Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir
- L'allocation journalière d'accompagnement (AJAP) rémunère la personne qui s'occupe d'un proche en fin de vie, et non le proche lui-même.
- Trois profils peuvent la percevoir : le salarié en congé de solidarité familiale, le travailleur indépendant qui a suspendu ou réduit son activité, et le demandeur d'emploi qui a cessé sa recherche active.
- L'accompagnement doit avoir lieu à domicile : l'hôpital est exclu.
- Le versement est journalier, plafonné à 21 jours, ou à 42 jours en cas de réduction de l'activité à temps partiel.
Conditions essentielles
- Le demandeur accompagne à domicile une personne en fin de vie : domicile de la personne accompagnée, domicile de l'accompagnant ou d'une tierce personne, maison de retraite, ou établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
- Pour le salarié : bénéficier d'un congé de solidarité familiale, ou l'avoir transformé en période d'activité à temps partiel.
- Pour le travailleur indépendant : avoir suspendu ou réduit son activité professionnelle pour accompagner à domicile une personne en fin de vie.
- Pour le demandeur d'emploi : être ascendant, descendant, frère ou sœur, ou personne de confiance de la personne accompagnée — ou partager le même domicile qu'elle.
Les étapes
- Vérifier que l'accompagnement a lieu à domicile et que votre profil ouvre droit à l'allocation.
- Rassembler la pièce propre à votre profil : attestation de l'employeur, ou déclaration sur l'honneur.
- Remplir le formulaire de demande d'allocation journalière d'accompagnement à domicile d'une personne en fin de vie.
- En cas de plusieurs accompagnants, joindre une demande sur papier libre indiquant l'identité des autres demandeurs, leur n° d'immatriculation et la répartition du nombre d'allocations demandées.
- Adresser le dossier par courrier au Cnajap.
- Percevoir l'allocation à partir de la date de réception de la demande, dès lors que les conditions sont réunies à cette date.
Trois profils, une seule allocation. Les points de vigilance — montant, durée, cumul — ne sont pas ici : chacun est traité à sa place, dans la section qui l'explique. Le champ « deplace » conserve la trace.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne couvre pas les conditions détaillées de chaque profil, ni les modalités de partage entre accompagnants, ni le sort des prestations suspendues pendant le versement. Ces éléments sont détaillés plus bas.
Qui peut demander l'allocation
L'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie (AJAP) est versée au salarié qui est en congé de solidarité familiale. Un travailleur indépendant ou un demandeur d'emploi peut aussi la percevoir. Les conditions de versement de l'allocation varient selon la situation du demandeur.
L'allocation rémunère l'accompagnant, pas la personne en fin de vie. Elle est journalière : elle se compte en jours versés, et non en durée de congé.
- Salarié
- Le salarié en congé de solidarité familiale, ou dont le congé a été transformé en période d'activité à temps partiel.
- Travailleur indépendant
- Le travailleur indépendant qui a suspendu ou réduit son activité professionnelle pour accompagner à domicile une personne en fin de vie.
- Demandeur d'emploi
- Le demandeur d'emploi qui a cessé sa recherche active d'emploi pour accompagner à domicile une personne en fin de vie.
Un même accompagnant ne cumule pas les trois régimes : la situation qui lui est applicable détermine les pièces à fournir, le montant et la durée de versement.
Les conditions communes à tous les profils
Deux exigences valent pour les trois profils, quels que soient les documents à fournir.
Le lieu d'accompagnement est la condition la plus souvent oubliée : l'hospitalisation de la personne en fin de vie n'interrompt pas l'allocation, mais un accompagnement exclusivement hospitalier ne l'ouvre pas.
- L'accompagnement de la personne en fin de vie doit être effectué à domicile (et non à l'hôpital).
- Plusieurs accompagnants peuvent se partager l'allocation s'ils accompagnent la même personne, en même temps ou successivement.
- Le versement de l'allocation est maintenu lorsque la personne accompagnée à domicile doit être hospitalisée.
Encadré
- Les lieux où l'accompagnement peut être assuré, cités par la source : le domicile de la personne accompagnée, le domicile de la personne accompagnante ou d'une tierce personne, une maison de retraite, ou un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
- Le partage entre accompagnants est encadré par une limite de versements journaliers autorisés : plusieurs personnes peuvent se relayer, mais le total des jours versés reste plafonné.
Salarié du secteur privé
Le salarié peut percevoir l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie s'il bénéficie d'un congé de solidarité familiale, ou s'il a transformé son congé de solidarité familiale en période d'activité à temps partiel.
- Le salarié bénéficie d'un congé de solidarité familiale, ou l'a transformé en période d'activité à temps partiel.
- C'est l'employeur qui atteste de cette situation : l'attestation fait partie du dossier de demande.
- L'accompagnement a lieu à domicile : domicile de la personne accompagnée, domicile de l'accompagnant ou d'une tierce personne, maison de retraite, ou Ehpad.
La transformation du congé en activité à temps partiel change le montant journalier et la limite de versements : voir « Le montant journalier » et « La durée de versement ».
Travailleur indépendant
Le travailleur indépendant peut percevoir l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie s'il a suspendu ou réduit son activité professionnelle.
- Il a suspendu ou réduit son activité professionnelle pour accompagner à domicile une personne en fin de vie.
- Il produit une déclaration sur l'honneur précisant cette suspension ou cette réduction : la pièce fait partie du dossier de demande.
- L'accompagnement a lieu à domicile : domicile de la personne accompagnée, domicile de l'accompagnant ou d'une tierce personne, maison de retraite, ou Ehpad.
À savoir
- La réduction de l'activité à temps partiel change le montant journalier et double la limite de versements.
- Le maintien du versement pendant une hospitalisation de la personne accompagnée s'applique aussi à ce profil.
Demandeur d'emploi
Le demandeur d'emploi peut percevoir l'allocation journalière d'accompagnement à domicile d'une personne en fin de vie s'il remplit l'une des deux conditions suivantes.
- Il est un ascendant, un descendant, un frère ou une sœur, ou une personne de confiance de la personne accompagnée.
- Ou il partage le même domicile que la personne accompagnée.
- Il a cessé sa recherche active d'emploi : une déclaration sur l'honneur de cessation de recherche active d'emploi fait partie du dossier.
- L'accompagnement a lieu à domicile : domicile de la personne accompagnée, domicile de l'accompagnant ou d'une tierce personne, maison de retraite, ou Ehpad.
Le demandeur d'emploi n'est pas visé par les conditions liées à un congé de solidarité familiale : son point d'entrée est le lien avec la personne accompagnée et la cessation de recherche active.
La demande : les pièces à fournir
Les pièces à fournir diffèrent selon le profil du demandeur, et une pièce s'ajoute lorsque la demande concerne plusieurs accompagnants. Dans tous les cas, le dossier est adressé par courrier au Centre national de gestion des demandes d'allocations journalières d'accompagnement d'une personne en fin de vie (Cnajap).
- Salarié
- Attestation remplie par l'employeur, précisant que le salarié bénéficie d'un congé de solidarité familiale (ou qu'il l'a transformé en période d'activité à temps partiel).
- Travailleur indépendant
- Déclaration sur l'honneur précisant que le demandeur a suspendu ou réduit son activité professionnelle pour accompagner à domicile une personne en fin de vie.
- Demandeur d'emploi
- Déclaration sur l'honneur de cessation de recherche active d'emploi pour accompagner à domicile une personne en fin de vie.
- Tous les profils
- Formulaire de demande d'allocation journalière d'accompagnement à domicile d'une personne en fin de vie.
- Demande concernant plusieurs accompagnants
- En plus des pièces ci-dessus, une demande sur papier libre indiquant l'identité des autres demandeurs, leur n° d'immatriculation et la répartition du nombre d'allocations demandées par chacun d'eux.
Délai à retenir
Le silence gardé par le Cnajap pendant plus de 7 jours à compter de la date à laquelle il reçoit la demande vaut accord.
Encadré
- Téléphone : 08 06 06 10 09 (service gratuit + prix d'un appel). Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30.
- Courrier : Cnajap, Rue Marcel Brunet, BP 109, 23014 GUÉRET Cedex.
Le formulaire est la seule pièce commune aux trois profils : c'est lui qui rattache la demande à la personne en fin de vie accompagnée.
Le formulaire cité par la source est édité par le ministère chargé de la santé ; il est repris en fin d'article.
Le montant journalier
Le montant de l'allocation est fixé par jour. Il dépend de l'activité exercée par l'accompagnant.
| Situation | Montant journalier |
|---|---|
| Salarié en congé de solidarité familiale, travailleur indépendant, demandeur d'emploi | 64,93 € par jour |
| Salarié ayant transformé son congé de solidarité familiale en période d'activité à temps partiel | 32,47 € par jour |
| Travailleur indépendant ayant réduit son activité professionnelle en temps partiel | 32,47 € par jour |
À savoir
- Le montant est journalier : le total perçu dépend du nombre de jours effectivement versés.
- Le montant réduit à 32,47 € n'est mentionné par la source que pour deux situations : le congé transformé en activité à temps partiel, et l'activité du travailleur indépendant réduite à temps partiel.
- La fiche ne mentionne pas de montant réduit pour le demandeur d'emploi.
Le nombre de jours versés est plafonné : voir « La durée de versement ».
La durée de versement
L'allocation est versée de manière journalière, dans la limite maximale de jours ouvrables ou non. La limite dépend du profil et du temps de travail.
| Profil | Limite maximale de versements journaliers |
|---|---|
| Salarié | 21 jours |
| Salarié ayant transformé son congé en période d'activité à temps partiel | 42 jours |
| Travailleur indépendant | 21 jours |
| Travailleur indépendant ayant réduit son activité professionnelle en temps partiel | 42 jours |
| Demandeur d'emploi | 21 jours |
À savoir
- Les jours comptés sont ouvrables ou non.
- L'allocation est versée à partir de la date de réception de la demande par le Cnajap, dès lors que les conditions sont réunies à cette date.
- Le versement est maintenu lorsque la personne accompagnée à domicile doit être hospitalisée.
Plusieurs accompagnants peuvent percevoir l'allocation s'ils accompagnent la même personne, concomitamment ou successivement, dans le respect de la limite des versements journaliers autorisés.
La source donne l'exemple suivant : une personne peut demander le versement de 10 jours d'allocations, et une autre demander à bénéficier des 11 autres jours de versement.
Le cumul avec d'autres prestations
L'accompagnant ne peut pas percevoir simultanément certaines autres prestations, lorsqu'il y a droit. La liste dépend de son profil.
- Salarié et travailleur indépendant
- L'accompagnant ne peut pas percevoir simultanément l'indemnisation des congés de maternité, de paternité ou d'adoption ; l'indemnité d'interruption d'activité ou l'allocation de remplacement pour maternité ou paternité ; l'indemnisation des congés de maladie ou d'accident du travail — le cumul est toutefois possible si l'indemnisation est perçue au titre d'une activité à temps partiel ; ni la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE).
- Demandeur d'emploi
- L'accompagnant ne peut pas percevoir simultanément les indemnités versées par France Travail (anciennement Pôle emploi) ni la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE). Ces prestations sont suspendues le temps du versement de l'allocation.
Les deux listes ne se recouvrent pas : le demandeur d'emploi n'est pas visé par les indemnités de congé, mais l'est par les indemnités versées par France Travail.
Encadré
- Seule l'indemnisation des congés de maladie ou d'accident du travail admet une exception de cumul : elle reste cummable si elle est perçue au titre d'une activité à temps partiel.
Quand le versement s'arrête
Le versement de l'allocation cesse dans deux cas.
- L'allocation n'est plus versée à la fin des versements journaliers autorisés : le plafond de la section « La durée de versement » est atteint.
- Elle n'est également plus versée à partir du jour suivant le décès de la personne accompagnée.
Aucun des deux motifs n'exclut l'autre : le décès met fin au versement même si le plafond n'a pas été atteint.
Pendant le versement, certaines prestations sont suspendues : voir « Le cumul avec d'autres prestations ».
Définitions
- Jour ouvrable
- Correspond à tous les jours de la semaine, à l'exception du jour de repos hebdomadaire (généralement le dimanche) et des jours fériés habituellement non travaillés dans l'entreprise.
- Ascendant
- Personne dont on est issu (parent, grand-parent, arrière-grand-parent…).
- Descendant
- Enfant, petit-enfant, arrière petit-enfant.
- Cnajap
- Centre national de gestion des demandes d'allocations journalières d'accompagnement d'une personne en fin de vie. C'est l'organisme qui reçoit la demande par courrier et applique le silence valant accord.
- PreParE
- Prestation partagée d'éducation de l'enfant.
- Congé de solidarité familiale
- Congé du salarié du secteur privé qui accompagne un proche en fin de vie. C'est lesituation qui ouvre droit à l'allocation journalière pour le salarié.
Textes applicables
- Code de la sécurité sociale : articles L168-1 à L168-7Principe de l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie : bénéficiaires, montant et conditions de versement.
- Code de la sécurité sociale : articles D168-1 à D168-10Modalités de versement : nombre maximal de jours, montant journalier et règles d'application.
- Circulaire du 24 mars 2011 relative à l'allocation d'accompagnement d'une personne en fin de viePrécisions sur les bénéficiaires, la demande, le montant et les conditions de versement de l'allocation.
- Code de la sécurité sociale : articles L168-1 à L168-7Légifrance
- Code de la sécurité sociale : articles D168-1 à D168-10Légifrance
- Circulaire du 24 mars 2011 relative à l'allocation d'accompagnement d'une personne en fin de vieLégifrance
- Instruction France Travail (anciennement Pôle emploi) n°2011-144 du 17 août 2011 relative à l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de viebo-pole-emploi.org
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie
Vérifiée le 2026-10-04
Formulaire
Demande d'allocation journalière d'accompagnement à domicile d'une personne en fin de vieFormulaire à joindre à la demande, édité par le ministère chargé de la santé.
Voir aussi
- Qui peut demander l'allocation
- Les conditions communes à tous les profils
- Salarié du secteur privé
- Travailleur indépendant
- Demandeur d'emploi
- La demande : les pièces à fournir
- Le montant journalier
- La durée de versement
- Le cumul avec d'autres prestations
- Quand le versement s'arrête
- Définitions
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
