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Peut-on revenir sur le partage des biens après un divorce ?

Oui. On peut revenir sur le partage des biens résultant d'un divorce si l'un des ex-époux a été lésé dans le partage ou si un bien a été oublié. Selon la situation, il est possible de demander un partage complémentaire, un complément de part, ou encore la nullité du partage pour vice du consentement (dol, violence, erreur). Le recel de communauté est également sanctionné.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir pour revenir sur le partage des biens après un divorce : vices du consentement (dol, violence, erreur), lésion de plus d'1/4, oubli d'un bien, recel de communauté et procédure à suivre.

Ce qu'il faut savoir

  • On peut revenir sur le partage des biens après un divorce si l'un des ex-époux a été lésé de plus d'1/4 des biens, si un bien a été oublié, ou si le partage est affecté d'un vice du consentement.
  • La nullité du partage peut être demandée en cas de dol (manœuvres, mensonges, dissimulation), de violence ou d'erreur.
  • L'action en nullité pour vice du consentement se prescrit par 5 ans, à compter du jour où l'ex-époux découvre le dol ou l'erreur, ou où la violence a cessé.
  • L'action en complément de part (lésion de plus d'1/4) doit être exercée dans un délai de 2 ans à compter du partage.
  • L'action en partage complémentaire (oubli d'un bien) n'est soumise à aucun délai de prescription : elle peut être faite à tout moment.
  • En cas de recel de communauté, le bien recélé est retiré à son auteur et attribué intégralement à l'autre ex-époux, qui peut aussi obtenir des dommages et intérêts.
  • La procédure est obligatoirement engagée avec un avocat devant le tribunal judiciaire du domicile du défendeur, après tentative de résolution amiable.

Conditions essentielles

  • Vous avez été lésé de plus d'1/4 des biens lors du partage, ou un bien a été oublié, ou le partage est affecté d'un vice du consentement.
  • Pour le complément de part, vous agissez dans le délai de 2 ans à compter du partage.
  • Pour la nullité, vous agissez dans le délai de 5 ans (dol, violence, erreur).
  • Vous pouvez tenter une résolution amiable auprès d'un notaire avant toute saisine du juge.
  • Vous avez les moyens de prouver le vice du consentement, la lésion ou le recel (c'est à vous d'apporter la preuve du recel).

Les étapes

  • Identifier la situation : lésion de plus d'1/4, oubli d'un bien, vice du consentement ou recel de communauté.
  • Tenter une résolution amiable auprès d'un notaire, notamment pour un complément de part ou un bien oublié.
  • En cas de désaccord, saisir le juge judiciaire (tribunal judiciaire) du domicile du défendeur.
  • Prendre un avocat (obligatoire pour cette procédure).
  • Votre avocat rédige et délivre une assignation au défendeur.
  • Le cas échéant, demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle si vos ressources sont insuffisantes.

Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les conditions de prescription de chaque action, le détail du recel de communauté et les voies de recours sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des vices du consentement, du recel de communauté et de la procédure devant le juge, voir les sections dédiées de cet article.

Dans quel cas peut-on revenir sur le partage ?

Plusieurs situations permettent de revenir sur le partage des biens après un divorce : lésion de plus d'1/4, oubli d'un bien, dissimulation d'un bien, ou partage affecté par un vice du consentement.

Plusieurs situations peuvent se présenter pour revenir sur le partage : ex-époux lésé de plus d'1/4 des biens, oubli d'un bien dans le partage, dissimulation d'un bien par un époux, ou partage affecté par un vice du consentement.

Le partage est l'opération par laquelle les ex-époux se répartissent les biens communs ou indivis après le divorce. Le partage complémentaire porte sur un bien omis. Le complément de part vise à réparer une lésion supérieure au quart. La nullité anéantit rétroactivement le partage entaché d'un vice du consentement.

À savoir

  • Vous avez le droit de partager vos biens de manière inégale (par exemple 1/3 pour l'un et 2/3 pour l'autre).
  • Cependant, si vous avez été lésé de plus d'1/4, vous pouvez demander un complément de part.
  • La valeur des biens s'apprécie au moment du partage, et non à leur valeur actuelle.
  • L'action en complément de part n'est pas possible si le partage a été homologué ou prononcé en justice par un Jaf.

Règle

Chaque situation (lésion, oubli, vice du consentement, recel) obéit à des règles de prescription et de procédure différentes. Il est important d'identifier correctement la situation avant d'engager une action.

La possibilité de revenir sur le partage dépend de la nature du vice ou du manquement constaté, et chaque situation obéit à des règles de prescription différentes.

Quels sont les vices du consentement ? (dol, violence, erreur)

Un ex-époux peut invoquer la nullité du partage pour cause de vice du consentement : dol, violence ou erreur. Chaque vice obéit à une prescription de 5 ans, dont le point de départ varie selon le type de vice.

Un ex-époux peut demander la nullité du partage pour cause de vice du consentement, c'est-à-dire en cas de dol, de violence ou d'erreur. La nullité anéantit rétroactivement le partage : les biens sont rapportés à la masse à partager.

  • Dol

    Définition
    L'un des ex-époux a obtenu le consentement de l'autre par des manœuvres ou des mensonges, ou a dissimulé intentionnellement une information importante.
    Point de départ de la prescription
    5 ans à compter du jour où l'ex-époux découvre le dol.
  • Violence

    Définition
    La violence d'un ex-époux est un vice du consentement si l'acte a entraîné chez l'autre un préjudice dans le partage des biens (par exemple, l'un a été amené à s'engager ou à renoncer à un droit en raison d'un comportement menaçant).
    Point de départ de la prescription
    5 ans à compter du jour où la violence a cessé.
  • Erreur

    Définition
    Erreur portant sur l'existence ou la quote-part des droits des époux, ou sur la propriété des biens à partager (par exemple, un bien d'abord considéré comme propre s'avère être un bien commun).
    Point de départ de la prescription
    5 ans à compter du jour où l'époux découvre l'erreur.

Règle

L'ex-époux qui souhaite faire valoir un vice du consentement doit agir dans un délai de 5 ans. La prescription court à compter du jour où l'ex-époux découvre le dol ou l'erreur, ou où la violence a cessé.

Si le tribunal estime que les conséquences du dol, de la violence ou de l'erreur peuvent être réparées autrement que par l'annulation du partage, il peut ordonner un partage complémentaire ou rectificatif à la demande de l'un des époux.

Qu'est-ce qu'un complément de part ?

Le complément de part vise à réparer la lésion subie par un ex-époux lésé de plus d'1/4 des biens lors du partage des biens après le divorce. L'action doit être exercée dans un délai de 2 ans.

Vous avez le droit de partager vos biens de manière inégale. Par exemple, vous avez pu recevoir 1/3 des biens et votre ex-époux 2/3. Cependant, si vous avez été lésé de plus d'1/4, vous pouvez demander un complément de part.

Le complément de part est la somme ou le bien attribué à l'ex-époux lésé pour rétablir l'égalité du partage. La valeur dont vous avez été lésée peut vous être accordée en numéraire ou en nature (par exemple appartement, terrain).

  • Vous avez été lésé de plus d'1/4 des biens lors du partage.
  • La lésion s'apprécie en examinant la valeur des biens au moment du partage, et non pas leur valeur actuelle.
  • Le partage n'a pas été homologué ni prononcé en justice par le juge aux affaires familiales (par exemple en cas de divorce par consentement mutuel judiciaire).
  • Vous agissez dans un délai de 2 ans à compter du partage.

Règle

L'action en complément de part n'est pas possible si le partage a été homologué ou prononcé en justice par un Jaf (juge aux affaires familiales), par exemple en cas de divorce par consentement mutuel judiciaire.

Vous devez agir pour un complément de part dans un délai de 2 ans à compter du partage.

Qu'est-ce qu'un partage complémentaire ?

Le partage complémentaire porte sur un bien qui a été oublié lors du partage des biens après le divorce.

Vous ou votre ex-époux avez pu oublier de faire figurer un bien dans l'acte de partage. Dans ce cas, vous pouvez faire une demande de partage complémentaire portant seulement sur ce bien, même si ce bien est de faible valeur.

Le partage complémentaire est un second partage portant uniquement sur les biens omis du premier. Il complète le partage initial sans le remettre en cause dans son ensemble.

À savoir

  • Votre demande de partage complémentaire n'est soumise à aucun délai de prescription : elle peut être faite à tout moment.
  • Le partage complémentaire peut porter sur un bien même de faible valeur.
  • Le partage complémentaire ne porte que sur les biens omis, pas sur l'ensemble du partage initial.

Si le partage a été homologué ou prononcé en justice, le partage complémentaire reste possible pour les biens omis, sous réserve des règles applicables aux partages judiciaires.

Qu'est-ce qu'un recel de communauté ?

Le recel de communauté est le fait, pour un ex-époux, de détourner ou de dissimuler intentionnellement un bien commun afin de rompre l'égalité du partage. La sanction est lourde : le bien recélé est retiré à son auteur.

Si votre ex-époux a détourné ou dissimulé intentionnellement un bien afin de rompre l'égalité du partage, on parle de recel de communauté. Par exemple, votre ex-époux ne déclare pas des actions, vend un bien commun à un prix inférieur à sa valeur réelle et conserve la différence pour lui.

Le recel de communauté est caractérisé lorsque le bien détourné est un bien commun : tel est le cas pour un bien acquis pendant le mariage si votre régime matrimonial est celui de la communauté réduite aux acquêts. Il n'y a pas de recel de communauté sur des biens indivis (par exemple, si vous êtes mariés sous le régime de la séparation de biens, dans lequel il n'y a pas de biens communs).

  • Le bien détourné ou dissimulé est un bien commun (par exemple, un bien acquis pendant le mariage si votre régime matrimonial est la communauté réduite aux acquêts).
  • Il n'y a pas de recel de communauté sur des biens indivis (par exemple, en cas de régime de la séparation de biens, où il n'y a pas de biens communs).
  • C'est à vous d'apporter la preuve du recel.

Règle

Le bien recélé par votre ex-époux, auteur du fait, lui est retiré et vous est attribué intégralement. Si le bien n'appartient plus à l'ex-époux auteur du recel, la restitution peut se faire en valeur.

À savoir

  • Le bien recélé est retiré à son auteur et vous est attribué intégralement.
  • Si le bien n'appartient plus à l'auteur du recel, la restitution peut se faire en valeur.
  • Vous pouvez demander des dommages et intérêts à votre ex-époux pour la réparation des préjudices supplémentaires causés par le recel.
  • C'est à vous d'apporter la preuve du recel.

Le recel de communauté suppose que le bien détourné soit un bien commun. En régime de séparation de biens, où il n'y a pas de biens communs, le recel de communauté n'est pas applicable.

Quelle procédure suivre ?

Avant de saisir le juge, il est possible de tenter une résolution amiable auprès d'un notaire. En cas de désaccord, la saisine du tribunal judiciaire est nécessaire, avec l'assistance obligatoire d'un avocat.

La procédure se déroule en deux temps : une tentative de résolution amiable auprès d'un notaire, puis, en cas de désaccord, une saisine du tribunal judiciaire par assignation rédigée par un avocat.

  1. 1

    Tenter la résolution amiable

    Vous pouvez tenter une résolution amiable auprès d'un notaire, en particulier si vous souhaitez demander un complément de part ou si un bien a été oublié lors du partage.

  2. 2

    Saisir le juge en cas de désaccord

    En cas de désaccord, en particulier lorsque le partage est affecté par un vice du consentement ou qu'il y a un recel de communauté, vous devez saisir le juge judiciaire.

  3. 3

    Choisir le bon tribunal

    Le tribunal judiciaire à saisir est celui du domicile du défendeur (votre ex-époux).

  4. 4

    Prendre un avocat

    Vous devez obligatoirement prendre un avocat pour faire cette procédure.

  5. 5

    Rédiger l'assignation

    Le tribunal doit être saisi par une assignation rédigée par votre avocat.

  6. 6

    Demander l'aide juridictionnelle si nécessaire

    Si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour prendre en charge tout ou partie de vos frais d'avocat.

À savoir

  • La résolution amiable auprès d'un notaire est recommandée avant toute saisine du juge.
  • Le tribunal judiciaire à saisir est celui du domicile du défendeur.
  • La représentation par un avocat est obligatoire pour cette procédure.
  • Si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle.

Règle

S'il apparaît que les conséquences de la violence, du dol ou de l'erreur peuvent être réparées autrement que par l'annulation du partage, le tribunal peut, à la demande de l'un des époux, ordonner un partage complémentaire ou rectificatif.

Où s'adresser ?

Selon la situation, vous pouvez vous adresser à un notaire (résolution amiable) ou au tribunal judiciaire (contentieux du partage). Un avocat est obligatoire pour la procédure judiciaire.

  • Notaire — pour tenter une résolution amiable (complément de part, bien oublié). Le notaire est compétent pour faciliter un accord entre ex-époux sans saisine du juge.
  • Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité — Ministère chargé de la justice, pour le contentieux du partage des biens après divorce (vice du consentement, recel, désaccord persistant).
  • Avocat — Conseil national des barreaux (CNB), annuaire des avocats de France. La représentation par un avocat est obligatoire pour saisir le tribunal judiciaire.

Règle

Le tribunal compétent est celui du domicile du défendeur (votre ex-époux). Si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour prendre en charge tout ou partie de vos frais d'avocat.

Le juge aux affaires familiales est mentionné dans la fiche source pour l'homologation du partage ou le divorce par consentement mutuel judiciaire, cas dans lesquels l'action en complément de part n'est pas possible.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Peut-on revenir sur le partage des biens après un divorce ?

    Vérifiée le 2026-10-04

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