Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur les caméras de vidéosurveillance sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public : qui peut les installer, quelles sont vos droits sur les images et comment dénoncer un usage anormal.
Ce qu'il faut savoir
- Les caméras de vidéosurveillance sont autorisées sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public, sous conditions et après autorisation préfectorale.
- Les autorités publiques (maire, préfet) peuvent installer des caméras pour des missions de sécurité publique, de protection des bâtiments, de prévention du terrorisme, etc.
- Les commerçants peuvent filmer les abords immédiats de leurs locaux dans les lieux exposés à des risques d'agression, de vol ou d'actes de terrorisme.
- Les caméras ne doivent pas permettre de visualiser l'entrée et l'intérieur des immeubles d'habitation.
- Une affiche avec pictogramme caméra doit indiquer en permanence la présence du système, le nom et téléphone du responsable et les démarches possibles.
- Si vous avez été filmé, vous pouvez demander à visionner les images et à en obtenir une copie.
- Les enregistrements sont conservés 1 mois en principe, puis détruits.
- En cas d'usage anormal, vous pouvez saisir une commission départementale de vidéoprotection ou la CNIL.
Conditions essentielles
- L'installation d'une caméra sur la voie publique nécessite une autorisation préfectorale préalable.
- Le dispositif doit répondre à l'un des motifs légaux (sécurité publique, prévention du terrorisme, protection des biens, etc.).
- Une analyse d'impact sur la protection des données peut être requise (RGPD).
- Une information permanente du public par affiche ou pancarte est obligatoire.
- Les images ne peuvent pas être utilisées pour un autre but que celui pour lequel elles ont été filmées.
Les étapes
- Vérifier la présence d'une affiche ou pancarte indiquant l'existence du système de vidéosurveillance.
- En cas de filmage, contacter le responsable du système (nom et téléphone indiqués sur l'affiche).
- Demander à visionner les images ou à en obtenir une copie (courrier recommandé ou mail avec accusé de réception).
- Si nécessaire, demander l'effacement des images dans les cas prévus par la loi.
- En cas de réponse insatisfaisante ou d'usage anormal, saisir la CNIL ou la commission départementale de vidéoprotection.
Cette synthèse présente les règles générales applicables aux caméras de vidéosurveillance. Les procédures précises d'autorisation préfectorale et les voies de recours peuvent varier selon les circonstances. Vérifier les détails auprès de votre préfecture ou de la CNIL.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les droits d'accès aux images et leur effacement, voir les sections « Comment consulter les images ? » et « Comment demander l'effacement ? ». Pour dénoncer un usage anormal, voir « Comment dénoncer l'usage anormal ? ».
Le principe : la vidéosurveillance sous conditions
Les caméras de vidéosurveillance (aussi appelées vidéoprotection) sont autorisées sous conditions sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public. Leur mise en place est encadrée par la loi et nécessite une autorisation préfectorale.
La vidéoprotection désigne tout système de caméras fixes ou mobiles destiné à assurer la sécurité des personnes et des biens. Contrairement à la vidéosurveillance purement privée (intérieur d'un logement), la vidéoprotection sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public est soumise à un régime d'autorisation administrative.
Règle
Pour implanter une caméra de surveillance sur la voie publique, dans un lieu ou dans un établissement ouvert au public, l'exploitant du dispositif doit faire une demande d'autorisation à la préfecture du lieu dans lequel ce dispositif sera mis en place (ou à la préfecture de police si la caméra doit être fixée à Paris ou dans les Bouches-du-Rhône). Si nécessaire, une analyse d'impact sur la protection des données (AIPD) doit être réalisée conformément au RGPD.
Les caméras ne doivent pas permettre de visualiser l'entrée et l'intérieur des immeubles d'habitation. Cette interdiction protège la vie privée des résidents. En cas de doute sur la conformité d'un dispositif, vous pouvez saisir la CNIL.
- Champ d'application : voie publique, lieux et établissements ouverts au public.
- Autorisation : préfectorale obligatoire (préfecture de police à Paris et Bouches-du-Rhône).
- AIPD : analyse d'impact sur la protection des données requise le cas échéant (RGPD).
- Interdiction : ne pas filmer l'entrée ni l'intérieur des immeubles d'habitation.
- Information : affiche ou pancarte permanente avec pictogramme caméra et mentions obligatoires.
Qui peut installer une caméra sur la voie publique ? (autorités publiques)
Toute autorité publique (par exemple un maire) peut mettre en place un système de vidéoprotection sur la voie publique dès lors qu'elle est chargée de l'une des missions suivantes.
Les missions légitimant l'installation de caméras sont : la protection des bâtiments et installations publics et leurs abords ; la sauvegarde des installations utiles à la défense nationale ; la régulation des flux de transport ; la constatation des infractions aux règles de la circulation ; la prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans les lieux exposés à des risques d'agression, de vol ou de trafic de drogues ; la prévention d'actes de terrorisme ; la prévention des risques naturels ou technologiques ; le secours aux personnes et la défense contre l'incendie ; la sécurité des installations accueillant du public dans les parcs d'attraction ; le respect de l'obligation d'assurance responsabilité civile pour conduire un véhicule ; la prévention et constatation d'une infraction liée à l'abandon d'ordures, de déchets, de matériaux ou d'autres objets.
Règle
Les autorités publiques peuvent également filmer un lieu ou un établissement ouvert au public pour protéger les abords immédiats des commerces dans les lieux exposés à des risques d'agression ou de vol. La mise en place du dispositif suppose une autorisation préfectorale et, le cas échéant, une analyse d'impact sur la protection des données.
L'autorisation préfectorale précise notamment la ou les personnes autorisées à visionner les images dans le cadre de leur mission. Les caméras ne doivent pas filmer l'entrée et l'intérieur des immeubles d'habitation.
Entreprises, établissements publics et commerçants
Une entreprise ou un établissement public (banque, hôpital, etc.) peut filmer les abords immédiats de ses bâtiments et installations dans les lieux exposés à des actes de terrorisme. Un commerçant peut filmer la voie publique pour assurer la protection des abords immédiats de ses bâtiments et installations, dans les lieux exposés à des risques d'agression, de vol ou à des actes de terrorisme.
Pour implanter une caméra de surveillance sur la voie publique, l'entreprise, l'établissement public ou le commerçant doit faire une demande d'autorisation à la préfecture du lieu (ou à la préfecture de police à Paris ou dans les Bouches-du-Rhône). Si nécessaire, une analyse d'impact sur la protection des données doit être réalisée.
Règle
Le commerçant doit en outre informer le maire de la commune dans laquelle il souhaite installer ce système. Les entreprises de transports en commun (RATP, SNCF, etc.) sont autorisées à installer des caméras à l'avant des matériels roulants en circulation (métro, train, etc.). Les images enregistrées peuvent uniquement être utilisées pour analyser les circonstances d'un accident ou pour former les agents de l'entreprise de transports.
Les caméras des transports en commun ont une finalité limitée : analyse d'accidents et formation des agents. Toute autre utilisation serait illégale. Vérifiez les conditions d'autorisation auprès de votre préfecture.
- Entreprise/établissement public : filmage des abords immédiats dans les lieux exposés au terrorisme (banque, hôpital, etc.).
- Commerçant : filmage des abords immédiats dans les lieux exposés à agression, vol ou terrorisme ; information du maire obligatoire.
- Transports en commun : caméras à l'avant des matériels roulants (RATP, SNCF) ; usage limité à analyse d'accidents et formation.
- Autorisation : préfectorale obligatoire pour tous les cas.
- AIPD : analyse d'impact sur la protection des données si nécessaire.
Comment être informé de la présence d'une caméra de surveillance ?
Une affiche ou une pancarte, comportant un pictogramme représentant une caméra, doit indiquer l'existence d'un système de vidéoprotection permettant de filmer la voie publique ou un lieu ouvert au public.
L'affiche (ou la pancarte) doit être présente en permanence dans le lieu concerné. Elle doit indiquer : le nom et le numéro de téléphone du responsable du système de vidéoprotection ; la raison pour laquelle une caméra de surveillance est installée ; les démarches que vous pouvez accomplir si vous avez été filmé (par exemple demande d'accès aux enregistrements).
Règle
Toutes ces mentions doivent être indiquées de manière compréhensible. L'information permanente du public est une obligation légale : son absence peut constituer un usage anormal du dispositif.
En l'absence d'affiche ou si les mentions sont incompréhensibles, vous pouvez signaler le manquement à la commission départementale de vidéoprotection ou à la CNIL. Vérifiez la présence de l'affiche dans les lieux où vous êtes susceptible d'être filmé.
- Pictogramme : image représentant une caméra, visible et reconnaissable.
- Présence en permanence : affiche ou pancarte obligatoire dans le lieu filmé.
- Mentions : nom et téléphone du responsable, raison de l'installation, démarches possibles.
- Compréhensibilité : les mentions doivent être rédigées de façon claire et accessible.
- Signal d'usage anormal : absence d'affiche = motif de dénonciation possible.
Comment consulter les images enregistrées sur la voie publique ?
Si vous avez été filmé sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, vous pouvez demander à visionner les images et à en obtenir une copie.
Pour visionner les images, vous devez adresser votre demande au responsable du système de vidéoprotection, dont le nom et le numéro de téléphone sont indiqués sur l'affiche signalant l'existence de caméras. L'accès aux images est un droit si vous avez été filmé. Toutefois, de manière exceptionnelle, votre demande peut être refusée (par exemple pour un motif en lien avec la défense nationale).
Règle
Vous pouvez demander une copie des enregistrements par courrier recommandé ou par mail avec accusé de réception, en utilisant le modèle de lettre de la CNIL. En principe, l'autorité publique ou le professionnel doit vous remettre la copie des vidéos que vous avez sollicitée. Toutefois, votre demande peut être rejetée si elle n'est pas fondée ou excessive (par exemple si vous demandez, plusieurs fois et de manière rapprochée, des enregistrements déjà fournis) ou si les données ont été effacées.
Votre demande peut être acceptée sans floutage des autres personnes figurant sur ces images, à condition que cela ne nuise pas à leur vie privée. Vous pouvez utiliser le modèle de courrier CNIL pour formuler votre demande d'accès aux images.
- Visionnement : demande au responsable du système (coordonnées sur l'affiche).
- Copie : demande par courrier recommandé ou mail avec accusé de réception (modèle CNIL).
- Motifs de refus : demande non fondée ou excessive, données effacées, défense nationale.
- Floutage : copie possible sans floutage des autres personnes si leur vie privée n'est pas lésée.
- Justificatif d'identité : peut être demandé par le responsable du dispositif.
Comment demander l'effacement des images de vidéosurveillance ?
Vous pouvez demander l'effacement d'images de vidéosurveillance si vous êtes dans l'un des cas suivants.
Les cas ouvrant droit à l'effacement sont : les images sont utilisées à des fins de publicité ; les images ne vous semblent plus répondre à l'objectif pour lequel elles ont été enregistrées ; vous retirez votre consentement à l'utilisation de votre image (dans l'éventualité où il vous a été demandé) ; les images font l'objet d'un traitement illégal (par exemple elles ont été piratées) ; vous vous opposez à l'utilisation de votre image et le responsable du dispositif n'a pas de motif légitime pour les conserver.
Règle
Pour obtenir l'effacement, vous devez contacter le responsable du dispositif de vidéosurveillance, par courrier recommandé avec accusé de réception ou par mail avec accusé de réception. Son nom figure sur la pancarte annonçant la présence d'une caméra. Vous devez préciser les images dont vous souhaitez l'effacement et garder tout justificatif permettant de prouver que vous avez effectué une demande.
Si le responsable du dispositif a des doutes sur votre identité, il peut vous demander de fournir un justificatif d'identité (passeport ou carte nationale d'identité). Le responsable doit procéder à l'effacement dans les meilleurs délais et au plus tard dans un délai d'un mois (ou de 3 mois si votre demande est complexe). En cas de réponse insatisfaisante ou d'absence de réponse sous un mois, vous pouvez saisir la CNIL.
Combien de temps sont conservées les images enregistrées sur la voie publique ?
En principe, les enregistrements vidéos peuvent être conservés pendant 1 mois, dans un endroit sécurisé. Passé ce délai, ils sont détruits.
Ce délai de conservation peut être plus élevé si les vidéos servent dans le cadre d'une enquête de police ou d'une instruction judiciaire. L'autorisation préfectorale peut par ailleurs préciser la durée minimale pendant laquelle les enregistrements doivent être sauvegardés.
Règle
La conservation des images au-delà du délai légal peut constituer un usage anormal du dispositif de vidéoprotection. Le responsable du système doit veiller à la destruction automatique des enregistrements après l'expiration du délai.
Si vous constatez qu'un dispositif conserve les images au-delà d'un mois sans justification légale, vous pouvez le signaler à la commission départementale de vidéoprotection ou à la CNIL. Vérifiez la durée de conservation indiquée dans l'affichage.
- Durée légale : 1 mois maximum en principe, dans un endroit sécurisé.
- Dérogation : conservation plus longue si enquête de police ou instruction judiciaire.
- Autorisation préfectorale : peut préciser une durée minimale de sauvegarde.
- Destruction : automatique après l'expiration du délai légal.
- Conservation abusive : usage anormal pouvant être dénoncé à la commission départementale de vidéoprotection.
Qui peut visionner les images d'une caméra de vidéosurveillance ?
L'accès aux images est strictement limité aux personnes autorisées par la loi et par l'autorisation préfectorale.
Les personnes pouvant accéder aux images sont : les agents et opérateurs qui dépendent du responsable du dispositif de vidéosurveillance (par exemple agents de sécurité de la RATP, responsable d'un magasin) ; les agents de la police ou de la gendarmerie nationale désignés par le chef de service ou le chef d'unité sous l'autorité duquel ils se trouvent ; les agents de la douane et les services d'incendie et de secours désignés par le chef de service ou le chef d'unité sous l'autorité duquel ils se trouvent.
Règle
Les images enregistrées au sein d'une commune peuvent être visionnées par le maire de la commune concernée et par les agents de police municipale individuellement désignés par le maire. Lorsque le préfet autorise la mise en place d'un dispositif de vidéosurveillance, il précise la (ou les) personne(s) qui pourra visionner les images dans le cadre de sa mission.
Tout accès aux images en dehors de ces personnes autorisées est illégal et peut être sanctionné pénalement. En cas de doute sur l'accès abusif à des images, vous pouvez saisir la CNIL.
Comment dénoncer l'usage anormal d'une caméra de surveillance ?
Si vous estimez qu'une autorité publique ou qu'un professionnel a fait un usage anormal des caméras qu'il a installées, vous pouvez saisir une commission départementale de vidéoprotection.
Si la commission constate un usage anormal, elle peut proposer la suppression du système de vidéoprotection concerné. L'usage anormal peut être retenu en cas d'atteinte à la vie privée des personnes (par exemple la caméra a filmé l'entrée d'une habitation privée) ; lorsque le public n'est pas informé de la présence d'une caméra ; lorsque l'autorité publique ou le professionnel conserve les enregistrements au-delà du délai d'un mois ; lorsque l'autorité publique ou le professionnel utilise les images dans un autre but que celui pour lequel elles ont été filmées (par exemple dans un but commercial).
Règle
Vous pouvez également saisir la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) en cas de réponse insatisfaisante du responsable du dispositif ou d'absence de réponse sous un mois à votre demande d'effacement ou d'accès aux images.
La CNIL est joignable par téléphone au +33 1 53 73 22 22 (accueil du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h, renseignements juridiques du lundi au vendredi de 10 h à 12 h) ou via son formulaire de contact en ligne. La CNIL ne reçoit pas le public et n'assure aucun renseignement sur place.
- Commission départementale de vidéoprotection : saisine en cas d'usage anormal du dispositif.
- CNIL : saisine en cas d'absence de réponse ou de réponse insatisfaisante du responsable.
- Motifs d'usage anormal : atteinte à la vie privée, absence d'information du public, conservation > 1 mois, utilisation détournée.
- Sanction possible : la commission peut proposer la suppression du système de vidéoprotection.
- CNIL contact : +33 1 53 73 22 22 ou formulaire de contact en ligne.
Textes applicables
- Code de la sécurité intérieure : articles L251-1 à L255-1Légifrance
- Code de la sécurité intérieure : article R253-6Légifrance
- Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 - protection des personnes à l'égard du traitement des données personnelles (RGPD)eur-lex.europa.eu
- Circulaire du 20 mars 2024Légifrance
- Décret n°2024-238 du 18 mars 2024Légifrance
- Code pénal : articles 421-1 à 421-8Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Caméras de surveillance sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Vol, cambriolage
- CNIL — Demande d'accès aux images vidéo (modèle de courrier)
- CNIL — RGPD : analyse d'impact sur la protection des données
- CNIL — Formulaire de contact
- Annuaire des préfectures (Service-Public)
Les règles de vidéoprotection sont fixées par le code de la sécurité intérieure et le RGPD. Les autorisations préfectorales et les commissions départementales de vidéoprotection assurent le contrôle du dispositif. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre préfecture ou de la CNIL. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent pour les situations particulières.
