Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le coût des mesures de protection judiciaire : gratuité de la mise en place, frais du certificat médical, rémunération des mandataires et contrôle des comptes.
Ce qu'il faut savoir
- La mise en place d'une mesure de protection judiciaire (tutelle, curatelle, habilitation familiale, sauvegarde de justice) est gratuite.
- Le certificat médical circonstancié coûte 192 € TTC (160 € HT) et n'est pas remboursé par la CPAM.
- La mesure exercée par un proche de la personne protégée est bénévole : le proche ne perçoit pas de rémunération, sauf indemnité exceptionnelle autorisée par le juge.
- Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) perçoit une rémunération payée par la personne protégée, calculée en tranches selon ses revenus de l'année précédente.
- Si les ressources de la personne protégée sont inférieures ou égales au montant annuel de l'AAH, la rémunération du mandataire est prise en charge par la collectivité publique.
- La participation de la personne protégée est plafonnée à 10 609,646 € par an (montant maximum cumulé de la 4ᵉ tranche).
- Le contrôle du compte de gestion par un proche (subrogé tuteur, subrogé curateur, conseil de famille) est gratuit ; il est payant s'il est confié à un professionnel qualifié (notaire, avocat, expert-comptable…).
Conditions essentielles
- Mesure de protection judiciaire ouverte (tutelle, curatelle, habilitation familiale, sauvegarde de justice).
- Pour la rémunération du MJPM : ressources annuelles de la personne protégée de l'année précédente supérieures au montant annuel de l'AAH.
- Pour le contrôle par un professionnel qualifié : sauf exonération si ressources pour un RSA inférieur ou égal et patrimoine financier au maximum 35 000 €.
Les étapes
- La personne à protéger ou protégée obtient un certificat médical circonstancié (192 € TTC, à sa charge).
- Le juge des tutelles ouvre la mesure de protection (tutelle, curatelle, etc.).
- Si la mesure est confiée à un proche : gestion bénévole, indemnité éventuelle fixée par le juge.
- Si la mesure est confiée à un MJPM : rémunération mensuelle payée par la personne protégée selon un barème en tranches.
- En tutelle ou curatelle renforcée : le tuteur ou le curateur établit un compte de gestion périodique, contrôlé par un proche (gratuit) ou un professionnel qualifié (payant).
Cette synthèse reprend les éléments essentiels du coût des mesures de protection. Les détails — certificat médical, rémunération du MJPM, barème en tranches, contrôle des comptes, exonérations — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles de la tutelle, de la curatelle et de l'habilitation familiale, voir les fiches correspondantes. Pour le certificat médical, voir la fiche « Tutelle, curatelle, habilitation familiale, sauvegarde de justice : comment obtenir le certificat médical ? ».
Quel est le coût du certificat médical circonstancié ?
Le certificat médical circonstancié coûte 192 € TTC (160 € hors taxe). Il n'est pas remboursé par la CPAM.
Ce certificat est indispensable à l'ouverture d'une mesure de protection judiciaire. Il est établi par un médecin expert inscrit sur la liste du procureur de la République. Tous les frais liés à ce certificat sont à la charge du majeur à protéger.
Lorsque le médecin expert se rend chez le majeur à protéger ou protégé pour réaliser l'expertise, il peut facturer des frais de déplacement. Ces frais s'ajoutent au coût du certificat et restent à la charge du majeur.
Règle
L'aide juridictionnelle ne permet pas de prendre en charge le coût de ce certificat. Toutefois, lorsque le procureur de la République ou le juge des tutelles demande l'établissement du certificat médical circonstancié, son coût peut être pris en charge au titre des frais de justice du tribunal.
- Coût : 192 € TTC (160 € HT).
- Remboursement CPAM : non.
- Aide juridictionnelle : ne couvre pas ce certificat.
- Prise en charge possible : si le certificat est demandé par le procureur ou le juge des tutelles (frais de justice).
- Certificat de carence : si le médecin mandaté ne peut pas s'entretenir avec le majeur, une indemnité forfaitaire de 30 € lui est versée.
- Avis de non maintien à domicile : lorsque la personne protégée doit intégrer une maison de retraite (Ehpad), le coût de cet avis médical est de 25 €.
Le certificat médical circonstancié doit être établi depuis moins de 3 mois au moment de la demande de protection. Vérifiez auprès du tribunal judiciaire (section tutelles) pour obtenir la liste des médecins experts agréés.
Combien coûte la gestion assurée par un proche ?
La mesure de protection exercée par un proche du majeur protégé est bénévole. Le proche ne reçoit pas de rémunération pour l'exercice de sa mission de tuteur, de curateur ou de personne chargée de l'habilitation familiale.
Toutefois, le juge des tutelles (ou le conseil de famille) peut autoriser le versement d'une indemnité à la personne chargée de la mesure. Cette indemnité dépend de l'importance des biens gérés (par exemple, si la personne protégée dispose d'un patrimoine important) ou de la difficulté d'exercer la mesure.
Le montant de l'indemnité est fixé par le juge (ou le conseil de famille) en fonction de la situation. Elle est à la charge de la personne protégée, c'est-à-dire prélevée sur ses revenus ou son patrimoine.
Règle
L'indemnité pour un proche tuteur ou curateur est exceptionnelle : elle n'est pas un droit automatique, mais une faculté ouverte au juge pour compenser une gestion particulièrement lourde ou complexe. Le proche doit en faire la demande motivée auprès du juge des tutelles.
La gestion bénévole par un proche est la solution la moins coûteuse pour la personne protégée. L'indemnité éventuelle reste généralement bien inférieure à la rémunération d'un mandataire professionnel. À vérifier auprès du juge des tutelles.
Combien coûte la gestion assurée par un mandataire judiciaire (MJPM) ?
Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) perçoit une rémunération dans le cadre de sa mission. Cette rémunération est payée par le majeur protégé et dépend de ses revenus de l'année précédente.
La rémunération du mandataire judiciaire est calculée en fonction des éléments suivants : la charge de travail liée à l'exécution de la mesure, mais aussi du lieu de vie de la personne protégée ; les ressources de la personne protégée ; le financement public subsidiaire versé selon des règles qui varient en fonction du mandataire (par exemple, un mandataire associatif reçoit une dotation ou subvention, tandis qu'un mandataire individuel perçoit une indemnité calculée par dossier).
Si les ressources de la personne protégée sont inférieures ou égales au montant annuel de l'AAH, la rémunération du mandataire est prise en charge par la collectivité publique : la personne protégée ne paie alors rien. La rémunération est payée mensuellement à terme échu. Elle peut être versée trimestriellement si son montant mensuel ne dépasse pas 12,31 €. En cas d'indisponibilité temporaire des revenus (par exemple, le versement différé de la pension de retraite), le paiement peut être reporté sans pouvoir dépasser 9 mois.
Règle
Le calcul s'effectue par tranches qu'on additionne, comme pour l'impôt sur le revenu. Le montant de la participation de la personne protégée est calculé sur la base du montant annuel de ses ressources de l'année précédente.
- Ressources pour un montant inférieur ou égal annuel AAH : rémunération prise en charge par la collectivité publique.
- Paiement : mensuel à terme échu (trimestriel si au maximum 12,31 €/mois).
- Report de paiement : possible en cas d'indisponibilité temporaire des revenus, max 9 mois.
- Calcul : par tranches additionnées (comme l'impôt sur le revenu).
La rémunération du mandataire est distincte de sa rémunération forfaitaire de base : elle comprend la participation de la personne protégée (tranches) et éventuellement une indemnité complémentaire exceptionnelle (voir section dédiée). À vérifier auprès du mandataire ou du juge des tutelles.
La participation de la personne protégée au financement
La participation de la personne protégée est le montant qu'elle verse au mandataire judiciaire en fonction de ses revenus annuels. Le calcul se fait par tranches additionnées, comme pour l'impôt sur le revenu.
Le barème de la participation comprend 4 tranches, avec un taux progressif. Le montant maximum de la participation est de 10 609,646 € par an.
Les tranches de la participation sont les suivantes : entre 0 € et 12 499 € de revenus annuels : 0 % (aucune participation) ; entre 12 499 € et 22 404,20 € : 10 % (montant maximum dans la tranche : 991 €) ; entre 22 404,20 € et 56 010,50 € : 23 % (montant maximum : 7 729 €) ; entre 56 010,50 € et 134 425,20 € : 3 % (montant maximum : 2 352 €). Le montant maximum cumulé de la participation est de 10 609,646 € par an (991 + 7 729 + 2 352 + ... en ajoutant les tranches).
Règle
Exemples de calcul : une personne protégée a perçu 20 000 € de revenus : elle se situe dans la 2ᵉ tranche ; la participation se calcule ainsi : (20 000 − 12 499) × 10 % = 751 €/an, soit 63 €/mois. Une personne protégée a perçu 47 000 € : 2ᵉ tranche : (22 404,20 − 12 499) × 10 % = 991 €/an ; 3ᵉ tranche : (47 000 − 22 404,20) × 23 % = 5 658 €/an ; participation totale : 6 648 €/an, soit 554 €/mois. Une personne protégée a perçu 119 000 € : 2ᵉ tranche : 991 €/an ; 3ᵉ tranche : (56 010,50 − 22 404,20) × 23 % = 7 729 €/an ; 4ᵉ tranche : (119 000 − 56 010,50) × 3 % = 1 890 €/an ; participation totale : 10 609,646 €/an, soit 885 €/mois.
- 0 € à 12 499 € : 0 % — aucune participation.
- 12 499 € à 22 404,20 € : 10 % (max 991 € dans la tranche).
- 22 404,20 € à 56 010,50 € : 23 % (max 7 729 € dans la tranche).
- 56 010,50 € à 134 425,20 € : 3 % (max 2 352 € dans la tranche).
- Maximum cumulé annuel : 10 609,646 €.
La rémunération du mandataire ne peut pas être supérieure au montant maximum de la participation de la personne protégée, soit 10 609,646 €/an. Les montants du barème sont susceptibles d'être actualisés par arrêté ; vérifiez les valeurs à jour auprès du juge des tutelles ou du mandataire.
L'indemnité complémentaire du mandataire judiciaire
À titre exceptionnel, le mandataire judiciaire peut demander à percevoir une indemnité complémentaire pour l'accomplissement de missions particulièrement longues ou complexes.
Cette indemnité est applicable notamment dans les cas suivants : règlement d'une succession ; suivi de procédures judiciaires ou administratives ; vente d'un bien du majeur protégé ; gestion des conflits familiaux. Elle est à la charge du majeur protégé.
L'indemnité est fixée par ordonnance du juge ou délibération du conseil de famille, après avis du procureur de la République. Le taux est de 12 × 12,31 €, soit 147,72 € par tranche d'heures. À partir de la 15ᵉ heure consacrée à ces missions, le taux est de 15 × 12,31 €, soit 184,65 €.
Règle
Le mandataire doit présenter sa demande d'indemnité, accompagnée des justificatifs nécessaires, au juge des tutelles (ou au conseil de famille s'il est constitué). Il doit justifier du caractère exceptionnel de la charge de travail et de l'insuffisance des sommes perçues au titre de la rémunération principale.
- Cas ouvrant droit : succession, procédures judiciaires/administratives, vente de bien, conflits familiaux.
- Taux : 147,72 € (12 × 12,31 €) ; à partir de la 15ᵉ heure : 184,65 € (15 × 12,31 €).
- Fixation : ordonnance du juge ou délibération du conseil de famille, après avis du procureur.
- Frais de déplacement : remboursables en plus (transport, repas, hébergement).
L'indemnité complémentaire est strictement encadrée : elle ne peut être accordée qu'en cas de missions exceptionnelles, justifiées par des justificatifs. Elle ne se substitue pas à la rémunération principale, qui reste due. À vérifier auprès du juge des tutelles.
Quelles ressources sont prises en compte pour calculer la participation ?
Le montant de la participation de la personne protégée est calculé sur la base du montant annuel de ses ressources de l'année précédente. Les ressources prises en compte sont multiples et incluent notamment les revenus, les produits d'épargne et certaines aides.
Les ressources prises en compte pour le calcul de la rémunération du mandataire sont les suivantes : revenus bruts et bénéfices (à l'exclusion des rentes viagères et des revenus des bons ou contrats de capitalisation et placements comme l'assurance-vie) ; produits et plus-values des livrets, plans et comptes d'épargne ; revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale ; dispositifs d'intéressement, de participation et d'épargne salariale, certains bons ou contrats de capitalisation et placements (assurance-vie) ; allocation aux adultes handicapés (AAH), le complément de ressources et la majoration pour la vie autonome (MVA) ; allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ; allocation relative au minimum vieillesse ; revenu de solidarité active (RSA) ; prime d'activité.
Le champ des ressources prises en compte pour le contrôle des comptes de gestion (professionnel qualifié) est plus large : il inclut en plus les revenus non imposables (prestations familiales, APL, APA, pension militaire d'invalidité, traitements de la Légion d'honneur, prestations d'accident du travail, allocations de l'État et des collectivités, PCH, indemnités de licenciement, indemnités Fiva, retraites mutuelles d'anciens combattants, etc.).
Règle
Sont exclus du calcul pour le contrôle des comptes : certaines rentes viagères (versées après dénouement d'un PEL ou PEP) ; les revenus des bons ou contrats de capitalisation (assurance-vie) ; les revenus non imposables listés ci-dessus (prestations familiales, APL, APA, PCH, indemnités Fiva, etc.).
- Revenus bruts et bénéfices : traitements, salaires, pensions, bénéfices industriels/commerciaux/agricoles, revenus des capitaux mobiliers.
- Épargne : produits et plus-values des livrets, plans et comptes d'épargne.
- Aides sociales : AAH, MVA, Aspa, minimum vieillesse, RSA, prime d'activité.
- Revenus hors France : perçus à l'étranger ou versés par une organisation internationale.
- Exclusions (rémunération MJPM) : rentes viagères, revenus des contrats d'assurance-vie.
- Exclusions (contrôle des comptes) : revenus non imposables (APL, APA, PCH, prestations familiales, indemnités Fiva, etc.).
La distinction entre ressources prises en compte pour la rémunération du MJPM et celles prises en compte pour le contrôle des comptes est importante : le champ du contrôle est plus large. À vérifier avec le mandataire ou le juge des tutelles.
Combien coûte le contrôle du compte de gestion ?
En tutelle et en curatelle renforcée, le tuteur ou le curateur doit établir un compte de gestion (sauf dispense ordonnée par le juge). Ce compte est adressé à la personne chargée de le contrôler et de l'approuver.
Si le contrôle est réalisé par un subrogé tuteur, un subrogé curateur ou par un conseil de famille, aucune rémunération n'est prévue pour cette mission : le contrôle est gratuit. Si le contrôle est confié à un professionnel qualifié (notaire, commissaire de justice, avocat, expert-comptable, commissaire aux comptes, administrateur ou mandataire judiciaire), le coût est à la charge de la personne protégée.
La rémunération du professionnel qualifié est calculée en tranches, comme celle du MJPM, avec des taux différents. Les tranches sont les suivantes : entre 0 € et 7 882,87 € de revenus annuels (et patrimoine disponible > 35 000 €) : forfait de 30 € ; entre 7 882,87 € et 12 499 € : 0,8 % (max 37 € HT dans la tranche) ; entre 12 499 € et 22 404,20 € : 0,9 % (max 89 € HT) ; entre 22 404,20 € et 56 010,50 € : 1 % (max 336 € HT) ; entre 56 010,50 € et 134 425,20 € : 1,1 % (max 863 € HT) ; plus de 134 425,20 € : 1,2 % (max 4 675 € HT). Le montant maximum cumulé annuel est de 6 000 € HT (soit 7 200 € TTC).
Règle
La rémunération est majorée de : 30 % lorsque le patrimoine financier est compris entre 50 000 € et 200 000 €, sans que cette majoration dépasse 100 € ; 75 % lorsque le patrimoine financier est supérieur à 200 000 €, sans que cette majoration dépasse 200 €. La majoration est calculée sur la base de la rémunération hors taxes du professionnel qualifié.
- Contrôle par un proche (subrogé tuteur/curateur, conseil de famille) : gratuit.
- Contrôle par un professionnel qualifié : payant, à la charge de la personne protégée.
- Barème : tranches de 0 % à 1,2 %, maximum cumulé 6 000 € HT (7 200 € TTC).
- Majoration : +30 % (patrimoine 50 000–200 000 €, max +100 €) ou +75 % (patrimoine > 200 000 €, max +200 €).
Exemple : une personne protégée a un revenu annuel de 45 000 € et un patrimoine financier de 150 000 €. La rémunération du contrôle est de : 2ᵉ tranche (7 882,87–12 499 € × 0,8 %) = 37 € HT + 3ᵉ tranche (12 499–22 404,20 € × 0,9 %) = 89 € HT + 4ᵉ tranche (22 404,20–45 000 € × 1 %) = 226 € HT, soit 353 € HT au total. Majoration de 30 % : 353 × 30 % = 106 €, mais plafonnée à 100 €. Total : 353 + 100 = 453 € HT, soit 543 € TTC.
L'indemnité complémentaire du professionnel qualifié
À titre exceptionnel, le professionnel qualifié chargé du contrôle des comptes de gestion peut demander à percevoir une indemnité complémentaire, s'il justifie que sa mission implique des diligences particulièrement longues ou complexes.
Le juge (ou le conseil de famille s'il est constitué) peut demander au professionnel qualifié des explications et des justificatifs. Le professionnel doit produire un relevé des heures qu'il estime avoir travaillées au-delà des diligences normales nécessaires à sa mission.
Cette indemnité complémentaire est à la charge du majeur protégé. Elle est fixée par ordonnance du juge (ou délibération du conseil de famille). Le taux est de 10 × 12,31 €, soit 123 € par tranche d'heures exceptionnelles.
Règle
En plus des rémunérations et indemnités, le professionnel qualifié peut demander, pour l'accomplissement de sa mission, le remboursement des frais suivants : frais postaux et de reprographie ; frais de déplacement (transport, repas, hébergement). Ces frais doivent être limités dans la mesure où le tuteur ou le curateur adresse les comptes de gestion et les justificatifs au professionnel qualifié. Le professionnel qualifié doit adresser sa facture au tuteur ou au curateur.
- Taux : 123 € (10 × 12,31 €) par tranche d'heures exceptionnelles.
- Justification : relevé des heures au-delà des diligences normales.
- Frais remboursables : postaux, reprographie, déplacement (transport, repas, hébergement).
- Facturation : adressée au tuteur ou au curateur.
En cas de litige concernant le montant de la facture du professionnel qualifié, une procédure peut être engagée devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de proximité. À vérifier auprès d'un avocat en cas de contestation.
Exonérations et prises en charge exceptionnelles
Des dispositifs d'exonération ou de prise en charge existent pour les personnes protégées aux ressources très faibles ou endettées.
Si les ressources de la personne protégée sont inférieures ou égales au montant annuel de l'AAH, la rémunération du mandataire est prise en charge par la collectivité publique : la personne protégée ne participe pas au financement de la mesure.
Pour le contrôle du compte de gestion par un professionnel qualifié, la personne protégée est exonérée du paiement lorsqu'elle réunit les conditions cumulatives suivantes : ressources inférieures ou égales au montant annuel du RSA ; patrimoine financier disponible (compte courant, livret A, LDD, livret d'épargne populaire…) inférieur ou égal à 35 000 €.
Règle
À titre exceptionnel et temporaire, le préfet peut exonérer, en partie ou totalement, le paiement de la participation de la personne protégée si celle-ci a contracté des dettes importantes avant l'ouverture de la mesure de protection. Dans ce cas, la participation sera payée par la collectivité publique.
- Ressources pour un AAH inférieur ou égal : rémunération du mandataire prise en charge par la collectivité publique.
- Contrôle des comptes : exonération si ressources pour un RSA inférieur ou égal et patrimoine financier au maximum 35 000 €.
- Dettes préexistantes : exonération exceptionnelle et temporaire par le préfet, participation payée par la collectivité.
Les conditions d'exonération sont strictes et cumulatives. Pour bénéficier de l'exonération liée aux dettes, une demande motivée doit être adressée au préfet du département de résidence de la personne protégée. À vérifier auprès du juge des tutelles ou de la préfecture.
Textes applicables
- Code civil — articles 415 à 424 (protection des majeurs)Texte légal applicable
- Arrêté du 4 juillet 2024 — rémunération du professionnel qualifié (contrôle des comptes de gestion)Texte réglementaire applicable
- Code civil : article 472Légifrance
- Code de procédure pénale : article R217-1Légifrance
- Code de l'action sociale et des familles : articles D471-1 à D471-19Légifrance
- Code de l'action sociale et des familles : article R472-8Légifrance
- Décret n°2008-1554 du 31 décembre 2008 sur la participation des personnes protégées au financement de leur mesure de protectionLégifrance
- Code de l'action sociale et des familles : article D471-6Légifrance
- Décret n°2010-1404 du 12 novembre 2010 fixant l'indemnité complémentaire des mandataires judiciaires à la protection des majeursLégifrance
- Arrêté du 31 août 2018 relatif à la détermination du coût des mesures de protection exercées par les mandataires judiciaires à la protection des majeursLégifrance
- Décret n°2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et modalités de règlement des frais de déplacements temporaires des personnels civils de l'ÉtatLégifrance
- Circulaire de présentation des dispositions relatives au contrôle des comptes de gestion des majeurs protégés par un professionnel qualifiéjustice.gouv.fr
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Quel est le coût d’une tutelle, d’une curatelle, d’une habilitation familiale ou d’une sauvegarde de justice d’une personne majeure ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les barèmes de rémunération des mandataires judiciaires et des professionnels qualifiés sont fixés par décrets et arrêtés, et peuvent être actualisés. Vérifier les montants à jour auprès du juge des tutelles, du mandataire ou du service de protection des majeurs du tribunal judiciaire.
