Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de demander l'ARE : conditions d'ouverture des droits, montant, durée d'indemnisation, démarches et obligations.
Ce qu'il faut savoir
- L'ARE est versée par France Travail aux personnes qui ont involontairement perdu leur emploi.
- L'ARE est financée par les cotisations patronales et salariales, et éventuellement par l'État en cas de déficit.
- Pour bénéficier de l'ARE, il faut perdre involontairement son emploi, avoir travaillé un certain nombre de jours, s'inscrire à France Travail dans les 12 mois et rechercher activement un emploi.
- Le montant de l'ARE est calculé sur la base du salaire journalier de référence (SJR), déterminé par les salaires bruts des 12 derniers mois.
- La durée d'indemnisation dépend de l'âge : 24 mois pour les moins de 53 ans, 30 mois pour les 53-54 ans, 36 mois pour les 55 ans et plus.
- L'ARE est imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie « traitements et salaires ».
- Un différé d'attente de 7 jours calendaires s'applique avant le premier versement.
- Une démission classique n'ouvre pas droit à l'ARE, sauf démission légitime (motif familial, médical, non-paiement de salaire).
Conditions essentielles
- Perdre involontairement son emploi (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle, démission légitime).
- Avoir travaillé au minimum 6 mois (182 jours) d'affiliation (conditions révisées régulièrement par les partenaires sociaux — vérifier sur francetravail.fr).
- S'inscrire à France Travail dans les 12 mois suivant la perte d'emploi.
- Rechercher activement un emploi et être inscrit en catégorie A, B ou C.
- Ne pas être retraité (sauf cumul emploi-retraite sous conditions).
Les étapes
- S'inscrire à France Travail (en ligne sur francetravail.fr ou en agence).
- Faire la demande d'ARE (automatique lors de l'inscription en ligne).
- France Travail calcule le salaire journalier de référence (SJR) et le montant de l'ARE.
- Attendre le différé d'attente de 7 jours calendaires.
- Recevoir le premier versement (à terme échu, en fin de mois suivant l'inscription).
- Actualiser sa situation chaque mois (en ligne ou au 3945).
- Déclarer ses revenus en cas d'activité réduite.
- Être accompagné par France Travail dans la recherche d'emploi.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — calcul précis du SJR, délai de carence sur indemnités, cumul avec une activité, voies de recours — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au calcul du montant, à la durée d'indemnisation et aux voies de recours, voir les sections « Comment est calculé le montant de l'ARE ? », « Quelle est la durée d'indemnisation et quels sont les délais ? » et « Refus, radiation et voies de recours ».
Qu'est-ce que l'ARE et qui peut en bénéficier ?
L'Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) est l'allocation versée par France Travail (ex-Pôle Emploi) aux personnes qui ont involontairement perdu leur emploi. Elle repose sur le principe de l'assurance : vous avez cotisé en travaillant, et en cas de perte d'emploi, vous êtes indemnisé proportionnellement à votre salaire antérieur.
L'ARE est financée par les cotisations patronales (employeurs), les cotisations salariales (salariés) et, éventuellement, par l'État en cas de déficit du régime d'assurance chômage. Le système d'assurance chômage est géré par l'Unédic (association paritaire chargée de la gestion de l'assurance chômage). France Travail est l'organisme qui verse l'ARE et accompagne les demandeurs d'emploi dans leur recherche d'un nouvel emploi.
Règle
L'ARE est ouverte aux salariés du secteur privé (CDI, CDD), aux intérimaires (entre deux missions), aux demandeurs d'emploi sortis d'une formation, aux salariés en rupture conventionnelle et aux salariés ayant démissionné pour un motif légitime (justificatifs requis). Il n'existe pas de limite d'âge pour les moins de 53 ans ; la durée d'indemnisation est majorée pour les 53 ans et plus.
Les travailleurs indépendants peuvent bénéficier d'une ARE créateur spécifique. Les fonctionnaires relèvent d'un régime spécifique (pas d'ARE France Travail) et doivent s'adresser à leur service des pensions. Les étudiants en formation initiale ne sont pas éligibles à l'ARE. Les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire ont droit à l'ARE sous conditions d'affiliation.
- Licenciement (personnel ou économique) : indemnisation de droit.
- Fin de CDD (non renouvelé) : indemnisation de droit.
- Rupture conventionnelle : indemnisation de droit (contrat homologué par la DDETS).
- Démission légitime : indemnisation possible sous conditions (motif familial, médical, non-paiement de salaire).
- Démission classique : pas d'ARE (sauf démission légitime reconnue).
- Fin de contrat d'apprentissage : pas d'ARE (sauf exceptions).
- Abandon de poste : souvent assimilé à une démission, pas d'ARE.
Quelles sont les conditions d'attribution de l'ARE ?
Pour bénéficier de l'ARE, cinq conditions doivent être réunies cumulativement : la perte involontaire d'emploi, une durée d'affiliation minimale, l'inscription à France Travail dans les 12 mois, la recherche active d'emploi et le fait de ne pas être retraité.
La perte involontaire d'emploi comprend le licenciement (personnel ou économique), la rupture conventionnelle, la fin de CDD non renouvelé, la rupture anticipée de CDD pour motif légitime, la fin de mission d'intérim et l'inaptitude reconnue par le médecin du travail. La durée d'affiliation minimale est de 6 mois (182 jours) d'activité salariée au cours des 24 derniers mois (conditions de la convention d'assurance chômage 2024). L'inscription dans les 12 mois suivant la perte d'emploi est une condition de recevabilité de la demande. La recherche active d'emploi implique d'être inscrit en catégorie A, B ou C et de fournir au moins une action de recherche documentée par mois.
Règle
Les conditions d'affiliation et de durée d'indemnisation sont révisées régulièrement par les partenaires sociaux (Unédic). Vérifiez les conditions en vigueur sur francetravail.fr ou auprès de France Travail. Le non-respect d'une condition entraîne le refus de l'ARE ou la radiation en cours de droits.
La démission légitime ouvre droit à l'ARE dans certains cas : démission pour suivre le conjoint (mutation géographique), démission pour motif médical, démission après tentative de rupture conventionnelle refusée, démission pour non-paiement des salaires, démission pour changement de résidence (motif familial). Sinon, une démission classique n'ouvre pas droit à l'ARE. L'abandon de poste est souvent assimilé à une démission et n'ouvre pas droit à l'ARE. Les conditions d'affiliation (6 mois minimum) s'apprécient sur les 24 derniers mois précédant la fin du contrat. Les périodes de maladie, de maternité ou de congé parental sont prises en compte dans le décompte de l'affiliation.
Démission légitime : cas ouvrant droit à l'ARE
- Suivre le conjoint : démission consécutive à une mutation géographique du conjoint.
- Motif médical : démission pour raison de santé (certificat médical requis).
- Non-paiement de salaire : démission consécutive au non-paiement des salaires par l'employeur.
- Refus de rupture conventionnelle : démission après le refus par l'employeur d'une rupture conventionnelle.
- Changement de résidence : démission pour motif familial (installation dans une autre région).
- Harcèlement : démission pour harcèlement moral ou sexuel (plainte ou témoignages).
Comment est calculé le montant de l'ARE ?
Le montant journalier de l'ARE est calculé sur la base du salaire journalier de référence (SJR), qui correspond à la moyenne des salaires bruts des 12 derniers mois divisée par 365. La formule est : montant journalier = max(40,4 % du SJR + 12,95 € ; 57 % du SJR).
Le SJR est déterminé à partir des déclarations sociales nominatives (DSN) transmises par l'employeur à l'URSSAF. France Travail récupère automatiquement ces données sur les 12 mois précédant la perte d'emploi. Le montant journalier est plafonné (environ 280 € / jour brut, valeur indicative) et plancher (environ 31 € / jour brut, valeur 2026 indicative). Le montant net est obtenu en déduisant les prélèvements sociaux : CSG de 6,2 % et CRDS de 0,5 %, soit un total de 6,7 %.
Règle
Le montant journalier de l'ARE est égal au maximum entre deux formules : 40,4 % du SJR + 12,95 € et 57 % du SJR. Ce montant est versé chaque mois, sous réserve des prélèvements sociaux (CSG-CRDS). Le plafond et le plancher sont révisés chaque année.
| Situation | Montant indicatif |
|---|---|
| Cadre (SJR élevé) | Plafond : environ 280 € / jour brut |
| Employé (SJR moyen) | environ 30 à 80 € / jour brut |
| Salarié (SJR bas) | Plancher : environ 31 € / jour brut (valeur 2026 indicative) |
Les montants plafond et plancher sont des valeurs indicatives 2026. Les montants réels sont révisés chaque année par l'Unédic. Utilisez le simulateur officiel de France Travail (candidat.francetravail.fr) pour estimer votre montant. L'ARE est imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie « traitements et salaires », avec un abattement de 10 % (plafonné).
Exemple de calcul
- Hypothèse : salaire brut annuel de 30 000 € sur 12 mois. SJR = 30 000 / 365 = 82,19 €.
- Première formule : 40,4 % × 82,19 = 33,20 € + 12,95 € = 46,15 €.
- Deuxième formule : 57 % × 82,19 = 46,85 €.
- Montant retenu : le maximum, soit 46,85 € / jour brut.
- Versement mensuel : 46,85 × 30 = 1 405,50 € / mois brut.
- Net après CSG-CRDS (6,7 %) : environ 1 311 € / mois net imposable.
Quelle est la durée d'indemnisation et quels sont les délais ?
La durée d'indemnisation par l'ARE dépend de l'âge du demandeur d'emploi à la fin du contrat : 24 mois pour les moins de 53 ans, 30 mois pour les 53-54 ans, et 36 mois pour les 55 ans et plus.
Un différé d'attente de 7 jours calendaires s'applique avant le premier versement. Un délai de carence spécifique peut s'ajouter en cas d'indemnités de licenciement : 1 jour par tranche de 10 jours d'indemnité au-delà du minimum légal, plafonné à 150 jours. Le premier versement intervient à terme échu (en fin de mois suivant l'inscription). Le délai d'instruction de la demande est de 7 à 15 jours après inscription, ou de 1 à 2 mois en cas de pièces manquantes. Pour les dossiers complexes (polypension, carrière internationale), le délai d'étude des droits peut atteindre 2 à 6 mois.
Règle
Le délai d'inscription à France Travail est de 12 mois maximum après la perte d'emploi. La durée totale d'indemnisation est de 24, 30 ou 36 mois selon l'âge. Le renouvellement mensuel est obligatoire (actualisation entre le 1er et le 15 du mois). La prescription pour les actions liées à l'ARE (régularisation, trop-perçu) est de 5 ans.
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale d'indemnisation |
|---|---|
| Moins de 53 ans | 24 mois (730 jours) |
| 53 à 54 ans | 30 mois (913 jours) |
| 55 ans et plus | 36 mois (1 095 jours) |
Le délai de carence sur indemnités n'est pas appliqué en cas de rupture conventionnelle (selon le contexte) ni pour certaines situations (CDD, démission légitime). En cas de contestation du refus ou de la radiation, le délai de recours est de 2 mois auprès de France Travail, et de 90 jours pour le médiateur.
Quelles démarches pour demander l'ARE ?
La demande d'ARE s'effectue lors de l'inscription à France Travail, en ligne sur francetravail.fr (recommandé) ou en agence. L'étude des droits est réalisée automatiquement par France Travail à partir des DSN transmises par l'employeur.
L'inscription en ligne permet de faire l'inscription et la demande d'ARE en simultané. France Travail récupère vos déclarations sociales nominatives (DSN) sur 12 mois pour calculer le SJR. Vous devez fournir vos documents d'identité (CNI, passeport, carte Vitale, titre de séjour), vos documents de travail (contrat, bulletins de paie, certificat de travail, notification de licenciement ou de rupture conventionnelle) et vos documents financiers (avis d'imposition, RIB). Un simulateur de droits est disponible sur candidat.francetravail.fr pour estimer vos droits avant l'inscription.
Règle
L'inscription à France Travail est obligatoire pour percevoir l'ARE. La demande d'ARE est automatique lors de l'inscription en ligne. Le versement intervient à terme échu (mois M+1). Chaque mois, entre le 1er et le 15, vous devez actualiser votre situation (en ligne ou au 3945) et déclarer vos actions de recherche d'emploi.
Les structures partenaires de France Travail peuvent orienter selon votre profil : Mission locale pour les jeunes de 16 à 25 ans, Cap emploi pour les personnes handicapées, Conseil départemental pour les bénéficiaires du RSA. Pour les fonctionnaires, la demande s'adresse au service des pensions de l'employeur (régime spécifique). Le 3945 (service gratuit + prix appel) est disponible du lundi au vendredi, de 8h à 19h. Le Travail Info Service (0 820 000 546) fournit des informations générales sur l'assurance chômage.
Documents à fournir pour la demande d'ARE
- Pièces d'identité : carte nationale d'identité ou passeport, carte Vitale, livret de famille (selon situation familiale), titre de séjour (ressortissants étrangers).
- Documents de travail : dernier contrat de travail, bulletins de paie des 12 derniers mois, attestation employeur, certificat de travail, notification de licenciement ou de rupture conventionnelle.
- Documents financiers : 3 derniers avis d'imposition (revenus N-2), RIB (relevé d'identité bancaire).
- Justificatifs spécifiques : certificat médical (démission pour motif médical), justificatif de mutation du conjoint, notification de rupture conventionnelle homologuée.
- Pour les étrangers : titre de séjour en cours de validité, autorisation de travail (selon le titre), passeport.
Quelles obligations pendant l'ARE et cumul avec une activité ?
Pendant la perception de l'ARE, vous devez respecter des obligations mensuelles : actualiser votre situation, rechercher activement un emploi, répondre aux convocations et accepter les emplois « convenables ». Vous pouvez travailler en parallèle (activité réduite) sous conditions.
L'actualisation mensuelle est obligatoire (en ligne ou au 3945). Le non-respect entraîne la suspension de l'ARE. La recherche active d'emploi implique au moins une action documentée par mois. L'activité réduite vous permet de travailler en catégorie B (activité < 110 h/mois) ou catégorie C (activité > 110 h/mois) : le salaire est déduit de l'ARE à hauteur de 70 % du salaire brut mensuel, sous réserve d'un plafond. La formation est possible pendant l'ARE via le dispositif AREF (ARE - Formation), qui maintient vos droits pendant une formation rémunérée par France Travail.
Règle
Le cumul ARE avec une activité réduite est possible : le salaire déduit de l'ARE est de 70 % du salaire brut mensuel. Le plafond de cumul est le salaire antérieur de référence. En cas de reprise d'emploi (CDI ou CDD > 6 mois), vous sortez automatiquement du dispositif. La prime de retour à l'emploi est possible selon la convention applicable.
Les aides complémentaires sont accessibles pendant l'ARE : aide au permis B (1 200 €), aide à la mobilité (transport, véhicule), aide à la garde d'enfants (AGE) pour les enfants de moins de 3 ans, et aide individuelle à la formation (AIF). La création d'entreprise est possible via l'ARE créateur (maintien de l'ARE pendant 2 ans) ou l'ARCE (versement capital de 50 % des droits restants). Le conseil en création d'entreprise est assuré par la CMA, la CCI ou BGE. La validation des acquis de l'expérience (VAE) est également possible pendant l'ARE.
Obligations mensuelles pendant l'ARE
- Actualisation : mettre à jour votre situation chaque mois entre le 1er et le 15 (en ligne ou au 3945).
- Recherche d'emploi : fournir au moins une action de recherche documentée par mois (candidature, entretien, inscription sur un site d'emploi).
- Réponse aux convocations : se présenter aux rendez-vous avec le conseiller France Travail.
- Acceptation des emplois convenables : accepter les offres correspondant à votre profil et à vos critères.
- Signalement des changements : informer France Travail de tout changement de situation (activité, résidence, situation familiale).
- Déclaration des revenus : déclarer vos revenus en cas d'activité réduite (catégorie B ou C).
Refus, radiation et voies de recours
L'ARE peut être refusée (démission non légitime, affiliation insuffisante, fausses déclarations, retraite en cours) ou radiée en cours de droits (non-actualisation, refus d'emploi convenable, fraude, absence à un rendez-vous obligatoire). Des voies de recours existent en cas de contestation.
Les voies de recours sont : (1) la réclamation écrite auprès du directeur d'agence ou régional de France Travail dans un délai de 2 mois après la décision, (2) la saisine du médiateur de France Travail (en ligne ou par courrier, dans un délai de 90 jours, gratuit), (3) le tribunal judiciaire (compétence nationale pour France Travail au tribunal de Paris). En cas de trop-perçu, France Travail demande le remboursement : vous pouvez contester la décision dans les 10 jours et demander un échelonnement du remboursement.
Règle
En cas de fausses déclarations (fraude), les sanctions sont : remboursement intégral des sommes perçues, pénalités (jusqu'à 45 jours de remboursement par jour), poursuites pénales (travail dissimulé, escroquerie) et radiation du dispositif. Le recours contre la radiation doit être formé dans les 10 jours. L'aide juridictionnelle est possible pour les personnes à faibles ressources.
Si vous estimez le délai de carence trop long, vérifiez le calcul des indemnités, saisissez le médiateur et, si nécessaire, le tribunal. En cas de départ à l'étranger, informez France Travail : une sortie provisoire du dispositif est possible, avec une reprise possible dans les 12 mois. Les allocations spécifiques de solidarité (ASS) peuvent être versées après l'épuisement des droits à l'ARE, pour les plus de 53 ans. Le RSA est également une alternative si vous y êtes éligible.
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) d'un salarié privé d'emploi
Vérifiée le 2026-09-22
Voir aussi
- Inscription à France Travail
- Simulateur d'indemnisation France Travail
- Unédic — Convention d'assurance chômage
Les règles d'indemnisation et les montants de l'ARE sont révisés régulièrement par l'Unédic et le gouvernement. Vérifiez les conditions en vigueur sur francetravail.fr ou auprès de France Travail. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent pour les cas particuliers.
