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Pension alimentaire impayée : qu’est-ce que la procédure de « paiement direct » ?

En cas de pension alimentaire impayée, le créancier peut recourir au paiement direct pour obtenir le paiement auprès d’un tiers (employeur, banque…) de sommes destinées au débiteur et saisissables. Le créancier peut engager cette procédure dès que le premier versement n’a pas lieu à la date prévue : un seul jour de retard suffit. La procédure est mise en œuvre par un commissaire de justice.

Vue d’ensemble

Ce qu’il faut retenir sur la procédure de paiement direct en cas de pension alimentaire impayée : conditions, déroulement, obligations du tiers et contestation.

Ce qu'il faut savoir

  • Le paiement direct permet au créancier d’obtenir le paiement auprès d’un tiers (employeur, banque…) de sommes destinées au débiteur et saisissables.
  • Le créancier peut engager cette procédure dès le 1ᵉʳ impayé : 1 seul jour de retard suffit.
  • La procédure s’applique aux impayés des 6 mois précédant la notification de la procédure, et à l’ensemble des impayés à venir.
  • Le créancier doit s’adresser à un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) de son lieu de résidence, en lui fournissant le jugement ou la convention, un décompte des sommes dues et des renseignements sur le débiteur.
  • Dans les 8 jours, le commissaire de justice notifie la procédure au tiers par lettre recommandée avec accusé de réception et informe simultanément le débiteur.
  • Le tiers (employeur ou dépositaire de fonds) dispose de 8 jours pour accuser réception et préciser s’il peut donner suite ; s’il ne verse pas la pension due au créancier, il encourt une amende de 1 500 € maximum (3 000 € en cas de récidive).
  • Les frais de procédure sont à la charge du débiteur : aucune avance ne peut être demandée au bénéficiaire de la pension alimentaire.

Conditions essentielles

  • Le créancier possède un document (décision de justice ou convention immédiatement exécutoire) fixant la pension alimentaire.
  • Le 1ᵉʳ versement n’a pas eu lieu à la date prévue : 1 seul jour de retard suffit pour engager la procédure.
  • Le créancier s’adresse à un commissaire de justice de son lieu de résidence.
  • Le créancier qui, de mauvaise foi, fait usage de la procédure peut être condamné à une amende civile allant jusqu’à 10 000 €.

Les étapes

  • S’adresser à un commissaire de justice de votre lieu de résidence et lui fournir : l’original du jugement ou de la convention relatif à la pension alimentaire, un décompte des sommes dues, et tous renseignements concernant le débiteur (identité, domicile, adresse de l’employeur, immatriculation à la Sécurité sociale).
  • Dans les 8 jours, le commissaire de justice notifie la procédure au tiers (employeur ou dépositaire de fonds) par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Simultanément, le commissaire de justice informe le débiteur par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Si le créancier ne connaît pas l’adresse du débiteur ou de son employeur, le commissaire de justice contacte dans le même délai les organismes tenus de l’en informer (administration fiscale, sécurité sociale, fichier national des chèques irréguliers).
  • Le tiers dispose de 8 jours suivant la notification pour accuser réception auprès du commissaire de justice et préciser par écrit s’il est en mesure de donner suite à la demande.
  • Le tiers en mesure de rembourser le créancier met en place la procédure de paiement direct : les versements sont étalés en 12 mensualités d’un montant égal.

Cette synthèse couvre l’essentiel de la procédure de paiement direct. Les obligations du tiers, les cas de contestation et les modalités de fin de procédure sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des obligations du tiers saisi, des amendes en cas de défaut de versement et des modalités de contestation par le débiteur, voir les sections « Quelles obligations incombe au tiers ? » et « Peut-on contester la procédure ? ».

À quelle condition peut-on recourir au paiement direct ?

Le créancier de la pension alimentaire doit posséder un document fixant la pension : une décision de justice ou une convention immédiatement exécutoire. Le créancier peut engager la procédure dès le 1ᵉʳ impayé : 1 seul jour de retard suffit.

Le paiement direct est une procédure simplifiée de recouvrement qui n’exige pas de nouvelle décision de justice : elle s’appuie sur le titre exécutoire existant (jugement ou convention) et permet d’obtenir le paiement directement auprès d’un tiers détenteur de sommes saisissables.

  • Le créancier possède un document fixant la pension alimentaire : décision de justice ou convention immédiatement exécutoire.
  • Le 1ᵉʳ versement n’a pas eu lieu à la date prévue : 1 seul jour de retard suffit pour engager la procédure.
  • Le créancier s’adresse à un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) de son lieu de résidence.

À savoir

  • La procédure de paiement direct s’applique aux impayés des 6 mois précédant la notification de la procédure, et à l’ensemble des impayés à venir.
  • Le créancier qui, de mauvaise foi, fait usage de la procédure de paiement direct peut être condamné par le tribunal à une amende civile allant jusqu’à 10 000 €.
  • Le commissaire de justice est l’officier ministériel chargé de la mise en œuvre de la procédure : c’est à lui que le créancier s’adresse pour l’engager.

La mauvaise foi du créancier est sanctionnée par une amende civile : la procédure ne peut pas être utilisée de façon abusive pour harceler le débiteur ou obtenir des sommes non dues.

Qui peut être le tiers saisi ?

Le tiers peut être soit l’employeur du débiteur, soit l’un des dépositaires de ses fonds (sa banque, par exemple). C’est auprès de ce tiers que le paiement direct est obtenu.

Le tiers est la personne physique ou morale qui détient des sommes destinées au débiteur et saisissables : employeur (salaires à verser), banque (compte bancaire du débiteur). Le paiement direct consiste à intercepter ces sommes avant leur versement au débiteur, pour les remettre au créancier.

Le tiers n’est pas un débiteur de la pension alimentaire : il est un intermédiaire qui détient des fonds appartenant au débiteur. La procédure le contraint à remettre ces fonds au créancier, dans la limite des sommes saisissables.

L’employeur du débiteur

L’employeur est le tiers le plus fréquent : il détient des salaires à verser au débiteur et peut les remettre directement au créancier, en prélevant la part correspondant à la pension alimentaire.

Un dépositaire de fonds (banque)

L’un des dépositaires de fonds du débiteur, comme sa banque, peut également être saisi : la banque détient des sommes sur le compte du débiteur et peut les remettre au créancier dans le cadre du paiement direct.

À savoir

  • Lorsque le créancier ne connaît pas l’adresse du débiteur ou celle de son employeur, le commissaire de justice contacte dans le même délai les organismes tenus de l’en informer : l’administration fiscale, la sécurité sociale, le fichier national des chèques irréguliers.
  • Le commissaire de justice peut donc rechercher l’adresse du débiteur ou de son employeur auprès des organismes compétents, ce qui facilite l’engagement de la procédure même en cas d’ignorance de ces éléments.
  • Le paiement direct s’applique aux sommes destinées au débiteur et saisissables : seules ces sommes peuvent être détournées au profit du créancier.

La diversité des tiers saisisibles (employeur, banque) et la possibilité de recherche d’adresse via les organismes publics rendent le paiement direct applicable dans de nombreuses situations d’impayés.

Comment se déroule la procédure ?

La procédure comporte plusieurs étapes : saisine du commissaire de justice, notification au tiers et information du débiteur dans les 8 jours, réponse du tiers dans les 8 jours, puis versements étalés en 12 mensualités.

Le calendrier est strict : le commissaire de justice doit notifier la procédure au tiers dans les 8 jours, et le tiers doit répondre dans les 8 jours suivant la notification. Les versements sont ensuite étalés sur 12 mensualités d’un montant égal, ce qui facilite le remboursement progressif.

  1. 1

    Saisine du commissaire de justice

    Le créancier s’adresse à un commissaire de justice de son lieu de résidence et lui fournit : original du jugement ou de la convention relatif à la pension alimentaire, décompte des sommes dues, et tous renseignements concernant le débiteur (identité, domicile, adresse de l’employeur, immatriculation à la Sécurité sociale).

  2. 2

    Notification au tiers (dans les 8 jours)

    Dans les 8 jours, le commissaire de justice notifie au tiers, par lettre recommandée avec accusé de réception, la procédure de paiement direct. La lettre doit comporter : l’indication du nom et domicile du débiteur, l’énonciation du titre exécutoire, le décompte des sommes dues, et le rappel des dispositions de l’article L. 213-2 du code des procédures civiles d’exécution.

  3. 3

    Information du débiteur (simultanée)

    Simultanément, le commissaire de justice informe le débiteur, par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette lettre doit comporter : la demande de paiement direct, le décompte des sommes dues en principal, intérêts et frais, et le rappel des dispositions de l’article R. 213-6 du code des procédures civiles d’exécution.

  4. 4

    Recherche d’adresse si nécessaire

    Lorsque le créancier ne connaît pas l’adresse du débiteur ou celle de son employeur, le commissaire de justice contacte dans le même délai les organismes tenus de l’en informer (administration fiscale, sécurité sociale, fichier national des chèques irréguliers).

  5. 5

    Réponse du tiers (dans les 8 jours)

    Dans les 8 jours qui suivent la notification de la procédure, le tiers doit en accuser réception auprès du commissaire de justice et préciser par écrit s’il est en mesure ou non de donner suite à la demande de paiement direct.

  6. 6

    Versements étalés

    Le tiers en mesure de rembourser le créancier doit mettre en place la procédure de paiement direct. Le versement est étalé en 12 mensualités d’un montant égal : le tiers n’a pas à verser les sommes dues en une seule fois.

À savoir

  • Les frais de procédure sont à la charge du débiteur : aucune avance ne peut être demandée au bénéficiaire de la pension alimentaire.
  • Les versements sont étalés en 12 mensualités d’un montant égal, ce qui allège la charge du tiers saisi.
  • Si le tiers ne verse pas le montant de la pension alimentaire due au créancier, il encourt une amende de 1 500 € maximum (3 000 € en cas de récidive).

La notification au tiers et l’information du débiteur sont simultanées : le débiteur est donc informé dès l’engagement effectif de la procédure à son encontre.

Quelles obligations incombent au tiers ?

Le tiers (employeur ou dépositaire de fonds) qui reçoit la notification du paiement direct doit accuser réception dans les 8 jours et préciser par écrit s’il est en mesure de donner suite. S’il peut rembourser le créancier, il doit mettre en place la procédure ; s’il ne verse pas la pension due, il encourt une amende.

Le tiers a une double obligation : répondre dans les délais et, le cas échéant, verser les sommes au créancier. Le défaut de versement est sanctionné par une amende, ce qui garantit l’effectivité du dispositif.

Règle

Le tiers qui est en mesure de rembourser le créancier, doit mettre en place la procédure de paiement direct. S’il ne verse pas le montant de la pension alimentaire due au créancier, il encourt une amende de 1 500 € maximum (3 000 € en cas de récidive).

  • Accuser réception de la notification auprès du commissaire de justice dans les 8 jours.
  • Préciser par écrit s’il est en mesure ou non de donner suite à la demande de paiement direct.
  • Si en mesure de rembourser le créancier : mettre en place la procédure de paiement direct.
  • Les versements sont étalés en 12 mensualités d’un montant égal : le tiers n’a pas à verser les sommes dues en une seule fois.

À savoir

  • Le tiers n’a pas à verser au créancier les sommes qui lui sont dues en 1 seule fois : le versement est étalé en 12 mensualités d’un montant égal.
  • L’amende de 1 500 € maximum (3 000 € en cas de récidive) sanctionne le défaut de versement de la pension due.
  • Les frais de procédure sont à la charge du débiteur : aucune avance ne peut être demandée au bénéficiaire de la pension.

Le défaut de réponse du tiers dans le délai de 8 jours ou le défaut de versement expose le tiers à des sanctions : la procédure repose sur une coopération obligée du tiers saisi.

Peut-on contester la procédure ?

La procédure de paiement direct des pensions alimentaires peut être contestée par le débiteur devant le juge de l’exécution du tribunal dont dépend son domicile. Tant que le juge n’a pas rendu sa décision, le tiers doit continuer à payer.

Le débiteur dispose d’un droit de contestation devant une juridiction spécialisée : le juge de l’exécution, compétent pour les litiges relatifs aux procédures d’exécution forcée. Cette contestation n’a pas d’effet suspensif automatique : le tiers continue de payer jusqu’à la décision du juge.

Règle

La procédure de paiement direct des pensions alimentaires peut être contestée par le débiteur de la pension alimentaire devant le juge de l’exécution du tribunal dont dépend son domicile.

À savoir

  • Tant que le juge de l’exécution n’a pas rendu sa décision, le tiers qui a reçu l’avis de paiement direct doit continuer à payer : la contestation n’est pas suspensive de plein droit.
  • Le juge de l’exécution est compétent pour les litiges relatifs aux procédures d’exécution forcée : c’est la juridiction spécialisée en la matière.
  • La contestation est portée devant le tribunal dont dépend le domicile du débiteur : le lieu du domicile détermine la compétence territoriale.

L’absence d’effet suspensif de la contestation protège le créancier : le débiteur contestataire doit continuer les versements tant que le juge n’a pas tranché.

Quand la procédure prend-elle fin ?

La procédure de paiement direct prend fin lorsque le commissaire de justice du créancier en notifie la mainlevée au tiers par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle peut également prendre fin à la demande du débiteur, au moyen d’un certificat délivré par un commissaire de justice.

Deux modes de fin sont prévus : la mainlevée notifiée par le créancier (situation classique : la pension est remboursée ou n’est plus due) et le certificat du débiteur (constatant la suppression ou la cessation de la pension). Le commissaire de justice intervient dans les deux cas pour officialiser la fin de la procédure.

Mainlevée notifiée par le créancier

La procédure de paiement direct prend fin lorsque le commissaire de justice du créancier en notifie au tiers la mainlevée par lettre recommandée avec accusé de réception.

Certificat du débiteur

La procédure peut également prendre fin à la demande du débiteur, au moyen d’un certificat délivré par un commissaire de justice. Ce certificat doit : soit attester que la pension alimentaire est supprimée par un nouveau jugement ou convention, soit constater que la pension alimentaire a cessé d’être due.

À savoir

  • La mainlevée est notifiée au tiers par le commissaire de justice du créancier, par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Le certificat de fin de procédure doit être délivré par un commissaire de justice : il atteste soit la suppression de la pension par un nouveau jugement ou convention, soit la cessation de son paiement.
  • La procédure de paiement direct s’applique aux impayés des 6 mois précédant la notification de la procédure, et à l’ensemble des impayés à venir : la mainlevée intervient lorsque ces impayés sont réglés ou que la pension n’est plus due.

Le recours systématique au commissaire de justice pour notifier la fin de procédure (mainlevée ou certificat) garantit la traçabilité et l’opposabilité de la fin du paiement direct.

Où s’adresser ?

Les procédures de paiement direct relèvent de la compétence du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité, ministère chargé de la justice. Des structures d’aide aux victimes et de médiation peuvent également accompagner les personnes concernées.

Le juge de l’exécution, juridiction spécialisée en matière d’exécution forcée, est compétent pour les contestations de la procédure de paiement direct. Les maisons de justice et du droit offrent un accès facilité à la justice et peuvent orienter les personnes.

  • Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité : juridictions compétentes pour les litiges relatifs à la pension alimentaire et à l’exécution des décisions.
  • Maison de justice et du droit : structure d’accueil et d’information, présente dans de nombreux ressorts ; un annuaire permet de trouver la plus proche.

À savoir

  • Le juge de l’exécution est compétent pour les contestations de la procédure de paiement direct : il relève du tribunal dont dépend le domicile du débiteur.
  • Les maisons de justice et du droit permettent de trouver un interlocuteur près de chez vous : un annuaire est consultable en ligne.
  • Les frais de procédure sont à la charge du débiteur : aucune avance ne peut être demandée au bénéficiaire de la pension alimentaire.

Le recours à une maison de justice et du droit ou à un commissaire de justice est encadré : les frais restent à la charge du débiteur et ne peuvent pas être imposés au créancier bénéficiaire de la pension.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Pension alimentaire impayée : qu'est-ce que la procédure de "paiement direct" ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

    Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

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