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Médiateur civil

Le médiateur civil est un tiers indépendant et impartial, désigné par le juge ou choisi par les parties, chargé de faciliter la résolution amiable d'un litige. Le recours au médiateur est payant et un juge doit valider l'accord trouvé pour lui donner force exécutoire.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant de recourir à un médiateur civil : mission, saisine, déroulement, durée et coût de la médiation.

Ce qu'il faut savoir

  • Le médiateur civil est un tiers indépendant et impartial qui aide les parties à trouver une solution amiable à leur litige.
  • Le médiateur ne tranche pas le litige, ne détermine pas de responsabilité et n'impose aucune décision.
  • La médiation peut être conventionnelle (à l'initiative des parties) ou judiciaire (ordonnée par un juge, avec l'accord des parties).
  • Pour certains litiges (demande inférieure ou égale à 5 000 €, trouble anormal du voisinage, bornage, servitudes, plantations...), il est obligatoire de tenter une résolution amiable avant de saisir le tribunal judiciaire.
  • La médiation ordonnée par un juge a une durée initiale de 5 mois maximum, renouvelable une fois de 3 mois.
  • Le recours à un médiateur est payant ; le juge peut prévoir une provision à valoir sur la rémunération.
  • L'accord issu d'une médiation peut être homologué par le juge : il acquiert alors la force exécutoire (même valeur qu'un jugement).
  • Toutes les réunions de médiation sont couvertes par la confidentialité.

Conditions essentielles

  • Le litige doit relever du civil (pas du pénal).
  • Les parties doivent consentir à la médiation (sauf réunion d'information imposée par le juge).
  • Le médiateur doit être désigné d'un commun accord ou par le juge, et remplir les conditions d'indépendance et de formation.
  • Pour les litiges avec un professionnel, s'adresser au médiateur spécialisé compétent (consommation, énergie, bancaire...).

Les étapes

  • Tenter de résoudre le litige à l'amiable (clause de médiation, accord entre les parties).
  • Choisir librement le médiateur (désignation directe ou structure de médiation).
  • Saisir le médiateur par courrier, formulaire en ligne ou dépôt au greffe (si la juridiction le permet).
  • Participer aux entretiens et réunions de médiation (entretien préalable, première réunion, réunions successives).
  • Si un accord est trouvé : le constater par écrit et, le cas échéant, demander au juge son homologation.
  • Si la médiation échoue : saisir le tribunal compétent (ou la procédure judiciaire se poursuit).

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — saisine par le juge, durée, coût, conditions du médiateur — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres à la saisine par le juge, à la durée ou au coût, voir les sections « Saisine par le juge », « Durée de la médiation » et « Coût de la médiation civile ».

Mission du médiateur civil

La mission du médiateur civil est d'établir un dialogue entre des personnes en conflit et de permettre de trouver une solution amiable.

Le médiateur va ainsi écouter les points de vue des parties, clarifier leurs attentes et construire une solution équilibrée et respectueuse des intérêts de chacun. Son rôle est de faciliter les échanges entre les parties en encourageant la compréhension mutuelle et la coopération. Il aide les parties à trouver elles-mêmes une solution commune.

Règle

Le médiateur civil ne tranche pas le litige, ne détermine pas de responsabilité et n'impose aucune décision. Il doit exercer sa mission en respectant les principes déontologiques d'impartialité, d'indépendance, de neutralité et de confidentialité.

La médiation ne remplace pas le procès : elle offre une alternative qui, si elle aboutit, permet d'éviter une décision judiciaire imposée. Si elle échoue, les parties restent libres de saisir le juge. La médiation peut être plus rapide, moins coûteuse et plus préservatrice des relations entre les parties qu'un procès. Elle est particulièrement adaptée aux litiges de voisinage, locatifs ou familiaux où la poursuite de la relation (voisinage, co-parentalité) reste nécessaire après le règlement du différend. Le médiateur n'est pas un conseil juridique : il aide les parties à construire leur propre accord, sans leur dicter de solution. Les parties peuvent toutefois se faire assister d'un avocat ou d'une personne de leur choix pendant les réunions.

Champ d'intervention

La médiation civile peut être utilisée dans la plupart des conflits du quotidien qui ne relèvent pas du pénal.

La médiation civile peut être utilisée, par exemple, pour des litiges de voisinage (bruits, plantations, servitudes, mitoyenneté…), des conflits locatifs ou immobiliers (loyers, charges de copropriété, travaux, relations bailleur/locataire...), des litiges de consommation, des conflits familiaux (sauf en cas d'allégations de violence conjugale ou d'emprise morale et psychologique), ou des conflits commerciaux (désaccords entre associés, clients et fournisseurs, prestataires de services...).

Règle

La médiation n'est pas possible en cas d'allégations de violence conjugale ou d'emprise morale et psychologique : dans ces situations, d'autres voies (protection judiciaire, assistance) doivent être privilégiées.

En cas de litige avec un professionnel, la loi impose de s'adresser à un médiateur compétent : médiateur de la consommation, médiateur national de l'énergie, médiateur bancaire, médiateur de l'AMF, Médiateur SNCF Voyageurs, Médiateur Tourisme et Voyage, selon le secteur d'activité.

Saisine par les parties

Le médiateur civil peut être saisi à l'initiative des parties (médiation conventionnelle), soit en application d'une clause de médiation prévue dans un contrat, soit d'un commun accord après la survenance d'un litige, soit préalablement à la saisie d'un juge.

Les parties choisissent librement leur médiateur : elles peuvent le désigner directement ou s'adresser à une structure de médiation. L'annuaire des sites de cours d'appel permet de trouver un médiateur en matière familiale, civile, sociale et commerciale. Le médiateur civil peut être saisi par courrier, par un formulaire en ligne sur le site du médiateur, ou, si la juridiction le permet, par le dépôt d'une demande directement au greffe de la cour d'appel ou du tribunal. La demande doit contenir l'identité des parties, un exposé clair des faits à l'origine du litige, ainsi que les documents justificatifs ou tout élément utile à la compréhension du dossier.

Règle

Pour certains litiges, il est obligatoire de recourir à un mode de résolution amiable (conciliation, médiation ou procédure participative) avant de saisir le tribunal judiciaire. Cela concerne notamment : un paiement d'une somme inférieure ou égale à 5 000 €, un trouble anormal du voisinage, une action en bornage, une action concernant une servitude, une action concernant la distance des plantations et la propriété voisine, une action concernant l'élagage d'arbres ou de haies, ou une action concernant la distance de constructions pouvant nuire au voisinage (puits, fosse d'aisance, cheminée ou âtre, forge, four ou fourneau, étable, magasin de sel ou amas de matières corrosives).

Attention : en cas de litige avec un professionnel, la loi impose de s'adresser à un médiateur compétent selon le secteur (consommation, énergie, bancaire, transport, tourisme). Vérifier la compétence du médiateur avant de le saisir.

Saisine par le juge

Le médiateur civil peut intervenir à la demande d'un juge qui estime qu'une résolution amiable du litige est possible. Dans ce cas, le médiateur est désigné par le juge, avec l'accord des parties.

La décision par laquelle le juge ordonne une médiation contient notamment le nom du médiateur, l'objet et la durée initiale de la mission, le montant de la provision à valoir sur la rémunération du médiateur, et le consentement des parties. Cette décision est notifiée par le greffe de la juridiction aux parties, par tous moyens.

Règle

À tout moment de la procédure, le juge peut imposer aux parties de participer à une réunion d'information avec un médiateur. Cette rencontre a pour but de leur présenter l'objet et le fonctionnement de la médiation. La partie qui ne participe pas à ce rendez-vous, sans motif légitime, peut être condamnée au paiement d'une amende civile d'un maximum de 10 000 €.

La réunion d'information ne préjuge pas de l'engagement d'une médiation : elle vise uniquement à informer les parties sur le dispositif. Le juge peut ensuite, si les parties le souhaitent, ordonner une médiation.

Déroulement de la médiation

Une fois acceptée, la médiation fait l'objet d'une convention qui précise son déroulement. Le médiateur peut réaliser un entretien préalable avec chaque partie pour obtenir leur point de vue sur la situation conflictuelle.

À la suite des entretiens préalables, une date de première réunion est fixée par tous moyens (courriers, emails…). Les parties peuvent être accompagnées d'une personne de leur choix, compétente devant la juridiction saisie. Lors de cette première réunion, le médiateur accueille les parties, se présente et demande à chacun de se présenter, rappelle les principes de la médiation et son rôle, et explique le déroulement de la médiation. Ensuite, les parties participent à des rendez-vous de médiation où elles peuvent exprimer leurs préoccupations, échanger des propositions et explorer différentes solutions. Le médiateur facilite ces discussions et la recherche de solutions satisfaisantes pour l'ensemble des parties.

Règle

Toutes les réunions de médiation sont couvertes par la confidentialité : le médiateur ne peut pas divulguer les informations ou transmettre les documents échangés dans le cadre de la médiation. Le médiateur doit accomplir sa mission dans le respect de ses obligations déontologiques : impartialité, indépendance, neutralité et loyauté.

La confidentialité s'applique même si la médiation n'aboutit pas : les propos échangés ne peuvent pas être utilisés ensuite devant le juge sans l'accord des parties.

Durée de la médiation

La durée de la médiation dépend de son origine : à la demande des parties, aucun délai n'est imposé ; ordonnée par le juge, la durée initiale est de 5 mois maximum.

Médiation à la demande des parties. Si la médiation s'est engagée à la demande des parties, aucun délai n'est imposé au médiateur pour accomplir sa mission : la durée dépend de la volonté des parties et de la complexité du litige. Médiation ordonnée par le juge. La durée initiale de la médiation ordonnée par un juge est de 5 mois maximum. Ce délai court à compter du versement de la provision à valoir sur la rémunération du médiateur. La mission peut être prolongée une fois, pour une durée de 3 mois, à la demande du médiateur.

Règle

Le juge peut mettre fin à la médiation, à tout moment, sur demande d'une partie ou du médiateur. Il peut également y mettre fin d'office lorsque le bon déroulement de la médiation paraît compromis (par exemple, si les parties n'arrivent pas à s'entendre).

La durée de 5 mois (renouvelable de 3 mois) ne s'applique qu'aux médiations ordonnées par un juge. Les médiations conventionnelles suivent le rythme convenu entre les parties et le médiateur.

Issue : accord trouvé

Lorsqu'un accord est trouvé, il peut être constaté par écrit et homologué par le juge, ce qui lui confère la force exécutoire.

Médiation à l'initiative des parties. L'accord issu d'une médiation peut être constaté dans un écrit signé par les parties. Dans ce cas, le médiateur atteste que l'accord est issu d'une médiation. Les parties ont la possibilité de demander au juge, par la voie d'une requête, d'homologuer cet accord. Le juge vérifie uniquement que son contenu est conforme à la loi et à l'ordre public : il ne peut en modifier les termes. Si l'accord est homologué, il acquiert la force exécutoire. Médiation ordonnée par le juge. À l'issue de sa mission, le médiateur informe le juge du résultat de la médiation. Si un accord a été trouvé, il peut être rédigé par écrit et signé par les parties ; le médiateur y atteste qu'il résulte d'une médiation judiciaire. Les parties, ou l'une d'entre elles, peuvent demander au juge d'homologuer cet accord. S'il est homologué, il met fin au litige et acquiert la force exécutoire : il s'impose aux parties et doit être exécuté. En revanche, si l'accord n'est pas homologué (parce qu'il est illicite ou contraire à l'ordre public), la procédure judiciaire se poursuit normalement devant le tribunal.

Règle

Lorsque l'accord est conclu sous la forme d'un acte contresigné par les avocats de chaque partie, elles peuvent demander à ce qu'il soit revêtu de la formule exécutoire. La demande se fait par voie de requête auprès du juge. L'accord a ainsi la même valeur qu'un jugement.

L'homologation est une procédure rapide et formelle : le juge ne réexamine pas le fond du litige, il vérifie seulement la conformité de l'accord à la loi et à l'ordre public.

Issue : échec de la médiation

En cas d'échec de la médiation, les parties restent libres de saisir le tribunal compétent, ou la procédure judiciaire se poursuit.

Médiation à l'initiative des parties. En cas d'échec, chacune des parties conserve la possibilité de saisir le tribunal compétent pour faire trancher le litige. L'échec de la médiation n'a aucune conséquence sur le droit d'agir en justice. Médiation ordonnée par le juge. Le médiateur informe le juge de l'échec de sa mission. Dans ce cas, l'affaire revient devant le juge et elle est jugée comme une affaire classique.

Règle

L'échec de la médiation ne prive pas les parties de leur droit d'agir en justice. Les propos échangés pendant la médiation restent confidentiels et ne peuvent pas être utilisés devant le juge sans l'accord des parties.

Un échec de la médiation n'empêche pas une nouvelle tentative ultérieure, si les parties le souhaitent. Certaines juridictions proposent d'ailleurs de réessayer la médiation avant le procès.

Coût de la médiation civile

Le recours à un médiateur est payant. La rémunération du médiateur est fixée à la fin de sa mission, en accord avec les parties.

Néanmoins, le juge prévoit en principe une provision à valoir sur la rémunération du médiateur. Dans ce cas, le juge doit fixer le montant de la provision, désigner la ou les parties qui doivent la verser, et indiquer dans quel délai le versement doit être effectué. La provision sera déduite du montant total de la médiation. Le médiateur doit fournir aux parties, dès le début de la médiation, toutes les informations qui peuvent leur permettre d'avoir une idée approximative du coût total de ses services. Si à la fin de la mission les parties ne trouvent pas un accord avec le médiateur sur sa rémunération, c'est le juge qui fixe la rémunération du médiateur. Lorsque le juge envisage de fixer un montant inférieur à celui demandé par le médiateur, il doit l'inviter à formuler ses observations avant de prendre sa décision.

Règle

Les parties doivent se mettre d'accord entre elles pour répartir le coût de la médiation. Si les parties ne parviennent pas à se mettre d'accord sur une répartition, les frais doivent être répartis entre elles à parts égales. Mais si le juge estime qu'une telle répartition n'est pas équitable, il peut fixer lui-même la répartition entre les parties, en fonction de la situation économique de chacune d'elles.

Le coût de la médiation n'est pas fixé par un tarif officiel : il dépend du médiateur, de la durée de la mission et de la complexité du litige. Demandez une estimation avant d'accepter la médiation.

Qui peut être médiateur civil ?

Le médiateur civil peut être une personne physique ou une personne morale. Cette personne doit remplir des conditions strictes d'intégrité, de formation et d'indépendance.

Le médiateur civil doit remplir les conditions suivantes : ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation, incapacité ou déchéance inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire (médiation judiciaire) ou au bulletin n° 3 (médiation conventionnelle) ; ne pas avoir commis de faits contraires à l'honneur, à la probité et aux bonnes mœurs ayant entraîné une sanction disciplinaire ou administrative ; avoir une formation ou une expérience adaptée à la pratique de la médiation ; présenter les garanties d'indépendance nécessaires à l'exercice de la médiation ; justifier de son indépendance à l'égard des parties (aucun lien financier, familial...).

Règle

Le médiateur civil ne peut pas être un juge ou un conciliateur de justice.

Pour vérifier qu'un médiateur remplit bien ces conditions, vous pouvez consulter les listes de médiateurs détenues par les cours d'appel (annuaire des sites de cours d'appel) ou les structures de médiation accréditées.

Textes applicables

La médiation civile est régie par le code de procédure civile et par la loi du 8 février 1995 relative à l'organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative.

Le code de procédure civile définit la médiation (article 1530), le médiateur (article 1530-2), la médiation judiciaire (articles 1533 à 1535-7), la médiation conventionnelle (articles 1536 à 1537), l'irrecevabilité des demandes non précédées de conciliation (article 750-1) et l'homologation de l'accord par le juge (articles 1541 à 1549). La loi du 8 février 1995 (article 22-1) pose les principes généraux de la médiation.

Règle

Code de procédure civile : articles 1530, 1530-2, 1533 à 1535-7, 1536 à 1537, 750-1, 1541 à 1549. Loi du 8 février 1995 : article 22-1.

Les textes applicables peuvent évoluer. Vérifier les dernières mises à jour sur Légifrance (legifrance.gouv.fr).

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Médiateur civil

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Le coût de la médiation n'est pas fixé par un tarif officiel. Vérifier les conditions de rémunération du médiateur avant d'accepter la médiation, et les modalités de saisine auprès du greffe de la juridiction compétente.

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