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Comparution immédiate

La comparution immédiate est une procédure pénale rapide qui permet de faire juger un prévenu à la suite de sa garde à vue. Elle ne s'applique qu'à certains délits — ni aux contraventions, ni aux crimes — et concerne uniquement les personnes majeures. Le prévenu doit donner son accord, en présence d'un avocat, pour être jugé le jour même.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur la comparution immédiate : conditions, déroulement, droits du prévenu et voies de recours.

Ce qu'il faut savoir

  • La comparution immédiate est une procédure rapide qui permet de faire juger un prévenu à la suite de sa garde à vue, le jour même du défèrement.
  • Elle ne s'applique pas aux contraventions ni aux crimes, mais uniquement à certains délits punis d'au moins 2 ans de prison (enquête préliminaire) ou 6 mois (enquête de flagrance).
  • Les délits de presse, les délits politiques et les délits prévus par une loi spéciale sont exclus de cette procédure.
  • Le prévenu doit être majeur et l'affaire doit être en état d'être jugée : assez d'éléments doivent être réunis pour permettre rapidement le jugement.
  • Même si toutes les conditions sont réunies, le prévenu n'est jugé en comparution immédiate que s'il a donné son accord, en présence d'un avocat.
  • Si l'audience est impossible le jour même, le report est limité à 3 jours ouvrables maximum (sous contrôle judiciaire, assignation à résidence ou détention provisoire prononcée par le JLD).
  • Le prévenu, la partie civile et le ministère public peuvent faire appel de la décision du tribunal correctionnel. L'appel de la partie civile est limité aux intérêts civils.

Conditions essentielles

  • Délit puni d'au moins 2 ans de prison (enquête préliminaire) ou 6 mois (enquête de flagrance).
  • Infraction constituant une atteinte à l'ordre public, d'une certaine gravité.
  • Affaire en état d'être jugée : assez d'éléments à charge pour juger rapidement.
  • Prévenu majeur.
  • Accord du prévenu, donné en présence d'un avocat.

Les étapes

  • Fin de la garde à vue : le procureur de la République décide d'utiliser la procédure de comparution immédiate.
  • Défèrement : le suspect est conduit devant le procureur, qui l'informe de ses droits et des faits, puis l'interroge.
  • Audition du suspect et de son avocat (choisi ou commis d'office).
  • Conduite du prévenu devant le tribunal correctionnel, le jour même, sous escorte.
  • Audience : le président du tribunal demande au prévenu s'il accepte d'être jugé immédiatement (présence d'un avocat obligatoire pour recueillir le consentement).
  • Jugement selon les règles communes d'un procès devant le tribunal correctionnel.
  • Appel possible par le prévenu, la partie civile ou le ministère public.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — conditions d'application, droits du suspect, mesures de sûreté, renvoi, appel — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les conditions d'application et les délits exclus, voir les sections « Quelles sont les conditions nécessaires ? » et « Les délits exclus ». Pour les droits du suspect et le déroulement de l'audience, voir les sections dédiées.

Quelles sont les conditions nécessaires à la comparution immédiate ?

La comparution immédiate s'applique uniquement pour certains délits, sous réserve que l'affaire soit en état d'être jugée et que le prévenu soit majeur.

La comparution immédiate vise les infractions qui constituent une atteinte à l'ordre public, d'une certaine gravité. Elle ne s'applique qu'aux délits punis d'une peine d'au moins 2 ans de prison en enquête préliminaire, ou d'au moins 6 mois de prison en enquête de flagrance.

L'enquête préliminaire est la phase d'enquête conduite par la police judiciaire avant la décision du procureur. L'enquête de flagrance est la procédure engagée lorsque l'infraction est constatée en temps réel, avec des indices graves et concordants. Les seuils de gravité (2 ans ou 6 mois) ne dépendent donc pas de la peine prononcée, mais de la peine encourue par l'infraction. L'affaire doit être en état d'être jugée : une enquête approfondie n'est pas nécessaire et il doit y avoir assez d'éléments à charge pour permettre rapidement le jugement de l'affaire. Enfin, le prévenu doit être majeur : la comparution immédiate ne s'applique pas aux mineurs.

Règle

Même si toutes les conditions sont réunies, le prévenu peut être jugé en comparution immédiate uniquement s'il a donné son accord, en présence d'un avocat. Sans ce consentement, la procédure ne peut pas prospérer.

Le consentement du prévenu est une garantie fondamentale : il doit être recueilli librement, avec l'assistance d'un avocat, et le président du tribunal doit s'assurer de sa réalité à l'audience.

Les délits exclus de la procédure

Même s'ils entrent dans les seuils de gravité, certains délits sont exclus de la procédure de comparution immédiate.

La comparution immédiate ne s'applique pas aux délits de presse, aux délits politiques, ni aux délits dont la procédure est prévue par une loi spéciale.

Les délits de presse (diffamation, injure, provocation, etc.) relèvent d'une procédure spécifique prévue par la loi sur la liberté de la presse. Les délits politiques (atteinte à la sûreté de l'État, etc.) sont soumis à des règles particulières garantissant des garanties procédurales renforcées. Les délits prévus par une loi spéciale obéissent à des procédures dérogatoires du droit commun (par exemple, certains délits fiscaux ou en matière de stupéfiants selon les cas).

Règle

Ces exclusions visent à garantir que les procédures les plus sensibles (liberté d'expression, sûreté de l'État, procédures spéciales) ne soient pas traitées dans l'urgence de la comparution immédiate.

L'identification du délit relève du procureur de la République, qui vérifie si la procédure est applicable avant de déférer le suspect en comparution immédiate.

La décision du procureur et le défèrement

C'est le procureur de la République qui décide d'utiliser la procédure de comparution immédiate. Il prend sa décision à la fin de la garde à vue du suspect.

À la fin de la garde à vue, le procureur de la République donne l'ordre aux enquêteurs de conduire le suspect devant lui pour l'auditionner. C'est ce qu'on appelle le défèrement du suspect.

Lors du défèrement, le procureur informe d'abord le suspect sur ses droits et sur les faits qui lui sont reprochés. Puis il interroge le suspect et recueille ses observations. Il recueille également les observations de l'avocat si le suspect est assisté d'un avocat choisi par lui ou commis d'office par le bâtonnier. Le défèrement constitue le passage de garde à vue à la phase judiciaire : à partir de ce moment, le suspect devient prévenu et la procédure s'accélère.

Règle

Le défèrement en comparution immédiate suppose que le procureur estime l'affaire en état d'être jugée et que les conditions de gravité sont remplies. Le suspect doit être conduit devant le procureur dans le respect des délais de garde à vue.

Si le procureur estime que l'affaire n'est pas en état ou que les conditions ne sont pas réunies, il peut choisir une autre procédure (comparution à délai différé, mise en examen, etc.).

Les droits du suspect déféré

Le suspect qui est déféré en vue d'une comparution immédiate dispose de droits spécifiques, destinés à garantir sa défense dans l'urgence de la procédure.

Le suspect a le droit de consulter son dossier sur le champ, d'être assisté d'un interprète s'il ne comprend pas le français, et d'être assisté d'un avocat choisi par lui ou commis d'office par le bâtonnier.

Le suspect peut faire des déclarations, répondre aux questions ou se taire : le silence est un droit, et il ne peut pas lui être reproché. Il peut également refuser d'être jugé sur le champ et obtenir un renvoi pour préparer sa défense. La consultation du dossier sur le champ est une garantie essentielle : elle permet au suspect et à son avocat de prendre connaissance des charges avant de décider s'ils acceptent le jugement immédiat.

Règle

L'assistance d'un avocat est un droit fondamental du suspect déféré. Si le suspect n'a pas d'avocat, le bâtonnier en désigne un commis d'office.

Le refuser d'être jugé sur le champ est un droit du prévenu : il peut demander un renvoi à une date ultérieure pour préparer sa défense (voir la section « Report de l'audience et renvoi de l'affaire »).

L'audience du jour même et les mesures de sûreté

Le prévenu comparaît le jour même à l'audience du tribunal correctionnel pour être jugé. En attendant l'heure de l'audience, il est retenu dans une salle sécurisée du tribunal, sous la surveillance des policiers ou des gendarmes.

L'audience de comparution immédiate doit avoir lieu le même jour, à la suite du défèrement. L'audience se déroule selon les règles communes d'un procès devant le tribunal correctionnel.

Si l'audience est impossible le jour même, la comparution immédiate est reportée. Dans ce cas, le procureur de la République peut demander au juge des libertés et de la détention (JLD) d'ordonner des mesures de sûreté en attendant l'audience. Le JLD peut prononcer les mesures suivantes : contrôle judiciaire, assignation à résidence avec surveillance électronique (bracelet électronique) ou détention provisoire. Le prévenu ne peut pas faire appel de la décision du JLD.

Règle

Le report de l'audience est limité dans le temps : 3 jours ouvrables maximum si le prévenu est placé en détention provisoire par le JLD (ce délai court à partir du lendemain de la décision du JLD ; sinon, il est automatiquement mis en liberté), ou 3 jours ouvrables maximum s'il est placé sous contrôle judiciaire ou assigné à résidence avec surveillance électronique.

L'absence de voie de recours contre la décision du JLD traduit l'urgence de la procédure : le contrôle de la mesure relève du juge lui-même, sans possibilité d'appel du prévenu.

Report de l'audience et renvoi de l'affaire

Deux situations peuvent entraîner un report de l'audience : l'impossibilité de juger le jour même, ou le refus du prévenu d'être jugé immédiatement.

Lors de l'audience, le prévenu peut refuser d'être jugé immédiatement, ou l'affaire peut ne pas être en état d'être jugée (les charges réunies dans le dossier sont insuffisantes). Dans ce cas, le tribunal ordonne le renvoi de l'affaire à une autre date.

Le délai de renvoi, quelle que soit la peine encourue, ne peut pas être inférieur à 4 semaines (sauf si le prévenu renonce à ce délai), ni supérieur à 10 semaines. En cas de renvoi, le prévenu ou son avocat peut demander au tribunal d'ordonner un complément d'enquête (auditions, expertises…). Le tribunal peut également ordonner des mesures de sûreté (contrôle judiciaire, assignation à résidence avec surveillance électronique ou détention provisoire), ou les prolonger, dans l'attente de l'audience de renvoi.

Règle

Le délai de renvoi est compris entre 4 et 10 semaines. La possibilité de renoncer au délai minimum de 4 semaines permet au prévenu d'accélérer le jugement s'il le souhaite.

Le complément d'enquête est une garantie de la défense : il permet d'obtenir des éléments manquants avant le jugement. Le maintien des mesures de sûreté pendant le report assure la présence du prévenu à l'audience de renvoi.

Le déroulement de l'audience

À l'audience, le prévenu comparaît sous escorte (police ou gendarmerie) devant le tribunal correctionnel. Le président du tribunal doit lui demander s'il accepte d'être jugé immédiatement.

La présence d'un avocat est obligatoire pour recueillir le consentement du prévenu à être jugé sur le champ. Si le prévenu n'a pas d'avocat, le tribunal demande au bâtonnier de désigner un avocat commis d'office.

L'audience se déroule ensuite selon les règles communes d'un procès devant le tribunal correctionnel : présentation des charges, interrogatoire du prévenu, réquisitions du ministère public, observations de la défense, plaidoiries et délibéré. Le tribunal statue sur la culpabilité et, le cas échéant, sur la peine.

Règle

Le consentement du prévenu est recueilli en audience publique, avec l'assistance d'un avocat. Le président s'assure que le consentement est éclairé et libre.

Si le prévenu retire son consentement pendant l'audience, le tribunal peut renvoyer l'affaire selon les règles du renvoi (4 à 10 semaines).

La victime dans la procédure

La victime de l'infraction est avertie par tout moyen de la procédure de comparution immédiate et de la date de l'audience. En pratique, c'est la police ou la gendarmerie qui lui donne l'information.

La victime peut se faire traduire l'avis d'audience si elle ne comprend pas le français. Elle peut se constituer partie civile pour demander des dommages-intérêts en réparation de son préjudice.

La partie civile est la victime qui intervient dans la procédure pénale pour obtenir réparation de son préjudice. Elle peut choisir un avocat ou faire ses demandes seule. Si elle souhaite être assistée d'un avocat mais que ses ressources sont insuffisantes, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle. Si la demande de dommages-intérêts de la partie civile ne peut pas être jugée à l'audience immédiatement, le tribunal renvoie le dossier à une audience sur intérêts civils, consacrée uniquement à la demande d'indemnisation.

Règle

L'information de la victime est une garantie : elle doit pouvoir se préparer à l'audience et, le cas échéant, se constituer partie civile. La traduction de l'avis d'audience est due si la victime ne comprend pas le français.

La constitution de partie civile peut intervenir dès l'audience de comparution immédiate ou ultérieurement, dans les formes prévues par le code de procédure pénale.

Appel et voies de recours

La personne condamnée, la partie civile et le ministère public peuvent faire appel de la décision du tribunal correctionnel rendue en comparution immédiate.

L'appel ouvre un second degré de juridiction devant la cour d'appel. Toutefois, l'appel de la partie civile est limité aux intérêts civils : elle ne peut pas contester la peine prononcée à l'encontre du prévenu, ni une décision de relaxe.

Si le prévenu est condamné et maintenu en détention par le tribunal, en cas d'appel, la cour d'appel a 4 mois pour rendre sa décision. Passé ce délai, le prévenu est libéré. Ce délai de 4 mois constitue une garantie contre la prolongation excessive de la détention provisoire dans le cadre de la procédure d'appel.

Règle

L'appel du ministère public et du prévenu porte sur l'ensemble de la décision (culpabilité et peine). L'appel de la partie civile est restreint à ses seuls intérêts civils.

Le délai d'appel est fixé par le code de procédure pénale. En cas de doute sur les modalités d'appel, consultez un avocat ou le greffe du tribunal.

Où s'adresser

Les victimes peuvent se rapprocher du bureau d'aide aux victimes (BAV) et du numéro d'aide aux victimes 116 006. L'assistance d'un avocat est un droit du prévenu et de la victime.

Le bureau d'aide aux victimes (BAV), rattaché au tribunal, informe et oriente les victimes d'infractions. Le 116 006 est le numéro national d'aide aux victimes, géré par France Victimes.

Le 116 006 permet aux victimes d'infractions (hors atteintes aux biens sur internet) d'être écoutées et orientées vers une association d'aide aux victimes ou un service spécialisé. Le service est gratuit, accessible aux personnes sourdes et malentendantes, joignable tous les jours de l'année, de 9 h à 20 h (heure de Paris). Un numéro complémentaire est disponible : + 33 (0)1 80 52 33 76 (appel gratuit). Par mail : victimes@116006.fr. Pour l'assistance d'un avocat, le Conseil national des barreaux (CNB) peut vous orienter vers un avocat près de chez vous.

Règle

L'assistance d'un avocat est un droit du prévenu déféré (choisi ou commis d'office) et de la victime partie civile (avec possibilité d'aide juridictionnelle si les ressources sont insuffisantes).

Information à vérifier auprès de l'organisme compétent : les horaires et modalités d'accueil des bureaux d'aide aux victimes peuvent varier selon les tribunaux — renseignez-vous auprès du BAV de votre ressort.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Comparution immédiate

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

La comparution immédiate est une procédure d'urgence encadrée par le code de procédure pénale. Les seuils de gravité (2 ans ou 6 mois de peine encourue), les délais de report (3 jours ouvrables) et de renvoi (4 à 10 semaines) sont fixés par la loi. Vérifier les dernières évolutions auprès du tribunal correctionnel ou d'un avocat.

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