Vue rapprochée d'une personne consultant des documents — démarche administrative

Syndic de copropriété

Chaque copropriété doit avoir un syndic qui administre et gère l'immeuble. C'est l'organe exécutif de la copropriété : il exécute les décisions de l'assemblée générale et applique le règlement de copropriété. Le syndic peut être un professionnel rémunéré ou un non professionnel désigné parmi les copropriétaires. Le choix du syndic, la durée de son mandat, l'étendue de ses missions et l'engagement de sa responsabilité obéissent à un cadre légal strict, fixé par la loi du 10 juillet 1965 et ses textes d'application.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant de choisir, de contester ou de remplacer un syndic de copropriété : statuts possibles, procédure de désignation, missions, contrat et responsabilité.

Ce qu'il faut savoir

  • Chaque copropriété doit obligatoirement avoir un syndic, qu'il soit professionnel ou non professionnel (bénévole ou coopératif).
  • Le syndic professionnel doit être titulaire d'une carte professionnelle délivrée par la chambre de commerce et d'industrie, justifier d'une garantie financière et d'une assurance responsabilité civile professionnelle.
  • Le syndic est le représentant légal du syndicat des copropriétaires : il agit au nom et pour le compte de l'ensemble des copropriétaires.
  • Le contrat de syndic suit un modèle réglementé (contrat-type) ; il est conclu pour une durée déterminée, d'une durée maximale de 3 ans (ou 1 an si le syndic a participé à la construction de l'immeuble).
  • La responsabilité du syndic — civile ou pénale — peut être engagée en cas de faute dans l'exercice de ses missions, à l'origine d'un dommage.

Conditions essentielles

  • Désigner un syndic lors de l'assemblée générale des copropriétaires, par un vote à la majorité absolue (majorité de l'article 25).
  • Pour une copropriété nouvelle : désigner un syndic provisoire (en principe le promoteur) pour une durée maximale de 1 an.
  • Le syndic professionnel doit remplir les trois conditions obligatoires : carte professionnelle, garantie financière, assurance responsabilité civile professionnelle.
  • Le syndic non professionnel doit être un copropriétaire de l'immeuble (bénévole) ou le président du conseil syndical (coopératif).

Les étapes

  • Pour une copropriété existante : le conseil syndical réalise une mise en concurrence de plusieurs projets de contrat de syndic.
  • Les projets de contrat sont notifiés aux copropriétaires en même temps que l'ordre du jour de l'assemblée générale.
  • Les candidatures sont examinées successivement en assemblée ; le candidat retenu obtient la majorité absolue (à défaut, un second vote à la majorité de l'article 24 est possible si un candidat recueille au moins le tiers des voix).
  • La même décision désigne le syndic et approuve son contrat de mandat.

Cette synthèse reprend les points essentiels de la gestion syndicale. Les détails sur les missions, le contenu du contrat, la transparence de la gestion et la responsabilité du syndic sont développés dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles applicables au syndic non professionnel (bénévole ou coopératif), voir les sections « Qu'est-ce qu'un syndic non professionnel ? » et « Responsabilité civile et pénale du syndic ».

Qu'est-ce qu'un syndic professionnel ?

Le syndic professionnel est une personne morale ou physique qui exerce, en son nom propre ou au sein d'une société, l'activité de syndic à titre rémunéré. Il se distingue du syndic non professionnel, qui exerce cette fonction sans lucrativité, parmi les copropriétaires de l'immeuble.

Le syndic professionnel doit obligatoirement remplir trois conditions cumulatives pour exercer son activité. Il doit être titulaire d'une carte professionnelle portant la mention *syndic de copropriété*, délivrée par la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Il doit justifier d'une garantie financière, destinée à assurer à la copropriété le remboursement de ses fonds en cas de faillite ou de détournement. Il doit enfin justifier d'une assurance responsabilité civile professionnelle, destinée à couvrir les dommages qu'il pourrait causer au syndicat des copropriétaires ou à un copropriétaire dans le cadre de son activité.

Le syndic est le représentant légal du syndicat des copropriétaires. Il agit au nom et pour le compte de l'ensemble des copropriétaires, selon les missions listées dans son contrat. À ce titre, il assure la gestion comptable et financière de la copropriété : établissement du budget prévisionnel, tenue de la comptabilité séparée du syndicat, gestion et recouvrement des charges, ouverture d'un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires dans les 3 mois de sa désignation. La notion de compte séparé signifie que le compte appartient au syndicat lui-même, et non au syndic : toutes les sommes reçues au nom et pour le compte du syndicat doivent y être versées.

Règle

Le syndic doit également ouvrir un compte spécifique pour le fonds travaux obligatoire et, le cas échéant, un compte spécifique pour l'emprunt collectif. Sur le plan de l'administration, il doit immatriculer l'immeuble dans le registre national des copropriétés, réaliser et mettre à jour la fiche synthétique de la copropriété, établir la liste de tous les copropriétaires avec indication de leur lot, état civil, domicile et adresse électronique, faire exécuter le règlement de copropriété et les décisions de l'assemblée générale, organiser la tenue d'une assemblée générale annuelle, administrer l'immeuble, souscrire les assurances nécessaires et proposer un accès en ligne sécurisé aux documents de gestion.

La désignation du syndic est différente entre une copropriété déjà existante et une copropriété nouvellement créée. Il existe également une procédure particulière en cas d'absence de désignation par l'assemblée générale des copropriétaires.

Quelles sont les missions du syndic professionnel ?

Les missions du syndic professionnel couvrent la gestion financière du syndicat, l'administration quotidienne de l'immeuble, la représentation du syndicat dans la vie civile et l'information des copropriétaires.

Le syndic assure la gestion comptable et financière de la copropriété. Il établit le budget prévisionnel en concertation avec le conseil syndical et le fait voter chaque année par l'assemblée générale. Il tient la comptabilité séparée du syndicat des copropriétaires : toutes les dépenses (frais d'assurance, ménage, gardien, eau, ascenseur…) et toutes les recettes (paiement des charges) sont enregistrées dans un grand livre ; il établit les comptes annuels et les fait voter en assemblée générale. Il établit le montant des charges dues par chaque copropriétaire, envoie les appels de fonds correspondants et assure le recouvrement des charges impayées.

Administration de l'immeuble
Le syndic administre l'immeuble, assure sa conservation et son entretien, et fait exécuter les travaux nécessaires en cas d'urgence. Il entretient les parties communes — nettoyage, petites réparations, entretien de l'ascenseur — et veille à la sécurité des occupants (normes incendie, par exemple). Il inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale tous les travaux qu'il juge utiles ou nécessaires pour la préservation de l'immeuble : réfection de la toiture, ravalement, rénovation énergétique, etc.
Assurances
Le syndic souscrit un contrat d'assurance multirisques immeuble et déclare les sinistres touchant les parties communes. Il souscrit également un contrat d'assurance contre les risques de responsabilité civile dont le syndicat des copropriétaires doit répondre, afin de couvrir les dommages subis par un copropriétaire ou un tiers du fait des parties communes de l'immeuble.
Représentation et contrats
Le syndic représente le syndicat des copropriétaires dans les actes de la vie civile (contrats avec les prestataires ou fournisseurs de l'immeuble), les actes d'acquisition ou d'aliénation des parties communes et en justice. Il doit obtenir l'autorisation de l'assemblée générale pour signer des contrats avec toute entreprise ou prestataire qui lui est lié.
Archives, salariés et accès en ligne
Le syndic gère les archives du syndicat des copropriétaires et les salariés de la copropriété (par exemple le gardien) : il engage et met fin aux contrats et fixe les conditions de leur travail. Il doit proposer un accès en ligne sécurisé aux documents concernant la gestion de l'immeuble et des lots, accessible aux membres du conseil syndical et aux copropriétaires au moyen d'un code personnel ; les documents doivent être téléchargeables et imprimables.

Règle

Le syndic doit en outre informer les copropriétaires et les occupants lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une procédure relevant de l'exercice de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles (habitat menaçant ruine, habitat insalubre).

Si le syndic ne transmet pas les documents au-delà d'un mois au conseil syndical qui en fait la demande, 15 € par jour de retard sont retenus sur sa rémunération forfaitaire annuelle. Ces pénalités sont déduites de sa rémunération lors de l'arrêté des comptes à soumettre à l'assemblée générale des copropriétaires.

Comment le syndic professionnel est-il désigné ?

La désignation du syndic professionnel suit une procédure encadrée, qui diffère selon qu'il s'agit d'une copropriété existante ou d'une copropriété nouvellement créée.

Dans une copropriété existante, le syndic est désigné lors de l'assemblée générale des copropriétaires par un vote à la majorité absolue (dite majorité de l'article 25). La désignation suit trois étapes : mise en concurrence des syndics, notification des projets de contrat, puis vote des candidatures les unes après les autres.

La mise en concurrence est réalisée par le conseil syndical préalablement à l'assemblée : il interroge plusieurs syndics afin d'obtenir un projet de contrat et une fiche d'information sur le prix et les prestations proposées, ce qui permet aux copropriétaires de comparer les propositions. Cette mise en concurrence s'applique aussi bien à la désignation d'un nouveau syndic qu'au renouvellement du contrat du syndic déjà en place. Elle n'est pas obligatoire si la copropriété n'a pas de conseil syndical ou si les copropriétaires s'y sont opposés l'année précédente par un vote à la majorité absolue. Tout copropriétaire peut par ailleurs demander au syndic d'inscrire à l'ordre du jour l'examen de projets de contrat de syndic qu'il lui communique.

Règle

Les projets de contrat sont notifiés (envoyés) aux copropriétaires en même temps que l'ordre du jour de l'assemblée générale ; ils sont annexés à la convocation. Si l'assemblée générale désigne un syndic dont le contrat n'a pas été annexé à la convocation, cette décision peut être remise en cause par un copropriétaire absent ou opposant. Lors du vote, dès qu'un projet de contrat obtient la majorité requise et qu'un syndic est désigné, les résolutions suivantes deviennent sans objet. La même décision de l'assemblée désigne le syndic et approuve son contrat de mandat.

Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue de l'article 25, mais que l'un au moins recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, il est possible de recourir à un second vote immédiat à la majorité de l'article 24 (majorité des voix des personnes présentes, représentées ou ayant voté par correspondance).

Nouvelle copropriété et absence de désignation

Une copropriété nouvellement créée et une copropriété dont l'assemblée générale n'a pas réussi à désigner un syndic relèvent de procédures particulières.

Une nouvelle copropriété doit obligatoirement désigner un syndic provisoire à sa création. En principe, ce syndic est mis en place par le promoteur immobilier ; sa désignation est mentionnée dans le règlement de copropriété, pour une durée d'un an maximum. À l'expiration de ce délai, son contrat prend automatiquement fin. C'est pourquoi le syndic provisoire a l'obligation de convoquer la première assemblée générale des copropriétaires durant cette année.

Règle

Lors de cette première assemblée, il sera voté soit le maintien du syndic provisoire dans ses fonctions (après mise en concurrence de plusieurs contrats de syndic, effectuée par le conseil syndical s'il en existe un, ou par les copropriétaires), soit la désignation d'un nouveau syndic. Le syndic retenu doit être désigné par un vote des copropriétaires à la majorité absolue (majorité de l'article 25).

Lorsque l'assemblée générale ne parvient pas à désigner un syndic — par exemple parce que le mandat du syndic en place n'a pas été renouvelé ou que la majorité requise n'a pas été atteinte — le syndic est désigné par le président du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Cette désignation intervient sur demande d'un ou plusieurs copropriétaires, du maire de la commune, ou du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat du lieu de situation de l'immeuble. L'accompagnement par un avocat est obligatoire pour cette démarche.

Dans les deux situations — nouvelle copropriété ou absence de désignation —, le vote en assemblée générale suit les règles de majorité de la loi du 10 juillet 1965 : la majorité absolue de l'article 25 s'impose pour la désignation du syndic.

Contrat et durée du mandat du syndic professionnel

Le mandat donné au syndic pour gérer l'administration et les finances de la copropriété prend la forme d'un contrat-type dont le contenu est réglementé. Ce contrat-type est obligatoire pour le syndic professionnel.

Le contrat fixe la durée du mandat (avec date de début et de fin), les conditions de la rémunération, le détail des prestations et les conditions d'exécution de la mission. Le contrat de syndic est conclu pour une durée déterminée, dont la durée doit être obligatoirement prévue par un vote en assemblée générale des copropriétaires.

Règle

La durée maximale du mandat est de 3 ans. Toutefois, si le syndic — ou toute personne avec laquelle il vit en couple ou est lié, par exemple un employé — a participé à la construction de l'immeuble en tant que promoteur ou architecte, la durée du mandat est de 1 an maximum. La durée du mandat est renouvelable, et ce renouvellement doit être voté en assemblée générale des copropriétaires à la majorité absolue.

Le contrat de syndic peut également mentionner des prestations de services autres que celles relevant de la mission de syndic. Ces prestations doivent être préalablement demandées et autorisées par l'assemblée générale des copropriétaires, au moyen d'un vote à la majorité absolue.

Le syndic qui ne respecte pas le contrat-type peut être condamné à une amende administrative d'un montant maximum de 3 000 € pour une personne physique et de 15 000 € pour une personne morale.

Fin du mandat et transparence de la gestion

Le mandat du syndic prend fin par un non-renouvellement ou une résiliation anticipée. La loi impose par ailleurs une transparence renforcée sur la gestion de la copropriété, à travers un accès documentaire encadré.

La copropriété peut décider de ne pas renouveler le contrat du syndic. Elle doit alors inscrire à l'ordre du jour d'une assemblée générale tenue dans les 3 mois précédant la fin du contrat : la désignation d'un nouveau syndic et la fixation d'une date anticipée de fin de contrat. Lorsque l'initiative vient du syndic, il doit informer le conseil syndical de son intention de ne pas conclure un nouveau contrat au plus tard 3 mois avant la tenue de cette assemblée générale.

Règle

Au cours de l'assemblée générale, les copropriétaires désignent un nouveau syndic et fixent les dates de fin du contrat en cours et de début du nouveau contrat, qui doivent intervenir au plus tôt 1 jour franc après la tenue de cette assemblée. Dans certains cas, il est possible de mettre fin au mandat en cours du syndic, c'est-à-dire de façon anticipée.

Documents accessibles au conseil syndical
Le syndic doit mettre à disposition, au minimum : la liste de tous les copropriétaires ; les balances générales des comptes du syndicat et le relevé général des charges et produits de l'exercice échu ; les relevés périodiques des comptes bancaires séparés ouverts au nom du syndicat ; les assignations en justice délivrées au nom du syndicat concernant les procédures en cours et les décisions dont les délais de recours n'ont pas expiré ; sa carte professionnelle, l'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle et l'attestation de garantie financière en cours de validité.
Documents accessibles à l'ensemble des copropriétaires
Le règlement de copropriété, l'état descriptif de division et les actes les modifiant s'ils ont été publiés ; la dernière fiche synthétique de la copropriété ; le carnet d'entretien de l'immeuble ; les diagnostics techniques des parties communes en cours de validité ; les contrats d'assurance de l'immeuble en cours de validité ; l'ensemble des contrats et marchés en cours signés par le syndic (à l'exclusion des contrats de travail) ; les contrats d'entretien et de maintenance des équipements communs ; les procès-verbaux des 3 dernières assemblées générales annuelles ayant été appelées à connaître des comptes et les devis de travaux approuvés ; le contrat du syndic en cours.
Documents concernant le lot d'un copropriétaire
Le compte individuel du copropriétaire après approbation des comptes du syndicat par l'assemblée générale annuelle ; le montant des charges courantes du budget prévisionnel et les charges hors budget prévisionnel des 2 derniers exercices comptables clos payées par le copropriétaire ; le montant de la part du fonds de travaux rattachée au lot après approbation des comptes ; les appels de fonds adressés au copropriétaire sur les 3 dernières années.

Qu'est-ce qu'un syndic non professionnel ?

Le syndic non professionnel est une personne physique, obligatoirement copropriétaire de l'immeuble, qui assure la fonction de syndic sans exercer cette activité à titre lucratif ou professionnel. Il n'a donc pas à posséder de carte professionnelle.

Il existe deux types de syndic non professionnel. Le syndic bénévole est une personne physique, propriétaire d'un ou plusieurs lots dans la copropriété ; il peut être un copropriétaire occupant (habité sur place) ou non. Le syndic coopératif est également une personne physique, mais il doit remplir deux conditions cumulatives : être propriétaire d'un ou plusieurs lots de copropriété et être président du conseil syndical.

Le syndic non professionnel est le représentant légal du syndicat des copropriétaires, au même titre que le syndic professionnel. Il exerce les mêmes missions essentielles : établissement du budget prévisionnel voté chaque année en assemblée générale, tenue de la comptabilité du syndicat, gestion et recouvrement des charges, ouverture d'un compte bancaire au nom du syndicat dans les 3 mois de sa désignation, ouverture d'un compte spécifique pour le fonds travaux et pour l'emprunt collectif. Il doit également immatriculer l'immeuble au registre national des copropriétés, réaliser la fiche synthétique, organiser l'assemblée générale annuelle, administrer l'immeuble, souscrire les assurances nécessaires et gérer les archives du syndicat.

Règle

La désignation du syndic non professionnel varie selon son statut. Le futur syndic doit faire inscrire sa candidature à l'ordre du jour de l'assemblée générale ; sa désignation est votée à la majorité absolue. Pour le syndic coopératif, il faut d'abord vérifier que le règlement de copropriété n'interdit pas cette forme de gestion (sinon, le modifier), faire voter le passage à la forme coopérative du syndicat à la majorité absolue, puis constituer un conseil syndical : le syndic coopératif est élu par les membres du conseil syndical et choisi parmi eux ; il en est le président.

Le contrat du syndic non professionnel dépend de son statut de rémunération. Le syndic non rémunéré — qui ne perçoit aucune rémunération ou uniquement le remboursement des frais nécessaires exposés pour la copropriété — n'est pas tenu de proposer un contrat conforme au contrat-type. Le syndic rémunéré, en revanche, doit se conformer au contrat-type, qui fixe la durée du mandat, le détail des missions et les conditions de la rémunération. Le mandat du syndic non professionnel est d'une durée maximale de 3 ans, renouvelable à la majorité absolue. Si le syndic bénévole cesse d'être copropriétaire — par exemple en cas de vente de son bien —, son mandat reste valable pendant 3 mois ; durant ce délai, il convoque une assemblée générale et inscrit à l'ordre du jour la désignation d'un nouveau syndic.

Responsabilité civile et pénale du syndic

La responsabilité du syndic — professionnel ou non professionnel — peut être engagée lorsqu'il commet une faute, civile ou pénale, dans le cadre de ses fonctions, à l'origine d'un dommage.

La responsabilité civile du syndic peut être engagée par le syndicat des copropriétaires, par un ou plusieurs copropriétaires, ou par des tiers. À l'égard du syndicat, le syndic est son mandataire : en vertu du contrat de syndic qui lie les parties, sa responsabilité est dite contractuelle. Pour l'engager, le syndicat doit prouver que le syndic a rempli de façon incorrecte ou incomplète ses missions et que cette faute est à l'origine d'un dommage financier ou matériel.

Manquements ouvrant action
La responsabilité du syndic a pu être retenue dans les cas suivants : manquement à son obligation d'exécuter les décisions d'assemblée générale ; commande de travaux non urgents sans autorisation de l'assemblée ; commande de travaux supplémentaires non autorisés ; règlement de façon erronée ou abusive des factures à des prestataires ou fournisseurs ; appel de fonds insuffisants pour couvrir les dépenses courantes de l'immeuble ou les réparations nécessaires ; défaut de réalisation des travaux de réfection utiles ; défaut d'information sur la nécessité de souscrire une assurance dommages-ouvrage pour des travaux de ravalement.
Responsabilité envers les copropriétaires et les tiers
À l'égard d'un copropriétaire, il faut prouver une faute du syndic dans l'exercice de ses missions (ou une faute étrangère à ses fonctions) à l'origine d'un dommage personnel — financier, matériel ou moral. À l'égard des tiers — salariés du syndicat, locataires, fournisseurs, prestataires, voisins —, le syndic est responsable de ses agissements à titre personnel et dans le cadre de ses fonctions. Un syndic engage ainsi sa responsabilité envers un entrepreneur en lui passant une commande de travaux importante tout en sachant que le syndicat n'a pas les fonds suffisants pour le payer.

Règle

La responsabilité pénale du syndic peut être recherchée s'il commet, dans l'exercice de ses missions, une faute constitutive d'une infraction pénale. Les infractions se classent en trois catégories : les infractions volontairement commises, notamment dans la gestion financière (abus de confiance, escroquerie, détournement de fonds) ; les infractions involontaires, provenant d'une imprudence, d'une négligence ou d'une inattention (blessures involontaires par défaut d'entretien ou de surveillance) ; les infractions à une législation spéciale (règles d'urbanisme — travaux non conformes au permis de construire —, règles d'hygiène ou de sécurité, règlement sanitaire, législation du travail — travail dissimulé).

Pour engager la responsabilité du syndic, il faut identifier le manquement, s'assurer qu'il est à l'origine du dommage, en évaluer le montant (à l'aide de devis ou de factures), puis adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, détaillant les faits, les manquements reprochés et la demande de compensation financière ou de rectification. Cette mise en demeure est obligatoire pour toute action en justice du syndicat contre son syndic. L'action se porte devant le tribunal judiciaire du domicile du défendeur (siège du syndic) : l'accompagnement par un avocat est recommandé si le litige est inférieur ou égal à 10 000 €, et obligatoire s'il est supérieur à 10 000 €. En cas d'infraction pénale, un dépôt de plainte est possible. Il est recommandé à tout syndic non professionnel de souscrire une assurance responsabilité civile.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Syndic de copropriété

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

    Les règles de désignation, de gestion et de responsabilité du syndic de copropriété sont fixées par la loi du 10 juillet 1965 et ses textes d'application. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre conseil syndical, de votre mairie ou d'un conseiller juridique.

    Démarches associées

    Articles liés

    Vous ne trouvez pas l'information recherchée ?

    Posez votre question dans le forum ou contactez-nous. Notre équipe éditoriale s'appuie sur les retours utilisateurs pour améliorer les fiches.

    Démarches en France est un site indépendant, sans affiliation officielle avec l’administration française.