Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la reconnaissance conjointe anticipée dans un couple de femmes : conditions, démarche notariée, effets sur la filiation et conséquences.
Ce qu'il faut savoir
- La reconnaissance conjointe anticipée est obligatoire pour un couple de femmes qui recourt à une AMP (ou PMA) avec don de gamètes : elle doit être faite avant la conception de l'enfant.
- La reconnaissance se fait devant un notaire, en même temps que la signature du consentement au don de gamètes ; elle coûte 75,46 € HT et l'acte est exonéré de droits d'enregistrement.
- La reconnaissance conjointe a posteriori n'est plus possible depuis le 4 août 2024 ; une procédure d'adoption peut, sous de strictes conditions, établir a posteriori un lien de filiation.
- La filiation de l'enfant devient irrévocable après la réalisation de l'AMP (ou PMA) : il est impossible de revenir sur son consentement après la réalisation de l'AMP.
- Aucun lien de filiation ne peut être établi entre l'enfant et le donneur de gamètes (tiers-donneur par la loi) : celui-ci n'a aucun lien juridique avec l'enfant.
- Les 2 mères choisissent le nom de l'enfant ; à défaut de choix, l'enfant prend un double nom composé des noms des 2 mères accolés par ordre alphabétique.
- La femme qui, après avoir consenti à l'AMP, s'oppose à la remise de la reconnaissance à l'officier d'état civil engage sa responsabilité et peut être poursuivie en justice.
Conditions essentielles
- Être un couple de femmes, mariées, pacsées ou en union libre.
- Avoir décidé de s'engager dans un projet d'AMP (ou PMA) avec don de gamètes, réalisé en France ou à l'étranger.
- Réaliser la reconnaissance avant la conception de l'enfant.
- Le couple doit être présent devant le notaire pour la signature du consentement au don.
- Le recueil du consentement au don se fait obligatoirement par acte notarié.
Les étapes
- Choisir un notaire et prendre rendez-vous à deux pour la signature du consentement au don de gamètes et de la reconnaissance conjointe.
- Se présenter ensemble devant le notaire, qui informe le couple des conséquences du consentement sur la filiation du futur enfant.
- Signer l'acte notarié qui contient le consentement au don et la reconnaissance conjointe avant la conception de l'enfant.
- Conserver précieusement l'acte de reconnaissance conjointe : il devra être remis à l'officier d'état civil lors de la déclaration de naissance.
- À la naissance de l'enfant, remettre la reconnaissance conjointe à l'officier d'état civil lors de la déclaration de naissance.
- Vérifier que la reconnaissance conjointe est bien indiquée dans l'acte de naissance de l'enfant.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. La procédure en cas de remise ultérieure de la reconnaissance, le choix du nom de l'enfant et les cas de retrait du consentement sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail de la remise ultérieure de la reconnaissance, du choix du nom de l'enfant et des situations de retrait du consentement, voir les sections dédiées ci-après.
Qui peut faire une reconnaissance conjointe anticipée ?
La reconnaissance conjointe anticipée concerne les couples de femmes, qu'elles soient mariées, pacsées ou en union libre. Elle permet à la mère qui n'a pas accouché d'avoir les mêmes droits et obligations que celle qui a accouché.
Le couple doit avoir décidé de s'engager dans un projet d'AMP (ou PMA) avec don de gamètes. La reconnaissance anticipée est faite avant la conception de l'enfant. Le projet d'AMP peut être réalisé en France ou à l'étranger.
- Le couple est composé de 2 femmes, mariées, pacsées ou en union libre.
- Le couple s'engage dans un projet d'AMP (ou PMA) avec don de gamètes.
- La reconnaissance est effectuée avant la conception de l'enfant.
- La reconnaissance est faite devant un notaire, en même temps que le consentement au don de gamètes.
- Pour la mère qui a accouché : la filiation est établie par sa désignation dans l'acte de naissance de l'enfant ; la reconnaissance ne modifie pas sa situation.
- Pour la seconde mère : elle est reconnue comme la mère de l'enfant, à égalité de droits et d'obligations avec la mère qui a accouché ; l'enfant entre dans sa famille (lien de parenté, droit à héritage, etc.).
- Pour le donneur de gamètes : sa situation n'est pas modifiée par la reconnaissance ; il n'a aucun lien juridique avec l'enfant.
Aucun lien de filiation ne peut être établi entre le donneur de gamètes (appelé tiers-donneur par la loi) et l'enfant issu de l'AMP (ou PMA).
La démarche devant le notaire
La reconnaissance conjointe se fait en même temps que la signature du consentement au don de gamètes, devant un notaire. Le couple doit être présent.
Le recueil du consentement au don se fait obligatoirement par acte notarié. Le notaire informe le couple des conséquences de ce consentement sur la filiation de leur futur enfant. Il est impossible d'établir un lien de filiation entre l'enfant et l'auteur du don.
| Étape | Détail |
|---|---|
| Prise de rendez-vous | Le couple choisit un notaire et se présente à deux. |
| Signature de l'acte | Le couple signe le consentement au don de gamètes et la reconnaissance conjointe, ensemble, avant la conception. |
| Information par le notaire | Le notaire informe le couple des conséquences du consentement et des conditions d'accès de l'enfant, à sa majorité, aux informations sur le donneur. |
| Coût de la démarche | La démarche coûte 75,46 € HT ; l'acte est exonéré de droits d'enregistrement. |
Délai à retenir
La reconnaissance doit être faite avant la conception de l'enfant. Il est impossible de revenir sur son consentement après la réalisation de l'AMP (ou PMA).
La filiation de l'enfant devient irrévocable après la réalisation de l'AMP (ou PMA). Il reste possible de contester la filiation s'il est prouvé que l'enfant n'est pas issu de l'AMP (ou PMA).
Consentement au don et possibilité de retrait
Le consentement au don de gamètes est recueilli par acte notarié. Il est possible de revenir sur son consentement avant la réalisation de l'AMP (ou PMA), mais pas après.
À savoir
- Il est possible de revenir sur son consentement avant la réalisation de l'AMP (ou PMA) : il faut en informer par écrit le médecin ou le notaire.
- Le consentement n'est plus valable si certaines situations se produisent avant la réalisation de l'AMP (ou PMA).
- Il n'est pas possible de revenir sur son consentement après la réalisation de l'AMP (ou PMA).
- Décès de l'une des 2 femmes avant la réalisation de l'AMP.
- Demande de divorce (ou de séparation de corps) avant la réalisation de l'AMP.
- Signature d'une convention de divorce (ou de séparation de corps) par consentement mutuel.
- Fin de la communauté de vie entre les 2 femmes.
Le notaire informe aussi le couple des conditions dans lesquelles l'enfant pourra, s'il le souhaite, accéder (à sa majorité) à des informations concernant le donneur de gamètes.
Remise de la reconnaissance à l'état civil
La reconnaissance conjointe anticipée fait partie des documents qu'il faut fournir à l'officier d'état civil lors de la déclaration de naissance de l'enfant. Elle établit la filiation de l'enfant à l'égard de la mère qui n'a pas accouché.
La reconnaissance conjointe est remise à l'officier d'état civil lors de la déclaration de naissance de l'enfant par l'une des personnes suivantes : la mère qui a accouché, la 2ᵉ mère, ou la personne chargée de déclarer la naissance.
- L'officier d'état civil vérifie l'identité des mères.
- Il contrôle que la reconnaissance conjointe a été établie par un notaire.
- Il n'a pas à vérifier que la reconnaissance a été faite avant la conception.
- Il ne peut pas demander de justificatif de l'AMP (ou PMA) avec don de gamètes.
Règle
La reconnaissance conjointe est indiquée dans l'acte de naissance de l'enfant. La copie authentique de la reconnaissance conjointe est conservée par les services d'état civil.
L'officier d'état civil vérifie l'identité des mères et contrôle que la reconnaissance conjointe a été établie par un notaire, mais il ne peut pas demander de justificatif de l'AMP.
Conséquences sur la filiation
Les conséquences de la reconnaissance conjointe anticipée dépendent de la personne concernée : la mère qui a accouché, la seconde mère, ou le donneur de gamètes.
Pour la mère qui a accouché
La filiation est établie par sa désignation dans l'acte de naissance de l'enfant. La reconnaissance ne modifie pas sa situation.
Pour la seconde mère
Elle est reconnue comme la mère de l'enfant, à égalité de droits et d'obligations avec la mère qui a accouché. L'enfant entre dans la famille de sa seconde mère (lien de parenté, droit à héritage, etc.).
Pour le donneur de gamètes
Sa situation n'est pas modifiée par la reconnaissance. Il n'a aucun lien juridique avec l'enfant. Aucun lien de filiation ne peut être établi entre le donneur de gamètes (appelé tiers-donneur par la loi) et l'enfant issu de l'AMP (ou PMA).
La filiation de l'enfant devient irrévocable. Il reste possible de contester la filiation s'il est prouvé que l'enfant n'est pas issu de l'AMP (ou PMA).
Choix du nom de l'enfant
En cas de reconnaissance conjointe anticipée, les 2 mères choisissent le nom de l'enfant. À défaut de choix, un double nom s'applique.
Les 2 mères choisissent le nom de l'enfant. Cela peut être l'une des options suivantes : le nom de la mère qui a accouché, le nom de la seconde mère, ou les noms des 2 mères accolés, dans l'ordre souhaité par les 2 mères.
Règle
En l'absence de choix, l'enfant prend un double nom, composé des noms de ses 2 mères accolés par ordre alphabétique.
À savoir
- Les 2 mères peuvent choisir le nom de la mère qui a accouché.
- Les 2 mères peuvent choisir le nom de la seconde mère.
- Les 2 mères peuvent choisir les noms des 2 mères accolés, dans l'ordre souhaité.
- À défaut de choix, l'enfant prend un double nom accolé par ordre alphabétique.
Remise ultérieure de la reconnaissance
Si la reconnaissance conjointe n'est pas remise à l'officier d'état civil au moment de la déclaration de naissance, elle peut être remise ultérieurement.
- Représentant légal de l'enfant mineur.
- Enfant majeur.
- Toute personne ayant intérêt à agir.
Dans ce cas, la reconnaissance sera indiquée en marge de l'acte de naissance de l'enfant, après intervention du procureur de la République.
- S'adresser au procureur de la République du tribunal judiciaire dans le ressort duquel l'acte de naissance de l'enfant a été établi.
- Adresser la demande par courrier, de préférence en recommandé avec accusé de réception.
- Attendre l'intervention du procureur pour que la reconnaissance soit indiquée en marge de l'acte de naissance.
Si la reconnaissance conjointe n'est pas remise à l'officier d'état civil au moment de la déclaration de naissance, elle peut être remise ultérieurement par le représentant légal de l'enfant mineur, l'enfant majeur ou toute personne ayant intérêt à agir.
Opposition à la remise de la reconnaissance
La femme qui, après avoir consenti à l'AMP (ou PMA), s'oppose à la remise de la reconnaissance conjointe à l'officier d'état civil engage sa responsabilité.
Elle peut être poursuivie en justice. En effet, en l'absence de reconnaissance conjointe anticipée, la femme qui n'a pas accouché n'est pas reconnue comme la mère de l'enfant, à égalité de droits et d'obligations avec la mère qui a accouché.
- S'adresser au tribunal judiciaire du domicile de celle qui est poursuivie.
- Le recours à un avocat est obligatoire.
- Le tribunal se prononce sur la demande relative à la reconnaissance conjointe.
Il n'est pas possible de revenir sur son consentement après la réalisation de l'AMP (ou PMA).
Cas particuliers et situations postérieures
La reconnaissance conjointe a posteriori n'est plus possible depuis le 4 août 2024. Toutefois, une procédure d'adoption peut permettre, sous de strictes conditions, d'établir a posteriori un lien de filiation entre l'enfant et la femme qui n'a pas accouché.
À savoir
- La reconnaissance conjointe a posteriori n'est plus possible depuis le 4 août 2024.
- Une procédure d'adoption peut permettre, sous de strictes conditions, d'établir a posteriori un lien de filiation entre l'enfant et la femme qui n'a pas accouché.
- Il est possible de contester la filiation s'il est prouvé que l'enfant n'est pas issu de l'AMP (ou PMA).
- L'enfant pourra, s'il le souhaite, accéder (à sa majorité) à des informations concernant le donneur de gamètes, dans les conditions informées par le notaire.
La procédure d'adoption est régie par des conditions strictes. Pour plus de détails, consulter la fiche consacrée à l'adoption de l'enfant mineur de l'époux, du partenaire de Pacs ou du concubin.
Où s'adresser ?
La reconnaissance conjointe anticipée se fait devant un notaire. Les procédures ultérieures (remise tardive, opposition, contestation) relèvent du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité.
| Organisme | Rôle |
|---|---|
| Notaire | Recueil du consentement au don de gamètes et signature de la reconnaissance conjointe anticipée. |
| Mairie (officier d'état civil) | Réception de la reconnaissance conjointe lors de la déclaration de naissance et mention dans l'acte de naissance. |
| Procureur de la République | Intervention en cas de remise ultérieure de la reconnaissance (mention en marge de l'acte de naissance). |
| Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité | Traitement des conflits et oppositions à la remise de la reconnaissance. |
À savoir
- Notaire : la reconnaissance conjointe se fait devant notaire, en même temps que le consentement au don de gamètes.
- Mairie : l'officier d'état civil reçoit la reconnaissance lors de la déclaration de naissance.
- Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité : ministère chargé de la justice, pour les conflits et oppositions.
Textes applicables
- Code civil : articles 342-9 à 342-13Textes légaux
- Loi n°2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthiqueTextes légaux
- Circulaire du 21 septembre 2021 relative à l'AMP (loi bioéthique)Circulaire
- Code civil : articles 34 à 54 (actes de l'état civil)Textes légaux
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Reconnaissance conjointe d'un enfant dans un couple de femmes
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
