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Fiscalité des activités lucratives d'une association

Une association à but non lucratif qui exerce une activité commerciale, de manière régulière ou occasionnelle, peut être exonérée des impôts dits commerciaux : taxe sur la valeur ajoutée, impôt sur les sociétés et contribution économique territoriale. L'exonération suppose que la gestion soit désintéressée et que l'activité ne concurrence pas les entreprises du même secteur marchand. Une méthode d'analyse, dite des 4 P, s'applique lorsqu'il y a concurrence.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur la fiscalité des activités lucratives d'une association : conditions d'exonération, appréciation de la concurrence, régime de l'activité accessoire et cas des Ésat.

Ce qu'il faut savoir

  • Une association à but non lucratif peut exercer une activité commerciale sans être systématiquement soumise aux impôts touchant les entreprises.
  • L'association qui mène une activité commerciale, de manière régulière ou occasionnelle, peut être exonérée des impôts dits commerciaux : TVA, impôt sur les sociétés et contribution économique territoriale.
  • L'exonération suppose que la gestion de l'association soit désintéressée et que l'activité lucrative ne concurrence pas les entreprises du même secteur marchand.
  • Lorsque l'activité lucrative est accessoire, l'exonération est possible si la majorité des activités est non lucrative, la gestion désintéressée, et si les recettes de l'une des activités accessoires ne dépassent pas 78 596 € sur une année civile.
  • Si l'activité lucrative concurrence le secteur marchand, l'exonération peut être reconnue si l'association n'exerce pas cette activité dans des conditions comparables à celles d'une entreprise commerciale (méthode des 4 P).
  • L'énumération des 4 P (produit, public, prix, publicité) est classée par ordre d'importance décroissante : le produit et le public visé ont une importance prépondérante.
  • Des règles particulières existent pour les établissements d'aide par le travail (Ésat).

Conditions essentielles

  • L'association est à but non lucratif.
  • La gestion de l'association est désintéressée.
  • L'activité lucrative ne concurrence pas les entreprises du même secteur marchand.
  • Pour l'activité accessoire : la majorité des activités est non lucrative et les recettes de l'une des activités accessoires ne dépassent pas 78 596 € sur une année civile.

Les étapes

  • Déterminer si l'association exerce une activité commerciale, de manière régulière ou occasionnelle.
  • Vérifier que la gestion de l'association est désintéressée.
  • Apprécier si l'activité lucrative concurrence ou non les entreprises du même secteur marchand.
  • En cas de concurrence, examiner successivement les 4 P : produit, public, prix et publicité.
  • En cas d'activité accessoire, vérifier que les recettes de l'une des activités accessoires ne dépassent pas 78 596 € sur une année civile.
  • Pour un Ésat, vérifier l'objet d'insertion ou de réinsertion et l'indissociabilité de l'activité lucrative.

Cette synthèse présente les principes d'exonération et les différentes situations. Le détail des 4 conditions de non-concurrence, de la méthode des 4 P et du régime des Ésat est présenté dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Cette synthèse ne couvre pas toutes les situations. Pour le détail des conditions de non-concurrence, de la méthode des 4 P et du régime des Ésat, voir les sections suivantes.

Activité commerciale et impôts commerciaux

Une association à but non lucratif peut exercer une activité commerciale sans pour autant être systématiquement soumise aux impôts touchant les entreprises.

L'association qui mène une activité commerciale, de manière régulière ou occasionnelle, peut être exonérée des impôts dits commerciaux : la TVA, l'impôt sur les sociétés et la contribution économique territoriale.

Les impôts dits commerciaux désignent la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l'impôt sur les sociétés et la contribution économique territoriale (CET). L'exonération porte sur ces impôts.

Règle

L'exonération n'est pas automatique : elle dépend du respect des conditions posées par la fiche officielle.

  • Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
  • Impôt sur les sociétés.
  • Contribution économique territoriale (CET).

La fiche officielle précise que des règles particulières existent notamment pour les établissements d'aide par le travail (Ésat).

Les deux conditions d'exonération

Pour bénéficier de l'exonération, deux conditions doivent être remplies.

La première condition porte sur la gestion de l'association, qui doit être désintéressée. La seconde porte sur l'absence de concurrence avec les entreprises du même secteur marchand.

La gestion désintéressée est appréciée selon une définition propre, à laquelle la fiche officielle renvoie. L'absence de concurrence s'apprécie au regard de quatre conditions cumulatives.

Règle

Ces deux conditions sont nécessaires pour que l'association menant une activité commerciale, de manière régulière ou occasionnelle, soit exonérée des impôts dits commerciaux.

  • La gestion de l'association doit être désintéressée.
  • L'activité lucrative ne doit pas concurrencer les entreprises du même secteur marchand.

La fiche officielle renvoie à une fiche distincte consacrée à la gestion désintéressée d'une association.

Les quatre conditions de non-concurrence

L'association est considérée comme non concurrente du secteur marchand si quatre conditions sont réunies.

Ces quatre conditions portent sur le besoin satisfait, le public visé, les prix pratiqués et la communication auprès du public.

La première condition est que l'activité vise à satisfaire un besoin qui n'est pas pris en compte par le marché ou qui l'est de façon peu satisfaisante. La deuxième est que l'activité s'adresse principalement à des personnes justifiant l'attribution d'avantages particuliers au vu de leur situation économique et sociale. La troisième est que les prix pratiqués soient nettement inférieurs à ceux du secteur marchand pour des services ou produits similaires. La quatrième est que les informations diffusées auprès du public ne s'apparentent pas à de la publicité commerciale.

Règle

Les quatre conditions doivent être réunies pour que l'association soit considérée comme non concurrente du secteur marchand.

  • L'activité doit viser à satisfaire un besoin qui n'est pas pris en compte par le marché, ou qui l'est de façon peu satisfaisante. Exemple : restauration à destination de personnes en difficulté, vente de produits alimentaires pour des personnes démunies.
  • L'activité doit s'adresser principalement à des personnes justifiant l'attribution d'avantages particuliers au vu de leur situation économique et sociale. Exemple : demandeurs d'emploi, personnes handicapées.
  • L'association doit pratiquer des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués par le secteur marchand pour des services ou des produits similaires. Cette condition peut être remplie lorsque l'association pratique des tarifs modulés en fonction de la situation des clients.
  • Les informations diffusées auprès du public sur ses prestations ne doivent pas s'apparenter à de la publicité commerciale. L'information doit utiliser un contenu différent de la publicité traditionnelle et reposer sur un support tenant compte du public visé.

La condition relative aux prix peut notamment être remplie lorsque l'association pratique des tarifs modulés en fonction de la situation des clients.

Tableau des conditions de non-concurrence

Le tableau suivant récapitule les quatre conditions de non-concurrence et les exemples cités par la fiche officielle.

ConditionExemples cités
Besoin non pris en compte par le marché, ou de façon peu satisfaisanteRestauration à destination de personnes en difficulté ; vente de produits alimentaires pour des personnes démunies
Public justifiant l'attribution d'avantages particuliersDemandeurs d'emploi ; personnes handicapées
Prix nettement inférieurs à ceux du secteur marchandTarifs modulés en fonction de la situation des clients
Informations diffusées ne s'apparentant pas à de la publicité commercialeContenu différent de la publicité traditionnelle et support tenant compte du public visé

Règle

Les quatre conditions doivent être réunies pour que l'association soit considérée comme non concurrente du secteur marchand.

La fiche officielle présente ces conditions comme cumulatives.

L'utilisation des excédents

L'association doit utiliser ses excédents pour des projets entrant dans le champ de son objet non lucratif ou pour faire face à des besoins futurs.

Cette exigence implique que l'association ne peut pas distribuer ou placer ses excédents.

Les excédents sont les ressources dégagées par l'activité. Leur affectation doit rester conforme à l'objet non lucratif de l'association ou à la constitution de ressources pour des besoins futurs.

Règle

L'association ne peut pas distribuer ou placer ses excédents.

  • Utiliser les excédents pour des projets entrant dans le champ de l'objet non lucratif.
  • Utiliser les excédents pour faire face à des besoins futurs.
  • Ne pas distribuer les excédents.
  • Ne pas placer les excédents.

La fiche officielle relie cette exigence à l'appréciation de la non-concurrence du secteur marchand.

Si l'activité lucrative concurrence le secteur marchand : la méthode des 4 P

Si l'activité lucrative concurrence le secteur marchand, l'association peut être exonérée d'impôts si elle n'exerce pas cette activité dans des conditions comparables à celles d'une entreprise commerciale.

Quatre éléments doivent être examinés successivement : le produit, le public, les prix et la publicité. Cette méthode est dite des 4 P.

Les 4 P désignent le produit proposé par l'association, le public visé, les prix pratiqués et les opérations de communication (publicité) réalisées. Ces éléments n'ont pas tous la même importance : leur énumération les classe par ordre d'importance décroissante, le produit et le public visé étant prépondérants.

Règle

Le critère de publicité ne peut pas permettre à lui seul de conclure qu'une association concurrence le secteur privé.

  • Produit proposé par l'association.
  • Public visé.
  • Prix pratiqués.
  • Opérations de communication (publicité) réalisées.

Le produit et le public visé ont une importance prépondérante pour déterminer si l'association concurrence le secteur marchand.

Si l'activité lucrative est accessoire

L'association peut être exonérée des impôts commerciaux si l'activité lucrative est accessoire, sous réserve de trois conditions.

Les trois conditions portent sur la prépondérance des activités non lucratives, le caractère désintéressé de la gestion et le plafond de recettes de l'activité accessoire.

Le montant des recettes générées par l'une des activités accessoires ne doit pas dépasser 78 596 € sur une année civile.

Règle

Les trois conditions suivantes doivent être remplies : la majorité des activités est non lucrative, la gestion est désintéressée, et le montant des recettes générées par l'une des activités accessoires ne doit pas dépasser 78 596 € sur une année civile.

  • La majorité des activités de l'association est non lucrative.
  • La gestion de l'association est désintéressée.
  • Le montant des recettes générées par l'une des activités accessoires ne dépasse pas 78 596 € sur une année civile.

Le seuil de 78 596 € s'apprécie sur une année civile.

Le cas des établissements d'aide par le travail (Ésat)

Un établissement d'aide par le travail (Ésat) n'est pas soumis aux impôts commerciaux si sa gestion est désintéressée et si certaines conditions sont remplies.

Les conditions portent sur l'objet d'insertion ou de réinsertion, sur l'impossibilité d'exercer l'activité durablement dans les conditions du marché, et sur l'indissociabilité de l'activité lucrative et de l'activité non lucrative.

L'Ésat a pour objet l'insertion ou la réinsertion économique ou sociale de personnes qui ne pourraient pas être assurées dans les conditions du marché. L'activité ne peut pas être exercée durablement par une entreprise lucrative en raison des charges particulières rendues nécessaires par la situation des personnes employées, telles que les adaptations particulières des postes de travail ou une productivité faible. L'activité lucrative (vente des produits ou prestations) est indissociable de l'activité non lucrative (insertion ou réinsertion économique ou sociale de personnes en difficulté), et contribue financièrement et en nature à la réalisation de l'objet social de l'organisme.

Règle

L'Ésat n'est pas soumis aux impôts commerciaux si sa gestion est désintéressée et si les conditions d'objet, de durabilité et d'indissociabilité sont remplies.

  • La gestion de l'Ésat est désintéressée.
  • L'organisme a pour objet l'insertion ou la réinsertion économique ou sociale de personnes qui ne pourraient pas être assurées dans les conditions du marché.
  • L'activité ne peut pas être exercée durablement par une entreprise lucrative en raison des charges particulières rendues nécessaires par la situation des personnes employées (adaptations particulières des postes de travail, productivité faible, etc.).
  • L'activité lucrative est indissociable de l'activité non lucrative et contribue financièrement et en nature à la réalisation de l'objet social de l'organisme.

La fiche officielle signale que des règles particulières existent notamment pour les Ésat.

Questions fréquentes

La fiche officielle permet de répondre aux questions les plus courantes sur la fiscalité des activités lucratives d'une association.

Une association peut-elle exercer une activité commerciale ?
Oui. Une association à but non lucratif peut exercer une activité commerciale sans être systématiquement soumise aux impôts touchant les entreprises.
Quels impôts sont concernés par l'exonération ?
Les impôts dits commerciaux : la TVA, l'impôt sur les sociétés et la contribution économique territoriale (CET).
Quelles sont les deux conditions d'exonération ?
La gestion doit être désintéressée et l'activité lucrative ne doit pas concurrencer les entreprises du même secteur marchand.
Quel est le seuil pour une activité accessoire ?
Le montant des recettes générées par l'une des activités accessoires ne doit pas dépasser 78 596 € sur une année civile.

Règle

Les réponses rappelées ici reprennent celles de la fiche officielle relative à la fiscalité des activités lucratives d'une association.

Des règles particulières s'appliquent notamment aux Ésat, décrites dans la section dédiée.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Fiscalité des activités lucratives d'une association

    Vérifiée le 2026-10-04

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Voir aussi

    Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

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