Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de se faire dépister : quel dépistage est organisé, lequel se demande, où le réaliser et comment il est pris en charge.
Ce qu'il faut savoir
- Le dépistage permet de savoir si on est infecté par un virus (VIH, hépatite…) ou atteint par une maladie (saturnisme, ostéoporose).
- Le dépistage organisé du cancer du sein concerne les femmes de 50 à 74 ans, tous les 2 ans, et est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie.
- Le dépistage organisé du cancer colorectal concerne les hommes et les femmes de 50 à 74 ans, tous les 2 ans, avec un kit remis gratuitement.
- Le dépistage du VIH peut se faire par prise de sang, par test rapide d'orientation biologique (TROD) ou par autotest acheté en pharmacie.
- En cas d'exposition récente au VIH, un traitement post-exposition (TPE) peut empêcher la contamination : rendez-vous aux urgences de préférence dans les 4 premières heures, au plus tard dans les 48 heures.
- Le dépistage du VIH, des hépatites et de la syphilis est gratuit et sans ordonnance en laboratoire pour les moins de 26 ans dans certaines conditions.
- Le dépistage néonatal (16 maladies, surdité) est proposé gratuitement à tous les nouveau-nés 48 heures après la naissance.
Conditions essentielles
- Certains dépistages (cancers du sein, colorectal, col de l'utérus) sont proposés automatiquement par invitation de l'Assurance maladie dans une tranche d'âge définie.
- D'autres dépistages (VIH, hépatites, IST, syphilis) se font à votre demande, à tout moment, dès qu'un risque est identifié.
- Pour un dépistage en laboratoire sur prescription, une ordonnance du médecin est nécessaire ; certaines exceptions permettent de se passer d'ordonnance.
- Les tests rapides (TROD) sont réalisés gratuitement dans des structures habilitées (CeGIDD, CSAPA, CAARUD, associations…).
Les étapes
- Identifier la maladie concernée et vérifier si vous êtes dans le public cible du dépistage.
- Choisir la technique : prise de sang, TROD, autotest ou examen clinique selon le dépistage.
- Choisir le lieu : laboratoire, médecin, CeGIDD, centre spécialisé ou pharmacie selon le cas.
- Effectuer le test dans le délai recommandé après un risque (pour le VIH : à partir du 15ᵉ ou 21ᵉ jour, confirmation à 6 semaines ou 3 mois selon la technique).
- En cas de résultat positif, suivre l'orientation vers un professionnel ou une structure pour un examen de confirmation et une prise en charge.
- En cas de résultat négatif mais de risque récent, refaire le dépistage au-delà du délai de fiabilité du test.
Cette synthèse reprend les principaux dépistages présentés dans cette fiche. Chaque dépistage fait l'objet d'une section détaillée : public cible, technique, lieu, prise en charge et interprétation du résultat.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les modalités propres à chaque maladie — situations concernées, techniques, lieux et prises en charge —, voir les sections « Dépistage du sida (VIH) », « Dépistage de l'hépatite B », « Dépistage de l'hépatite C » et les sections cancers.
Dépistage du sida (VIH)
Le test de dépistage du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) permet de déceler la présence du virus. Un dépistage précoce par rapport à la date de contamination permet de bénéficier rapidement d'un traitement efficace, ce qui améliore le pronostic à long terme : le traitement est d'autant plus efficace qu'il est commencé tôt.
Vous pouvez faire un test de dépistage du VIH à tout moment et notamment dans les situations suivantes : vous craignez d'avoir pris un risque ; dans une relation stable, vous souhaitez être certain de ne pas être contaminé et de pouvoir abandonner l'utilisation de préservatifs ; en cas de changement de partenaire et de multipartenariat ; vous envisagez une grossesse ou une IVG ; vous utilisez ou avez utilisé des drogues intraveineuses ; vous êtes séropositif pour le VHB (hépatite B) ou le VHC (hépatite C) ; vous avez ou venez d'avoir une infection sexuellement transmissible (IST) ; en cas de viol.
Le dépistage est systématique dans les cas suivants : don de sang, don de sperme, don d'organe, don de lait maternel, transfusion sanguine et grossesse. Si vous venez d'être exposé à un risque VIH, rendez-vous au service des urgences d'un hôpital le plus rapidement possible, de préférence dans les 4 premières heures, au plus tard dans les 48 heures : un traitement post-exposition (TPE) peut empêcher une contamination.
Règle
Le dépistage peut se faire par une prise de sang ou un test rapide d'orientation biologique (TROD) ; il est aussi possible de faire un autotest. La sérologie VIH réalisée en laboratoire est le test Elisa de 4ᵉ génération, qui détecte les anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 et un antigène du virus nommé P24. Le test par prise de sang peut être réalisé à partir du 21ᵉ voire du 15ᵉ jour suivant la situation à risque : il peut être positif à ce moment, mais un test négatif est totalement fiable 6 semaines après une prise de risque s'il est réalisé en laboratoire. Attendre 6 semaines pour se faire dépister, c'est prendre le risque de perdre le bénéfice d'un traitement précoce : en cas de test négatif à 21 voire 15 jours, on ne peut pas dire qu'on n'est pas contaminé, il faut refaire le dépistage à la semaine 6. Le TROD, revêtu du marquage CE, est pratiqué sur le sang (sérum, plasma) au moyen d'un réactif détectant l'infection par les VIH 1 et 2 ; il donne un résultat en 30 minutes maximum et un test négatif est totalement fiable 3 mois après une prise de risque. L'autotest s'achète en pharmacie entre 10 € et 28 € (non remboursé par l'Assurance maladie) ; il peut être réalisé à partir du 21ᵉ voire 15ᵉ jour et un test négatif est fiable 3 mois après la prise de risque.
- Par prise de sang : vous vous adressez à votre médecin traitant ou un médecin libéral qui prescrit une prise de sang dans un laboratoire, remboursable à 100 % par l'Assurance maladie ; vous pouvez aussi vous rendre dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CEGIDD) ; vous pouvez enfin vous adresser à un laboratoire d'analyses médicales sans rendez-vous et sans prescription médicale, examen pris en charge sans avance de frais.
- Par TROD : gratuit dans les structures associatives impliquées dans la prévention, les CSAPA, les CAARUD, les appartements de coordination thérapeutique (ACT), les lits halte soins santé, les lits d'accueil médicalisés, les CPEF, les EICCF, les CEGIDD et auprès des associations de lutte contre le VIH/SIDA.
- Par autotest : acheté en pharmacie, réalisé seul à domicile ; un test positif doit être confirmé par une prise de sang en laboratoire.
Dépistage organisé du cancer du sein
Le dépistage organisé du cancer du sein vous concerne si vous avez entre 50 et 74 ans inclus, sans symptômes et n'ayant pas de facteurs de risque particuliers de cancer du sein autre que votre âge.
Si vous avez des antécédents médicaux ou familiaux, ou des prédispositions génétiques, d'autres modalités de détection précoce peuvent vous être proposées : parlez-en avec un professionnel de santé. L'intervalle entre 2 examens est de 2 ans. Vous êtes personnellement invitée par votre organisme d'Assurance maladie à réaliser le dépistage tous les 2 ans ; si vous n'avez pas réalisé l'examen à la suite de cette invitation, votre organisme vous relance : 2 relances sont effectuées dans un délai maximal de 12 mois, et en cas de non-réalisation du dépistage vous êtes de nouveau invitée 2 ans après l'envoi de l'invitation.
Règle
La mammographie de dépistage, réalisée auprès d'un radiologue agréé, est proposée dans le cadre du programme national de dépistage organisé, qui permet de bénéficier de garanties de qualité et de sécurité. Réalisée dans ce cadre, la mammographie est prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais. Si des examens complémentaires sont proposés par votre radiologue, ils sont pris en charge dans les conditions habituelles de remboursement. Il est aussi possible de réaliser un dépistage individuel (ou démarche de détection individuelle).
Si vous avez un risque élevé ou très élevé de cancer du sein, vous pouvez bénéficier d'un suivi spécifique adapté à votre situation individuelle ; la prise en charge est de 100 % pour les examens recommandés dans cette situation. L'Institut national du cancer consacre une page au dépistage organisé du cancer du sein.
Dépistage organisé du cancer colorectal
Le dépistage organisé du cancer colorectal vous concerne (hommes et femmes) tous les 2 ans si vous avez entre 50 et 74 ans.
Vous pouvez vous procurer le test de dépistage par la méthode de votre choix : retirer le kit de dépistage dans une pharmacie d'officine ; le retirer auprès d'un infirmier diplômé d'État ; le commander directement en ligne (en s'identifiant via France Connect) ; ou le retirer chez votre médecin (médecin traitant, gynécologue, gastro-entérologue) lors d'une consultation. La remise par un médecin ne donne pas lieu à une consultation spécifique : elle est effectuée dans le cadre des consultations classiques. Si vous retirez ce test auprès d'un professionnel de santé, il s'assure que vous avez compris le mode d'emploi.
Règle
L'analyse du test est automatiquement prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale. Si vous n'avez pas réalisé le test, vous êtes relancé par votre organisme d'Assurance maladie : 2 relances sont effectuées dans un délai maximal de 12 mois.
Si vous avez un risque élevé ou très élevé de développer un cancer colorectal, votre médecin vous propose une autre modalité de dépistage. L'Institut national du cancer consacre une page au dépistage organisé du cancer colorectal.
Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus
Vous êtes concernée par le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus si vous avez entre 25 et 65 ans inclus, même si vous êtes enceinte, ménopausée ou vaccinée contre les infections à papillomavirus humains (HPV).
Ce dépistage peut être réalisé notamment par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme. Certains laboratoires d'analyse de biologie médicale le réalisent sur ordonnance de votre médecin, et les centres d'examens de santé peuvent le réaliser lors d'un bilan de santé. Le prélèvement cervico-vaginal réalisé dans le cadre de ce dépistage peut être pratiqué par un pharmacien biologiste. Cet examen, appelé frottis cervical, est pris en charge à 100 % par l'assurance maladie.
Règle
La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans, avec un schéma à 2 doses espacées de 5 à 13 mois. Pour ceux qui n'auraient pas été vaccinés à 14 ans, un rattrapage de la vaccination est recommandé pour les jeunes femmes et les jeunes hommes entre 15 et 19 ans inclus : 3 doses sont alors nécessaires. Ce vaccin est remboursé sur prescription médicale à 65 % ; la mutuelle intervient habituellement pour compléter le remboursement, et le vaccin peut être gratuit dans certains centres de vaccination. Dans le cadre de la campagne nationale de vaccination des élèves de 5ᵉ, il est gratuit.
Le vaccin protège contre une grande partie des HPV à l'origine du cancer du col de l'utérus, mais le spectre n'étant pas total, le dépistage par frottis est indispensable dès 25 ans, y compris en cas de vaccination. L'institut national du cancer consacre une page au dépistage organisé du cancer du col de l'utérus.
Dépistage de l'hépatite B
L'hépatite B est une infection du foie provoquée par le virus VHB. Le dépistage du VHB permet d'identifier précocement les personnes atteintes et de les prendre en charge, et de vacciner les personnes exposées non immunisées.
Le dépistage est recommandé si vous êtes dans l'une des situations suivantes : vous vivez avec une personne qui a une hépatite B chronique ; vous prenez des risques lors de vos rapports sexuels (multipartenaire) ou vous avez eu un partenaire présentant une infection à VHB ; vous venez d'un pays de forte endémie (Afrique, Asie du Sud-Est) où vous y avez séjourné ; vous utilisez des drogues intraveineuses ou intra-nasales ou vous avez utilisé ce type de drogues ; vous avez une activité professionnelle à risque (en contact direct avec des patients ou avec des liquides biologiques) ; vous avez fait un tatouage ou un piercing avec des règles d'hygiène douteuses ; vous avez une situation médicale à risque (transfusions, dialyse, greffe d'organes…) ; vous devez recevoir un traitement par anticorps monoclonaux ; vous séjournez ou avez séjourné en prison, en institution psychiatrique ; vous êtes séropositif pour le VIH ou le VHC ; vous avez ou venez d'avoir une IST ; vous êtes enceinte.
Le dépistage du VHB est obligatoire pendant la grossesse. Il est possible de réaliser une prise de sang ou un test rapide d'orientation biologique (TROD). Le dépistage par prise de sang se fait au moyen d'une simple prise de sang, sur prescription médicale, et il n'est pas nécessaire d'être à jeun.
Règle
Le TROD est revêtu du marquage CE ; il est pratiqué sur le sang (sérum, plasma) au moyen d'un réactif détectant l'infection. Les personnes concernées par un TROD sont notamment : originaires de zones de forte et moyenne endémie ; consommant ou ayant consommé des substances psychoactives ; déjà infectées par le VIH ou le VHC et ne faisant pas l'objet de suivi médical ; détenues ou ayant été détenues ; en situation de prostitution ; en situation de précarité ; à partenaires multiples (au moins 2 partenaires dans l'année) ; éloignées des soins. Le dépistage peut se faire dans un laboratoire d'analyses médicales public ou privé (ordonnance nécessaire), gratuitement et sans ordonnance si vous avez moins de 26 ans, ou encore dans un établissement habilité aux TROD, un CDAG (centre de dépistage anonyme et gratuit) ou un Ciddist.
En cas de test positif, la personne concernée est systématiquement orientée, voire accompagnée si nécessaire, vers un professionnel ou une structure pour la réalisation d'un diagnostic biologique. En cas de test négatif, la personne testée est informée de la nécessité d'interpréter ce résultat avec prudence et de la possibilité de réaliser un diagnostic biologique, notamment en cas de risque récent de transmission. Pour toute question, vous pouvez vous rapprocher de Hépatites Info Service.
Dépistage de l'hépatite C
Le dépistage de l'hépatite C chronique est établi grâce à une prise de sang. Il est recommandé pour certaines personnes ; en cas de positivité, le suivi médical et la prévention de la transmission du virus VHC sont indispensables. Un test d'orientation diagnostique rapide (TROD) hépatite C est disponible pour un dépistage immédiat.
Vous devez vous faire dépister pour l'hépatite C si avant 1992 vous avez subi l'une des situations suivantes : une intervention chirurgicale lourde (cardiaque, vasculaire, cérébrale, digestive, pulmonaire, gynéco-obstétricale, rachidienne, prothèse de hanche ou de genou…) ; un séjour en réanimation ; un accouchement difficile ; une hémorragie digestive ; des soins à la naissance, en néonatologie ou en pédiatrie (grand prématuré, pathologie néonatale grave, exsanguino-transfusion) ; une greffe de tissus, de cellules ou d'organes ; une transfusion sanguine.
Vous devez également vous faire dépister pour le VHC si vous êtes dans l'une des situations suivantes : vous êtes hémodialysé ; vous avez utilisé, même une fois dans votre vie et même s'il y a longtemps, une drogue par voie intraveineuse ou pernasale ; vous êtes un enfant né d'une mère porteuse du VHC ; vous êtes partenaire sexuel de personnes atteintes d'hépatite C ; vous êtes un homme ayant eu des rapports sexuels avec des hommes ; vous êtes membre de l'entourage familial d'une personne atteinte d'hépatite C ; vous êtes incarcéré ou avez été incarcéré (partage d'objets coupants, pratiques addictives) ; vous avez ou avez eu un tatouage, piercing, de la mésothérapie ou de l'acupuncture, sans utilisation de matériel à usage unique ou personnel ; vous avez reçu des soins ou séjourné plusieurs années dans des pays à forte prévalence du VHC (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud) ; votre taux sanguin d'alanine-transférase (ALAT) est anormalement haut et sans cause connue ; vous êtes séropositif pour le VIH ou le VHB ; vous êtes professionnel de santé et avez subi une exposition accidentelle au sang.
Règle
Le dépistage est réalisable dans tous les laboratoires d'analyses médicales, publics ou privés, sur prescription médicale ; il peut également être fait gratuitement dans un CeGIDD. Le TROD est accessible gratuitement dans les structures habilitées (associations, CSAPA, CAARUD, ACT, lits halte soins santé, lits d'accueil médicalisés, CPEF, EICCF). Les personnes pouvant bénéficier prioritairement du TROD sont notamment : personnes consommant ou ayant consommé des substances psychoactives ; personnes originaires d'une zone de forte prévalence ; personnes détenues ou ayant été détenues ; personnes vivant avec le VIH ; personnes ayant au moins un autre facteur de risque (antécédent de transfusion, situation de précarité, pratiques sexuelles traumatiques, tatouage ou piercing…).
Un test positif signifie que la personne a été en contact avec le VHC : il ne permet pas de savoir si le virus a été éliminé ou non. En cas de résultat positif, un contrôle de la sérologie par un nouveau test est demandé et, en cas de positivité de ce nouveau test, une recherche de l'ARN du VHC est nécessaire ; si les 2 tests sont positifs, cela signifie que le virus est toujours présent dans l'organisme. En cas de test négatif, la personne est informée de la nécessité d'interpréter ce résultat avec prudence, notamment en cas de risque récent de transmission. Pour toute question, vous pouvez vous rapprocher de Hépatites Info Service.
Infections sexuellement transmissibles (IST)
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont dues à des bactéries, virus et parasites et transmises par voie sexuelle. Autrefois appelées maladies sexuellement transmissibles (MST), il en existe plus d'une trentaine.
Les plus fréquentes sont les suivantes : blennorragie gonococcique ; chlamydioses (inflammation chronique de l'appareil génital) ; hépatite B (virus du VHB) ; herpès génital ; condylomes génitaux (verrues génitales) ; syphilis ; sida (VIH). Les IST se transmettent très facilement et il n'y a pas toujours de signes visibles. Le dépistage permet de savoir si on est infecté ou pas ; dès que le diagnostic est posé, des mesures pour éviter la transmission sont indispensables, et un traitement précoce est mis en place lorsqu'il est possible.
Règle
Toute personne peut se faire dépister. Le dépistage des IST est obligatoire pendant la grossesse. Votre médecin généraliste ou votre gynécologue peuvent vous conseiller et vous prescrire un test de dépistage. Selon les IST, différents types d'examens peuvent permettre le dépistage et le diagnostic : examen clinique des organes génitaux, prélèvement local ou cultures, prise de sang. Le dépistage est possible dans les laboratoires publics ou privés et dans les centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CEGIDD), qui regroupent les centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG) et les centres d'information, de dépistage, de diagnostic des IST (CIDDIST).
Si vous avez moins de 26 ans, le dépistage, réalisé à votre demande en laboratoire de biologie médicale, est gratuit et sans ordonnance pour les infections par Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis.
Dépistage de la syphilis
La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST). En l'absence de traitement précoce, cette maladie devient chronique et le risque de transmission augmente. Elle est très contagieuse.
Le dépistage peut se faire par prise de sang ou par test rapide d'orientation biologique (TROD). Une prise de sang peut être effectuée en laboratoire public ou privé, dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CEGIDD), dans un centre de santé sexuelle (ex-centre de planification et d'éducation familiale) ou au sein d'une permanence d'accès aux soins de santé pour personnes en situation de précarité (PASS).
Règle
Si vous avez moins de 26 ans, le dépistage, réalisé à votre demande en laboratoire de biologie médicale, est gratuit et sans ordonnance. Le TROD est accessible gratuitement dans les structures habituellement habilitées : structures associatives de prévention et de réduction des risques, CSAPA, CAARUD, ACT, lits halte soins santé, lits d'accueil médicalisés, CPEF, EICCF.
Si le résultat du test est positif, vous êtes orienté et, si besoin, accompagné vers une ou plusieurs structures permettant la réalisation d'examens de biologie médicale et une prise en charge thérapeutique. Si le résultat est négatif, vous êtes informé des limites liées à l'interprétation du résultat et de la possibilité de réaliser un examen de biologie médicale.
Intoxication par le plomb (saturnisme)
Le saturnisme est une intoxication par le plomb. Le plomb est présent dans les logements construits avant 1949 : les peintures utilisées à l'époque contiennent du plomb, et l'humidité favorise la dégradation de ces peintures et la propagation du plomb.
Le plomb a des effets toxiques sur l'organisme, même à faible dose, surtout au niveau du système nerveux, de la moelle osseuse et des reins. La présence de plomb dans le corps est mesurée par le taux de plomb dans le sang (plombémie). Le saturnisme fait partie des maladies devant être signalées à l'Agence régionale de santé (ARS) par les médecins.
Règle
Les femmes enceintes et les enfants sont particulièrement concernés : le plomb est respiré, avalé ou transmis à travers le placenta chez la femme enceinte ; il pénètre dans le corps par les voies respiratoires et digestives et a des effets nocifs particulièrement chez l'enfant, où il peut provoquer des troubles réversibles (anémie, troubles digestifs), mais aussi irréversibles (retard mental et/ou psychomoteur) lorsque le système nerveux est atteint. Si vous présentez des facteurs de risque d'exposition au plomb, n'hésitez pas à en parler à votre médecin traitant : il vous proposera un dépistage par dosage de la plombémie.
Le dépistage est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale pour les enfants (de 0 à 18 ans) et les femmes enceintes.
Ostéoporose
L'ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution de la densité osseuse et des altérations de la micro-architecture des os.
L'ostéodensitométrie est l'examen qui permet de mesurer la densité minérale osseuse. Cette mesure est effectuée sur deux parties du corps : le rachis et le col du fémur. L'os est exposé à une très faible quantité de rayons X : plus il est dense, plus il absorbe de rayons X. Cet examen est réalisé dans un cabinet de radiologie.
Règle
L'ostéodensitométrie est prise en charge par l'Assurance maladie sur prescription médicale et pour les patientes à risques ; elle est remboursée à 70 % sur la base d'un tarif fixé à 39,96 €. Pour une femme ménopausée, la prise en charge à 70 % concerne notamment : un 1ᵉʳ examen avec des facteurs de risque tels qu'un antécédent de fracture du col du fémur sans traumatisme chez un parent du 1ᵉʳ degré, un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m², une ménopause précoce (avant 40 ans) ou un antécédent de corticothérapie de plus de 3 mois consécutifs ; un 2ᵉ examen à l'arrêt du traitement anti-ostéoporotique (hors arrêt précoce pour effet indésirable), 3 à 5 ans après la 1ʳᵉ ostéodensitométrie en fonction de l'apparition de nouveaux facteurs de risque, ou lorsqu'un traitement n'a pas été mis en route après une 1ʳᵉ ostéodensitométrie montrant une valeur normale ou une ostéopénie (baisse de la densité de l'os, stade intermédiaire avant l'ostéoporose). Pour une femme à risque, la prise en charge à 70 % concerne les personnes présentant des facteurs de risques médicaux tels que des pathologies ou traitements potentiellement inducteurs d'ostéoporose (par exemple l'hyperthyroïdie évolutive non traitée ou une corticothérapie de plus de 3 mois) ou un antécédent de fracture sans traumatisme majeur diagnostiquée lors d'une radiographie.
Si vous suivez un traitement hormonal substitutif (THS), la prévention de l'ostéoporose est déjà assurée par ce traitement.
Dépistage néonatal et surdité du nouveau-né
Le dépistage néonatal (48 heures) recherche des maladies chez les enfants et vise également à dépister la surdité permanente. À ce jour, 16 maladies sont recherchées dans le cadre du programme de dépistage néonatal.
Les maladies recherchées sont rares, mais elles peuvent être graves si elles ne sont pas prises en charge dès les 1ᵉrs jours de vie de l'enfant. Exemple : le dépistage de la phénylcétonurie à la naissance permet, grâce à un régime alimentaire spécifique et à un suivi, d'éviter la survenue d'un handicap. Ce dépistage néonatal est ouvert gratuitement pour tous les nouveau-nés.
Règle
Après information sur ce dépistage, l'accord des parents est demandé avant de réaliser le prélèvement de quelques gouttes de sang sur le pied ou sur la main du nouveau-né. Les examens de biologie médicale du programme sont réalisés sur un échantillon de sang prélevé 48 heures après la naissance ; sinon, le prélèvement sanguin est effectué entre 48 heures et 72 heures après la naissance et, en cas d'impossibilité, au-delà de 72 heures après la naissance.
Les résultats ne sont communiqués aux parents qu'en cas de problème : l'absence de nouvelle signifie que le dépistage n'a rien détecté.
Ressources et lignes d'écoute
Plusieurs services gratuits permettent d'obtenir des informations, une orientation ou une écoute confidentielle sur les maladies concernées par le dépistage.
Sida Info Service assure des informations sur le virus du Sida, une orientation et une écoute, avec respect de l'anonymat et orientation téléphonique, si besoin, vers des spécialistes. Il est joignable par téléphone au 0800 840 800 (appel et service gratuits, depuis un téléphone fixe ou mobile, 7 jours sur 7, jours fériés compris, de 8 h à 23 h, en France métropolitaine et les départements d'outre-mer) et, depuis l'étranger (même depuis un pays de l'UE), au numéro traduit 00 33 1 41 83 42 77 (coût de l'appel à la charge de l'appelant), ainsi que par messagerie.
Hépatites Info Service offre des informations, un accueil et une orientation anonymes sur le sujet des hépatites ; le service peut orienter vers des intervenants juristes spécialisés ou de formation médicale pour un accompagnement et un suivi. Il est joignable depuis la France au 0 800 845 800 (appel et service gratuits, anonyme et confidentiel), de 8 h à 23 h, 7 jours sur 7, et depuis l'étranger au 00 33 1 41 83 42 78 (coût à la charge de l'appelant) ; une réponse par courriel vous parviendra sous 48 heures, et un livechat individuel est ouvert de 9 h à 23 h.
Règle
Santé Info Droits est une ligne téléphonique créée par un collectif d'associations d'usagers pour fournir des informations juridiques ou sociales liées à la santé. Elle est joignable au 01 53 62 40 30 (prix d'une communication normale), les lundi, mercredi et vendredi de 14 h à 18 h et les mardi et jeudi de 14 h à 20 h ; un courriel peut également être adressé, avec un délai de réponse de 15 jours maximum.
Un centre de protection maternelle et infantile (PMI) peut également vous orienter localement. Ces services d'écoute ne se substituent pas à un dépistage : ils aident à choisir le bon lieu et le bon moment pour se faire tester.
Textes applicables
- Programmes de dépistages organisés des cancers — Arrêté du 16 janvier 2024 (Légifrance)Texte de référence
- Dépistage de l'intoxication au plomb (saturnisme) — AmeliPage officielle complémentaire
- Conditions de réalisation des TROD (VIH, hépatites, syphilis) — Arrêté du 16 juin 2021Texte de référence
- Code de la santé publique : articles L3121-1 à L3121-3Légifrance
- Code de la santé publique : articles D3121-21 à D3121-26Légifrance
- Code de la santé publique : articles D3113-8 et D3113-9Légifrance
- Code de la sécurité sociale : article L162-13-2Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Quel dépistage pour quelle maladie ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Sida Info Service — annuaire des centres
- Sida Info Service — l'autotest de dépistage du VIH
- Hépatites Info Service
- Dépistage du cancer colorectal — je fais mon dépistage
- Commander mon kit de dépistage du cancer colorectal — Ameli
- Dépistage des troubles de l'audition chez l'enfant — sante.gouv.fr
Les modalités de dépistage (publics cibles, prises en charge, techniques) sont fixées par le Code de la santé publique, le Code de la sécurité sociale et les arrêtés relatifs aux programmes de dépistage. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre organisme d'Assurance maladie, de votre médecin ou d'un CeGIDD.
