Vue d’ensemble
Ce qu'il faut savoir
- Le salarié élu local a droit à des autorisations d’absence pour se rendre aux séances plénières, aux commissions, aux réunions des organismes où il représente la collectivité, et aux commémorations nationales et cérémonies protocolaires.
- Il bénéficie en outre d’un crédit d’heures trimestriel dont la durée dépend de son mandat et de la taille de la collectivité (voir les trois tableaux dédiés).
- La durée cumulée des absences et du crédit d’heures ne peut pas dépasser 803 h 30 par an.
- Les heures d’absence sont assimilées à du temps de travail effectif : elles sont prises en compte pour l’ancienneté, les congés payés, les avantages sociaux et la protection contre le licenciement.
- Le salarié candidat à une élection locale peut bénéficier d’une autorisation d’absence spécifique : vingt jours ouvrables pour la campagne.
Conditions essentielles
- Le salarié est lié par un contrat de travail en cours dans le secteur privé.
- Il est inscrit sur une liste de candidats à un mandat local pour l’absence de campagne électorale.
- Pour la suspension du contrat (maire, adjoint, président ou vice-président), le salarié justifie d’une ancienneté minimale d’1 an dans l’entreprise à la date d’entrée en fonction.
Les étapes
- Connaître la date de l’absence ou de la réunion.
- Informer l’employeur par tout moyen dès que la date est connue.
- Confirmer par écrit l’absence dans le délai prévu (48 heures pour les réunions, 24 heures pour la campagne, 3 jours pour le crédit d’heures).
- Indiquer, pour le crédit d’heures, la durée envisagée et le solde restant du trimestre.
- À la fin de l’absence, retrouver son poste : le salarié ne peut être sanctionné ni licencié du fait de son mandat.
Trois mandats locaux (municipal, départemental, régional), trois régimes distincts. Les chiffres exacts du crédit d’heures et des plafonds sont dans les sections qui leur sont propres. Le champ « deplace » conserve la trace des points approfondis plus bas.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne couvre pas les situations des agents publics ni les cas de cumul avec un autre mandat local. Les tableaux détaillés du crédit d’heures par fonction et par collectivité sont dans les sections « Élu municipal », « Élu départemental » et « Élu régional ».
Les absences autorisées
Les autorisations d’absence couvrent les réunions liées au mandat et les commémorations nationales. Leur durée n’est pas fixée à l’avance : le salarié bénéficie du temps nécessaire pour se rendre et participer aux séances.
- Réunions du mandat
- Séances plénières du conseil (municipal, départemental ou régional), réunions des commissions dont l’élu est membre, et réunions des assemblées délibérantes et des bureaux des organismes où il a été désigné pour représenter la commune, le département ou la région.
- Commémorations nationales
- Fêtes, commémorations et journées nationales et cérémonies protocolaires (par exemple : 11 mars hommage aux victimes du terrorisme, 8 juin « morts pour la France » en Indochine, 18 juin appel du général de Gaulle, 25 septembre hommage aux Harkis). Liste complète dans la fiche source officielle.
- Journées d’abolition de l’esclavage
- Dates variables selon le territoire : 27 avril à Mayotte, 22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe et à Saint-Martin, 10 juin en Guyane, 9 octobre à Saint-Barthélemy, 20 décembre à La Réunion.
La durée des absences n’est pas définie par avance : le salarié bénéficie du temps nécessaire pour se rendre et participer aux réunions et séances auxquelles il est convié.
Comment informer l’employeur
Liste
- Le salarié informe son employeur par tout moyen dès qu’il a connaissance de la date et de la durée de l’absence envisagée.
- Il confirme par écrit dans un délai maximal de 48 heures avant l’absence.
L’employeur n’a pas l’obligation de rémunérer les temps d’absence du salarié. Les pertes de revenu peuvent toutefois être compensées par la collectivité (voir « Compensation des pertes de revenu »).
Le crédit d’heures
Indépendamment des autorisations d’absence, l’élu local dispose d’un crédit d’heures trimestriel, distinct des absences pour réunions, pour gérer les affaires de la collectivité et préparer les instances.
Le crédit d’heures est un temps rémunéré ou non, selon les cas, que l’élu local peut utiliser pour la gestion administrative de la collectivité (ou de l’organisme où il la représente) et la préparation des réunions des instances où il siège.
Règle
Les heures non utilisées ne sont pas reportées d’un trimestre à l’autre. En cas de travail à temps partiel, le crédit d’heures est réduit proportionnellement à la réduction du temps de travail prévue pour l’emploi considéré.
Délai à retenir
Le crédit d’heures peut être majoré de 30 % maximum, notamment dans les communes chefs-lieux de département et d’arrondissement, ou classées stations de tourisme ou sinistrées.
Formalités à respecter
Liste
- Le salarié informe son employeur par écrit au moins 3 jours avant l’absence.
- L’écrit doit comporter la date et la durée de l’absence envisagée, ainsi que la durée du crédit d’heures à laquelle il a encore droit au titre du trimestre en cours.
Motif légitime de refus par l’employeur
- L’employeur ne peut pas refuser ou reporter la demande, sauf si le salarié dépasse la durée totale d’absence autorisée (crédit d’heures et autorisations d’absence cumulées) de 803 h 30 par an.
Élu municipal : tableau du crédit d’heures
Pour l’élu municipal, la durée du crédit d’heures varie selon la fonction exercée et la taille de la commune. Le tableau ci-dessous reprend les durées fixées par la loi.
| Fonction de l’élu | Taille de la commune | Crédit d’heures par trimestre |
|---|---|---|
| Conseiller municipal | Moins de 3 500 habitants | 10 h 30 |
| Conseiller municipal | Entre 3 500 habitants et 9 999 habitants | 10 h 30 |
| Conseiller municipal | Entre 10 000 et 29 999 habitants | 21 heures |
| Conseiller municipal | Entre 30 000 et 99 999 habitants | 35 heures |
| Conseiller municipal | 100 000 habitants ou plus | 70 heures |
| Adjoint au maire | Moins de 10 000 habitants | 70 heures |
| Adjoint au maire | Entre 10 000 et 29 999 habitants | 122 h 30 |
| Adjoint au maire | 30 000 habitants ou plus | 140 heures |
| Maire | Moins de 10 000 habitants | 122 h 30 |
| Maire | 10 000 habitants ou plus | 140 heures |
Conseiller municipal
- Taille de la commune
- Moins de 3 500 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 10 h 30
Conseiller municipal
- Taille de la commune
- Entre 3 500 habitants et 9 999 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 10 h 30
Conseiller municipal
- Taille de la commune
- Entre 10 000 et 29 999 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 21 heures
Conseiller municipal
- Taille de la commune
- Entre 30 000 et 99 999 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 35 heures
Conseiller municipal
- Taille de la commune
- 100 000 habitants ou plus
- Crédit d’heures par trimestre
- 70 heures
Adjoint au maire
- Taille de la commune
- Moins de 10 000 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 70 heures
Adjoint au maire
- Taille de la commune
- Entre 10 000 et 29 999 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 122 h 30
Adjoint au maire
- Taille de la commune
- 30 000 habitants ou plus
- Crédit d’heures par trimestre
- 140 heures
Maire
- Taille de la commune
- Moins de 10 000 habitants
- Crédit d’heures par trimestre
- 122 h 30
Maire
- Taille de la commune
- 10 000 habitants ou plus
- Crédit d’heures par trimestre
- 140 heures
La durée cumulée des absences et du crédit d’heures ne doit pas dépasser 803 h 30 par an, tous motifs confondus.
Élu départemental : tableau du crédit d’heures
Pour l’élu départemental, la durée du crédit d’heures varie selon la fonction exercée uniquement (la taille du département n’est pas un critère).
| Fonction de l’élu | Crédit d’heures par trimestre |
|---|---|
| Conseiller départemental | 105 heures |
| Président ou vice-président du conseil départemental | 140 heures |
Règle
Ce crédit d’heures peut être utilisé pour la gestion administrative du département (ou de l’organisme où il le représente) et la préparation des réunions des instances où il siège.
Comme pour le mandat municipal, la durée cumulée des absences et du crédit d’heures ne doit pas dépasser 803 h 30 par an.
Élu régional : tableau du crédit d’heures
Pour l’élu régional, la durée du crédit d’heures varie selon la fonction exercée uniquement (la taille de la région n’est pas un critère).
| Fonction de l’élu | Crédit d’heures par trimestre |
|---|---|
| Conseiller régional | 105 heures |
| Président ou vice-président du conseil régional | 140 heures |
Règle
Ce crédit d’heures peut être utilisé pour la gestion administrative de la région (ou de l’organisme où il la représente) et la préparation des réunions des instances où il siège.
La durée cumulée des absences et du crédit d’heures ne doit pas dépasser 803 h 30 par an.
Absence pour campagne électorale
Le salarié candidat à une élection locale bénéficie d’une autorisation d’absence distincte des absences pour réunions du mandat, pour participer à sa campagne.
- Le salarié doit être candidat à un mandat local.
- Aucune condition d’ancienneté n’est exigée.
Délai à retenir
Le nombre de jours ouvrables d’absence autorisés est fixé à vingt.
Comment avertir l’employeur
Liste
- Le salarié avertit son employeur 24 heures au moins avant le début de chaque absence (par écrit ou par oral).
- L’employeur ne peut pas refuser la demande, sauf si le délai de 24 heures n’est pas respecté.
Rémunération et récupération
- Si le salarié le demande, la durée des absences peut être décomptée des congés payés, dans la limite des droits acquis à la date du premier tour de scrutin.
- Lorsqu’elles ne sont pas décomptées des congés payés, les absences ne sont pas rémunérées : elles peuvent donner lieu à récupération, en accord avec l’employeur.
- Les jours d’absence, payés ou non, pour participation à une campagne électorale sont assimilés à une période de travail effectif : ils sont pris en compte pour l’ancienneté et les droits à congés payés.
Suspension du contrat de travail
Pour certaines fonctions exécutives locales, le salarié peut demander la suspension de son contrat de travail pendant la durée de son mandat, à condition de justifier d’une ancienneté suffisante.
- Le salarié justifie d’une ancienneté minimale d’1 an dans l’entreprise à la date de son entrée en fonction.
- La demande concerne l’une des fonctions exécutives suivantes : maire ou adjoint au maire (mandat municipal), président ou vice-président du conseil départemental (mandat départemental), président ou vice-président du conseil régional (mandat régional).
Après : À l’issue du mandat, le salarié peut demander à être réintégré dans son ancien emploi avec une rémunération équivalente.
Cette possibilité est distincte des autorisations d’absence et du crédit d’heures : elle suspend le contrat, elle ne l’interrompt pas.
Compensation des pertes de revenu
Les employeurs ne sont pas tenus de rémunérer les temps d’absence. Les élus locaux qui ne perçoivent pas d’indemnités de fonction peuvent toutefois être indemnisés par la collectivité qu’ils représentent.
Règle
La compensation est limitée à 100 heures par an. Chaque heure est rémunérée à un montant maximum de 24,04 €.
Cette compensation est ouverte à l’élu qui ne bénéficie pas d’indemnités de fonction. Elle est versée par la commune (mandat municipal), le département (mandat départemental) ou la région (mandat régional).
La compensation ne couvre pas l’ensemble du temps d’absence : le plafond est de 100 heures par an, et le taux est plafonné à 24,04 € par heure.
Protection de l’emploi et avantages sociaux
Les temps d’absence sont assimilés à du temps de travail effectif : le salarié ne peut pas être sanctionné du fait de son mandat, et ses droits à avantages sociaux sont préservés.
Le salarié absent durant son mandat d’élu ne peut pas être sanctionné : ni licenciement, ni déclassement professionnel, ni sanction disciplinaire.
Avantages sociaux préservés pendant les absences
Liste
- Titres-restaurant.
- Chèques-vacances.
- Chèques emploi-service universel (Cesu).
- Chèques-cadeaux.
- Prise en charge des frais de transports personnels.
- Activités sociales et culturelles du comité social et économique (CSE).
- Protection sociale complémentaire.
- Autre avantage prévu par accord collectif, décision unilatérale ou usage.
Ces temps d’absence sont pris en compte pour le calcul de l’ancienneté et des droits à congés payés, comme s’ils avaient été travaillés.
Entretien de début et de fin de mandat
Au début et à la fin de son mandat, l’élu local salarié peut bénéficier d’un entretien avec son employeur pour organiser concrètement l’exercice simultané du mandat et de l’activité professionnelle.
Règle
L’entretien porte sur les modalités pratiques d’exercice du mandat du salarié et de son activité professionnelle, ainsi que sur son droit à la formation.
Cet entretien est un droit, pas une obligation : le salarié peut le demander, l’employeur ne peut pas le refuser. Il permet d’anticiper les aménagements de poste, de calendrier ou de temps de travail liés au mandat.
Glossaire
- Temps de travail effectif
- Temps pendant lequel un salarié ou un agent public est à la disposition de l’employeur ou de l’administration et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à ses occupations personnelles.
- Jour ouvrable
- Correspond à tous les jours de la semaine, à l’exception du jour de repos hebdomadaire (généralement le dimanche) et des jours fériés habituellement non travaillés dans l’entreprise.
- Accord collectif d’entreprise
- Résultat des négociations menées entre les partenaires sociaux (employeurs et salariés).
- Usage professionnel ou usage local (droit du travail)
- Pratique d’application générale, constante et fixe au sein d’une profession ou d’une localité et à l’origine d’une règle non écrite s’imposant à l’employeur vis-à-vis du salarié.
Textes applicables
- Code général des collectivités territoriales : conditions d’exercice des mandats locauxCadre juridique des autorisations d’absence et des crédits d’heures des élus locaux salariés du secteur privé.
- Code général des collectivités territoriales : articles L2123-1 à L2123-6Légifrance
- Code général des collectivités territoriales : articles R2123-1 à R2123-11-6Légifrance
- Code général des collectivités territoriales : articles L3123-1 à L3123-4Légifrance
- Code général des collectivités territoriales : articles L4135-1 à L4135-4Légifrance
- Loi n°2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d'un statut de l'élu localLégifrance
- Code du travail : article L3121-1Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Élu local salarié : absence et crédits d'heures
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

