Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant d'être concerné par un PPVE : nature du dispositif, bénéficiaires, mise en place, calcul de la prime et régimes social et fiscal.
Ce qu'il faut savoir
- Le PPVE est un dispositif facultatif : il est mis en place par un accord d'entreprise, sans obligation pour l'employeur.
- Il permet aux salariés de percevoir une prime lorsque la valeur de l'entreprise a augmenté au cours d'une période de 3 ans.
- Toutes les entreprises peuvent y recourir : il n'y a pas de condition d'effectif.
- Pour en bénéficier, le salarié doit justifier d'un an d'ancienneté à la date de point de départ de la période de 3 ans.
- La prime est plafonnée à 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale par salarié et par exercice.
- Le régime social prévoit une exonération de cotisations sociales mais un assujettissement à la CSG/CRDS et à une contribution patronale de 30 % (exercices 2026 à 2028).
Conditions essentielles
- L'entreprise doit avoir conclu un accord de mise en place du PPVE (convention, accord collectif, accord avec le CSE ou ratification à la majorité des 2/3).
- Le salarié doit avoir au moins un an d'ancienneté à la date de point de départ de la période de 3 ans.
- Le salarié doit être encore salarié à la date de fin de la période de 3 ans pour être bénéficiaire.
- Le taux de variation de la valeur de l'entreprise doit être positif pour qu'une prime soit versée.
Les étapes
- Conclusion d'un accord collectif définissant le montant de référence, la formule de valorisation et les dates d'appréciation.
- Dépôt de l'accord sur la plateforme TéléAccords.
- Remise d'une fiche d'information à chaque salarié bénéficiaire.
- Appréciation de la valeur de l'entreprise à la date de début de la période de 3 ans.
- Appréciation de la valeur de l'entreprise à l'expiration du délai de 3 ans.
- Calcul du taux de variation de la valeur de l'entreprise.
- Application du taux de variation au montant de référence de chaque salarié.
- Versement de la prime en une ou plusieurs fois sur une période de 12 mois, dans un délai de 7 mois après la fin du plan.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — formule de valorisation selon les entreprises cotées ou non cotées, modalités d'information, régime fiscal selon le choix du salarié — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au calcul de la prime selon la forme de l'entreprise, aux modalités d'information et de versement, et au régime fiscal selon le choix d'affectation, voir les sections « Comment est déterminé le montant de la prime ? », « Comment les salariés sont-ils informés et comment la prime est-elle versée ? » et « Quel est le régime social et fiscal de la prime ? ».
Qu'est-ce que le plan de partage de la valorisation de l'entreprise (PPVE) ?
Le plan de partage de la valorisation de l'entreprise (PPVE) est un dispositif qui permet à des salariés, sous conditions, de bénéficier d'une prime — la prime de partage de la valorisation de l'entreprise — lorsque la valeur de leur entreprise a augmenté au cours de la période de 3 ans fixée par le plan.
Le PPVE est un instrument de partage de la valeur créé par la loi du 29 novembre 2023 transposant l'accord national interprofessionnel. Il repose sur un mécanisme simple : on détermine la valeur de l'entreprise au début et à la fin d'une période de 3 ans ; si cette valeur a augmenté, le taux de variation positif est appliqué à un montant de référence propre à chaque salarié, ce qui donne la prime. Le dispositif est facultatif : il n'est mis en place que si l'employeur le décide, par accord.
Règle
Le versement de la prime n'est possible que si la valeur de l'entreprise a augmenté au cours des 3 années qui suivent la date fixée par l'accord. Lorsque le taux de variation de la valeur de l'entreprise est positif, chaque salarié concerné par le plan reçoit une prime. Lorsque le taux de variation est négatif ou nul, le salarié ne perçoit pas de prime.
Il ne faut pas confondre le PPVE avec la prime de partage de la valeur (PPV), qui est un autre dispositif de partage de la valeur, ni avec les autres intéressements ou participations. Le PPVE est spécifique à la valorisation de l'entreprise sur une période longue de 3 ans. Contrairement à l'intéressement, qui repose sur des résultats courts (généralement annuels), le PPVE s'inscrit dans une logique de moyen terme : c'est l'évolution de la valeur structurelle de l'entreprise sur trois ans qui détermine le droit à prime, et non un résultat comptable ponctuel.
Quelles entreprises peuvent mettre en place un PPVE ?
Le PPVE est un dispositif facultatif. Toutes les entreprises peuvent mettre en place un PPVE. Il n'y a pas de condition d'effectif.
Le plan peut ainsi concerner des groupes d'entreprises ou des groupes constitués de coopératives. Le dispositif est également ouvert aux établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) et aux établissements publics administratifs (EPA) lorsqu'ils emploient du personnel de droit privé.
Règle
Les entreprises ne peuvent mettre en place qu'un seul plan sur une période de 3 ans. L'accord peut prévoir le renouvellement du plan et ses modalités de renouvellement.
L'absence de condition d'effectif distingue le PPVE de nombreux autres dispositifs d'épargne salariale, qui exigent un effectif minimal. Même les très petites entreprises peuvent donc y avoir recours, sous réserve de conclure un accord valable.
Quels salariés peuvent bénéficier du PPVE ?
Pour bénéficier du plan, le salarié de l'entreprise (ou du groupe) doit justifier d'un an d'ancienneté.
L'ancienneté se calcule à partir de la date de point de départ de la période de 3 ans fixée par l'accord qui met en place le plan. Une ancienneté inférieure à 1 an peut être fixée par le plan, mais celui-ci ne peut pas exiger une ancienneté supérieure à 1 an : 1 an constitue le plafond légal.
Certains salariés ne sont pas bénéficiaires du plan. Il s'agit des salariés qui n'ont pas la durée d'ancienneté prévue à la date du point de départ du plan, même s'ils atteignent l'ancienneté requise au cours de la période de 3 ans ; et des salariés qui quittent l'entreprise pendant la période de 3 ans, car ils ne sont plus salariés à la date de fin du plan. En revanche, si un salarié bénéficiaire quitte l'entreprise entre la date de fin du plan et la date de versement de la prime, il conserve le droit de percevoir sa prime et doit être informé à sa nouvelle adresse.
Règle
Le montant de référence attribué à chaque salarié est fixé en application de l'accord. Il peut être différent entre les salariés en fonction de la rémunération, du niveau de classification ou de la durée de travail prévue à leur contrat de travail.
L'accord peut prévoir des conditions de modulation du montant de référence entre les salariés. Ces critères doivent être précisés dans l'accord et appliqués de manière objective.
Comment est déterminé le montant de la prime ?
Le calcul de la prime repose sur la détermination du taux de variation de la valeur de l'entreprise, appliqué au montant de référence de chaque salarié.
Le taux de variation de la valeur de l'entreprise correspond au taux de variation constaté entre la valeur de l'entreprise déterminée à une date fixée par l'accord et la valeur de l'entreprise à l'expiration du délai de 3 ans débutant le lendemain de cette date. Pour chaque salarié, la prime résulte de l'application au montant de référence du taux de variation de la valeur de l'entreprise, lorsque ce taux est positif.
La valorisation de l'entreprise est obtenue différemment selon la forme de l'entreprise. Dans les entreprises non cotées en bourse, la formule de valorisation est déterminée par l'accord : elle peut prendre en compte des critères particuliers à chaque entreprise et notamment sa situation comptable, sa rentabilité ou ses perspectives d'activité. Lorsque des critères particuliers n'ont pas été déterminés ou s'ils ne peuvent pas être appliqués, la valeur de l'entreprise est égale au montant de l'actif net réévalué, calculé d'après le bilan le plus récent. La formule doit être appliquée de la même façon à la date de début et à la date de fin de la période de 3 ans. Dans les entreprises cotées en bourse, la valeur de l'entreprise correspond à sa capitalisation boursière moyenne sur les 30 derniers jours précédant la date de début et la date de fin de la période de 3 ans.
Règle
Le montant de la prime versée à chaque salarié pour un même exercice est plafonné : la prime ne peut pas dépasser 75 % du montant du plafond annuel de la sécurité sociale.
Les sommes versées aux salariés en application du PPVE ne remplacent pas les salaires ou les augmentations et autres primes déjà prévues par les contrats de travail ou les usages de l'entreprise. Le PPVE constitue un complément, non un substitut à la rémunération contractuelle. Le plafond de 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale s'apprécie par salarié et par exercice : un même salarié ne peut pas percevoir, au titre du PPVE, une prime supérieure à ce montant sur un exercice donné, même si le calcul théorique au taux de variation conduirait à un montant supérieur.
Comment les salariés sont-ils informés et comment la prime est-elle versée ?
Chaque salarié concerné doit être informé de l'existence du PPVE. L'employeur doit lui remettre une fiche, distincte du bulletin de salaire, indiquant notamment son montant de référence, les critères de modulation éventuellement appliqués, la règle de valorisation applicable et les conditions de bénéfice de la prime.
Au moment du versement, la fiche doit mentionner : le montant de référence qui lui a été attribué ; le montant de la prime qui lui a été attribuée ; la retenue opérée au titre de la CSG/CRDS ; la possibilité d'affectation de ces sommes à un plan d'épargne salariale ou retraite (PEE, PEI, Perco, PERECO, PERO) et le délai de demande d'affectation (maximum 15 jours) ; lorsque la prime est investie sur un tel plan, le délai à partir duquel les droits nés de cet investissement seront disponibles et les cas de déblocage anticipé. Une note annexée à cette fiche doit rappeler les règles essentielles de calcul et de modulation du montant de référence prévues par le plan. Sauf opposition du salarié, la fiche et la note peuvent être remises par voie électronique.
Règle
À la fin du plan, l'entreprise a 7 mois pour calculer le montant de la prime à attribuer à chaque salarié. La prime peut être versée en une ou plusieurs fois sur une période de 12 mois. Le salarié a 15 jours pour demander le versement de tout ou partie de sa prime sur un plan d'épargne salariale ou un plan d'épargne retraite d'entreprise.
Si un salarié bénéficiaire quitte l'entreprise entre la date de fin du plan et la date de versement, il conserve son droit et doit être informé à sa nouvelle adresse. L'entreprise conserve les sommes dues pendant un an ; à défaut de réclamation dans ce délai, les sommes sont remises à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Les sommes non distribuées peuvent faire l'objet d'une recherche sur le service en ligne Ciclade.
Textes applicables
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Plan de partage de la valorisation de l'entreprise (PPVE)
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- TéléAccords — Dépôt des accords collectifs d'entreprise
- Ciclade — Recherche des sommes oubliées provenant des comptes inactifs
Les règles du PPVE (conditions d'éligibilité, calcul de la prime, régimes social et fiscal) sont fixées par la loi du 29 novembre 2023 et le décret du 29 juin 2024. Le régime social présenté vaut pour les primes versées au cours des exercices 2026 à 2028 ; vérifier les évolutions ultérieures auprès de l'Urssaf, de la MSA ou d'un conseiller juridique.

Comment est mis en place le PPVE ?
Le PPVE est mis en place par un accord d'entreprise, selon l'une des formes prévues par le code du travail.
Le plan peut être établi par une convention ou un accord collectif de travail ; par un accord entre l'employeur et les représentants d'organisations syndicales représentatives dans l'entreprise ; par un accord conclu avec le CSE ; ou à la suite de la ratification à la majorité des 2/3 du personnel d'un projet d'accord proposé par l'employeur. Lorsqu'il existe dans l'entreprise une ou plusieurs organisations syndicales représentatives ou un CSE, la ratification est demandée conjointement par l'employeur et par une ou plusieurs de ces organisations ou ce comité.
L'accord définit notamment les points suivants : le montant de référence auquel sera appliqué le taux de variation de la valeur de l'entreprise ; les éventuelles conditions de modulation du montant de référence entre les salariés ; la formule de valorisation retenue pour les entreprises dont les titres ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé ; la date d'appréciation de la valeur de l'entreprise (qui constitue le point de départ de la durée de 3 ans du plan) et la date 3 ans plus tard d'appréciation de la valeur ; la ou les dates de versement de la prime.
Règle
L'accord instituant le PPVE, ainsi que ses avenants et ses annexes, sont déposés sur la plateforme de téléprocédure TéléAccords. L'accord est contrôlé par l'organisme de recouvrement de cotisations sociales dont dépend l'entreprise (Urssaf, MSA...). Le dépôt doit être effectué par l'entreprise : le respect de la procédure de dépôt conditionne les exonérations fiscales et sociales attachées aux primes qui seront versées à la fin du plan.
Cet accord est établi sur rapport spécial du commissaire aux comptes de l'entreprise ou d'un commissaire aux comptes désigné à cet effet. Le PPVE est mis en place sur une période de 3 ans. Le choix de la forme d'accord dépend de la situation de l'entreprise : en l'absence de syndicats représentatifs et de CSE, la ratification à la majorité des 2/3 est la voie la plus fréquente ; en présence d'un CSE, un accord direct avec celui-ci est possible.