Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur l'écrit du contrat de travail : quels contrats l'exigent, ce que risque l'employeur en l'absence d'écrit, et ce qui distingue le CDD du CDI.
Ce qu'il faut savoir
- Le CDD doit obligatoirement être conclu par écrit ; à défaut, il peut être requalifié, éventuellement, en un CDI à temps plein.
- D'autres contrats doivent également être conclus par écrit : contrat de travail temporaire (intérim), contrat de travail intermittent, apprentissage, professionnalisation, contrat unique d'insertion (CUI), contrat conclu avec un groupement d'employeurs et contrat de travail en portage salarial.
- L'employeur qui recourt au CDD ou au travail temporaire sans contrat écrit risque une amende de 3 750 € (7 500 € en cas de récidive) et un emprisonnement de 6 mois.
- Un CDI à temps plein peut, en règle générale, être conclu sans écrit ; une convention collective peut toutefois l'imposer.
- Un CDI à temps partiel doit obligatoirement être conclu par écrit ; à défaut, l'employeur risque une amende de 1 500 € (3 000 € en cas de récidive).
- Le contrat constaté par écrit doit être rédigé en français ; le salarié étranger peut demander la traduction dans sa langue d'origine.
- En pratique, la signature d'un contrat est toujours préférable, notamment s'il est prévu une période d'essai, afin de prévenir tout conflit ou litige.
Conditions essentielles
- Le salarié est embauché sous un contrat pour lequel la loi impose un écrit, au premier rang desquels le CDD.
- Pour l'exigence d'écrit du CDI, seule une convention collective peut l'imposer au CDI à temps plein.
- Le CDI à temps partiel relève de l'écrit obligatoire en raison de sa durée de travail réduite.
- Le salarié peut demander la traduction de son contrat s'il est étranger.
Les étapes
- Identifier la nature du contrat de travail envisagé : CDD, CDI à temps plein, CDI à temps partiel, intérim, apprentissage, etc.
- Vérifier si un écrit est imposé par la loi pour ce type de contrat ou par la convention collective applicable.
- Lorsqu'un écrit est obligatoire, rédiger le contrat en français et le faire signer par les deux parties.
- Remettre au salarié un exemplaire du contrat, ou une copie de la déclaration préalable à l'embauche (DPAE) en l'absence d'écrit obligatoire.
- Conserver les documents contractuels et les preuves de la relation de travail.
- En cas de difficulté ou de litige, se rapprocher du conseil de prud'hommes (CPH).
Cette synthèse reprend l'essentiel de la fiche. Le détail des contrats concernés, des sanctions applicables, du rôle de la convention collective et des modèles de contrat est traité dans les sections suivantes. Elle ne traite pas des formalités propres à chaque contrat d'insertion ni des conditions particulières prévues par les conventions collectives de branche. Les montants des amendes et la durée d'emprisonnement mentionnés sont ceux indiqués par la fiche source officielle.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des contrats qui doivent obligatoirement être écrits et des sanctions applicables, voir les sections « Les contrats qui doivent obligatoirement être écrits » et « Les sanctions en détail ». Le rôle de la convention collective pour le CDI à temps plein est précisé dans la section « Le CDI à temps plein : pas d'écrit exigé en principe ».
Un écrit imposé selon la nature du contrat
Le contrat de travail du salarié, embauché en CDD ou en CDI, n'est pas toujours soumis à une obligation d'écrit. C'est la nature du contrat de travail qui détermine si un écrit est exigé par la loi. Nous vous présentons les informations à connaître.
Le CDD doit obligatoirement être conclu par écrit. En revanche, un écrit n'est, en règle générale, pas exigé pour un CDI à temps plein. La convention collective applicable peut toutefois imposer un écrit dans ce dernier cas.
Le contrat de travail est la convention par laquelle un salarié met son activité professionnelle au service d'un employeur, sous la subordination de celui-ci, en échange d'une rémunération. Sa nature — à durée déterminée ou indéterminée — et sa durée de travail — temps plein ou temps partiel — commandent les formalités d'écrit prévues par le Code du travail, ainsi que les sanctions applicables en cas de manquement.
Règle
L'exigence d'écrit est d'origine légale pour le CDD et pour certains contrats particuliers. Pour le CDI à temps plein, elle ne résulte en principe que d'une convention collective, en dehors du cas du travail à temps partiel qui relève, lui, de l'écrit obligatoire. Lorsqu'aucun écrit n'est imposé, l'employeur reste tenu de remettre au salarié une copie de la déclaration préalable à l'embauche (DPAE).
Les informations présentées concernent le salarié embauché en CDD ou en CDI. Elles ne détaillent pas les formalités propres à chaque contrat d'insertion ou de formation, qui obéissent à des règles spécifiques. Le CDD doit obligatoirement être conclu par écrit ; les contrats de travail à durée déterminée suivants doivent également être obligatoirement conclus par écrit : contrat de travail temporaire, contrat de travail intermittent, contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation, contrat unique d'insertion (CUI), contrat conclu avec un groupement d'employeurs et contrat de travail en portage salarial à durée déterminée ou indéterminée.
Les contrats qui doivent obligatoirement être écrits
Outre le contrat à durée déterminée, plusieurs contrats de travail doivent également être obligatoirement conclus par écrit.
Le CDD doit obligatoirement être conclu par écrit. Les contrats de travail à durée déterminée suivants doivent également être obligatoirement conclus par écrit.
- Contrat de travail temporaire (intérim).
- Contrat de travail intermittent.
- Contrat d'apprentissage.
- Contrat de professionnalisation.
- Contrat unique d'insertion (CUI).
- Contrat conclu avec un groupement d'employeurs.
- Contrat de travail en portage salarial, à durée déterminée ou indéterminée.
Règle
Le non-respect de l'obligation d'écrit pour le CDD ou le travail temporaire expose l'employeur à une sanction et permet la requalification du contrat en CDI à temps plein à la demande du salarié.
Cette liste correspond aux contrats pour lesquels la loi impose un écrit. Elle ne préjuge pas des formalités propres à chaque dispositif, notamment pour le contrat unique d'insertion, l'apprentissage ou la professionnalisation. Un modèle de contrat de travail à durée déterminée (CDD) d'un salarié est disponible. Le contrat constaté par écrit doit être rédigé en français ; le salarié étranger peut en demander la traduction dans sa langue d'origine.
Conséquences de l'absence d'écrit
L'absence d'écrit pour un contrat qui l'exige n'est pas sans conséquence, pour l'employeur comme pour le salarié.
Si le CDD n'a pas été conclu par écrit, le contrat de travail peut être alors requalifié, éventuellement, en un CDI à temps plein.
La requalification est la transformation du CDD en CDI à temps plein. Elle peut être décidée par le conseil de prud'hommes (CPH) à la demande du salarié et sous conditions.
Règle
L'employeur qui recourt au CDD ou au travail temporaire sans contrat écrit risque une amende de 3 750 €. Cette amende est portée à 7 500 € en cas de récidive et s'accompagne d'un emprisonnement de 6 mois.
La requalification n'est pas automatique : elle est décidée par le conseil de prud'hommes à la demande du salarié et sous conditions. Le salarié a donc intérêt à conserver les éléments contractuels et les échanges avec l'employeur qui établissent l'absence d'écrit. L'absence d'écrit pour un contrat qui l'exige ouvre au salarié la possibilité de saisir le conseil de prud'hommes (CPH) ; l'employeur encourt par ailleurs l'amende et l'emprisonnement prévus en cas de recours au CDD ou au travail temporaire sans contrat écrit.
Le CDI à temps plein : pas d'écrit exigé en principe
Le CDI à temps plein n'est, en règle générale, pas soumis à une obligation d'écrit.
En règle générale, un écrit n'est pas exigé pour un CDI à temps plein. Toutefois, une convention collective peut prévoir un écrit.
Règle
En l'absence d'écrit obligatoire, l'employeur doit remettre au salarié une copie de la déclaration préalable à l'embauche (DPAE).
La déclaration préalable à l'embauche (DPAE) est la formalité par laquelle l'employeur signale l'embauche à l'administration. La remise d'une copie au salarié documente l'existence de la relation de travail, en l'absence de contrat écrit obligatoire.
En pratique, et notamment pour prévenir tout conflit ou litige entre le salarié et l'employeur, la signature d'un contrat est toujours préférable, notamment s'il est prévu une période d'essai. Un modèle de contrat de travail à durée indéterminée (CDI) d'un salarié est disponible. Faute d'écrit obligatoire, la copie de la déclaration préalable à l'embauche (DPAE) remise au salarié constitue le document de référence de la relation de travail.
Le CDI à temps partiel : un écrit obligatoire
Le CDI à temps partiel est soumis à une obligation d'écrit, à la différence du CDI à temps plein.
Le contrat de travail du salarié à temps partiel doit obligatoirement être conclu par écrit.
Règle
Si l'employeur n'a pas fait d'écrit pour un contrat de travail en CDI à temps partiel alors qu'il aurait dû le faire, il risque une amende d'un montant de 1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive.
Le contrat de travail constaté par écrit doit être rédigé en français. Un modèle de contrat est disponible auprès du ministère chargé du travail, comme pour le CDD et le CDI à temps plein. Le salarié étranger peut demander la traduction de son contrat dans sa langue d'origine.
L'obligation d'écrit pour le temps partiel tient à la nécessité de fixer précisément la durée du travail et sa répartition. À défaut d'écrit, l'employeur s'expose à l'amende prévue en cas de manquement à cette formalité. La sanction est de 1 500 € pour une première infraction et de 3 000 € en cas de récidive.
Les sanctions en détail
Les sanctions encourues par l'employeur qui méconnaît l'obligation d'écrit diffèrent selon le contrat concerné.
L'employeur qui recourt au CDD ou au travail temporaire sans contrat écrit encourt une amende de 3 750 €, portée à 7 500 € en cas de récidive, ainsi qu'un emprisonnement de 6 mois. Pour le CDI à temps partiel, l'amende est de 1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive.
| Contrat concerné | Sanction en cas de manquement à l'écrit |
|---|---|
| CDD | Amende de 3 750 € (7 500 € en cas de récidive) et emprisonnement de 6 mois ; requalification possible en CDI à temps plein à la demande du salarié |
| Travail temporaire | Amende de 3 750 € (7 500 € en cas de récidive) et emprisonnement de 6 mois |
| CDI à temps partiel | Amende de 1 500 € (3 000 € en cas de récidive) |
Ces sanctions se cumulent avec la possibilité, pour le salarié, de demander la requalification du CDD en CDI à temps plein devant le conseil de prud'hommes. L'absence d'écrit pour le CDI à temps partiel expose l'employeur à l'amende spécifique de 1 500 €, distincte de celle prévue pour le CDD et le travail temporaire.
Langue du contrat et traduction
Le contrat constaté par écrit obéit à des règles de langue, quel que soit le type de contrat concerné.
Le contrat de travail constaté par écrit doit être rédigé en français.
Règle
Le salarié étranger peut demander la traduction de son contrat dans sa langue d'origine.
Cette règle de langue s'applique au contrat constaté par écrit, qu'il s'agisse d'un CDD, d'un CDI à temps partiel ou d'un CDI à temps plein soumis à écrit par la convention collective. Le contrat conclu par écrit doit être remis au salarié, qui peut ainsi vérifier sa conformité. La traduction demandée par le salarié étranger ne dispense pas d'établir le contrat en français ; elle s'y ajoute à sa demande.
Modèles de contrat et téléprocédure disponible
Des modèles de contrat sont mis à disposition, notamment par le ministère chargé du travail, pour les principaux types de contrats.
- Modèle de contrat de travail à durée déterminée (CDD) d'un salarié.
- Modèle de contrat de travail à durée indéterminée (CDI) d'un salarié.
Le CDI à temps partiel, le CDD et, le cas échéant, le CDI à temps plein soumis à écrit par la convention collective font l'objet de modèles de contrat. Ces modèles facilitent la rédaction en français du contrat et la remise d'un exemplaire au salarié. Ils ne dispensent pas de vérifier les règles de la convention collective applicable à l'entreprise, ni de rappeler au salarié étranger qu'il peut demander la traduction de son contrat dans sa langue d'origine. Pour les contrats qui doivent obligatoirement être écrits, l'usage d'un modèle contribue à sécuriser la relation de travail et à prévenir le risque de requalification.
Les modèles de contrat de travail sont accessibles en ligne via le site du ministère chargé du travail, à partir des téléprocédures indiquées dans la fiche source officielle de Service-Public.gouv.fr.
Où s'adresser ?
Pour toute question sur l'écrit du contrat de travail, le salarié ou l'employeur peut se tourner vers les organismes compétents.
- Conseil de prud'hommes (CPH) : juridiction compétente pour demander la requalification d'un CDD non écrit en CDI à temps plein.
- Ministère chargé du travail : propose les modèles de contrat de travail accessibles en ligne.
En cas de litige sur l'existence ou la forme du contrat de travail, le conseil de prud'hommes peut être saisi. Le salarié peut également s'appuyer sur la déclaration préalable à l'embauche (DPAE) et ses bulletins de salaire pour établir la relation de travail. Pour le CDD non écrit, la demande de requalification en CDI à temps plein se présente devant le conseil de prud'hommes (CPH). Le salarié peut par ailleurs se rapprocher du ministère chargé du travail pour se procurer les modèles de contrat de travail à jour.
Textes applicables
- Code du travail : articles L1221-1 à L1221-5 — conclusion du contrat de travailTextes légaux
- Code du travail : articles L1248-1 à L1248-11 — sanctions du recours irrégulier au CDDTextes légaux
- Code du travail : article L3123-6 — travail à temps partielTextes légaux
- Code du travail : articles L3123-33 à L3123-37Légifrance
- Code du travail : articles R6222-2 à R6222-5Légifrance
- Code du travail : articles D6325-1 à D6325-5Légifrance
- Code du travail : articles L1251-16 à L 1251-17Légifrance
- Code du travail : article L1254-14Légifrance
- Code du travail : article R1221-9Légifrance
- Code du travail : article R3124-5Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Le contrat de travail d’un salarié est-il obligatoirement écrit ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.


