Couple tenant les clés de leur nouveau logement — installation dans un chez-soi

Paiement du loyer d'un logement du secteur privé (bail d'habitation)

Lorsque le locataire utilise le logement comme résidence principale, il doit payer le loyer à la date indiquée sur le bail (logement loué vide ou meublé). En contrepartie, il peut obtenir une quittance de loyer. En cas de difficultés à payer le loyer, le locataire doit tenter de trouver un accord avec le propriétaire pour éviter un retard de paiement ou une dette locative. Le loyer peut être révisé chaque année si le bail le prévoit.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur le paiement du loyer : montant, révision, date et mode de paiement, quittance, retards et difficultés.

Ce qu'il faut savoir

  • Le loyer est fixé librement par le propriétaire, sauf en zone tendue où l'encadrement des loyers s'applique.
  • Le loyer peut être révisé une fois par an si le bail le prévoit, en fonction de l'indice de référence des loyers (IRL) publié par l'Insee.
  • Le locataire doit payer le loyer et les charges à la date indiquée dans le bail, généralement chaque mois.
  • Le propriétaire ne peut pas facturer de frais de retard au locataire (amendes ou pénalités), pour les baux signés depuis le 27 mars 2014.
  • Une quittance de loyer doit être délivrée gratuitement au locataire sur simple demande.
  • Le propriétaire peut réclamer un impayé pendant 3 ans (délai de prescription).
  • Le dépôt de garantie ne peut pas servir à payer le dernier mois de loyer.
  • La clause résolutoire permet la résiliation du bail et l'expulsion en cas d'impayés, après décision du juge.

Conditions essentielles

  • Payer le loyer et les charges à la date convenue dans le bail.
  • Utiliser un moyen de paiement accepté par le propriétaire (prélèvement, TIP, chèque, espèces < 1 000 €).
  • Demander la quittance de loyer si vous en avez besoin (obligation du propriétaire de la délivrer gratuitement).

Les étapes

  • Vérifier le montant du loyer initial et les éventuels plafonds d'encadrement (zone tendue).
  • Respecter la date de paiement prévue dans le bail.
  • Choisir un moyen de paiement (le locataire peut refuser la proposition du propriétaire).
  • En cas de difficulté, contacter le propriétaire pour trouver un accord à l'amiable (délai, étalement).
  • En cas de désaccord, saisir un conciliateur de justice (intervention gratuite).
  • Demander des aides au logement (APL, ALS, ALF) auprès de la Caf ou de la MSA si nécessaire.
  • Contacter SOS loyers impayés (numéro vert 0 805 160 075) pour un accompagnement gratuit.

Cette synthèse reprend les règles essentielles. Les détails sur la révision, la prescription et les procédures d'expulsion sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le calcul de la révision annuelle, voir « Révision annuelle du loyer ». Pour les difficultés de paiement et les aides disponibles, voir « Difficultés de paiement et aides ». Pour les conséquences des impayés, voir « Dette locative et expulsion ».

Montant du loyer initial

Le loyer d'un logement loué vide ou meublé, utilisé comme résidence principale, est en principe fixé librement par le propriétaire (ou l'agence immobilière). Toutefois, les communes situées en zone tendue sont soumises à l'encadrement des loyers.

L'encadrement des loyers s'applique dans certaines communes considérées comme tendues (Paris, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux, etc.). Dans ces communes, le loyer est notamment plafonné lors de la mise en location du logement. Des règles spécifiques s'appliquent dans les communes de Paris, de Bordeaux, de Lille (Hellemmes, Lomme), de Lyon et Villeurbanne, de Montpellier, ainsi que dans les intercommunalités d'Est Ensemble, Plaine commune, Pays Basque et une partie du territoire de Grenoble-Alpes Métropole.

Règle

Une clause du bail peut prévoir que le locataire réalisera des travaux en contrepartie d'une réduction du loyer. Cette clause doit être mentionnée dans le contrat de location et ne peut pas porter atteinte aux obligations essentielles du bailleur (délivrance d'un logement décent, entretien des parties communes).

Pour vérifier si votre logement est situé en zone tendue, utilisez le simulateur disponible sur service-public.gouv.fr. Les plafonds d'encadrement des loyers sont révisés chaque année par arrêté préfectoral.

Révision annuelle du loyer (IRL)

Le propriétaire (ou l'agent immobilier) peut réviser le loyer une fois par an, si une clause du bail du logement vide le prévoit. La révision est calculée sur la base de l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié trimestriellement par l'Insee.

L'IRL est un indice qui reflète l'évolution des prix à la consommation hors loyers et tabac. Il est publié chaque trimestre par l'Insee et permet d'ajuster le loyer en fonction de l'inflation. Les valeurs de l'IRL varient selon la zone géographique : métropole (continent), Corse et DOM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte). Pour calculer la révision, le propriétaire a besoin de 3 éléments : le montant actuel du loyer mensuel, l'IRL du trimestre de référence de l'année en cours, et l'IRL du trimestre de référence prévu dans le bail (ou dernier publié par l'Insee au moment de la signature du bail).

Règle

Le calcul de la révision est le suivant : Nouveau loyer = Montant actuel du loyer mensuel × IRL du trimestre de référence de l'année en cours / IRL du même trimestre de l'année précédente. Le résultat doit être arrondi à la 2ᵉ décimale la plus proche. Exemple : un bail signé en métropole le 20 juillet 2025 fixant un loyer mensuel de 600 € peut être révisé le 20 juillet 2026. Le dernier indice publié à la date de signature est celui du 2ᵉ trimestre 2025, soit 146,68. Le nouvel indice publié à la date de révision est celui du 2ᵉ trimestre 2026, soit 148,37. Le nouveau loyer est de : 600 € × 148,37 / 146,68 = 606,91 €.

Le propriétaire perd la possibilité de réviser le loyer s'il n'en fait pas la demande au locataire dans l'année qui suit la date de révision. La date de l'IRL à prendre en compte est celle indiquée dans le bail. Si elle n'est pas indiquée, il faut prendre la date du dernier IRL publié par l'Insee au moment de la signature du bail.

Interdiction de réviser le loyer

  • En métropole, lorsque le bail est signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022, et qu'il concerne un logement classé F ou G (classement indiqué sur le DPE).
  • En Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte, lorsque le bail est signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, et qu'il concerne un logement classé F ou G.

Obligation de paiement

Le loyer et les charges sont à payer pendant toute la durée du bail. Même si le propriétaire ne fait pas les travaux qui lui incombent, le locataire doit continuer à payer le loyer et les charges.

Le locataire a l'obligation de payer le loyer et les charges même en cas de litige avec le propriétaire. Seul le juge peut décider de bloquer temporairement le versement du loyer (hors charges) au propriétaire dans l'attente de la résolution du conflit. Le locataire doit continuer à assurer le paiement du loyer, même durant cette période. Le dépôt de garantie versé en début de location ne permet pas de ne pas payer le dernier mois de loyer.

Règle

Lorsque le locataire paie à plusieurs reprises son loyer en retard, le bailleur est en droit de ne pas renouveler le bail pour motif légitime et sérieux. Le non-paiement ou le paiement partiel du loyer et des charges peut engendrer la résiliation du bail par le propriétaire et l'expulsion du locataire, sauf si le locataire n'est pas en cause (par exemple, non-versement des aides au logement en cas de logement non décent).

En cas d'interdiction d'habiter les lieux (logement insalubre), le loyer cesse d'être dû à compter du 1ᵉʳ jour du mois qui suit l'envoi de l'arrêté d'insalubrité. Pendant le préavis, le locataire doit payer le loyer et les charges pour toute la durée du préavis, sauf si le logement est occupé par un autre locataire avant la fin du préavis (avec accord du propriétaire). Si le préavis est donné par le propriétaire, le locataire ne paie que pour le temps pendant lequel il a réellement occupé les lieux.

Date de paiement

Le locataire doit payer le loyer et les charges à la date indiquée dans le bail. En général, le loyer est à payer chaque mois, soit en début, soit en fin de mois.

La date de paiement est fixée librement par le bail lors de la signature du contrat de location. Elle doit être précise et identique chaque mois. Un retard de paiement, même de quelques jours, peut constituer un impayé au sens du bail et déclencher les procédures prévues en cas de défaut de paiement.

Règle

Le locataire doit veiller à ce que le paiement soit effectué à la date convenue. En cas de difficulty de paiement, il est vivement recommandé de prévenir le propriétaire avant l'échéance pour tenter de trouver un accord (délai supplémentaire, étalement en plusieurs fois). Un accord trouvé par écrit et signé par les deux parties constitue une preuve en cas de litige ultérieur.

Si le loyer n'est pas payé à la date prévue, le propriétaire peut engager une procédure pour impayés. Le juge peut condamner le locataire à payer les frais engagés par le propriétaire pour obtenir la résiliation du bail et l'expulsion.

Mode de paiement

Le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut proposer au locataire plusieurs moyens de paiement. Le locataire est libre de refuser la proposition du propriétaire.

Les moyens de paiement proposés peuvent être les suivants : prélèvement automatique sur le compte bancaire du locataire ; titre interbancaire de paiement (TIP) ; chèque ; espèces, à la condition que le montant à payer soit inférieur à 1 000 €. Chaque moyen présente des avantages et des contraintes : le prélèvement automatique garantit une ponctualité parfaite mais suppose un compte suffisamment provisionné ; le chèque offre un contrôle manuel mais peut entraîner des retards postaux.

Règle

Le propriétaire (ou l'agence immobilière) n'a pas le droit de faire prélever le loyer sur le salaire du locataire, même avec l'accord de celui-ci. Le prélèvement doit porter sur un compte bancaire appartenant au locataire.

Le locataire qui change de banque doit informer le propriétaire du changement de coordonnées bancaires pour éviter tout incident de paiement. Le prélèvement automatique peut être révoqué à tout moment par le locataire auprès de sa banque.

Quittance de loyer

Une quittance de loyer est un document qui atteste que le locataire a payé intégralement le loyer et les charges. Le propriétaire doit la remettre gratuitement au locataire, lorsque celui-ci lui en fait la demande.

La quittance doit indiquer le détail des sommes versées, en distinguant le loyer et les charges. Elle doit mentionner la période concernée, le montant total versé et la date de paiement. Lorsque le locataire ne paie qu'une partie du montant du loyer, le propriétaire doit lui remetter un reçu (et non une quittance, puisque le paiement n'est pas intégral).

Règle

Le propriétaire peut transmettre la quittance de loyer par mail, à la condition que le locataire ait donné son accord. Le locataire peut demander la quittance de loyer à tout moment, notamment pour justifier de sa situation de résidence (aide au logement, démarche administrative, etc.).

La quittance de loyer est un document important : elle prouve le paiement régulier du loyer et peut être demandée par les organismes sociaux (Caf, MSA, CAF) pour le versement des aides au logement. Conservez vos quittances pendant toute la durée de la location.

Retard de paiement

Le propriétaire (ou l'agence immobilière) a interdiction de facturer des frais de retard au locataire, c'est-à-dire une amende ou des pénalités inscrites dans le bail, en cas de retard de paiement.

Cette règle s'applique lorsque le bail d'habitation vide ou meublé a été signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27 mars 2014. Elle s'applique également en cas de bail mobilité. Plus globalement, le propriétaire a interdiction d'exiger du locataire une amende ou des pénalités en cas d'infraction au bail ou au règlement de l'immeuble. Si le bail contient une clause qui l'y autorise, cette clause est abusive : elle doit être ignorée, comme si elle n'existait pas.

Règle

Si le locataire paie à plusieurs reprises son loyer en retard, le bailleur est en droit de ne pas renouveler le bail pour motif légitime et sérieux. Lorsque le propriétaire engage une procédure pour impayés, le juge peut notamment condamner le locataire à payer les frais engagés par le propriétaire pour obtenir la résiliation du bail et l'expulsion du locataire.

Un retard de paiement ponctuel n'est généralement pas sanctionné si le locataire prévient le propriétaire et régularise rapidement. En revanche, des retards répétés peuvent constituer un motif légitime et sérieux de non-renouvellement du bail et déclencher une procédure d'expulsion.

Difficultés de paiement et aides

En cas de difficultés à payer le locataire, le locataire dispose de plusieurs recours pour trouver une solution et éviter l'aggravation de sa dette locative.

La première démarche est de trouver une solution à l'amiable avec le propriétaire : demander un délai supplémentaire pour payer le loyer, ou proposer d'étaler le paiement en plusieurs fois. Si un accord est trouvé, il est préférable de l'écrire et de le signer ensemble. Si le locataire a du mal à trouver une solution avec le propriétaire, il peut contacter un conciliateur de justice, qui intervient gratuitement pour l'aider à trouver un accord.

Règle

Le locataire peut également solliciter des aides financières : s'il reçoit déjà une aide de la Caf ou de la MSA, il peut déclarer un changement de situation (perte d'emploi, séparation de couple). S'il ne reçoit pas d'aide, il peut faire la demande d'une aide au logement (APL, ALS, ALF). Si le locataire est salarié, préretraité ou demandeur d'emploi, et que son dernier employeur est une entreprise privée non agricole de 10 salariés et plus, il peut demander une aide d'Action logement sous forme de prêt sans intérêts ou de subvention, avec un accompagnement social gratuit et confidentiel.

Le locataire peut aussi contacter une assistante sociale (dans sa mairie ou dans un Point conseil budget) pour connaître les aides auxquelles il pourrait avoir droit (Fonds de solidarité pour le logement « FSL », aide de sa caisse de retraite complémentaire). L'assistante sociale peut lui proposer un accompagnement social pour résoudre ses difficultés. Enfin, si le locataire a des difficultés à payer le loyer et au moins 1 autre dette, il peut déposer un dossier de surendettement devant la commission de surendettement.

Dette locative et expulsion

Le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut réclamer pendant 3 ans tout impayé de charges ou de loyers qui lui est dû. Lorsque le locataire ne paie pas le loyer, le bail peut être résilié, après décision du juge.

Le délai de prescription de 3 ans signifie qu'un impayé de loyer ou de charges datant d'octobre 2026 peut être réclamé jusqu'en octobre 2029. Passé ce délai, le propriétaire ne peut plus exiger le paiement. La résiliation du bail et l'expulsion du locataire peuvent être automatiques si le bail contient une clause résolutoire. En pratique, un bail signé depuis le 29 juillet 2023 contient obligatoirement cette clause. En cas de bail plus ancien, cette clause est la plupart du temps présente.

Règle

Le non-paiement ou le paiement partiel du loyer et des charges peut engendrer la résiliation du bail et l'expulsion du locataire. Toutefois, le locataire dispose de délais de régularisation prévus par la loi. Le juge peut accorder des délais de paiement au locataire en tenant compte de sa situation personnelle et financière. Le propriétaire doit respecter la procédure légale : mise en demeure, saisine du juge, signification de l'expulsion par huissier.

Dès les premières difficultés à payer le loyer, le locataire peut faire des démarches pour éviter la résiliation du bail et son expulsion. Contacter SOS loyers impayés (numéro vert 0 805 160 075, du lundi au vendredi, appel et service gratuits) pour un accompagnement et des conseils gratuits. Ce service informe les locataires comme les propriétaires.

Où s'adresser

En cas de difficultés avec le loyer, plusieurs organismes peuvent vous accompagner gratuitement : SOS loyers impayés, l'ADIL (Agence départementale pour l'information sur le logement), la Caf ou la MSA, et les Points conseil budget.

SOS loyers impayés est un service d'accompagnement, de conseils et de prévention en cas de risque d'expulsion liée à des impayés de loyer. Il informe gratuitement les locataires comme les propriétaires. Le numéro vert est le 0 805 160 075, du lundi au vendredi (appel et service gratuits depuis un téléphone fixe ou mobile). L'ADIL (Agence départementale pour l'information sur le logement) offre une consultation gratuite sur les questions de droit du logement. La Caf (Caisse nationale des allocations familiales) ou la MSA (Mutualité sociale agricole) gèrent les aides au logement (APL, ALS, ALF). Les Points conseil budget (PCB) proposent un accompagnement gratuit pour la gestion du budget familial.

Règle

Pour une question juridique spécifique (litige avec le propriétaire, procédure d'expulsion), vous pouvez consulter un conseiller juridique gratuit (maison de justice et du droit, point d'accès au droit) ou un avocat. Le conciliateur de justice intervient gratuitement pour faciliter un accord entre locataire et propriétaire.

Le site de l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement) propose des outils en ligne : simulateur de révision du loyer, simulateur d'encadrement des loyers, modèles de courriers. Vérifier les coordonnées de votre ADIL locale sur le site anil.org.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Paiement du loyer d'un logement du secteur privé (bail d’habitation)

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de paiement du loyer, de révision et d'expulsion sont fixées par la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs. Vérifier les dernières évolutions auprès d'une ADIL, d'un conciliateur de justice ou d'un avocat spécialisé en droit du logement.

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