Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur l'ARE d'un agent public : conditions d'éligibilité, indemnisation par l'administration ou France Travail, durée selon l'âge, dégressivité et cumul avec une activité.
Ce qu'il faut savoir
- Un fonctionnaire ou un contractuel en CDD ou en CDI involontairement privé d'emploi peut prétendre aux allocations chômage (ARE).
- L'indemnisation peut être assurée par l'administration ou par France Travail selon la durée du travail dans la fonction publique ou le secteur privé sur la période de référence.
- La durée d'indemnisation dépend de l'âge du demandeur (moins de 53 ans, entre 53 et 54 ans, 55 ans ou plus) et de la durée d'affiliation.
- Depuis le 1ᵉʳ février 2023, une réduction de 25 % de la durée d'indemnisation peut s'appliquer en fonction de la situation du marché du travail.
- Une dégressivité de 30 % peut s'appliquer à partir du 7ᵉ mois de versement si l'ARE journalière dépasse un certain seuil.
- L'ARE peut être cumulée avec une activité salariée ou non salariée, sous certaines conditions et selon une formule de calcul spécifique.
Conditions essentielles
- Être fonctionnaire ou contractuel (CDD ou CDI) involontairement privé d'emploi.
- Justifier d'une durée d'affiliation minimale (au-delà de 6 mois sur les 24 ou 36 derniers mois selon l'âge).
- S'inscrire à France Travail et être à la recherche active d'un emploi.
- Déclarer toute reprise d'activité lors de l'actualisation mensuelle de la situation.
Les étapes
- Vérifier que votre situation constitue une privation involontaire d'emploi (licenciement, révocation, fin de CDD sans renouvellement, etc.).
- Obtenir de votre administration l'attestation France Travail et le certificat de travail.
- Si votre administration assure votre indemnisation, recevoir l'imprimé de liaison secteur public à transmettre à France Travail.
- S'inscrire à France Travail (ou être déjà inscrit) pour faire valoir vos droits.
- Attendre la notification du montant et de la durée de votre ARE (par France Travail ou par votre administration).
- Effectuer l'actualisation mensuelle de votre situation auprès de France Travail.
- Déclarer toute reprise d'activité partielle ou totale lors de l'actualisation.
Cette fiche concerne les agents publics dont la fin de contrat intervient avant le 1ᵉʳ avril 2025. Les règles pour les contrats se terminant à cette date ou après sont différentes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des situations de privation involontaire d'emploi, des modalités d'indemnisation, des durées selon l'âge et des règles de cumul, voir les sections suivantes.
Un fonctionnaire ou un contractuel peut-il percevoir l'ARE ?
Un fonctionnaire ou un contractuel en CDD ou en CDI involontairement privé d'emploi peut prétendre aux allocations chômage. Plusieurs situations constituent une privation involontaire d'emploi.
Si vous êtes fonctionnaire ou contractuel en CDD ou en CDI involontairement privé d'emploi, vous pouvez prétendre aux allocations chômage (ARE : aide au retour à l'emploi).
Vous êtes considéré comme involontairement privé d'emploi si vous êtes dans l'une des situations suivantes : fonctionnaire licencié ou révoqué ; fonctionnaire non réintégré et maintenu d'office en disponibilité au terme d'un détachement ou d'une disponibilité ; contractuel en CDI ou en CDD licencié ; contractuel en CDD dont le contrat est arrivé à expiration et à qui l'administration n'a pas proposé de renouvellement ; contractuel en CDD dont le contrat est arrivé à expiration et qui refuse le renouvellement pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel ou à une modification substantielle du contrat non justifiée par l'administration employeur ; contractuel en CDD qui démissionne pour suivre le conjoint qui change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi ; contractuel en CDD qui démissionne en raison de la modification substantielle du contrat de travail sans justification par l'employeur ; fonctionnaire qui démissionne pour suivre le conjoint qui change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi.
Règle
La notion de privation involontaire d'emploi est la condition centrale d'éligibilité à l'ARE. Les démissions pour motif personnel ne sont en principe pas éligibles, sauf les cas spécifiques prévus par le règlement d'assurance chômage (suivi du conjoint, modification substantielle du contrat). La révocation d'un fonctionnaire est assimilée à un licenciement au titre de l'assurance chômage : l'agent révoqué peut donc prétendre à l'ARE s'il remplit les autres conditions d'affiliation. De même, le fonctionnaire non réintégré et maintenu d'office en disponibilité au terme d'un détachement ou d'une disponibilité est considéré comme involontairement privé d'emploi, car l'administration n'a pas fait le choix de le réintégrer.
La liste des situations de privation involontaire est exhaustive dans la fiche source. Si votre situation n'y figure pas, vérifiez auprès de France Travail ou de votre administration si vous êtes éligible. Les agents titulaires en congé pour convenances personnelles ou en disponibilité pour élever un enfant, qui ne sont pas en fin de contrat, ne sont pas concernés par cette fiche : celle-ci vise spécifiquement la fin de contrat de travail (fin de détachement, fin de CDD, licenciement, révocation, etc.).
Qui indemnise : l'administration ou France Travail ?
L'indemnisation chômage d'un agent public peut être assurée par son administration ou par France Travail, selon la durée du travail dans la fonction publique ou le secteur privé sur la période prise en compte pour le calcul des droits.
Si vous avez travaillé plus longtemps dans la fonction publique que dans le secteur privé sur la période prise en compte pour le calcul de vos droits, vous êtes indemnisé par votre employeur public. Si vous avez travaillé plus longtemps dans le secteur privé, vous êtes indemnisé par France Travail.
Dans les deux cas, votre administration vous remet : l'attestation France Travail permettant de faire valoir vos droits aux chômage, et un certificat de travail précisant la période d'emploi, la nature du ou des emplois occupés et, s'il y a lieu, les périodes de congés non assimilées à des périodes de travail effectif. Si c'est l'administration qui indemnise, celle-ci doit remplir un imprimé de liaison secteur public et vous le fournir pour que vous le transmettiez à France Travail. France Travail vous informe alors par un courrier appelé lettre de rejet expliquant que l'administration versera l'ARE ; l'administration reçoit une copie de ce courrier et de sa demande d'indemnisation. À réception du courrier de France Travail, vous devez vous rapprocher de votre administration. Après étude de vos droits, l'administration vous informe par courrier du montant de l'ARE auquel vous avez droit et de sa durée de versement. Si c'est France Travail qui indemnise, dans certains cas (par exemple pour certains ministères), l'employeur public peut avoir signé une convention de gestion avec France Travail ; dans ce cas, votre interlocuteur sera uniquement France Travail.
Règle
La répartition entre administration et France Travail repose sur une comparaison des durées de travail entre la fonction publique et le secteur privé sur la période de référence du calcul des droits. Ce n'est pas le statut actuel qui détermine l'organisme payeur, mais la prédominance d'une sectorisation sur l'autre dans l'historique professionnel.
L'attestation France Travail et le certificat de travail sont remis dans les deux cas. L'imprimé de liaison secteur public n'est nécessaire que si votre administration assure votre indemnisation.
Durée d'indemnisation selon l'âge
La durée de versement de l'ARE dépend de l'âge du demandeur et de sa durée d'affiliation. Trois tranches d'âge sont distinguées : moins de 53 ans, entre 53 et 54 ans, et 55 ans ou plus.
La durée d'indemnisation de l'ARE est fonction de l'âge du demandeur et de sa durée d'affiliation lors des derniers mois précédant la fin du contrat. La période de référence est de 24 mois pour les moins de 53 ans et de 36 mois pour les 53 ans et plus.
Moins de 53 ans : la durée de versement de l'ARE dépend de votre durée d'affiliation lors des 24 derniers mois. Si votre contrat de travail a pris fin avant le 1ᵉʳ février 2023, la durée d'indemnisation est de 182 jours calendaires minimum et 730 jours calendaires maximum pour une durée d'emploi supérieure à 6 mois (pas d'indemnisation en dessous de 6 mois). Si votre contrat a pris fin depuis ou après le 1ᵉʳ février 2023, la durée maximale est réduite à 548 jours calendaires (au lieu de 730) en raison de la réduction de 25 % liée à la situation du marché du travail. Entre 53 et 54 ans : la durée d'affiliation est appréciée sur les 36 derniers mois. Avant le 1ᵉʳ février 2023, la durée d'indemnisation est de 182 jours minimum et 913 jours maximum. Après cette date, la durée maximale passe à 685 jours calendaires (au lieu de 913). 55 ans ou plus : la durée d'affiliation est également appréciée sur les 36 derniers mois. Avant le 1ᵉʳ février 2023, la durée d'indemnisation est de 182 jours minimum et 1 095 jours maximum. Après cette date, la durée maximale passe à 822 jours calendaires (au lieu de 1 095).
Règle
Depuis le 1ᵉʳ février 2023, de nouvelles règles concernant la durée de versement des allocations chômage s'appliquent en fonction de la situation du marché du travail. Si le taux de chômage global est inférieur à 9 % et qu'il n'a pas progressé de 0,8 % sur un trimestre, la durée d'indemnisation est réduite de 25 %. Si le taux de chômage global est inférieur à 9 % mais qu'il a progressé de 0,8 %, les règles précédentes de durée d'indemnisation s'appliquent. Le taux de chômage global est actuellement inférieur à 9 % et n'a pas progressé de 0,8 % sur un trimestre : la réduction de 25 % s'applique donc.
| Âge | Période d'affiliation | Durée max avant 01/02/2023 | Durée max après 01/02/2023 |
|---|---|---|---|
| Moins de 53 ans | 24 mois | 730 jours calendaires | 548 jours calendaires |
| Entre 53 et 54 ans | 36 mois | 913 jours calendaires | 685 jours calendaires |
| 55 ans ou plus | 36 mois | 1 095 jours calendaires | 822 jours calendaires |
Moins de 53 ans
- Période d'affiliation
- 24 mois
- Durée max avant 01/02/2023
- 730 jours calendaires
- Durée max après 01/02/2023
- 548 jours calendaires
Entre 53 et 54 ans
- Période d'affiliation
- 36 mois
- Durée max avant 01/02/2023
- 913 jours calendaires
- Durée max après 01/02/2023
- 685 jours calendaires
55 ans ou plus
- Période d'affiliation
- 36 mois
- Durée max avant 01/02/2023
- 1 095 jours calendaires
- Durée max après 01/02/2023
- 822 jours calendaires
France Travail vous informe de la réduction de la durée de vos droits à l'ARE ou, le cas échéant, du retour à la durée initiale si la situation du marché du travail évolue. Si vous vous inscrivez à France Travail à compter du 1ᵉʳ février 2023 et que votre licenciement est intervenu avant cette date, vous n'êtes pas concerné par cette disposition.
Dégressivité de l'ARE et cotisations
Une réduction de 30 % du montant de l'ARE peut s'appliquer à partir du 7ᵉ mois de versement, pour les allocataires dont l'allocation journalière dépasse un certain seuil.
Si votre ARE journalière est supérieure à un salaire antérieur journalier brut en moyenne de 159,68 € (soit 4 857,81 € mensuel brut en moyenne), une réduction de 30 % est appliquée à partir du 7ᵉ mois de versement.
La dégressivité vise à inciter les allocataires les mieux dotés à reprendre plus rapidement une activité, en réduisant progressivement le montant de leur allocation. Votre allocation après dégressivité ne pourra pas être inférieure à 92,57 € brut par jour (soit environ 2 777 € brut pour un mois de 30 jours). Ce plancher garantit un revenu minimal malgré la réduction. En ce qui concerne les cotisations, un prélèvement est opéré sur l'ARE. Le détail des taux de cotisation n'est pas entièrement spécifié dans la fiche source : vérifiez le montant exact des prélèvements sur vos bulletins de versement d'ARE ou auprès de France Travail.
Règle
La dégressivité de 30 % s'applique à partir du 7ᵉ mois de versement continu de l'ARE et uniquement aux allocataires dont l'allocation journalière dépasse le seuil de 159,68 €. Elle ne réduit jamais l'allocation en dessous du plancher de 92,57 € brut par jour.
Les montants de 159,68 €, 4 857,81 € et 92,57 € sont ceux indiqués dans la fiche source. Ces montants peuvent être révisés annuellement : vérifiez leur valeur à jour auprès de France Travail.
Cumul de l'ARE avec une activité
L'ARE peut être cumulée avec une reprise d'activité salariée ou non salariée. Les règles de calcul du nombre de jours indemnisables et le plafond de cumul diffèrent selon le type d'activité.
L'ARE est versée partiellement en cas de reprise d'activité. Le montant de l'ARE versée correspond au montant de l'ARE journalière multiplié par le nombre de jours indemnisables par mois. Le cumul entre l'ARE versée et votre revenu d'activité ne doit pas dépasser votre salaire journalier de référence (SJR).
En cas de reprise d'activité salariée, le nombre de jours indemnisables par mois est calculé selon la formule suivante : (Montant de l'ARE mensuelle − 70 % du salaire de votre nouvelle activité) / montant de l'ARE journalière. La somme obtenue est arrondie à l'entier le plus proche. Les jours non indemnisés reculent d'autant la fin de votre indemnisation. Vous devez déclarer votre reprise d'activité lors de l'actualisation mensuelle de votre situation. Si vous n'êtes pas en mesure de fournir le justificatif de vos revenus, France Travail vous versera une avance calculée provisoirement, puis régularisera votre situation le mois suivant la fourniture du justificatif. Lorsque vous perdez l'un de vos emplois, l'ARE calculée est intégralement cumulée avec les revenus du ou des emplois conservés ; le SJR servant au calcul de l'ARE est déterminé sur la base des rémunérations correspondant à l'emploi perdu. En cas d'activité non salariée (par exemple, en tant que micro-entrepreneur), l'ARE est également versée partiellement. Le nombre de jours indemnisables est calculé selon la formule : (Montant de l'ARE mensuelle − 70 % des rémunérations déclarées pour les assurances sociales) / montant de l'ARE journalière. Lorsque les revenus ne sont pas connus ou lorsque l'activité débute, le calcul du nombre de jours indemnisables se fait sur la base d'un montant forfaitaire. Une régularisation annuelle est ensuite effectuée à partir des rémunérations réelles soumises à cotisations de sécurité sociale.
Règle
Le cumul total (ARE + revenus d'activité) est plafonné au salaire journalier de référence (SJR), c'est-à-dire au salaire journalier moyen brut perçu lors de l'emploi perdu. Ce plafond s'applique aussi bien pour l'activité salariée que pour l'activité non salariée.
Le SJR est un élément central du calcul de l'ARE : il détermine à la fois le montant de l'allocation et le plafond de cumul avec une reprise d'activité. Pour le détailler de votre SJR, consultez la fiche France Travail relative au salaire journalier de référence.
Textes applicables
- Code du travail : articles L5421-1 à L5421-4Légifrance
- Code du travail : articles L5424-1 à L5424-5-1Légifrance
- Code du travail : articles L5422-1 à L5422-2-2Légifrance
- Code du travail : articles R1234-9 à R1234-12Légifrance
- Code du travail : articles R5424-2 à R5424-6Légifrance
- Décret n°86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux agents contractuels de l'État : article 44-1Légifrance
- Décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la FPT : article 38Légifrance
- Décret n°91-155 du 6 février 1991 relatif aux agents contractuels de la fonction FPH : article 40-1Légifrance
- Arrêté du 8 juillet 2013 relatif à l'agrément de l'avenant n°5 du 29 mai 2013 portant création d'un article 6 bis et modification de l'article 3 du règlement général annexé à la convention chômageLégifrance
- Décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômageLégifrance
- Décret n°2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur publicLégifrance
- Circulaire n°2012-01 du 3 janvier 2012 relative à l'indemnisation du chômage des agents du secteur publicLégifrance
- Circulaire du 21 février 2011 relative à l'indemnisation du chômage des agents du secteur publicLégifrance
- Circulaire Unédic n° 2017-20 du 24 juillet 2017 relative aux conditions d'indemnisation chômageunedic.org
- Circulaire Unédic n° 2014-19 du 2 juillet 2014 relative à l'indemnisation du chômage et ses textes associésunedic.org
- Circulaire n°2014-26 du 30 septembre 2014 relative à l'indemnisation du chômageunedic.org
- Protocole d'accord du 28 mars 2017 relatif à l'assurance chômageunedic.org
- Convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômageunedic.org
- Règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômageunedic.org
- Décret n°2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômageLégifrance
- Circulaire Unédic n° 2021-13 du 19 octobre 2021 relative à la réglementation d'assurance chômage applicable au 1er octobre 2021unedic.org
- Décret n°2023-33 du 26 janvier 2023 relatif au régime d'assurance chômageLégifrance
- Revalorisation des allocations d'assurance chômage au 1er juillet 2025unedic.org
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE) d'un agent public dont la fin de contrat de travail intervient avant le 1er avril 2025
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Allocations chômage : comment est calculé le salaire journalier de référence ?
- Actualisation mensuelle France Travail (anciennement Pôle emploi)
Les règles, montants et durées décrits dans cet article proviennent de la fiche officielle Service-Public F12386 et concernent les agents publics dont la fin de contrat intervient avant le 1ᵉʳ avril 2025. Les barèmes (seuil de dégressivité, plancher d'ARE, taux de chômage global) peuvent être révisés. Vérifiez les montants à jour auprès de France Travail ou de votre administration employeur.
