette la contestation ?
Vous pouvez engager un recours contentieux devant le tribunal compétent, dans un délai de 2 mois.
Vous pouvez engager un recours contentieux dans les cas suivants : soit lorsque la décision de l'administration ne vous convient pas, vous avez alors 2 mois pour faire le recours contentieux à partir de la date de réception de la décision ; soit lorsque l'administration ne vous a pas répondu dans les 2 mois qui suivent la réception de votre contestation, vous pouvez alors faire le recours contentieux après l'expiration de ce délai.
Le recours contentieux est une action devant le tribunal, qui substitue son appréciation à celle de l'administration. Contrairement à la contestation administrative, il peut aboutir à l'annulation de la saisie, à la réduction du montant, ou au rejet de votre demande. Le motif de votre contestation détermine le tribunal compétent et les règles d'assistance applicables.
Règle
Le recours contentieux doit être introduit dans les délais de 2 mois prévus par la loi. Passé ce délai, l'administration peut poursuivre le recouvrement sans que le juge puisse être saisi. Conserver l'accusé de réception de la contestation est essentiel pour dater le point de départ du délai.
Vous pouvez présenter votre requête vous-même ou vous faire assister par un avocat. Dans certains cas (taxe de publicité foncière, droits d'enregistrement, impôt sur la fortune immobilière), le recours à un avocat est obligatoire devant le tribunal judiciaire.
Quel tribunal saisir selon le type d'impôt ?
Le tribunal à saisir dépend de la nature de l'impôt concerné par la SATD.
Pour l'impôt sur le revenu et les impôts locaux, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans un délai de 2 mois à partir de la réception de la décision de l'administration. Le tribunal administratif compétent est celui dont dépend le lieu d'imposition. Vous pouvez présenter votre requête vous-même ou vous faire assister par un avocat.
Pour la taxe de publicité foncière, le droit de timbre, les droits d'enregistrement et l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), vous pouvez saisir le tribunal judiciaire dans un délai de 2 mois. Le tribunal compétent est celui dont dépend la recette des impôts chargée du recouvrement, ou celui dont dépend la situation du bien si la contestation porte sur la valeur de ce bien. Le recours à un avocat est obligatoire.
- Impôt sur le revenu : tribunal administratif, 2 mois, requête en accès libre ou assistée par avocat.
- Impôts locaux (taxe foncière, taxe d'habitation...) : tribunal administratif, 2 mois, requête en accès libre ou assistée par avocat.
- Taxe de publicité foncière, droit de timbre, droits d'enregistrement : tribunal judiciaire, 2 mois, avocat obligatoire.
- Impôt sur la fortune immobilière (IFI) : tribunal judiciaire, 2 mois, avocat obligatoire.
En cas de doute sur le tribunal compétent, contacter la DDFIP ou un avocat permet de déterminer la juridiction correcte. Une requête adressée au mauvais tribunal est rejetée et le délai de 2 mois peut expirer pendant la procédure.
Textes applicables
- Livre des procédures fiscales — contestation et recoursTextes légaux
- Livre des procédures fiscales : article L262Légifrance
- Livre des procédures fiscales : articles R*281-1 à R*283-1Légifrance
- Décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publiqueLégifrance
- Loi n°2004-1485 du 30 décembre 2004 de finances rectificative pour 2004 : article 128Légifrance
- Décret n°2018-1118 du 10 décembre 2018 relatif aux frais bancaires perçus par les établissements de crédit en cas de saisie administrative à tiers détenteurLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Saisie administrative à tiers détenteur (SATD)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Solde bancaire insaisissable (SBI)
- Quels sont les types de revenus saisissables ?
- Saisie sur compte bancaire
- Saisie sur salaire ou saisie des rémunérations
- Saisies et recouvrements
- Les allocations familiales sont-elles saisissables ?
- La pension d'invalidité est-elle saisissable ?
- Saisie conservatoire
- Saisie immobilière
- L'avocat est-il obligatoire dans un procès civil ?
- L'avocat
- Saisir le juge de l'exécution (JEX)
Le solde bancaire insaisissable (SBI) de 651,69 € et les plafonds de frais bancaires (10 % du montant dû, dans la limite de 100 €) sont fixés par décret et peuvent être révisés. Vérifier les montants en vigueur auprès de la DDFIP ou sur Service-Public.
