Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir sur l’adoption en France par un citoyen européen : loi applicable, consentements et démarches selon le type d’adoption.
Ce qu'il faut savoir
- Un citoyen d’un pays membre de l’Union européenne (UE) peut adopter en France, sous certaines conditions : la réglementation européenne n’est pas uniforme et chaque pays a ses propres règles.
- La loi française et la loi du pays d’origine de l’adoptant et de l’adopté doivent être respectées.
- L’adoption d’un enfant étranger est possible si la loi personnelle du mineur adopté autorise l’adoption simple ou l’adoption plénière ; si elle interdit l’adoption, il est adoptable en France uniquement s’il est né et réside habituellement en France.
- L’adoption d’un majeur étranger est possible uniquement si la loi personnelle de l’adopté autorise l’adoption simple ou l’adoption plénière.
- L’adopté doit donner son consentement à l’adoption devant un notaire français ou étranger, qui établit un acte authentique ; s’il vit à l’étranger, le consentement peut être recueilli par un agent diplomatique ou consulaire français.
- Les parents biologiques de l’enfant doivent consentir à l’adoption.
- Le mineur doit avoir été accueilli au moins pendant 6 mois au foyer de l’adoptant pour l’adoption d’un mineur.
Conditions essentielles
- Respecter les lois applicables : loi nationale de l’adoptant (personne seule), loi du couple (loi nationale commune, résidence habituelle commune ou loi française), loi personnelle de l’adopté.
- Pour un mineur : obtenir l’agrément préalablement à l’adoption d’un pupille de l’État ou d’un enfant étranger.
- Pour un enfant étranger : s’adresser obligatoirement à l’Agence française de l’adoption (AFA) ou à un organisme autorisé pour l’adoption (OAA).
- Le mineur doit avoir été accueilli au moins 6 mois au foyer de l’adoptant.
- Le recours à un avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans.
- L’adoption par un couple ne peut pas être prononcée si la loi nationale des 2 membres du couple l’interdit.
Les étapes
- Vérifier la loi applicable à votre situation (personne seule ou couple) et la loi personnelle de l’adopté.
- Obtenir l’agrément à l’adoption auprès du président du conseil départemental du département dont dépend l’adoptant.
- Pour un enfant étranger, s’adresser à l’AFA ou à un OAA.
- Recueillir le consentement de l’adopté devant un notaire (acte authentique), et le cas échéant le consentement des parents biologiques.
- Déposer ou envoyer la requête au tribunal judiciaire du domicile de l’adoptant (ou selon les règles de compétence pour les adoptants demeurant à l’étranger).
- Le cas échéant, recourir à un avocat (obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans), en demandant l’aide juridictionnelle si vos ressources sont insuffisantes.
Cette synthèse ne reprend que l’essentiel de la fiche officielle. Le détail de la loi applicable selon le type d’adoption et des règles de compétence des tribunaux est traité dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail de la loi applicable à l’adoptant et à l’adopté, des consentements requis et des démarches selon le type d’adoption, voir les sections suivantes.
Quelle loi s’applique à l’adoptant européen ?
Pour adopter en France, les conditions sont différentes selon que l’adoptant adopte seul ou en couple (mariage, Pacs ou union libre). La loi applicable au couple suit un ordre précis de rattachement.
Adoption par une personne seule
L’adoptant est soumis aux conditions fixées par la loi nationale de son pays d’origine.
Adoption par un couple
Le couple qui adopte est soumis à l’une des lois suivantes, dans l’ordre : la loi nationale commune aux 2 membres du couple au jour du dépôt de la requête en adoption ; sinon, la loi de la résidence habituelle commune au jour du dépôt de la requête en adoption ; sinon, la loi française.
L’adoption par un couple (mariage, Pacs ou union libre) ne peut pas être prononcée si la loi nationale des 2 membres du couple l’interdit.
- Loi nationale commune
- La loi nationale commune aux deux membres du couple au jour du dépôt de la requête en adoption constitue la première référence pour déterminer les conditions applicables au couple adoptant.
- Résidence habituelle commune
- À défaut de loi nationale commune, c’est la loi de la résidence habituelle commune au jour du dépôt de la requête qui s’applique ; à défaut, c’est la loi française.
À savoir
- L’adoptant seul est soumis aux conditions de sa loi nationale.
- Le couple est soumis à sa loi nationale commune, sinon à la loi de sa résidence habituelle commune, sinon à la loi française.
- L’adoption par un couple est impossible si la loi nationale des 2 membres du couple l’interdit.
Ces règles déterminent les conditions d’âge, de situation familiale et autres critères applicables à l’adoptant, avant même l’examen de la situation de l’adopté. La réglementation européenne n’étant pas uniforme, chaque pays membre de l’UE a ses propres règles.
Quelle loi s’applique à l’adopté ?
Les règles diffèrent selon que la personne adoptée est mineure ou majeure.
Adoption d’un mineur étranger
L’adoption d’un enfant étranger est possible si la loi personnelle du mineur adopté autorise l’adoption simple ou l’adoption plénière. Si la loi personnelle du mineur interdit l’adoption, il est adoptable en France uniquement s’il est né et réside habituellement en France.
Adoption d’un majeur étranger
L’adoption d’un majeur étranger est possible uniquement si la loi personnelle de l’adopté autorise l’adoption simple ou l’adoption plénière.
La loi personnelle de l’adopté est la loi de sa nationalité. Elle détermine si l’adoption (simple ou plénière) est autorisée pour la personne adoptée, qu’elle soit mineure ou majeure.
À savoir
- L’adoption d’un mineur étranger suppose que sa loi personnelle autorise l’adoption (simple ou plénière).
- Si la loi du mineur interdit l’adoption, il n’est adoptable en France que s’il est né et réside habituellement en France.
- L’adoption d’un majeur étranger suppose que sa loi personnelle autorise l’adoption simple ou plénière.
La distinction adoption simple / adoption plénière est centrale : elle détermine les effets de l’adoption sur les liens de l’adopté avec sa famille d’origine.
Quels consentements sont nécessaires ?
Deux consentements structurent la procédure d’adoption : celui de l’adopté, recueilli par acte authentique, et celui des parents biologiques de l’enfant.
L’adopté doit donner son consentement à l’adoption devant un notaire français ou étranger, qui établit un acte authentique. S’il vit à l’étranger, le consentement peut être recueilli par un agent diplomatique ou consulaire français.
- Consentement de l’adopté : recueilli devant un notaire (français ou étranger) qui établit un acte authentique.
- Consentement en cas de résidence à l’étranger : si l’adopté vit à l’étranger, le consentement peut être recueilli par un agent diplomatique ou consulaire français.
- Consentement des parents biologiques : les parents biologiques de l’enfant doivent consentir à l’adoption.
À savoir
- Le consentement de l’adopté est recueilli devant un notaire et matérialisé par un acte authentique.
- Si l’adopté vit à l’étranger, un agent diplomatique ou consulaire français peut recueillir son consentement.
- Les parents biologiques de l’enfant doivent consentir à l’adoption.
L’acte notarié de consentement est une pièce centrale du dossier : il atteste du consentement libre et éclairé de l’adopté. Le notaire (français ou étranger) ou l’agent diplomatique ou consulaire français en dresse l’acte authentique.
Adoption d’un mineur : quelles démarches ?
Les démarches d’adoption d’un mineur par une personne seule ou un couple comportent plusieurs étapes : agrément du conseil départemental, saisine de l’AFA ou d’un OAA pour un enfant étranger, puis saisine du tribunal judiciaire par requête.
- Obtenir un agrément préalablement à l’adoption d’un pupille de l’État ou d’un enfant étranger. La demande d’agrément est déposée auprès du président du conseil départemental du département dont dépend l’adoptant.
- Pour un enfant étranger, s’adresser obligatoirement à l’Agence française de l’adoption (AFA) ou à un organisme autorisé pour l’adoption (OAA).
- Saisir le tribunal judiciaire : la requête doit être déposée ou envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au tribunal judiciaire du domicile de l’adoptant.
- Le cas échéant, recourir à un avocat : le recours à un avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans ; il est facultatif s’il a été recueilli avant ses 15 ans.
- Si les ressources de l’adoptant sont insuffisantes, demander à bénéficier de l’aide juridictionnelle.
- Disposer d’un agrément à l’adoption (délivré par le président du conseil départemental).
- Pour un enfant étranger, passer par l’AFA ou un OAA.
- Le mineur doit avoir été accueilli au moins pendant 6 mois au foyer de l’adoptant.
Forme de la requête
- La requête est déposée ou envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au tribunal judiciaire du domicile de l’adoptant.
- L’adoptant peut faire sa demande en adoption sans recourir à un avocat s’il a recueilli le mineur à son foyer avant ses 15 ans.
- Le recours à un avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans.
À savoir
- L’agrément est une démarche préalable obligatoire pour l’adoption d’un pupille de l’État ou d’un enfant étranger.
- Pour un enfant étranger, le passage par l’AFA ou un OAA est obligatoire.
- Le mineur doit avoir été accueilli au moins 6 mois au foyer de l’adoptant.
- L’avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans, et facultatif avant 15 ans.
- L’aide juridictionnelle peut être demandée si les ressources de l’adoptant sont insuffisantes.
La requête en adoption est adressée au tribunal judiciaire du domicile de l’adoptant, par lettre recommandée avec accusé de réception, ou déposée en main propre.
Adoption d’un majeur ou de l’enfant de l’époux, du partenaire de PACS ou du concubin
Pour adopter en France, seul ou en couple, un majeur ou l’enfant de l’époux, du partenaire de PACS ou du concubin, la demande doit être adressée au tribunal judiciaire selon des règles de compétence précises.
| Situation de l’adoptant | Tribunal compétent |
|---|---|
| L’adoptant demeure en France | Tribunal du domicile de l’adoptant |
| L’adoptant demeure à l’étranger | Tribunal du domicile de l’adopté |
| L’adopté et l’adoptant demeurent à l’étranger | Tribunal choisi en France par l’adoptant |
Le recours à un avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans. Si les ressources de l’adoptant sont insuffisantes, il peut demander à bénéficier de l’aide juridictionnelle.
- Adoption d’un majeur : la demande relève du tribunal judiciaire selon les règles de compétence ci-dessus.
- Adoption de l’enfant de l’époux, du partenaire de PACS ou du concubin : mêmes règles de compétence.
- Le recours à un avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans.
- L’aide juridictionnelle est ouverte si les ressources de l’adoptant sont insuffisantes pour financer l’intervention de l’avocat.
À savoir
- L’adoption d’un majeur ou de l’enfant de l’époux, du partenaire de PACS ou du concubin relève du tribunal judiciaire.
- Le tribunal compétent dépend du domicile de l’adoptant, du domicile de l’adopté ou du choix de l’adoptant (si les deux demeurent à l’étranger).
- L’avocat est obligatoire si l’adopté a été recueilli après ses 15 ans.
- L’aide juridictionnelle est ouverte si les ressources de l’adoptant sont insuffisantes.
Ces règles de compétence s’ajoutent aux conditions de fond (loi applicable, consentements) propres à chaque type d’adoption.
Où s’adresser et ressources utiles
Plusieurs interlocuteurs interviennent dans les démarches d’adoption par un Européen en France : autorités consulaires, département, AFA et juridictions.
| Interlocuteur | Rôle |
|---|---|
| Ambassade ou consulat étranger en France | Information sur la loi du pays d’origine de l’adoptant ou de l’adopté. |
| Services du département | Délivrance de l’agrément à l’adoption (président du conseil départemental). |
| Agence française de l’adoption (AFA) | Opérateur habilité pour les démarches d’adoption d’un enfant étranger. |
| Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité | Instruction de la requête en adoption. |
- Ambassade ou consulat étranger en France : information sur la loi nationale applicable à l’adoptant ou à l’adopté (ministère chargé de l’Europe et des affaires étrangères).
- Services du département : dépôt de la demande d’agrément auprès du président du conseil départemental du département dont dépend l’adoptant.
- Agence française de l’adoption (AFA) : interlocuteur obligatoire pour l’adoption d’un enfant étranger ; elle oriente aussi vers les organismes autorisés pour l’adoption (OAA).
- Tribunal judiciaire du domicile de l’adoptant (ou selon les règles de compétence) : instruction de la requête en adoption déposée ou envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception.
Le cadre de l’adoption internationale et de l’adoption en France est fixé par le Code civil (notamment les articles 343 à 354 et 370-2 à 370-5) et par le Code de procédure civile (procédure d’adoption).
Textes applicables
- Code civil — Dispositions relatives à l’adoption (articles 343 à 354)Textes légaux
- Code de procédure civile — Procédure d’adoptionTextes légaux
- Code civil : articles 344 à 345-2Légifrance
- Code civil : articles 346 à 347Légifrance
- Code civil : articles 348 à 350Légifrance
- Code civil : articles 351 à 352-2Légifrance
- Code civil : article 353Légifrance
- Code civil : articles 353-1 à 354Légifrance
- Code de procédure civile : article 1165Légifrance
- Code de procédure civile : articles 1177 à 1178Légifrance
- Code général des impôts : article 1635bis QLégifrance
- Code civil : articles 370-2 à 370-5Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Un Européen peut-il adopter en France ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.



