Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la qualification du temps de trajet : principe général, situations d'assimilation et contreparties.
Ce qu'il faut savoir
- Le temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail habituel n'est pas un temps de travail effectif.
- Le temps de trajet domicile - lieu de travail inhabituel n'est pas non plus un temps de travail effectif, mais il ouvre droit à une contrepartie s'il dépasse le temps habituel.
- Le trajet entre 2 lieux de travail constitue un temps de travail effectif.
- Le trajet domicile - lieu de travail accompli lors des périodes d'astreinte est du temps de travail effectif.
- Le trajet d'un représentant du personnel pour se rendre à une réunion à l'initiative de l'employeur pendant les horaires habituels est assimilé à du temps de travail effectif.
- Le temps de trajet hôtel - lieu de travail d'un salarié en mission n'est pas nécessairement du temps de travail effectif ; il l'est si le salarié ne peut pas vaquer librement à des occupations personnelles et doit se conformer aux directives.
- Le passage imposé par l'entreprise avant un lieu de travail (chantier, intervention) est assimilé à du temps de travail effectif dès l'arrivée du salarié à l'entreprise.
Conditions essentielles
- Le salarié effectue un trajet dans le cadre de son activité professionnelle.
- Pour l'assimilation dans le cas d'un trajet inhabituel : le trajet dépasse le temps habituel domicile - lieu de travail.
- Pour l'assimilation du trajet d'un salarié en mission : le salarié ne peut pas vaquer librement à des occupations personnelles.
- Pour l'assimilation du passage par l'entreprise : le passage est imposé par l'employeur.
- Pour l'assimilation en cas d'astreinte : le trajet est accompli pendant une période d'astreinte.
Les étapes
- Identifier la nature du trajet (domicile-lieu habituel, inhabituel, entre 2 lieux, mission, astreinte).
- Vérifier si le trajet relève du temps de travail effectif au regard des règles applicables.
- Comparer le temps de trajet inhabituel au temps habituel domicile - lieu de travail.
- Rechercher la contrepartie applicable (repos ou contrepartie financière).
- Consulter la convention ou l'accord collectif, ou la décision unilatérale de l'employeur prise après consultation du CSE.
- Appliquer les mêmes principes pour le trajet de retour.
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Les situations d'assimilation à du temps de travail effectif et le régime des contreparties sont détaillés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne traite pas les règles de rémunération des temps de trajet assimilés à du temps de travail effectif ni le régime de l'astreinte. Ces points relèvent de fiches spécifiques.
Principe du temps de travail effectif
Un salarié est amené à effectuer différents trajets lors d'une journée de travail. La qualification de ces trajets dépend de leur nature.
Un salarié est amené à effectuer différents trajets lors d'une journée de travail. Le temps de trajet est rémunéré s'il constitue un temps de travail effectif.
Le temps de trajet domicile - lieu de travail n'est pas un temps de travail effectif. Mais, dans certaines situations particulières, il peut être considéré comme du temps de travail effectif. La qualification dépend donc de la situation concrète : nature du lieu de travail, caractère habituel ou inhabituel du trajet, contraintes exercées par l'employeur pendant le déplacement.
- Trajet non assimilé : trajet domicile - lieu de travail habituel, en principe.
- Trajet assimilé : trajet entre 2 lieux de travail, trajet pendant une astreinte, passage imposé par l'entreprise.
- Trajet à examiner : trajet inhabituel, trajet d'un salarié en mission, trajet hôtel - lieu de travail.
- Contrepartie : certains trajets non assimilés ouvrent droit à une contrepartie en repos ou financière.
La qualification de temps de travail effectif est déterminante : elle conditionne notamment la rémunération du temps correspondant et sa prise en compte dans le décompte du temps de travail. Un trajet qui n'est pas du temps de travail effectif n'est pas rémunéré à ce titre, sauf contrepartie prévue dans certains cas de dépassement du temps de trajet habituel.
Trajet domicile - lieu de travail habituel
Le trajet quotidien entre le domicile et le lieu de travail habituel n'est pas du temps de travail effectif.
Règle
Le temps de trajet domicile - lieu de travail habituel n'est pas un temps de travail effectif. Il correspond au déplacement normal et quotidien de l'agent vers son lieu habituel d'exécution du travail.
Trajet augmenté du fait d'un handicap
- Situation : le temps de trajet domicile - lieu de travail habituel est augmenté du fait d'un handicap.
- Contrepartie : il peut faire l'objet d'une contrepartie sous forme de repos.
- Accord : l'employeur et le salarié se mettent d'accord, par écrit de préférence, sur la contrepartie.
Le trajet habituel n'ouvre donc pas, en principe, de droit à rémunération au titre du temps de travail effectif ; seule la situation particulière du salarié dont le trajet est augmenté du fait d'un handicap ouvre droit à une contrepartie, sous forme de repos.
Trajet domicile - lieu de travail inhabituel
Le trajet vers un lieu de travail inhabituel, par exemple à l'occasion d'un déplacement professionnel, n'est pas du temps de travail effectif, mais ouvre droit à une contrepartie en cas de dépassement.
Le temps de trajet domicile - lieu de travail inhabituel n'est pas un temps de travail effectif. Cela peut être le cas à l'occasion d'un déplacement professionnel, par exemple.
Règle
S'il dépasse le temps habituel de trajet domicile - lieu de travail, le salarié bénéficie d'une contrepartie soit sous forme de repos, soit financière.
- Contrepartie en repos : attribution d'un temps de repos compensateur.
- Contrepartie financière : versement d'une compensation pécuniaire.
- Source de la contrepartie : convention ou accord collectif de travail, ou, en l'absence, décision unilatérale de l'employeur prise après consultation du CSE, s'il existe.
La part de ce temps de trajet coïncidant avec l'horaire de travail normal n'est pas du temps de travail effectif. Ainsi, seul le dépassement par rapport au trajet habituel ouvre droit à contrepartie, et non l'intégralité du trajet inhabituel.
Trajet du salarié itinérant
Le salarié itinérant, qui n'a pas de lieu de travail fixe, voit son trajet vers son premier lieu de travail examiné selon les mêmes principes, avec une assimilation possible sous condition de disponibilité.
Un salarié itinérant est un salarié qui n'a pas de lieu de travail fixe ou habituel. Le temps de trajet domicile - 1ᵉʳ lieu de travail (ou client) d'un salarié itinérant n'est pas un temps de travail effectif.
Trajet augmenté du fait d'un handicap
- Situation : le temps de trajet est augmenté du fait d'un handicap.
- Contrepartie : il peut faire l'objet d'une contrepartie sous forme de repos.
- Accord : l'employeur et le salarié se mettent d'accord, par écrit de préférence.
Règle
Le trajet est assimilé à du temps de travail effectif si le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. C'est le cas lorsque le salarié doit, en conduisant pendant ses déplacements, grâce à son téléphone portable professionnel et à son kit main libre intégré dans le véhicule mis à sa disposition par la société, être en mesure de fixer des rendez-vous, d'appeler et de répondre à ses divers interlocuteurs, clients ou directeur commercial.
La frontière est donc celle de la disponibilité : ce qui transforme le trajet en temps de travail effectif, c'est l'impossibilité de vaquer librement à des occupations personnelles et l'obligation de se conformer aux directives de l'employeur pendant le déplacement.
Trajet pendant une astreinte
Le trajet effectué pendant une période d'astreinte est du temps de travail effectif plein.
Règle
Le temps de trajet domicile - lieu de travail accompli lors des périodes d'astreinte est du temps de travail effectif.
Cette solution s'explique par le régime de l'astreinte : pendant cette période, le salarié doit rester en mesure d'intervenir à tout moment, ce qui modifie la nature du déplacement vers le lieu de travail. Le trajet accompli dans ce cadre est donc traité comme du temps de travail effectif, et non comme un simple trajet domicile - travail.
Trajet d'un représentant du personnel
Le trajet d'un représentant du personnel pour se rendre à une réunion à l'initiative de l'employeur est assimilé, sous certaines conditions, à du temps de travail effectif.
Règle
Le temps de trajet d'un représentant du personnel pour se rendre aux réunions à l'initiative de l'employeur pendant les horaires habituels de travail est assimilé à du temps de travail effectif.
Si le temps de trajet est pris en dehors de l'horaire habituel de travail, il n'est assimilé à du temps de travail effectif que pour la part excédant le temps normal de trajet domicile - lieu de travail.
Trajet hôtel - lieu de travail d'un salarié en mission
Le trajet entre l'hôtel et le lieu de travail d'un salarié en mission n'est assimilé que sous condition de disponibilité.
Règle
Le temps de trajet entre l'hôtel et le lieu de travail d'un salarié en mission n'est pas nécessairement du temps de travail effectif.
C'est uniquement si le salarié ne peut pas vaquer librement à des occupations personnelles et doit se conformer aux directives de l'employeur qu'il est assimilé à du temps de travail effectif.
Comme pour le salarié itinérant, le critère décisif est la disponibilité à l'égard de l'employeur et l'impossibilité de vaquer librement à des occupations personnelles.
Trajet entre 2 lieux de travail
Le déplacement d'un lieu de travail à un autre constitue du temps de travail effectif.
Règle
Le temps de trajet entre 2 lieux de travail constitue un temps de travail effectif.
La solution est constante : la mobilité entre deux lieux d'exécution du travail s'inscrit dans le temps de travail, à la différence du trajet domicile - lieu de travail habituel. Le salarié qui se déplace d'un site à un autre dans le cadre de son activité est en situation d'exécution du travail pendant ce déplacement.
Trajet entreprise - lieu de travail
Le passage par l'entreprise avant de se rendre sur un lieu de travail est assimilé à du temps de travail effectif lorsqu'il est imposé par l'employeur.
Si l'employeur oblige le salarié, quittant son domicile, à passer par l'entreprise avant d'aller sur un lieu de travail (chantier, lieu d'intervention par exemple), ce temps est assimilé à du temps de travail effectif dès l'arrivée du salarié à l'entreprise.
Passage imposé par l'employeur
Le passage par l'entreprise imposé par l'employeur est assimilé à du temps de travail effectif dès l'arrivée à l'entreprise.
Exemple
L'employeur impose au salarié de passer par l'entreprise pour charger des matériaux dans le véhicule de l'entreprise avant de se rendre sur un chantier.
Passage pour convenance personnelle
Si le salarié, quittant son domicile, passe par l'entreprise pour des raisons de convenance personnelle avant d'aller sur un lieu de travail, ce temps n'est pas assimilé à du temps de travail effectif.
Les mêmes principes s'appliquent pour le retour : l'assimilation joue dans les mêmes conditions lors du trajet inverse.
Récapitulatif des situations
Le tableau suivant synthétise la qualification des principaux temps de trajet.
| Situation de trajet | Temps de travail effectif ? | Contrepartie éventuelle |
|---|---|---|
| Domicile - lieu de travail habituel | Non | Repos si le trajet est augmenté du fait d'un handicap |
| Domicile - lieu de travail inhabituel | Non | Repos ou contrepartie financière si dépassement du temps habituel |
| Domicile - 1ᵉʳ lieu d'un salarié itinérant | Non, sauf disponibilité à l'employeur | Repos si le trajet est augmenté du fait d'un handicap |
| Trajet pendant une astreinte | Oui | Sans objet |
| Réunion à l'initiative de l'employeur (représentant du personnel) | Oui pendant les horaires habituels ; sinon pour la part excédant le trajet normal | Sans objet |
| Hôtel - lieu de travail (salarié en mission) | Oui, si le salarié ne peut pas vaquer librement à des occupations personnelles | Sans objet |
| Entre 2 lieux de travail | Oui | Sans objet |
| Passage imposé par l'entreprise | Oui, dès l'arrivée à l'entreprise | Sans objet |
Domicile - lieu de travail habituel
- Temps de travail effectif ?
- Non
- Contrepartie éventuelle
- Repos si le trajet est augmenté du fait d'un handicap
Domicile - lieu de travail inhabituel
- Temps de travail effectif ?
- Non
- Contrepartie éventuelle
- Repos ou contrepartie financière si dépassement du temps habituel
Domicile - 1ᵉʳ lieu d'un salarié itinérant
- Temps de travail effectif ?
- Non, sauf disponibilité à l'employeur
- Contrepartie éventuelle
- Repos si le trajet est augmenté du fait d'un handicap
Trajet pendant une astreinte
- Temps de travail effectif ?
- Oui
- Contrepartie éventuelle
- Sans objet
Réunion à l'initiative de l'employeur (représentant du personnel)
- Temps de travail effectif ?
- Oui pendant les horaires habituels ; sinon pour la part excédant le trajet normal
- Contrepartie éventuelle
- Sans objet
Hôtel - lieu de travail (salarié en mission)
- Temps de travail effectif ?
- Oui, si le salarié ne peut pas vaquer librement à des occupations personnelles
- Contrepartie éventuelle
- Sans objet
Entre 2 lieux de travail
- Temps de travail effectif ?
- Oui
- Contrepartie éventuelle
- Sans objet
Passage imposé par l'entreprise
- Temps de travail effectif ?
- Oui, dès l'arrivée à l'entreprise
- Contrepartie éventuelle
- Sans objet
Ce tableau est une synthèse : la qualification dépend toujours des circonstances concrètes du trajet, notamment de l'existence de contraintes imposées par l'employeur et de l'impossibilité pour le salarié de vaquer librement à des occupations personnelles.
Textes applicables
- Code du travail — article L3121-4Textes légaux
- Code du travail — article L3121-5Textes légaux
- Code du travail : article L3121-7Légifrance
- Code du travail : article L3121-8Légifrance
- Code du travail : article L3121-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Le temps de trajet du salarié est-il considéré comme du temps de travail ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.


