Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur la maltraitance des personnes âgées : définition, obligation de signalement, plateforme 3133 et autorités compétentes selon le lieu de résidence de la victime.
Ce qu'il faut savoir
- La maltraitance se manifeste par des gestes, paroles, actions ou omissions portant atteinte aux droits, aux besoins ou à la santé de la victime (coups, brimades, absence de soins appropriés...).
- Tout témoin d'actes de maltraitance sur une personne âgée a l'obligation de les signaler, sous peine de sanctions pénales.
- Tout acte de maltraitance doit être signalé à la plateforme nationale de signalement des maltraitances : le 3133 (gratuit, tous les jours de 9h à 20h).
- En cas de danger immédiat, le signalement aux autorités judiciaires (procureur de la République, commissariat, gendarmerie) est obligatoire.
- Les professionnels de santé, sociaux ou médico-sociaux sont tenus au secret professionnel mais peuvent signaler les maltraitances ; en cas de danger grave et immédiat, ils doivent le faire.
- Les autorités administratives compétentes varient selon le lieu : conseil départemental + ARS (EHPAD, domicile), ARS seule (hôpital), Métropole de Lyon (commune lyonnaise).
- Le signalement peut être anonyme : vous pouvez utiliser un pseudonyme ou demander à ne pas être rappelé.
- Ne pas signaler une maltraitance avec danger immédiat peut entraîner des poursuites pour non-assistance à personne en danger : 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.
Conditions essentielles
- Avoir connaissance d'actes de maltraitance sur une personne âgée (victime ou témoin).
- Pour les professionnels tenus au secret professionnel : obtenir l'accord de la victime pour signaler, sauf danger grave et immédiat.
- Communiquer toutes les informations portant sur la maltraitance aux autorités compétentes.
Les étapes
- Contacter la plateforme 3133 (gratuit, tous les jours de 9h à 20h) pour tout acte de maltraitance.
- En cas de maltraitance grave (privation de soins/nourriture, agression sexuelle) : alerter en plus les autorités administratives (conseil départemental + ARS, ou ARS seule à l'hôpital).
- En cas de danger immédiat : faire un signalement aux autorités judiciaires (procureur de la République, commissariat ou brigade de gendarmerie).
- Communiquer aux autorités toutes les informations dont vous disposez sur la maltraitance.
- En tant que victime : en parler à un proche de confiance (médecin traitant, infirmière, assistante sociale) ou contacter directement le 3133.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — autorités selon le lieu de résidence, secret professionnel, sanctions — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au lieu de résidence de la victime (EHPAD, domicile, hôpital) ou au secret professionnel, voir les sections « La victime vit en EHPAD », « La victime vit chez elle » et « Témoin tenu au secret professionnel ».
Qu'est-ce que la maltraitance ?
La maltraitance sur une personne âgée se manifeste par des gestes, paroles, actions ou omissions portant atteinte aux droits, aux besoins ou à la santé de la victime.
Les exemples de maltraitance incluent les coups, les brimades, l'absence de soins appropriés, les privations (de nourriture, de soins), les violences physiques, psychologiques ou sexuelles (humiliations, agressions sexuelles), et les maltraitances financières (détournement de ressources). La maltraitance peut être commise par des proches, des aidants ou des professionnels.
Règle
La maltraitance ou les mauvais traitements infligés à des personnes âgées doivent être signalés par quiconque en a eu connaissance.
Les règles de signalement diffèrent en fonction de la situation de la personne qui dénonce ces faits : victime, témoin non soumis au secret professionnel, ou témoin tenu au secret professionnel.
Signalement par la victime
Si vous êtes une personne âgée et que vous subissez des actes de maltraitance (physiques, psychologiques, financières, etc.), vous pouvez en parler à un proche en qui vous avez confiance.
Il peut s'agir d'un membre de votre famille ou de votre entourage (par exemple, votre médecin traitant, l'infirmière qui s'occupe de vous, une assistante sociale). Vous pouvez également contacter directement la plateforme nationale de signalement des maltraitances envers les personnes vulnérables (3133). Un agent spécialement formé vous écoutera et vous donnera des conseils sur les démarches à accomplir. Il transmettra votre signalement à la cellule chargée du recueil, du suivi et du traitement des signalements.
Règle
Afin de garantir votre anonymat, vous pouvez utiliser un pseudonyme ou demander à ne pas être rappelé.
Vous pouvez recevoir quotidiennement la visite de vos proches (enfants, amis, etc.) si vous y consentez. Il n'est pas nécessaire de prévenir l'établissement dans lequel vous vous trouvez.
Signalement par un témoin (sans secret professionnel)
Si vous êtes témoin d'actes de maltraitance sur une personne âgée, vous avez l'obligation de les signaler. Les démarches varient en fonction du lieu de résidence de la personne âgée.
Tout acte de maltraitance doit être signalé à la plateforme nationale de signalement des maltraitances (3133). Un agent spécialement formé vous écoutera et vous donnera des conseils sur les démarches à accomplir, puis transmettra votre signalement à la cellule compétente. Afin de garantir votre anonymat, vous pouvez utiliser un pseudonyme ou demander à ne pas être rappelé.
Règle
Si la maltraitance se traduit par des actes de privation (de soins, de nourriture), des mauvais traitements ou des agressions sexuelles, les autorités administratives et judiciaires doivent être alertées. En cas d'urgence (danger immédiat), vous avez l'obligation de faire un signalement aux autorités judiciaires.
Si vous avez connaissance d'une telle situation et que vous ne la dénoncez pas aux autorités compétentes, vous encourez une peine de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende (non-dénonciation de crime ou délit). Si vous êtes témoin de maltraitances physiques et que vous ne venez pas en aide à la victime, vous pouvez être poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
La victime vit en EHPAD ou en maison de retraite
Tout acte de maltraitance commis en EHPAD ou en maison de retraite doit être signalé au 3133. Si la maltraitance est grave, les autorités administratives et judiciaires doivent être alertées.
Signalement au 3133. En tant que témoin, vous devez faire un signalement au 3133. Un agent spécialement formé vous écoutera et vous donnera des conseils sur les démarches à accomplir. Autorités administratives. Lorsque la victime se trouve en EHPAD ou en maison de retraite, les autorités administratives compétentes sont le conseil départemental du lieu dans lequel se trouve l'établissement et l'Agence régionale de santé (ARS) du lieu de résidence de la victime. Vous pouvez contacter ces 2 administrations par mail, par téléphone ou par courrier postal. Votre signalement mène à une enquête au sein de l'établissement concerné. L'ARS et le conseil départemental peuvent demander au responsable de l'établissement de faire cesser les maltraitances constatées. Une fermeture provisoire ou définitive de la structure peut être envisagée. Commune de la Métropole de Lyon. Il est nécessaire de contacter la Métropole de Lyon. Urgence (danger immédiat). Votre signalement doit être transmis, par téléphone ou par lettre recommandée avec accusé de réception, au procureur de la République du lieu de l'établissement dans lequel les cas de maltraitance ont été commis. Il peut également être fait par écrit, par téléphone ou sur place au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix. Les autorités judiciaires prendront les mesures nécessaires pour mettre fin aux maltraitances.
Règle
Si vous avez connaissance d'une situation de maltraitance grave et que vous ne la dénoncez pas aux autorités compétentes, vous encourez une peine de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. En cas de danger immédiat, le signalement aux autorités judiciaires est obligatoire.
Dans tous les cas, vous devez communiquer aux autorités toutes les informations portant sur la maltraitance dont vous avez été témoin.
La victime vit chez elle ou chez un proche
Tout acte de maltraitance commis au domicile de la victime doit être signalé au 3133. Les autorités administratives compétentes sont le conseil départemental et l'ARS.
Signalement au 3133. En tant que témoin, vous devez faire un signalement au 3133. Un agent spécialement formé vous écoutera et vous donnera des conseils sur les démarches à accomplir, puis transmettra votre signalement à la cellule compétente. Autorités administratives. Lorsque la victime vit chez elle ou chez un proche, les autorités administratives compétentes sont le conseil départemental du lieu de résidence de la victime et l'Agence régionale de santé (ARS) du lieu de résidence. Vous pouvez contacter ces 2 administrations par mail, par téléphone ou par courrier postal. Urgence (danger immédiat). Votre signalement doit être transmis au procureur de la République du lieu de résidence de la victime, par téléphone ou par lettre recommandée avec accusé de réception. Il peut également être fait au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Règle
En cas de maltraitances graves (privation de nourriture, agression sexuelle), vous devez également alerter les autorités administratives compétentes. En cas d'urgence, le signalement aux autorités judiciaires est obligatoire.
Si vous êtes témoin de maltraitances physiques et que vous ne venez pas en aide à la victime, vous pouvez être poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
La victime est à l'hôpital
Lorsque la victime se trouve à l'hôpital, les cas de maltraitance doivent être directement signalés à l'ARS du lieu de résidence de la personne âgée.
Signalement au 3133. Tout acte de maltraitance doit être signalé à la plateforme nationale (3133). Autorité administrative. Les cas de maltraitance à l'hôpital sont signalés directement à l'Agence régionale de santé (ARS) du lieu de résidence de la personne âgée. Vous pouvez signaler un cas de maltraitance par mail, par téléphone ou par courrier postal. Votre signalement mène à une enquête au sein de l'établissement concerné. L'ARS peut demander au responsable de l'établissement de faire cesser les maltraitances constatées. Une fermeture provisoire ou définitive de la structure peut être envisagée. Urgence (danger immédiat). Le signalement doit être transmis au procureur de la République, au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Règle
Si la maltraitance se traduit par des actes de privation, des mauvais traitements ou des agressions sexuelles, les autorités administratives et judiciaires doivent être alertées.
Si vous êtes témoin de maltraitances physiques et que vous ne venez pas en aide à la victime (par quelconque moyen), vous pouvez être poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
Témoin tenu au secret professionnel
Les professionnels de santé, sociaux ou médico-sociaux (médecin, infirmier, assistant social...) sont tenus au secret professionnel. Toutefois, s'ils sont témoins de maltraitance sur une personne âgée, ils peuvent effectuer un signalement.
Le signalement peut être fait auprès de la plateforme nationale (3133) et des autorités administratives et judiciaires compétentes. Les maltraitances peuvent se manifester par des privations (de soins, de nourriture), des violences physiques, psychologiques ou sexuelles (coups, humiliations) ou une agression sexuelle. Un agent spécialement formé vous écoutera au 3133 et vous donnera des conseils sur les démarches à accomplir pour que les maltraitances cessent.
Règle
Pour procéder à ce signalement, vous devez obtenir l'accord de la victime. Toutefois, s'il existe un danger grave et immédiat pour la personne âgée (par exemple un risque vital), vous devez effectuer ce signalement sans attendre l'accord de la victime. Si vous ne le faites pas, vous pouvez être poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
Le secret professionnel protège les informations confiées par la victime : le signalement doit être fait avec discrétion et dans le seul intérêt de la personne protégée. Les moyens de signalement sont les mêmes que pour les autres témoins (3133, autorités administratives, autorités judiciaires en urgence).
Sanctions en cas de non-signalement
Le non-signalement d'une maltraitance avec danger immédiat est un délit passible de sanctions pénales.
Si vous avez connaissance d'une situation de maltraitance et que vous ne la dénoncez pas aux autorités compétentes, vous encourez une peine de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende (non-dénonciation de crime ou délit puni d'au moins 3 ans d'emprisonnement). De plus, si vous êtes témoin de maltraitances physiques (coups, agression sexuelle) et que vous ne venez pas en aide à la victime, vous pouvez être poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
Règle
Ces sanctions s'appliquent à toute personne ayant connaissance de maltraitances, y compris les témoins tenus au secret professionnel en cas de danger grave et immédiat.
Le signalement au 3133 est gratuit et peut être anonyme. Il n'expose pas le témoin à des sanctions s'il est de bonne foi. En cas de doute sur la situation, appelez le 3133 pour obtenir des conseils sur les démarches appropriées.
Textes applicables
La lutte contre la maltraitance des personnes âgées est encadrée par le code de l'action sociale et des familles, le code pénal et le code de la santé publique.
Le code de l'action sociale et des familles (articles L. 311-3 à L. 311-12) encadre la protection des personnes vulnérables. Les articles 119-1 à 119-2 du même code prévoient le signalement des maltraitances. Le code pénal (article 434-3) sanctionne le non-dénonciation de crimes ou délits ; les articles 226-13 à 226-14 protègent le secret professionnel ; l'article 223-6 réprime l'omission de porter assistance. L'article L. 313-24 du code de l'action sociale et des familles encadre le signalement en établissement.
Règle
Code de l'action sociale et des familles : articles L. 311-3 à L. 311-12, 119-1 à 119-2, L. 313-24. Code pénal : articles 434-3, 226-13 à 226-14, 223-6.
Les textes applicables peuvent évoluer. Vérifier les dernières mises à jour sur Légifrance (legifrance.gouv.fr).
Textes applicables
- Code de l'action sociale et des familles : articles L311-3 à L311-12Texte législatif
- Code de l'action sociale et des familles : articles 119-1 à 119-2Texte législatif
- Code pénal : article 434-3 (non-dénonciation)Texte législatif
- Code pénal : articles 226-13 à 226-14 (secret professionnel)Texte législatif
- Code pénal : article 223-6 (non-assistance à personne en danger)Texte législatif
- Code de l'action sociale et des familles : article L313-24Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Maltraitance sur une personne âgée : comment l'identifier et la signaler ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
La plateforme 3133 est ouverte tous les jours de 9h à 20h, appel et service gratuits. En cas de danger immédiat, contacter immédiatement le procureur de la République, le commissariat de police ou la brigade de gendarmerie.
