Mains empilées en signe de solidarité — social et entraide

Chômage : radiation par France Travail (anciennement Pôle emploi)

En tant que demandeur d'emploi inscrit à France Travail, vous devez remplir des obligations précises : recherche active d'emploi, actualisation mensuelle, réponse aux convocations. En cas de manquement, vous risquez des sanctions allant de l'avertissement à la radiation de la liste des demandeurs d'emploi, avec suppression totale ou partielle de vos allocations chômage.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur la radiation de la liste des demandeurs d'emploi : obligations du demandeur, motifs de sanction, barèmes applicables et voies de recours.

Ce qu'il faut savoir

  • La radiation est la sanction par laquelle France Travail retire un demandeur d'emploi de la liste des inscrits, en cas de manquement à ses obligations.
  • Le demandeur d'emploi doit une recherche d'emploi effective et active, justifiable par des candidatures et des réponses d'employeurs.
  • Depuis le 1ᵉʳ juin 2025, les sanctions sont graduées : un premier manquement entraîne en principe une suspension d'au moins 30 % de l'allocation pendant 1 à 2 mois ; un deuxième manquement peut aller jusqu'à la suppression totale et la radiation pendant 1 à 4 mois.
  • La fraude ou les fausses déclarations entraînent une radiation de 6 à 12 mois et, pour les allocataires, une suppression totale et définitive de l'allocation ; les fausses déclarations sont en outre punies d'une amende pouvant atteindre 3 000 €.
  • Avant toute radiation, France Travail notifie une décision : le demandeur dispose de 10 jours calendaires pour présenter ses observations écrites ou demander un entretien avec le directeur d'agence, accompagné de la personne de son choix.
  • La décision de radiation est notifiée dans un délai de 15 jours calendaires après l'expiration du délai d'observations et prend effet à la date de notification.
  • Pour contester, il faut d'abord faire une réclamation auprès de France Travail, puis saisir le médiateur (préalable obligatoire), puis éventuellement le tribunal administratif, dans un délai de 2 mois.

Conditions essentielles

  • Être inscrit comme demandeur d'emploi et avoir signé un contrat d'engagement avec France Travail.
  • Justifier d'une recherche d'emploi effective et active et accepter les offres raisonnables d'emploi correspondant aux critères définis avec le conseiller.
  • Répondre aux convocations écrites de France Travail et effectuer l'actualisation mensuelle de sa situation.

Les étapes

  • Signer le contrat d'engagement et définir avec le conseiller les critères de l'offre raisonnable d'emploi (dans un délai de 6 mois).
  • Effectuer et justifier des recherches actives d'emploi en permanence.
  • Actualiser mensuellement sa situation personnelle auprès de France Travail.
  • Répondre aux convocations écrites et suivre les actions de formation ou d'aide à la recherche d'emploi sans motif légitime.
  • En cas de manquement, recevoir une notification de premier manquement et présenter des observations dans les 10 jours calendaires.
  • Recevoir la décision de radiation dans un délai de 15 jours calendaires, motivée, prenant effet à sa notification.
  • En cas de désaccord, former une réclamation puis saisir le médiateur de France Travail, et le cas échéant le tribunal administratif, dans un délai de 2 mois.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — barèmes par type de manquement et par situation d'allocation, offre raisonnable d'emploi, procédure de contestation — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les barèmes de sanctions applicables selon que vous percevez une allocation, le RSA ou aucun des deux, pour les critères de l'offre raisonnable d'emploi et pour les étapes du recours devant le médiateur puis le juge, voir les sections « Les sanctions depuis le 1ᵉʳ juin 2025 », « L'offre raisonnable d'emploi » et « Peut-on contester la radiation ? ».

Quelles sont les obligations d'un demandeur d'emploi ?

En tant que demandeur d'emploi immédiatement disponible pour occuper un emploi, vous devez accomplir des démarches régulières de recherche d'emploi dans le cadre de votre contrat d'engagement. Votre recherche d'emploi doit être effective et active.

Le contrat d'engagement est le document par lequel le demandeur d'emploi s'engage, avec l'organisme référent, sur une série d'obligations : recherche active d'emploi, acceptation des offres raisonnables, disponibilité, actualisation de la situation. La recherche d'emploi effective suppose des démarches concrètes et régulières : vous devez pouvoir justifier de vos recherches en fournissant, par exemple, des copies de vos candidatures, des réponses des employeurs, des justificatifs de vos démarches en vue de la création ou de la reprise d'une entreprise. Vous devez répondre aux convocations écrites de France Travail (entretiens, réunions d'information, etc.) et effectuer l'actualisation mensuelle de votre situation. La fiche précise un point important : la loi ne prévoit pas le cas de figure d'une convocation par téléphone ; cette pratique existe seulement pour rendre service aux personnes en difficultés de déplacement — en droit, la convocation régulière est donc celle adressée par écrit.

Règle

Le contrat d'engagement doit être actualisé périodiquement. Lors de cette actualisation, votre conseiller France Travail définit avec vous les éléments constitutifs de l'offre raisonnable d'emploi — les critères sur lesquels vos refus d'offres pourront être appréciés.

Le manquement à l'une de ces obligations peut entraîner une sanction, voire la radiation. En cas de difficultés personnelles (maladie, handicap, contraintes familiales), un motif légitime peut exempter de certaines obligations (formation, rendez-vous, visite médicale) : il convient d'en informer France Travail et de fournir les justificatifs — information à vérifier auprès de votre conseiller.

  • Recherche effective et active d'emploi, justifiable par des candidatures et réponses.
  • Acceptation des offres raisonnables d'emploi correspondant aux critères définis avec le conseiller.
  • Réponse aux convocations écrites de France Travail (entretiens, réunions d'information).
  • Actualisation mensuelle de la situation personnelle.
  • Suivi des actions de formation ou d'aide à la recherche d'emploi, sans motif légitime.
  • Disponibilité immédiate pour occuper un emploi.

L'offre raisonnable d'emploi

Vous devez accepter une offre dite raisonnable, c'est-à-dire correspondant à vos compétences professionnelles. Les éléments constitutifs de l'offre raisonnable sont définis dans un délai de 6 mois à compter de la signature du contrat d'engagement.

L'offre raisonnable d'emploi (ORE) est le socle sur lequel s'apprécie la régularité de vos refus d'emploi. Elle est déterminée à partir des critères suivants : votre formation, vos qualifications, vos connaissances et compétences professionnelles ; votre situation personnelle et familiale ; la situation du marché du travail local ; la nature et les caractéristiques de l'emploi que vous recherchez (CDI, CDD, temps plein ou temps partiel) ; la zone géographique de recherche d'emploi délimitée au sein du territoire national ; le salaire attendu. Ces critères sont arrêtés avec votre conseiller lors de l'élaboration ou de l'actualisation du contrat d'engagement. En cas de refus de 2 offres d'emploi raisonnables sans motif légitime, vous pouvez faire l'objet d'une décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi, ainsi que d'une suppression de votre allocation si vous êtes indemnisé.

Règle

Vous n'êtes pas obligé d'accepter : un emploi à temps partiel si votre contrat d'engagement prévoit que vous recherchez un emploi à temps complet ; un emploi dont le salaire est inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et la profession concernées ; un emploi qui n'est pas compatible avec vos qualifications et compétences professionnelles.

La fiche précise également que le refus d'une offre d'emploi impliquant de travailler le dimanche n'est pas un motif de radiation de la liste des demandeurs d'emploi. Les critères de l'ORE et leur évolution au fil des actualisations conditionnent donc directement le risque de sanction : prenez le temps de les relire attentivement à chaque signature ou mise à jour du contrat d'engagement.

  • Formation et qualifications : diplômes, titres, connaissances et compétences professionnelles.
  • Situation personnelle et familiale : contraintes personnelles prises en compte dans le périmètre de recherche.
  • Marché du travail local : état de l'emploi dans la profession et la zone géographique.
  • Nature de l'emploi recherché : CDI ou CDD, temps plein ou temps partiel.
  • Zone géographique de recherche d'emploi, délimitée au sein du territoire national.
  • Salaire attendu, apprécié au regard des pratiques régionales et professionnelles.

Quels sont les motifs de radiation ?

Les motifs de radiation de la liste des demandeurs d'emploi sont limitativement énumérés par la réglementation. Ils concernent aussi bien la déficience de la recherche d'emploi que les manquements formels ou les fausses déclarations.

Les motifs de radiation sont les suivants : incapacité à justifier vos recherches d'emploi ; absence d'actualisation mensuelle de votre situation personnelle ; fausses déclarations pour être ou rester inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi (ces déclarations sont de plus punies d'une amende d'un montant maximal de 3 000 €) ; refus à 2 reprises d'une offre raisonnable d'emploi ; refus d'élaborer ou d'actualiser votre contrat d'engagement ; absence ou abandon d'une action de formation sans motif légitime ; absence à un rendez-vous fixé par France Travail sans motif légitime ; refus de se soumettre à une visite médicale d'aptitude sans motif légitime ; refus de suivre ou abandon d'une action d'aide à la recherche d'emploi proposée par France Travail dans le cadre du contrat d'engagement sans motif légitime.

Règle

Chaque motif de manquement ouvre à des barèmes de sanctions différents, variables selon le type de manquement et selon que le demandeur perçoit une allocation de France Travail, le RSA, ou aucun des deux. La gravité de la sanction dépend également du nombre de manquements (premier manquement, deuxième manquement, persistance).

Le motif légitime est la clé de voûte de plusieurs de ces motifs : absence à un rendez-vous, abandon de formation, refus de visite médicale ou d'action d'aide à la recherche d'emploi ne sont sanctionnés que s'ils sont commis sans motif légitime. Un motif légitime doit être invoqué dès que possible et, idéalement, justifié par écrit auprès de France Travail : information à vérifier auprès de votre conseiller quant aux justificatifs admis dans votre situation.

Les sanctions depuis le 1ᵉʳ juin 2025

Depuis le 1ᵉʳ juin 2025, les sanctions sont organisées en niveaux : un premier manquement déclenche une notification et une sanction modérée, un deuxième manquement ouvre la voie à des sanctions sévères jusqu'à la radiation.

Si vous manquez à vos obligations précisées dans votre contrat d'engagement, vous recevez d'abord une notification de premier manquement. Elle donne lieu à un premier niveau de sanction : vous risquez une suspension du versement de votre allocation d'au moins 30 % pendant une durée de 1 à 2 mois. Si vous continuez de manquer à vos obligations, un deuxième niveau de sanction peut être appliqué, allant jusqu'à la suspension totale (100 %) du versement de votre allocation et la radiation de la liste des demandeurs d'emploi. En cas de persistance au manquement, la durée de la suspension peut être de 1 à 4 mois.

Les barèmes de sanctions varient selon le type de manquement et selon que vous percevez une allocation de France Travail, le RSA, ou aucun des deux. Pour les manquements aux obligations du contrat d'engagement : au premier manquement, suspension de 30 % à 100 % de l'allocation (ou du RSA) pendant 1 à 2 mois, avec remobilisation possible pendant la durée de la suspension ; si vous ne percevez ni allocation ni RSA, la décision est un simple avertissement. À partir du deuxième manquement : suspension ou suppression de 30 % à 100 % de l'allocation (ou du RSA) pendant 1 à 4 mois ; en cas de suppression totale (100 %) pour une durée de 4 mois, la radiation de la liste des demandeurs d'emploi est prononcée pour la même durée — pour le RSA, sur proposition du président du conseil départemental. Pour le demandeur ne percevant ni allocation ni RSA, le deuxième manquement entraîne directement une radiation de 1 à 4 mois. Pour le refus d'élaborer le contrat d'engagement et le refus d'actualiser le contrat d'engagement, les mêmes barèmes s'appliquent : suspension de 30 % à 100 % pendant 1 à 2 mois au premier manquement (remobilisation possible par l'élaboration ou la mise à jour du contrat), puis suspension ou suppression de 30 % à 100 % pendant 1 à 4 mois au deuxième manquement, avec radiation de 4 mois en cas de suppression totale. Les personnes qui ne perçoivent ni allocation ni RSA ne sont pas concernées par ces deux motifs. Pour le refus à 2 reprises d'une offre raisonnable d'emploi : au premier refus (qui constitue le premier manquement de cette catégorie), suppression totale de l'allocation pendant 2 mois (100 %) et radiation de la liste pendant 2 mois ; pour le RSA, suspension de 30 % à 100 % pendant 1 à 2 mois, avec radiation pour la même durée à la demande du président du conseil départemental ; sans allocation ni RSA, radiation de 2 mois. À partir du deuxième refus : suppression totale de l'allocation pendant 4 mois et radiation pour la même durée (RSA : suspension ou suppression de 1 à 4 mois et radiation sur proposition du président du conseil départemental ; sans allocation ni RSA : radiation de 4 mois). Pour les activités professionnelles très brèves non déclarées : au premier manquement, suppression totale (100 %) de l'allocation pendant 1 mois ; sans allocation, simple avertissement. À partir du deuxième manquement : suppression totale de l'allocation pendant 2 mois et radiation de 2 mois (sans allocation : radiation de 2 mois). Pour les manquements aux obligations du projet de reconversion professionnelle : à compter du premier manquement, suppression totale de l'allocation pour une durée de 4 mois et radiation de la liste pendant 4 mois. Plafonnement du RSA : pour les personnes qui perçoivent le RSA, la suspension est plafonnée à 50 % du montant de l'allocation si le foyer de la personne percevant le RSA est composé de plus d'une personne, ou si la personne percevant le RSA est une personne isolée (personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun ses ressources et ses charges avec un époux, concubin ou partenaire de Pacs).

Règle

En cas de suspension de vos allocations, vous pouvez mettre fin de façon anticipée à la sanction en répondant avant son terme aux engagements définis avec votre organisme référent. Le dispositif dit de suspension-remobilisation peut mettre fin à la durée de la radiation si vous reprenez vos obligations définies dans votre contrat d'engagement (recherche active d'emploi, par exemple).

La remobilisation est le mécanisme qui permet de raccourcir la sanction en reprenant ses obligations : élaborer ou actualiser le contrat d'engagement, reprendre une recherche active d'emploi. Plus la sanction est sévère (suppression totale, radiation), plus la remobilisation est importante pour limiter la durée d'inactivité. Le barème appliqué dépend de la situation d'allocation au moment du manquement : en cas de changement de situation (cession d'allocations, ouverture de droits au RSA), le barème applicable est celui de la situation en vigueur — information à vérifier auprès de France Travail.

Les sanctions avant le 1ᵉʳ juin 2025

Les manquements commis avant le 1ᵉʳ juin 2025 restent soumis aux barèmes antérieurs, organisés en trois niveaux de radiation successifs.

Avant le 1ᵉʳ juin 2025, les durées de radiation augmentaient avec le nombre de manquements : 1 mois lors du premier manquement, 2 mois consécutifs en cas de deuxième manquement, 4 mois consécutifs à partir du troisième manquement.

Ce barème progressif s'appliquait aux motifs suivants : incapacité à justifier ses recherches d'emploi ; refus à 2 reprises d'une offre raisonnable d'emploi ; refus d'élaborer ou d'actualiser son contrat d'engagement ; absence ou abandon d'une action de formation sans motif légitime ; absence à un rendez-vous fixé par France Travail sans motif légitime ; refus de suivre ou abandon d'une action d'aide à la recherche d'emploi sans motif légitime ; refus de se soumettre à une visite médicale d'aptitude sans motif légitime ; refus de suivre une formation ou une action d'aide à la recherche d'emploi sans motif légitime. Pour l'absence de déclaration ou la déclaration mensongère, la sanction était une radiation entre 6 et 12 mois consécutifs ; toutefois, si la fausse déclaration était liée à une activité non déclarée d'une durée très brève, la suppression pouvait être de 2 à 6 mois.

Règle

La durée de radiation de la liste des demandeurs d'emploi dépend du motif et de la date de votre radiation : les faits commis avant le 1ᵉʳ juin 2025 restent soumis à l'ancien barème, même si la décision est prise après cette date.

Le nouveau régime applicable depuis le 1ᵉʳ juin 2025 organise les sanctions autour de la suspension d'allocation et de la remobilisation, avec des durées de 1 à 2 mois au premier manquement et de 1 à 4 mois à partir du deuxième, plutôt qu'autour de la seule radiation. Pour une situation en cours, l'interprétation du droit transitoire (ancien ou nouveau barème selon la date des faits) peut être délicate : vérifiez le courrier de sanction et, en cas de doute, consultez un conseiller juridique ou le médiateur de France Travail — information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

Fraude et fausses déclarations

La fraude ou la fausse déclaration pour être et demeurer inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, ou pour recevoir les allocations, entraîne les sanctions les plus lourdes du régime : suppression totale et définitive de l'allocation et radiation de 6 à 12 mois.

Le régime de la fraude est distinct des autres manquements : il ne s'agit plus de sanctionner un comportement passif (absence d'actualisation, refus) mais une volonté de tromper l'organisme. Les conséquences sont les suivantes : pour l'allocataire, suppression totale et définitive de l'allocation et radiation de la liste des demandeurs d'emploi pendant 6 à 12 mois ; pour le demandeur ne percevant ni allocation ni RSA, radiation de la liste pendant 6 à 12 mois. S'ajoute une dimension pénale : les fausses déclarations pour être ou rester inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi sont punies d'une amende d'un montant maximal de 3 000 €, en application du code pénal (article 441-6 sur la déclaration mensongère). La suppression définitive de l'allocation signifie que, même après la radiation, les droits suspendus ne sont pas rétablis : c'est la différence majeure avec les suspensions temporaires, après lesquelles le versement peut reprendre.

Règle

France Travail peut accéder à vos données personnelles auprès de certains organismes (banque, établissement de crédit, fournisseur d'énergie, etc.) pour vérifier la conformité de votre situation financière avec le versement d'allocations chômage — notamment en cas d'activité professionnelle non déclarée. Ce contrôle est le mécanisme principal de détection de la fraude.

L'amende prévue par le code pénal est indépendante des sanctions administratives de radiation et de suppression d'allocation : une même fausse déclaration peut donc entraîner les deux. La distinction entre simple erreur et fausse déclaration intentionnelle est essentielle : une inexactitude de bonne foi (oubli de déclarer une activité très brève, par exemple) relève plutôt des barèmes des activités non déclarées, avec des sanctions moindres — la communication spontanée et rapide auprès de France Travail joue un rôle déterminant dans l'appréciation de la bonne foi.

Comment est notifiée la radiation ?

Avant toute radiation, France Travail vous informe par notification. Vous disposez alors d'un délai de 10 jours calendaires pour présenter vos observations écrites. À l'issue de ce délai, le directeur de l'agence vous communique sa décision dans un délai de 15 jours calendaires.

La procédure comporte plusieurs étapes protectrices. Premièrement, France Travail vous informe par notification du lancement de la procédure de radiation et de la décision envisagée : le courrier indique la durée envisagée de la radiation et les voies et délais de recours. Deuxièmement, vous disposez de 10 jours calendaires — décomptés à partir de la date d'envoi du courrier de France Travail — pour présenter vos observations écrites. Troisièmement, vous pouvez demander un entretien auprès du directeur de votre agence France Travail pour expliquer votre situation ; vous pouvez être accompagné de la personne de votre choix (par exemple un avocat, un interprète ou un simple particulier). Quatrièmement, à la fin du délai de 10 jours, le directeur de l'agence vous communique sa décision dans un délai de 15 jours calendaires. La décision de radiation doit présenter le motif de votre exclusion de la liste des demandeurs d'emploi.

Règle

La radiation prend effet à la date de notification transmise par France Travail. Vous pouvez retrouver le courrier de sanction dans votre espace personnel France Travail, rubrique « Mes courriers reçus ».

Le respect des délais de 10 jours et 15 jours est essentiel : une décision prise après l'expiration de ces délais, ou une notification incomplète (motifs non précisés) peuvent constituer des vices de procédure, invoqués dans le cadre du recours. La présence d'un accompagnant lors de l'entretien avec le directeur d'agence est un droit : n'hésitez pas à en faire la demande. Les convocations de France Travail doivent en principe être écrites ; la convocation téléphonique n'est qu'une pratique de facilité pour les personnes en difficultés de déplacement.

Conséquences de la radiation sur les allocations chômage

Durant la période de radiation, les allocations chômage ne sont plus versées, en partie ou totalement. La suppression peut être partielle ou totale, avec des conséquences différentes pour la suite des droits.

Suppression partielle : les droits qu'il vous reste à percevoir sont réduits de la durée de la suppression. Dans ce cas, vous ne percevez plus qu'une partie de vos allocations. Si vous vous réinscrivez à France Travail à la fin de la période de radiation, le versement complet de vos allocations reprend jusqu'à la fin de vos droits. Exemple donné par la fiche : il vous reste 30 jours d'allocations à percevoir et vous êtes radié pour une durée de 2 mois — France Travail procède à votre radiation pour 2 mois et supprime les 30 jours qu'il vous reste (la suppression est plafonnée aux droits restants). Suppression totale : vous ne percevez plus l'ensemble de vos allocations. Si vous vous réinscrivez à la fin de la période de radiation, le versement de vos allocations ne reprend donc pas — cette hypothèse correspond notamment aux cas de fraude où la suppression est définitive.

Règle

La suppression du versement de l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) par France Travail entraîne votre radiation de la liste des demandeurs d'emploi : les deux sanctions sont indissociables dans le régime des allocations.

La distinction entre suppression partielle et suppression totale est déterminante pour l'avenir : une suspension partielle conserve vos droits dormants qui reprennent à la réinscription, tandis qu'une suppression définitive les anéantit. Prenez connaissance du type de sanction prononcée dans le courrier et, le cas échéant, anticipez les démarches de réinscription avant la fin de la radiation pour limiter la rupture de droits.

Réinscription après radiation

À l'issue de la période de radiation, vous pouvez vous réinscrire à France Travail. Les effets de cette réinscription sur vos allocations dépendent du type de suppression prononcée.

La réinscription est la formalité par laquelle le demandeur d'emploi, après l'expiration de sa radiation, reprend sa qualité d'inscrit. En cas de suppression partielle des allocations, le versement complet reprend jusqu'à la fin des droits restants, c'est-à-dire le reliquat diminué de la durée de suppression. En cas de suppression totale non définitive (par exemple radiation de 4 mois sans suppression définitive), les droits restants peuvent être rétablis selon les règles applicables à votre situation : vérifiez le courrier de sanction et votre espace personnel. En cas de suppression totale et définitive (fraude), la réinscription permet de retrouver la qualité de demandeur d'emploi, mais sans rétablissement des allocations antérieurement supprimées.

Règle

La réinscription intervient à l'issue de la période de radiation. Durant cette période, vous n'êtes plus inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi : vous ne pouvez pas bénéficier des services de France Travail ni percevoir d'allocations.

La réinscription n'entraîne pas automatiquement la reprise d'indemnisation : elle dépend des droits restants et du type de sanction. Pour anticiper la suite, contactez France Travail avant la fin de la radiation : information à vérifier auprès de votre agence compétente (annuaire sur le site officiel de France Travail).

Peut-on contester la radiation ?

Si vous souhaitez contester la décision de France Travail, vous disposez d'un délai de 2 mois à compter de la décision. La procédure comporte une réclamation auprès de France Travail, puis une saisine du médiateur — pralable obligatoire —, puis éventuellement du juge administratif.

La contestation suit un cheminement en trois étapes. Étape 1 — la réclamation : vous devez d'abord faire une réclamation auprès de France Travail elle-même, par les voies indiquées dans le courrier de sanction. Étape 2 — la médiation : si vous estimez ne pas avoir obtenu une réponse satisfaisante, vous devez ensuite saisir le médiateur de France Travail. Cette étape est un préalable obligatoire pour pouvoir poursuivre la procédure et saisir le juge : sans médiation, le juge ne peut être saisi. Étape 3 — le juge : si la médiation n'aboutit pas, vous pouvez saisir le juge administratif si le désaccord persiste. Le tribunal administratif compétent est celui où se situe l'agence France Travail qui a pris la décision contestée.

Règle

Le délai de contestation est de 2 mois à compter de la décision. La décision prise par France Travail s'applique pendant la durée de votre recours : le recours n'est pas, en lui-même, suspensif de la radiation.

Pour vérifier les étapes précises à suivre en cas de désaccord, reportez-vous au courrier de sanction : vous pouvez aussi le retrouver dans votre espace personnel France Travail, rubrique « Mes courriers reçus ». L'assistance d'un avocat est utile, notamment pour la rédaction du recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif. Les délais étant fermes, une saisine précoce du médiateur — même pendant la période d'instruction — est recommandée.

Contrôles et données personnelles

France Travail peut accéder à vos données personnelles auprès de certains organismes — banque, établissement de crédit, fournisseur d'énergie, etc. — pour vérifier la conformité de votre situation financière avec le versement des allocations chômage.

Ce pouvoir de contrôle est le corollaire de l'obligation de loyauté du demandeur d'emploi. Les données recueillies permettent de détecter notamment les activités professionnelles non déclarées : versements salariaux, virements d'employeurs, prélèvements caractéristiques d'une activité. Le contrôle peut porter sur les comptes bancaires, les établissements de crédit et les fournisseurs d'énergie, dont les relevés permettent d'inférer une situation matérielle incompatible avec la déclaration de recherche d'emploi. Les activités professionnelles très brèves non déclarées font l'objet d'un barème spécifique (suppression totale de 1 mois au premier manquement, radiation de 2 mois à partir du deuxième), distinct du régime de la fraude.

Règle

Le contrôle des données personnelles s'exerce dans le cadre fixé par la réglementation sur la protection des données personnelles et par le code du travail. Les informations recueillies ne peuvent être utilisées que pour les besoins de l'instruction et du contrôle des droits aux allocations.

La régularisation spontanée d'une activité très brève non déclarée (courts CDD, missions de quelques jours) se situe dans un régime de sanctions inférieur à celui de la fraude caractérisée. En cas de doute sur une obligation déclarative, contactez France Travail avant qu'un contrôle ne révèle la situation : la transparence du demandeur d'emploi est un élément déterminant dans l'appréciation du manquement.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Chômage : radiation par France Travail (anciennement Pôle emploi)

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de radiation et les barèmes de sanctions sont fixés par le code du travail et les instructions internes de France Travail. Le régime applicable dépend de la date des faits (avant ou après le 1ᵉʳ juin 2025) et de votre situation d'allocation. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre conseiller France Travail, du médiateur de France Travail ou d'un conseiller juridique.

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