Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de tenter un accord amiable : types de litiges, tentatives obligatoires, voies amiables disponibles et effets juridiques de l'accord.
Ce qu'il faut savoir
- Avant un procès civil, il est possible de résoudre un litige par la conciliation, la médiation ou la procédure participative.
- Une tentative amiable est obligatoire avant de saisir la justice pour les litiges dont les demandes ne dépassent pas 5 000 €, ainsi que pour certains litiges fonciers et de voisinage.
- Si cette obligation n'est pas respectée, la demande en justice est déclarée irrecevable.
- La conciliation est gratuite et fait appel à un conciliateur de justice, auxiliaire de justice bénévole.
- La médiation fait intervenir un professionnel rémunéré par des honoraires, sauf en médiation de la consommation qui est gratuite pour le consommateur.
- La procédure participative exige l'assistance obligatoire d'un avocat et une convention écrite.
- Les constatations et déclarations recueillies pendant la conciliation ou la médiation ne peuvent pas être produites en justice sans l'accord des parties.
- L'accord trouvé peut être homologué par un juge et revêtu de la formule exécutoire, ce qui permet son exécution forcée.
Conditions essentielles
- Toutes les parties doivent être d'accord pour rechercher une solution amiable (sauf tentative obligatoire préalable au procès).
- Le litige doit porter sur une matière civile ou commerciale éligible — l'accord amiable est impossible dans les matières concernant l'état civil (nom, filiation).
- Pour la procédure participative, les parties doivent être assistées chacune par un avocat et conclure une convention écrite.
- Pour la médiation, le médiateur choisi doit justifier d'une formation ou d'une expérience en rapport avec la nature du différend.
Les étapes
- Identifier la nature du litige et vérifier si une tentative amiable est obligatoire avant tout procès.
- Choisir la voie amiable adaptée : conciliation, médiation ou procédure participative.
- Saisir le tiers amiable (conciliateur, médiateur) ou convenir de la convention de procédure participative avec son avocat.
- Participer aux rencontres (ensemble ou séparément) et échanger sur les éléments du différend.
- En cas d'accord, formaliser l'accord par écrit (constat d'accord, accord de médiation ou accord de procédure participative).
- Le cas échéant, demander l'homologation de l'accord au juge ou l'apposition de la formule exécutoire.
- En cas d'échec, conserver l'attestation d'échec (conciliation) puis saisir la juridiction compétente selon le montant du litige.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails propres à chaque voie amiable — déroulement de la conciliation, choix du médiateur, contenu de la convention de procédure participative — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le déroulement concret de chaque voie, voir les sections « Conciliateur de justice », « Médiation » et « Procédure participative avec avocat ». Pour les effets juridiques de l'accord (homologation, formule exécutoire, confidentialité), voir la section « Quels sont les effets de la procédure amiable ? ».
Quels sont les litiges pouvant faire l'objet d'un accord amiable ?
Avant de saisir la justice, il est possible de trouver un accord à l'amiable quel que soit le différend qui oppose les parties, à quelques exceptions près.
L'accord amiable est la recherche d'une solution négociée à un litige, en dehors du procès, avec l'aide d'un tiers impartial (conciliateur, médiateur) ou dans le cadre d'une procédure structurée (procédure participative). Il vise à ce que les parties trouvent elles-mêmes un arrangement mutuellement acceptable.
Une solution amiable peut être trouvée dans de très nombreuses situations de la vie civile et professionnelle. La fiche source en illustre notamment plusieurs : le litige entre un propriétaire et un locataire (impayés, état des lieux, réparations), le litige avec un commerçant (achat défectueux, livraison non conforme), le trouble anormal du voisinage (bruit, odeurs, vues), les problèmes de construction (malfaçons, distances), le litige entre salarié et employeur, les conflits familiaux (autorité parentale, droit de visite et d'hébergement), ainsi que les litiges entre le syndicat des copropriétaires et le syndic ou entre copropriétaires.
Règle
L'accord amiable n'est possible que si toutes les parties sont d'accord pour trouver un arrangement afin d'éviter un procès. L'accord peut porter sur une indemnisation, des travaux à effectuer, un bien à livrer ou toute autre prestation promise. Pour trouver cet accord, il est possible de faire appel à un conciliateur de justice, un médiateur, un avocat ou un juge.
Un accord à l'amiable ne peut pas avoir lieu dans les matières concernant l'état civil (nom, filiation, etc.). Ces matières relèvent de règles impératives qui ne peuvent pas faire l'objet d'une négociation privée entre les parties. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent pour toute situation non couverte par les matières listées.
Dans quels cas une tentative d'accord amiable est-elle obligatoire ?
Dans certains cas, la loi impose une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative avant de pouvoir saisir la justice.
Une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est obligatoire avant de saisir la justice pour les litiges dont les demandes ne dépassent pas 5 000 €. Cette obligation est une condition de recevabilité de la demande en justice.
Au-delà du seuil de 5 000 €, la tentative amiable est également obligatoire pour plusieurs catégories de litiges précisément listés par le code de procédure civile. Il s'agit principalement de contentieux de voisinage et fonciers : le bornage de terrains, certaines servitudes (droit de passage, conduite d'eau, égout), les distances des plantations ou leur élagage (arbres et haies), le respect des distances pour certaines constructions (par exemple la construction ou l'installation d'une clôture), le curage des fossés et canaux servant à l'irrigation des propriétés, ainsi que le trouble anormal de voisinage.
Règle
Si cette obligation préalable n'est pas respectée, la demande en justice est déclarée irrecevable. Le tribunal n'entre pas dans le fond du litige tant que la tentative amiable obligatoire n'a pas été accomplie ou que l'une des causes de dispense n'est pas caractérisée.
- Litiges de moins de 5 000 € : la tentative amiable (conciliation, médiation ou procédure participative) est obligatoire avant toute saisine du juge.
- Bornage : délimitation des propriétés contiguës — tentative amiable obligatoire.
- Servitudes : droit de passage, conduite d'eau, égout et autres servitudes apparentes — tentative amiable obligatoire.
- Plantations et élagage : distances réglementaires des arbres et haies — tentative amiable obligatoire.
- Constructions et clôtures : respect des distances réglementaires — tentative amiable obligatoire.
- Curage des fossés et canaux d'irrigation — tentative amiable obligatoire.
- Trouble anormal de voisinage — tentative amiable obligatoire.
L'obligation s'apprécie au regard du montant des demandes formulées, et non du montant total du litige tel que perçu par les parties. En cas de doute sur l'application de l'obligation à une situation donnée, il est recommandé de se faire conseiller par un avocat.
Dans quels cas est-on dispensé d'une tentative d'accord amiable ?
La loi prévoit plusieurs causes de dispense qui permettent de saisir directement la justice sans tenter préalablement une conciliation, une médiation ou une procédure participative.
Les parties sont dispensées de l'obligation de tenter une conciliation, une médiation ou une procédure participative avant toute demande en justice dans les cas prévus par le code de procédure civile.
Les principales causes de dispense sont les suivantes. Premièrement, lorsque l'une des parties demande l'homologation d'un accord, c'est-à-dire sa validation par un juge : la phase de négociation est alors déjà terminée. Deuxièmement, lorsqu'un motif légitime empêche la tentative amiable — par exemple, le conciliateur est indisponible et ne peut organiser la conciliation que dans un délai supérieur à 3 mois. Troisièmement, lorsque le juge ou l'autorité administrative doit procéder lui-même à une tentative de conciliation préalable, par exemple l'obligation de saisir la commission de recours amiable de la Caf avant tout procès, ou le recours gracieux préalable devant la commission médicale pour un litige avec la sécurité sociale. Quatrièmement, lorsqu'un créancier a engagé une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances qui n'a pas donné de résultat. Cinquièmement, lorsqu'un recours préalable obligatoire est déjà prévu dans la procédure applicable.
Règle
En cas d'urgence, les parties sont également dispensées d'accord amiable avant un procès si elles justifient de l'impossibilité de trouver un accord, par exemple en cas de fuite d'eau ou d'absence de chauffage. La dispense doit être justifiée par les circonstances concrètes.
- Homologation demandée : une partie demande au juge de valider un accord déjà trouvé.
- Motif légitime : le tiers amiable est indisponible dans un délai raisonnable (par exemple plus de 3 mois).
- Conciliation judiciaire ou administrative : le juge ou l'autorité compétente procède lui-même à la tentative préalable.
- Recouvrement échoué : une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances a été engagée sans résultat.
- Recours préalable obligatoire : la procédure prévoit déjà un recours gracieux ou hiérarchique obligatoire.
- Urgence : l'impossibilité matérielle de trouver un accord est justifiée (fuite d'eau, absence de chauffage...).
La dispense ne supprime pas la possibilité de recourir ultérieurement à une voie amiable : les parties peuvent toujours choisir de concilier ou de médier même après l'introduction de l'instance, sous réserve des règles de suspension de la prescription.
Conciliateur de justice
Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole chargé de faciliter la recherche d'un accord amiable entre les parties.
Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole qui guide les parties dans leur recherche d'accord amiable. Il permet de renouer le dialogue entre les personnes en litige et les aide à trouver une solution au différend qui les oppose.
Le conciliateur peut être saisi par tout moyen : téléphone, courrier, mail, ou via le formulaire en ligne du site de la Fédération des associations de conciliateurs de justice. Il convoque les parties en indiquant les lieu, jour et heure de la conciliation. Les parties peuvent se faire accompagner par un avocat, par leur époux, concubin ou partenaire de Pacs, ou par un parent (père, mère, beaux-parents, gendre, belle-fille, frère, sœur, neveu, nièce, etc.). Le conciliateur peut proposer une solution au litige, mais en aucun cas il ne peut imposer une solution : l'accord reste toujours l'expression de la volonté des parties. Il ne peut à aucun moment donner des consultations juridiques ni défendre l'une des parties contre l'autre. Avec l'accord des parties, il peut entendre toute personne utile à la conciliation, se rendre sur les lieux du litige ou s'adjoindre un autre conciliateur.
Règle
En cas de conciliation, même partielle, un constat d'accord est signé par les parties et le conciliateur de justice. Un exemplaire est remis à chaque partie et un exemplaire est déposé au greffe du tribunal judiciaire. Les parties, ou l'une d'elles avec l'accord des autres, peuvent présenter une requête en homologation du constat d'accord au juge compétent. Les parties peuvent également demander l'apposition de la formule exécutoire sur l'acte constatant l'accord : la demande est faite par écrit, en double exemplaire, adressée au greffe de la juridiction compétente du domicile du demandeur.
En cas d'échec de la conciliation, le conciliateur remet aux parties une attestation indiquant que les parties ont tenté une conciliation qui a échoué. Cette attestation permet de justifier du respect de la tentative amiable obligatoire devant le tribunal. Sauf accord contraire des parties, tout ce qui est dit, écrit ou fait au cours de la conciliation est confidentiel.
Conciliation devant le juge
Il est possible de saisir le tribunal d'une demande aux seules fins de conciliation, sans formuler de demandes au fond.
Le juge peut mener lui-même la conciliation ou la déléguer à un conciliateur de justice. La saisine du tribunal aux seules fins de conciliation permet de formaliser un accord avec l'autorité de la juridiction.
Lorsqu'une demande de conciliation est présentée, les parties sont avisées par le greffe qu'elles doivent se présenter à une audience de conciliation ou qu'elles doivent prendre contact avec le conciliateur désigné par le juge. Si les parties parviennent à une conciliation, elles peuvent demander au juge d'homologuer le constat d'accord : les parties, ou l'une d'elles avec l'accord des autres, présentent alors une requête en homologation au juge compétent.
Règle
En cas d'échec de la conciliation, le greffier ou le conciliateur remet aux parties une attestation indiquant que les parties ont tenté une conciliation qui a échoué. Les parties peuvent alors saisir une juridiction judiciaire pour régler leur litige. La prescription et les délais pour agir sont interrompus par l'enregistrement de la requête au tribunal : ce point est important car il protège les droits des parties pendant la tentative de conciliation.
La conciliation judiciaire présente l'avantage d'un cadre juridictionnel : l'interruption de la prescription par l'enregistrement de la requête sécurise la position des parties qui craignent l'expiration de leurs droits pendant la négociation.
Médiation
La médiation fait intervenir un professionnel formé chargé de trouver une solution amiable dans un litige civil ou familial.
Le médiateur est un professionnel chargé de trouver une solution amiable dans un litige qui oppose les parties. Il doit justifier d'une formation ou d'une expérience à la pratique de la médiation en rapport avec la nature du différend.
Il existe différents médiateurs, spécialisés selon la matière du litige. Le médiateur civil traite les litiges civils de la vie quotidienne comme les conflits de voisinage ou les impayés de loyer. Pour d'autres litiges, des médiateurs plus spécialisés interviennent : le médiateur familial pour les conflits familiaux (autorité parentale, droit de visite et/ou d'hébergement...), le médiateur de l'énergie pour les litiges avec les entreprises du secteur de l'énergie, les médiateurs de la consommation pour les litiges de voyage, assurance, loisirs, etc., ainsi que les médiateurs d'un centre de médiation du notariat pour les successions et le droit immobilier. Le médiateur est choisi par les parties. Il peut se rendre sur les lieux et entendre toute personne utile à la médiation avec l'accord des parties. Il peut s'adjoindre, avec leur accord, le concours d'un autre médiateur du ressort de la cour d'appel. Le médiateur reçoit les parties ensemble ou séparément ; elles peuvent se faire assister par un avocat si elles le souhaitent.
Règle
Si les parties ne parviennent pas à un accord, le médiateur peut proposer une solution pour régler le litige. Si aucun accord n'est trouvé, les parties peuvent saisir une juridiction judiciaire pour régler leur litige. Les constatations et déclarations recueillies par le médiateur ne peuvent pas être produites au cours de la procédure, ni dans toute autre instance ; elles peuvent uniquement être produites si les parties en sont d'accord.
La médiation se distingue de la conciliation par le statut du tiers : le médiateur est un professionnel rémunéré (voir la section sur le coût), tandis que le conciliateur est un auxiliaire de justice bénévole. La médiation de la consommation obéit à un régime spécifique issu du code de la consommation, dans lequel le coût est à la charge du professionnel.
Procédure participative avec avocat
La procédure participative est une convention par laquelle les parties s'engagent, assistées chacune d'un avocat, à trouver conjointement une solution amiable à leur litige.
Les parties s'engagent à trouver conjointement une solution amiable à leur litige dans le cadre d'une convention de procédure participative. Les parties doivent obligatoirement être assistées chacune par un avocat.
La convention de procédure participative doit être écrite et mentionner plusieurs éléments obligatoires : la date à laquelle elle est conclue ; l'identité des parties — pour les personnes physiques, leurs noms, prénoms, profession, domicile, nationalité, date et lieu de naissance ; pour les personnes morales, leur forme, leur dénomination, le siège social et l'organe qui les représente légalement ; l'identité des avocats ; la date de fin de la convention ; l'objet du différend ; les pièces et informations nécessaires à la résolution du différend, contresignées par les avocats ; les modalités de communication des demandes, pièces et informations entre les parties ; et la répartition des frais entre les parties. Au cours de la procédure, les parties peuvent, d'un commun accord, avoir recours à une expertise ou un technicien ; elles peuvent également faire appel à un conciliateur ou à un médiateur.
Règle
Le recours à un juge n'est pas possible tant que la procédure participative est en cours, sauf en cas d'inexécution de celle-ci. En cas de ressources insuffisantes des parties, l'aide juridictionnelle peut être accordée pour la procédure participative, à condition que la demande soit faite avant l'introduction de l'instance. Si les parties parviennent à un accord sur tout ou partie du litige, elles doivent le formaliser par écrit.
Les parties peuvent demander l'homologation de leur accord en adressant une requête au juge, accompagnée de la convention de procédure participative et de l'accord écrit. L'accord homologué a force exécutoire et permet l'exécution forcée. Les parties peuvent aussi demander que l'accord signé avec leurs avocats soit revêtu de la formule exécutoire : la demande est formée par écrit, en double exemplaire, auprès du greffe de la juridiction du domicile du demandeur compétente pour connaître du contentieux de la matière dont relève l'accord. Le greffier n'appose la formule exécutoire qu'après avoir vérifié sa compétence et la nature de l'acte. Si les parties ne parviennent pas à trouver un accord, le juge peut être saisi par l'une des parties ou par requête conjointe ; les parties sont alors dispensées de conciliation ou de médiation préalable.
Quels sont les effets de la procédure amiable ?
La procédure amiable a pour but d'arriver à un accord entre les parties. Cet accord peut être formalisé par écrit, homologué par un juge et revêtu de la formule exécutoire.
L'accord trouvé au terme d'une procédure amiable peut être doté d'une force juridique variable selon la voie choisie et les démarches effectuées après l'accord : simple écrit, constat d'accord déposé au greffe, accord homologué par un juge ou accord revêtu de la formule exécutoire.
Les parties peuvent demander au juge d'homologuer le constat d'accord : les parties, ou l'une d'elles avec l'accord des autres, présentent alors une requête en homologation au juge compétent. Elles peuvent également demander l'apposition de la formule exécutoire sur l'acte constatant l'accord signé par les parties et leurs avocats ; la demande est faite par écrit en double exemplaire adressée au greffe de la juridiction compétente du domicile du demandeur. L'accord homologué a force exécutoire, ce qui permet son exécution forcée en cas de non-respect par l'une des parties.
Règle
En cas d'échec de la procédure amiable, les parties peuvent saisir le tribunal de leur litige. La juridiction compétente dépend des sommes en jeu : pour un litige inférieur ou égal à 10 000 €, c'est le tribunal de proximité ou le tribunal judiciaire ; pour un litige supérieur à 10 000 €, c'est le tribunal judiciaire.
Deux règles de protection encadrent les effets de la procédure amiable. Premièrement, les constatations et déclarations recueillies par le conciliateur ou le médiateur ne peuvent pas être produites au cours de la procédure, ni dans toute autre instance, sauf accord des parties : le contenu des échanges reste confidentiel. Deuxièmement, lorsque qu'une instance est en cours et que les parties ont recours à la conciliation, la médiation ou la procédure participative, le délai de prescription est suspendu ; la prescription recommence à courir à partir de la fin de la médiation, de la conciliation ou du terme de la procédure participative, pour une durée qui ne peut pas être inférieure à 6 mois.
Quel est le coût d'une procédure amiable ?
Le coût d'une procédure amiable dépend de l'intervention du tiers : la conciliation est gratuite, la médiation et la procédure participative sont payantes dans la plupart des cas.
Le coût de la procédure amiable varie selon le type de tiers intervenant : le conciliateur de justice exerce gratuitement, tandis que le médiateur et les avocats de la procédure participative sont rémunérés par des honoraires.
La conciliation est gratuite : le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole qui n'exige aucune rémunération des parties. La médiation de la consommation est totalement gratuite pour le consommateur : le coût de celle-ci est à la charge du professionnel. En revanche, la médiation concernant les litiges civils ou familiaux est payante : le médiateur est rémunéré par le versement d'honoraires par les parties. La procédure participative est également payante, en raison de l'intervention des avocats dont les honoraires sont à la charge des parties selon la répartition prévue par la convention.
Règle
En cas de ressources insuffisantes, l'aide juridictionnelle peut être accordée pour une procédure participative. La demande doit être faite avant l'introduction de l'instance.
- Conciliation : gratuite (conciliateur de justice bénévole).
- Médiation de la consommation : gratuite pour le consommateur, à la charge du professionnel.
- Médiation civile ou familiale : payante, honoraires du médiateur à la charge des parties.
- Procédure participative : payante, honoraires des avocats répartis selon la convention.
- Aide juridictionnelle : possible pour la procédure participative, demande à faire avant l'introduction de l'instance.
La gratuité de la conciliation est un atout majeur pour les justiciables. Le choix entre conciliation et médiation peut donc dépendre à la fois de la nature du litige, de la spécialisation souhaitée et des moyens financiers des parties. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent pour les barèmes d'honoraires des médiateurs, qui varient selon les structures.
Où s'adresser ?
Selon la voie amiable choisie, la saisine se fait auprès du conciliateur de justice, du médiateur, d'un avocat ou directement auprès du tribunal.
La recherche d'un accord amiable peut être engagée auprès de plusieurs interlocuteurs : un conciliateur de justice, un médiateur spécialisé, un avocat (pour la procédure participative) ou le juge (conciliation judiciaire).
Pour trouver un conciliateur de justice, il existe un annuaire national en ligne sur le site de la Fédération des associations de conciliateurs de justice, qui permet de localiser la permanence la plus proche. Pour trouver un avocat, le Conseil national des barreaux met à disposition un annuaire des avocats de France. Pour la médiation, le choix du médiateur appartient aux parties, qui peuvent s'adresser à un centre de médiation ou à un médiateur individuel justifiant des qualifications requises.
Règle
En cas d'échec de la procédure amiable, la saisine de la juridiction compétente se fait auprès du tribunal de proximité ou du tribunal judiciaire selon le montant des demandes (10 000 € de seuil de compétence). Les demandes d'homologation et les demandes de formule exécutoire sont adressées au greffe de la juridiction compétente.
- Conciliateur de justice : Fédération des associations de conciliateurs de justice — annuaire en ligne pour trouver une permanence.
- Avocat : Conseil national des barreaux (CNB) — annuaire des avocats de France.
- Médiateur : centres de médiation civils, familiaux, de la consommation, de l'énergie ou du notariat selon la matière.
- Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité : ministère chargé de la justice — pour l'homologation, la formule exécutoire et le contentieux en cas d'échec.
Il est recommandé de conserver une preuve de la tentative amiable (attestation d'échec de conciliation, attestation du médiateur, convention de procédure participative) afin de justifier du respect de l'obligation préalable le cas échéant, sous peine d'irrecevabilité de la demande en justice.
Textes applicables
- Code de procédure civile : conciliation (articles 1528 à 1529)Textes applicables — Légifrance
- Code civil : transaction (articles 2044 à 2052)Textes applicables — Légifrance
- Code de la consommation : médiation de la consommation (articles L. 611-1 à L. 616-3)Textes applicables — Légifrance
- Code de procédure civile : article 1530Légifrance
- Code de procédure civile : article 1530-1Légifrance
- Code de procédure civile : article 1530-2Légifrance
- Code de procédure civile : article 1536Légifrance
- Code de procédure civile : article 1545Légifrance
- Code de procédure civile : article 1546Légifrance
- Code de procédure civile : article 1528-3Légifrance
- Décret n°78-381 du 20 mars 1978 relatif aux conciliateurs de justiceLégifrance
- Code de procédure civile : article 750-1Légifrance
- Code civil : articles 2062 à 2068Légifrance
- Code civil : article 2238Légifrance
- Code de la consommation : articles R612-1 à R612-5Légifrance
- Code de la consommation : articles R616-1 à R616-2Légifrance
- Loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : article 10Légifrance
- Code civil : article 637Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Accord amiable pour éviter un procès civil
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Trouver un conciliateur de justice
- Annuaire des avocats de France (Conseil national des barreaux)
- Médiation des litiges de consommation (ministère de l'Économie)
Les règles de tentative amiable obligatoire, de conciliation, de médiation et de procédure participative sont fixées par le code de procédure civile et le code civil. En cas de doute sur l'obligation applicable à une situation donnée ou sur la juridiction compétente, il est recommandé de se faire conseiller par un avocat ou de se rapprocher du greffe du tribunal judiciaire.
