Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir sur les parties privatives en copropriété : définition, droits du copropriétaire, obligations et limites de l’usage exclusif.
Ce qu'il faut savoir
- Les parties privatives sont les parties des bâtiments ou des terrains réservées à l’usage d’un copropriétaire déterminé : elles sont sa propriété exclusive.
- La loi n’énumère pas les parties privatives : c’est uniquement le règlement de copropriété qui détermine les parties privatives d’un immeuble en copropriété.
- Chaque copropriétaire dispose librement des parties privatives de son lot : il peut l’occuper (y vivre ou y exercer sa profession), le louer, le céder ou en confier la gestion à un tiers.
- L’usage des parties privatives doit être conforme à la destination de l’immeuble telle qu’elle est fixée par le règlement de copropriété.
- L’usage exclusif des parties privatives s’effectue librement à la condition de ne pas porter atteinte au voisinage, y compris par le bruit ou les odeurs.
- Le copropriétaire a l’obligation d’entretenir ses parties privatives : une partie privative qui cause un désordre dans les parties communes peut engager sa responsabilité.
- L’assemblée générale ne peut pas imposer au copropriétaire une modification de l’usage ou des conditions de jouissance de ses parties privatives.
Conditions essentielles
- Respecter la destination de l’immeuble fixée par le règlement de copropriété (appartement, grenier, cave, parking, etc.).
- Respecter les obligations imposées par le règlement de copropriété.
- Ne pas porter atteinte à la solidité de l’immeuble ni aux droits des copropriétaires voisins lors de travaux.
- Ne pas créer de nuisances pour le voisinage (bruit, odeurs), même en l’absence d’interdiction au règlement.
- Respecter les clauses éventuelles du règlement, par exemple une clause d’habitation bourgeoise exclusive qui interdit toute activité professionnelle.
Les étapes
- Consulter le règlement de copropriété pour identifier les parties privatives de votre lot et les usages autorisés.
- Vérifier la destination de l’immeuble et les éventuelles clauses d’habitation bourgeoise exclusive.
- Pour des travaux, s’assurer de ne pas porter atteinte à la solidité de l’immeuble ni aux droits des copropriétaires voisins.
- Entretenir régulièrement vos parties privatives pour éviter qu’un désordre ne se propage aux parties communes.
- En cas de travaux d’intérêt collectif décidés par l’assemblée générale, vérifier que l’affectation, la consistance ou la jouissance de vos parties privatives ne sont pas altérées de manière durable.
- En cas de préjudice causé par des travaux d’intérêt collectif, agir en justice devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble.
Cette synthèse ne reprend que l’essentiel de la fiche officielle. La liste des éléments considérés comme parties privatives, les interdictions du règlement de copropriété et le régime des travaux d’intérêt collectif sont détaillés dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des droits et obligations du copropriétaire, des interdictions du règlement de copropriété et du régime des travaux, voir les sections suivantes.
Qu’est-ce qu’une partie privative ?
Les parties privatives sont les parties des bâtiments ou des terrains réservées à l’usage d’un copropriétaire déterminé. Elles sont sa propriété exclusive. La loi n’énumère pas les parties privatives : c’est uniquement le règlement de copropriété qui détermine les parties privatives d’un immeuble en copropriété.
Chaque lot de copropriété se compose de parties privatives (la propriété exclusive du copropriétaire) et de parties communes. La frontière entre les deux est fixée par le règlement de copropriété.
- Équipements intérieurs des appartements : éléments de cuisine, baignoires, lavabos, appareils sanitaires, chauffage individuel, climatiseur.
- Revêtements de sol : parquets ou carrelage.
- Cloisons intérieures, dès lors qu’elles ne font pas partie du gros œuvre (un mur porteur).
- Portes de communication entre les pièces, menuiseries intérieures.
- Enduits des murs intérieurs, peintures, tapisseries, vitres, glaces, tentures et décors.
- Fenêtres, volets.
Une partie privative est donc un élément du lot de copropriété réservé à l’usage exclusif d’un copropriétaire déterminé, dont il est propriétaire. La qualification de partie privative ou partie commune dépend exclusivement du règlement de copropriété, et non d’une énumération légale.
La connaissance du règlement de copropriété est indispensable pour déterminer ce qui relève des parties privatives de votre lot et quels usages vous sont ouverts.
Quels sont les droits du copropriétaire sur les parties privatives ?
Chaque copropriétaire dispose librement des parties privatives de son lot.
- D’occuper votre lot, soit pour y vivre, soit pour y exercer sa profession.
- De le louer.
- De le céder (vendre).
- De confier sa gestion à un tiers, à condition de respecter la destination de l’immeuble ainsi que les obligations imposées par le règlement de copropriété.
L’assemblée générale des copropriétaires ne peut pas vous imposer une modification de l’usage ou des conditions de jouissance de vos parties privatives.
À savoir
- Certaines personnes (locataire ou copropriétaire) peuvent être prioritaires pour acheter votre lot en cas de vente.
- Votre droit de jouissance s’exerce librement, sous réserve de respecter la destination de l’immeuble et de ne pas nuire au voisinage.
- L’assemblée générale ne peut pas imposer une modification de l’usage de vos parties privatives.
En cas de vente de votre lot, des personnes (locataire ou copropriétaire) peuvent bénéficier d’un droit de préemption : vérifiez les conditions auprès de votre conseil ou de l’Adil.
Quels travaux peut-on réaliser dans ses parties privatives ?
Vous avez la possibilité de réaliser tous les travaux (aménagement, transformation, amélioration, etc.) que vous jugez nécessaires ou utiles dans vos parties privatives. Il faut veiller à ne pas porter atteinte à la solidité de l’immeuble ni aux droits des copropriétaires voisins.
- Modifier la distribution intérieure de votre appartement en créant ou en supprimant des cloisons séparatives, sans affecter l’harmonie de l’immeuble ni les parties communes.
- Supprimer des éléments d’équipement communs inclus dans votre lot (par exemple un radiateur).
- Aménager, transformer l’aspect de votre appartement : création de placards, modification des revêtements des planchers ou des murs, pose d’appareils sanitaires, refonte de l’installation électrique.
- Ne pas porter atteinte à la solidité de l’immeuble.
- Ne pas porter atteinte aux droits des copropriétaires voisins.
- Ne pas affecter l’harmonie de l’immeuble ni les parties communes.
Règle
Le copropriétaire peut réaliser tous les travaux d’aménagement, de transformation ou d’amélioration qu’il juge nécessaires ou utiles dans ses parties privatives, dans la limite des trois conditions suivantes : ne pas porter atteinte à la solidité de l’immeuble, ni aux droits des copropriétaires voisins, ni à l’harmonie de l’immeuble et aux parties communes.
Les travaux affectant les parties communes ou la structure de l’immeuble relèvent de l’assemblée générale et non du seul copropriétaire.
Quelles sont les obligations du copropriétaire sur les parties privatives ?
L’usage des parties privatives de votre logement doit être conforme à la destination de l’immeuble, telle qu’elle est fixée par le règlement de copropriété.
Le règlement de copropriété peut, par exemple, interdire toute activité professionnelle quelle qu’elle soit (y compris l’exercice d’une profession libérale). Dans ce cas, le règlement contient une clause d’habitation bourgeoise exclusive à laquelle vous devez vous conformer. Votre activité professionnelle, même autorisée, ne doit pas être source de nuisances pour le voisinage.
À savoir
- L’usage de vos parties privatives doit être conforme à la destination de l’immeuble fixée par le règlement de copropriété.
- Il est obligatoire de respecter la destination de la partie privative : l’usage mentionné dans le règlement (appartement, grenier, cave, parking, etc.).
- Même autorisée, votre activité professionnelle ne doit pas être source de nuisances pour le voisinage (par exemple des nuisances sonores).
- Vous avez l’obligation d’entretenir vos parties privatives, ce qui inclut les réparations et travaux nécessaires au maintien en bon état de vos équipements privatifs.
- Une partie privative qui cause un désordre dans les parties communes peut engager la responsabilité du copropriétaire concerné.
L’entretien des parties privatives n’est pas qu’un droit : c’est une obligation, car les désordres peuvent se propager aux parties communes et engager votre responsabilité.
Peut-on exercer une activité professionnelle dans ses parties privatives ?
Chaque copropriétaire a la possibilité d’occuper son lot pour y vivre ou pour y exercer sa profession. Toutefois, l’exercice d’une activité professionnelle dans les parties privatives est encadré par le règlement de copropriété et par le respect du voisinage.
Le règlement de copropriété peut interdire toute activité professionnelle quelle qu’elle soit, y compris l’exercice d’une profession libérale. Dans ce cas, le règlement contient une clause d’habitation bourgeoise exclusive à laquelle vous devez vous conformer.
La clause d’habitation bourgeoise exclusive est une clause du règlement de copropriété qui interdit toute activité professionnelle dans l’immeuble, y compris l’exercice d’une profession libérale. Elle s’impose à tous les copropriétaires et locataires.
- Si le règlement autorise une activité professionnelle, celle-ci ne doit pas être source de nuisances pour le voisinage, par exemple des nuisances sonores.
- L’activité professionnelle doit respecter la destination de l’immeuble fixée par le règlement de copropriété.
- L’usage des parties privatives à des fins professionnelles reste subordonné au respect des obligations du règlement de copropriété.
À savoir
- La clause d’habitation bourgeoise exclusive du règlement de copropriété interdit toute activité professionnelle dans l’immeuble, y compris les professions libérales.
- Même lorsque le règlement autorise une activité professionnelle, celle-ci ne doit pas créer de nuisances pour le voisinage.
- L’assemblée générale ne peut pas imposer une modification de l’usage de vos parties privatives, mais le règlement de copropriété fixe le cadre des usages autorisés.
Avant d’installer une activité professionnelle dans votre logement, vérifiez systématiquement les clauses du règlement de copropriété applicables à votre immeuble.
Que peut interdire le règlement de copropriété ?
L’usage exclusif des parties privatives s’effectue librement à la condition de ne pas porter atteinte au voisinage. Pour prévenir les atteintes au voisinage, le règlement de copropriété peut interdire certaines actions.
- Faire sécher son linge à l’extérieur.
- Installer une parabole.
- Faire des barbecues.
- Installer des caches-vue (canisses, bambou…).
- Installer des pots de fleur ou jardinières sur les rebords extérieurs des balcons ou des fenêtres.
- Secouer les nappes, tapis depuis votre fenêtre.
- Faire un feu de cheminée.
Même en l’absence d’interdiction prévue par le règlement de copropriété, l’usage que vous faites des parties privatives de votre logement ne doit pas être source de nuisances pour le voisinage, que ce soit par le bruit ou les odeurs.
Peut-on refuser des travaux d’intérêt collectif sur ses parties privatives ?
Vous ne pouvez pas refuser l’exécution, sur les parties privatives de votre logement, de travaux d’intérêt collectif décidés par l’assemblée générale des copropriétaires, dès lors que l’affectation, la consistance (surface habitable, nombre de pièces) ou la jouissance de vos parties privatives n’en sont pas altérées de manière durable.
Toutefois, la réalisation de tels travaux ne peut vous être imposée que si les circonstances le justifient.
Indemnité en cas de préjudice
- Si vous subissez un préjudice du fait de l’exécution des travaux, en raison d’une diminution définitive de la valeur de votre lot.
- Ou d’un trouble de jouissance grave, même s’il est temporaire.
- Ou de dégradations.
Contrepartie
Vous avez droit à une indemnité. Dans ce cas, il est nécessaire d’agir en justice devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble.
À savoir
- Les travaux d’intérêt collectif décidés par l’assemblée générale peuvent être exécutés sur vos parties privatives si l’affectation, la consistance ou la jouissance n’en sont pas altérées de manière durable.
- Ces travaux ne peuvent vous être imposés que si les circonstances le justifient.
- En cas de préjudice (diminution définitive de la valeur, trouble de jouissance grave, dégradations), vous avez droit à une indemnité, à demander en justice devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble.
Où s’adresser et ressources utiles
Pour toute question sur vos parties privatives et la copropriété, l’Agence départementale pour l’information sur le logement (Adil) de votre département est l’interlocuteur de référence.
- Agence départementale pour l’information sur le logement (Adil) : site officiel anil.org — la vôtre vous informe gratuitement sur la copropriété et le logement.
- Trouver votre Adil : annuaire disponible sur service-public.gouv.fr (rubrique adil).
- Règlement de copropriété : document de référence pour déterminer les parties privatives de votre lot et les usages autorisés.
- Tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble : compétent pour les litiges relatifs aux travaux d’intérêt collectif et aux indemnités.
L’Adil peut vous aider à interpréter votre règlement de copropriété et à connaître vos droits et obligations de copropriétaire, gratuitement et dans la limite de ses missions.
Textes applicables
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtisTextes légaux
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 — article 8 (parties privatives)Textes légaux
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 sur le statut de la copropriété des immeubles bâtis : article 8-1Légifrance
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 9Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Parties privatives réservées à l'usage exclusif de son copropriétaire
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.
