Couple tenant les clés de leur nouveau logement — installation dans un chez-soi

Dépôt de garantie d'un bail d'habitation : montant, restitution et contestation

Nom officiel : Dépôt de garantie (caution)

Le dépôt de garantie est une somme versée par le locataire au bailleur à la signature du bail, souvent confondue avec la « caution ». Son montant est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide et 2 mois pour un logement meublé, et il est interdit dans le cadre d'un bail mobilité. À la fin du bail, le dépôt doit être restitué sous 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, et sous 2 mois dans les autres cas, sous réserve de retenues justifiées.

Vue d'ensemble

Le dépôt de garantie accompagne la location d'un logement utilisé comme résidence principale. Il constitue une sécurité pour le bailleur, mais il encadre strictement les droits du locataire : plafond de montant, modalités de versement, délai de restitution et justificatifs en cas de retenue. Voici l'essentiel à connaître avant de signer un bail et lors de la restitution.

Ce qu'il faut savoir

  • Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide et à 2 mois de loyer hors charges pour un logement meublé.
  • Le dépôt de garantie est interdit lorsque le loyer est payable d'avance chaque trimestre, et il est totalement prohibé dans le cadre d'un bail mobilité.
  • En fin de bail, le dépôt de garantie doit être restitué dans un délai maximum de 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, et dans un délai maximum de 2 mois dans les autres cas, à compter de la remise des clés.
  • Si le bailleur dépasse le délai de restitution, le dépôt est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé, sauf si le retard résulte de l'absence de nouvelle adresse communiquée par le locataire.
  • Le locataire qui reçoit de faibles revenus peut bénéficier de l'avance Loca-Pass attribuée par Action logement ou du fonds de solidarité pour le logement (FSL) pour financer le dépôt de garantie.

Conditions essentielles

  • Le logement doit être loué comme résidence principale.
  • Le dépôt de garantie ne peut être exigé que si le loyer est payable d'avance chaque mois ou tous les 2 mois ; il est interdit si le loyer est payable chaque trimestre.
  • Le montant du dépôt doit être indiqué dans le bail et ne peut être augmenté en cours de bail ni au renouvellement.
  • Le locataire doit disposer, au moment du dépôt de la demande, d'un titre de séjour en cours de validité s'il est étranger (hors ressortissants européens et suisses), et ne pas faire l'objet d'un arrêté d'expulsion ou d'une interdiction du territoire français en vigueur — ces conditions concernent plus largement l'accès au logement et les aides.

Les étapes

  • Vérifier, avant la signature, que le montant du dépôt prévu au bail respecte le plafond (1 mois hors charges en vide, 2 mois hors charges en meublé).
  • Verser le dépôt de garantie à la signature du bail, par chèque, virement ou espèces (avec reçu si paiement en espèces).
  • Participer à l'état des lieux d'entrée contradictoire et conserver une copie du document.
  • À la fin du bail, restituer les clés en mains propres ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, en communiquant ses nouvelles coordonnées et son RIB.
  • Attendre la restitution du dépôt sous 1 mois (état des lieux conforme) ou 2 mois (non conforme ou absent), avec le détail des retenues et leurs justificatifs.
  • En cas de retard ou de contestation, adresser une mise en demeure par lettre recommandée, puis engager une démarche amiable (conciliateur de justice, commission départementale de conciliation ou médiateur civil) avant de saisir le juge si nécessaire.

Cette synthèse reprend les règles essentielles du dépôt de garantie. Les détails — règles propres au logement meublé, états des lieux d'entrée et de sortie, provisions sur charges de copropriété, contestation des retenues et procédure judiciaire — sont développés dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres aux logements meublés, aux charges de copropriété et à la procédure de contestation, voir les sections « Quel est le montant du dépôt de garantie ? », « Retenues, provisions et justificatifs » et « Contester les retenues et saisir le juge ».

À quoi sert le dépôt de garantie ?

Le dépôt de garantie est souvent appelé, à tort, « caution ». Ce terme désigne en réalité un engagement de tiers (caution personnelle ou bancaire) ; le dépôt de garantie, lui, est une somme détenue par le bailleur en sécurité. La loi l'encadre pour éviter les abus et protéger les deux parties au bail.

Le dépôt de garantie est une somme que le locataire verse au propriétaire — ou à l'agence immobilière qui gère le bien — à la signature du bail d'habitation. Il sert au bailleur à se prémunir d'éventuels manquements du locataire à ses obligations : manque d'entretien du logement, réparations locatives non faites, impayés de loyer ou de charges.

À la fin du bail, le propriétaire doit restituer le dépôt de garantie au locataire, sous réserve qu'il n'y ait pas de manquements constatés. S'il y en a, le bailleur peut déduire du montant à restituer les frais qu'il assume à cause de ces manquements. Pour cela, il doit s'appuyer sur les états des lieux d'entrée et de sortie et être en mesure de justifier les sommes déduites par la présentation d'un devis ou de factures, d'une lettre de réclamation des loyers impayés restée sans réponse, ou de tout autre justificatif.

Règle

Le dépôt de garantie ne constitue ni un loyer d'avance ni une garantie bancaire : il ne peut être utilisé par le bailleur qu'à la fin du bail et uniquement pour couvrir les manquements dûment justifiés. Toute déduction opérée sans justificatif peut être contestée par le locataire.

Le dépôt de garantie ne dispense pas le locataire de payer le loyer et les charges à leur échéance, ni le propriétaire de ses obligations de délivrance et d'entretien en cours de bail.

Quel est le montant du dépôt de garantie ?

Le montant du dépôt de garantie dépend de la nature du logement (vide ou meublé) et de la périodicité du paiement du loyer. La loi fixe des plafons stricts, que le bailleur ne peut pas dépasser, ni même renegotier en cours de bail.

Pour un logement vide, lorsque le loyer est payable d'avance chaque mois ou tous les 2 mois, le propriétaire peut exiger un dépôt de garantie à la signature du bail. Le montant du dépôt de garantie ne doit pas dépasser 1 mois de loyer hors charges, et il doit être indiqué dans le bail. Le propriétaire ne peut pas augmenter le montant du dépôt de garantie en cours de bail, ni au renouvellement du bail.

Pour un logement meublé, les mêmes règles de périodicité s'appliquent, mais le plafond est double : le dépôt de garantie ne doit pas dépasser 2 mois de loyer hors charges. Lorsque le loyer est payable d'avance chaque trimestre, le dépôt de garantie est interdit, quel que soit le type de logement.

Règle

En pratique, le dépôt de garantie correspond donc le plus souvent à 1 mois de loyer hors charges dans un bail d'habitation vide classique (3 ans) et à 2 mois de loyer hors charges dans un bail meublé (1 an). Le calcul se fait toujours sur le loyer hors charges, c'est-à-dire sans les provisions pour charges récupérables ni la participation aux dépenses pour charges de copropriété.

  • Logement vide, loyer mensuel ou bimestriel : dépôt de garantie plafonné à 1 mois de loyer hors charges.
  • Logement meublé, loyer mensuel ou bimestriel : dépôt de garantie plafonné à 2 mois de loyer hors charges.
  • Loyer payable chaque trimestre : dépôt de garantie interdit.
  • Bail mobilité : dépôt de garantie interdit — le bailleur a l'interdiction de le réclamer, même si une clause du bail le prévoit.

Dans les départements et régions d'outre-mer, des règles spécifiques peuvent s'appliquer au dépôt de garantie ; il est recommandé de se renseigner auprès de l'Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil) locale.

Quand et comment verser le dépôt de garantie ?

Le versement du dépôt de garantie est rattaché à un moment précis — la signature du bail — et peut s'effectuer par plusieurs moyens de paiement. La loi encadre également les sommes que le bailleur est en droit de recevoir à cette occasion.

Lorsque le propriétaire peut exiger un dépôt de garantie, ce montant doit lui être versé à la signature du bail. Le paiement peut être effectué par chèque, virement ou espèces. Si le locataire paie le dépôt de garantie en espèces, il peut exiger que le propriétaire (ou l'agence immobilière) lui donne un reçu qui prouve que la somme remise correspond au montant du dépôt de garantie.

À la signature du bail d'habitation, le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut recevoir du locataire le paiement du loyer, du dépôt de garantie et des frais d'agence immobilière liés à la mise en location (état des lieux, visite du logement…). Mais obliger le locataire à verser d'autres sommes pour obtenir la signature du bail est interdit, même si cette obligation est prévue par une des clauses du bail.

Règle

Le dépôt de garantie n'est pas un mois de loyer d'avance : il reste la propriété du locataire tant qu'aucune déduction n'est justifiée, et il doit lui être restitué à la fin du bail. Le bailleur ne peut pas l'utiliser pour couvrir un impayé de loyer en cours de bail.

En cas de changement de propriétaire durant le bail (vente ou cession gratuite du logement), c'est au nouveau propriétaire de restituer le dépôt de garantie au locataire. En cas de changement d'agence immobilière en cours de bail, c'est à la nouvelle agence de le restituer.

Des aides pour payer le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie représente souvent une somme importante pour les ménages modestes. Deux dispositifs permettent de financer tout ou partie de cette somme : l'avance Loca-Pass et le fonds de solidarité pour le logement (FSL).

Le locataire qui a de faibles revenus peut demander une aide pour payer le dépôt de garantie. Il peut notamment s'agir de l'avance Loca-Pass, attribuée par Action logement, ou de l'aide attribuée par le fonds de solidarité pour le logement (FSL).

L'avance Loca-Pass prend la forme d'une avance sans intérêt destinée à couvrir le dépôt de garantie, remboursable mensuellement par le locataire selon un échéancier convenu avec l'organisme. Le FSL, quant à lui, est géré au niveau départemental et peut attribuer une aide à la fois pour le dépôt de garantie et pour l'entrée dans le logement (déménagement, premier loyer).

Règle

Les conditions d'attribution (plafonds de ressources, composition du ménage, type de logement) varient selon les dispositifs et les départements. Il convient de se renseigner auprès d'Action logement, de son bailleur social ou du service social du département avant le versement du dépôt de garantie, car l'aide doit généralement être demandée avant la signature du bail ou dans un délai court après l'emménagement.

Ces aides ne couvrent pas systématiquement la totalité du dépôt de garantie ; le solde, s'il en reste, reste à la charge du locataire.

Délais de restitution du dépôt de garantie

À la fin du bail, le locataire doit restituer les clés et le propriétaire doit restituer le dépôt de garantie. Le délai de restitution dépend de la conformité de l'état des lieux de sortie par rapport à l'état des lieux d'entrée, et il court à partir de la remise effective des clés.

Lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, le propriétaire (ou l'agence immobilière) doit rendre le dépôt de garantie dans un délai maximum de 1 mois. Lorsque l'état des lieux de sortie n'est pas conforme à l'état des lieux d'entrée, ou lorsque l'état des lieux n'a pas pu être établi, le délai de restitution est porté à 2 mois.

Le délai commence à partir du jour où le locataire rend les clés du logement, soit en mains propres, soit par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Lors de la remise des clés, le locataire doit indiquer au propriétaire (ou à l'agence immobilière) ses nouvelles coordonnées (nouvelle adresse et RIB) : sans cette information, le bailleur ne peut pas effectuer le virement de la restitution et la pénalité de retard ne s'applique pas.

Règle

Le montant rendu au locataire peut être inférieur au montant versé à l'origine, à cause de retenues ou de provisions sur charges. Le locataire doit alors recevoir, en même temps que le solde, le détail des retenues et leurs justificatifs.

SituationDélai maximum de restitution
État des lieux de sortie conforme à l'état des lieux d'entrée1 mois à partir de la remise des clés
État des lieux de sortie non conforme à l'état des lieux d'entrée2 mois à partir de la remise des clés
État des lieux de sortie non fait (impossible à établir amiablement)2 mois à partir de la remise des clés

Ces délais s'appliquent tant pour les logements vides que meublés. Le locataire peut suivre l'échéance à l'aide du simulateur officiel de remboursement du dépôt de garantie disponible sur Service-Public.gouv.fr.

Retenues, provisions et justificatifs

La restitution du dépôt de garantie peut être amputée de retenues (impayés, dégradations) ou d'une provision sur les charges de copropriété. Ces mécanismes sont strictement encadrés : le bailleur doit pouvoir justifier chaque euro retenu.

Une retenue est une somme que le propriétaire (ou l'agence immobilière) peut garder sur le dépôt de garantie. Cette somme peut correspondre à un montant restant dû par le locataire, par exemple un impayé de loyers ou de charges, des frais liés à des dégradations ou à des travaux locatifs non faits.

En cas de retenue, le propriétaire (ou l'agence immobilière) doit remettre au locataire des documents justificatifs. Il peut notamment s'agir des états des lieux d'entrée et de sortie, de photos, d'un constat fait par un commissaire de justice (anciennement constat d'huissier de justice), de factures ou devis de travaux, ou d'une lettre de réclamation des loyers impayés restée sans réponse.

Règle

Lorsque le logement fait partie d'une copropriété, le propriétaire (ou l'agence immobilière) doit faire un arrêté des comptes de charges provisoire. Il peut conserver une provision jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. Le montant de la provision doit être fixé à l'appui de documents justificatifs et ne doit pas dépasser 20 % du montant du dépôt de garantie. Dans le mois qui suit l'approbation définitive des comptes de l'immeuble, le propriétaire doit faire la régularisation définitive des comptes de charges et rendre le solde au locataire.

Le locataire et le propriétaire (ou l'agence immobilière) peuvent convenir de solder immédiatement l'ensemble des comptes sans attendre l'approbation des comptes de l'immeuble. Le locataire peut contester toute retenue qu'il juge abusive, en demandant les justificatifs et, à défaut de réponse satisfaisante, en engagent les démarches amiables puis judiciaires détaillées plus loin.

États des lieux : entrée non faite et sortie impossible

L'état des lieux est le document de référence qui permet de comparer l'état du logement à l'entrée et à la sortie. Lorsqu'il n'a pas été établi, ou qu'il ne peut pas l'être amiablement, la loi prévoit des règles de répartition de la charge de la preuve et fait intervenir un commissaire de justice.

Si l'état des lieux d'entrée n'a pas été fait, tout dépend de la raison de cette absence. Lorsque le propriétaire refuse de faire l'état des lieux d'entrée, le locataire doit lui adresser une mise en demeure de le faire ; si le refus persiste, le propriétaire devra prouver en fin de bail avoir donné le logement en bon état d'usage pour faire valoir les dégradations causées par le locataire. Lorsque c'est le locataire qui refuse, ou lorsque ni le locataire ni le propriétaire n'a exigé le document (négligence commune), le locataire est considéré comme ayant reçu le logement en bon état de réparations locatives : il devra le rendre en bon état, sauf s'il peut prouver le mauvais état initial du logement, par exemple par des photographies réalisées par un commissaire de justice (démarche payante). Pour les autres réparations (travaux à la charge du bailleur ou vétusté), c'est au propriétaire de démontrer qu'elles sont imputables au locataire.

L'état des lieux de sortie amiable est impossible lorsque l'une des parties ne se rend pas au rendez-vous, refuse de faire l'état des lieux ou refuse de signer. Il faut alors faire appel à un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire), qui se chargera de l'état des lieux, aussi appelé constat locatif. Le commissaire de justice peut être contacté par le propriétaire ou par le locataire ; les frais demandés sont partagés par moitié entre les deux parties. Le tarif du commissaire de justice pour un constat locatif est réglementé et dépend notamment du lieu de son intervention (métropole ou départements et régions d'outre-mer).

Règle

Le commissaire de justice avertit le locataire et le propriétaire du rendez-vous au moins 7 jours à l'avance par lettre recommandée avec accusé de réception. Même en l'absence de l'une des parties, il établit un rapport dont les constatations s'imposent au locataire et au propriétaire, sans contestation possible. Si le locataire n'est pas présent, le propriétaire doit saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement : le juge constatera le refus du locataire et désignera un commissaire de justice pour obtenir la remise des clés. Si le propriétaire n'est pas présent, le locataire peut restituer les clés par lettre recommandée avec accusé de réception et, en l'absence d'état des lieux de sortie, il est considéré comme ayant remis le logement en bon état.

Dans tous les cas, la présence aux rendez-vous d'état des lieux et la conservation d'un exemplaire signé du document constituent les meilleures protections du locataire comme du propriétaire en cas de litige sur les dégradations.

Retard de restitution : mise en demeure et pénalité

Lorsque le propriétaire (ou l'agence immobilière) ne rend pas le dépôt de garantie dans le délai légal, le locataire dispose d'un arsenal encadré : mise en demeure, pénalité automatique de retard, puis procédure amiable ou judiciaire selon le montant en jeu.

Lorsque le propriétaire ne rend pas le dépôt de garantie dans le délai prévu, le locataire doit mettre en demeure le propriétaire (ou l'agence immobilière) de le lui rendre. Cette mise en demeure se fait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Ensuite, le montant du dépôt de garantie à rendre au locataire est augmenté d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé.

Cette pénalité de retard s'applique automatiquement, sans qu'il soit nécessaire de la demander au juge, dès lors que la mise en demeure est adressée et que le retard est imputable au bailleur. En revanche, la pénalité ne s'applique pas lorsque le retard est provoqué par le fait que le locataire n'a pas indiqué au propriétaire sa nouvelle adresse lors de la remise des clés.

Calcul de la pénalité de retard

lignes

  • Dépôt de garantie versé : 90 € ; loyer mensuel hors charges : 120 € ; retard : 5 mois.
  • Pénalité par mois de retard : 120 × 10 / 100 = 12 €.
  • Pénalité pour 5 mois de retard : 5 × 12 = 60 €.
  • Montant total dû au locataire : 90 + 60 = 150 €.

Règle

Lorsque le propriétaire refuse de rendre le dépôt de garantie malgré la lettre recommandée, le locataire doit engager d'autres démarches, qui dépendent du montant dû : la procédure amiable est obligatoire en dessous de 5 000 €, tandis qu'au-delà le juge peut être saisi directement (voir la section consacrée à la contestation).

Le locataire doit conserver la preuve de la remise des clés (accusé de réception ou récépissé de remise en mains propres) : c'est cette preuve qui démarre le délai de restitution et, le cas échéant, la pénalité de retard.

Contester les retenues et saisir le juge

Le locataire peut contester les retenues opérées sur le dépôt de garantie, ou le refus de restitution totale. La procédure dépend du montant réclamé : une démarche amiable est obligatoire pour les petits montants, tandis que le juge peut être saisi directement pour les montants supérieurs à 5 000 €.

Lorsque le montant dû par le propriétaire est de moins de 5 000 €, le locataire doit d'abord engager une démarche amiable en faisant intervenir soit un conciliateur de justice (démarche gratuite), soit la commission départementale de conciliation (CDC) (démarche gratuite), soit un médiateur civil (démarche payante). Cette procédure est obligatoire pour pouvoir par la suite, éventuellement, saisir le juge.

Lorsque le montant dû est de plus de 5 000 €, le locataire peut saisir le juge directement. Il peut néanmoins, s'il le souhaite, engager d'abord une démarche amiable en faisant intervenir un conciliateur de justice, la commission départementale de conciliation ou un médiateur civil, afin d'éviter, si possible, une procédure judiciaire.

Règle

Le locataire qui souhaite saisir le juge doit le faire dans un délai de 3 ans à partir du jour où le dépôt de garantie aurait dû être rendu. Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement loué. Le locataire peut demander, en plus du remboursement du dépôt de garantie et des retenues contestées, l'application de la pénalité de 10 % par mois de retard et, le cas échéant, des dommages et intérêts.

  • Moins de 5 000 € : démarche amiable obligatoire (conciliateur de justice, CDC ou médiateur civil), puis juge si nécessaire.
  • Plus de 5 000 € : saisine directe du juge possible, démarche amiable facultative.
  • Délai pour agir : 3 ans à compter du jour où le dépôt de garantie aurait dû être restitué.
  • Juge compétent : juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement.

La contestation des retenues peut également passer par les modèles de lettres et procédures en ligne proposés par l'Institut national de la consommation (INC), notamment pour contester la facture des travaux de remise en état de l'ancien logement.

Déduire le dépôt du dernier loyer : une pratique interdite

Une idée reçue consiste pour le locataire à retenir le dépôt de garantie sur le dernier loyer, en considérant qu'il s'agit d'un « mois de garanti ». Cette pratique est illégale et expose le locataire à des sanctions sérieuses.

Le locataire doit payer l'intégralité du loyer et des charges au propriétaire (ou à l'agence immobilière) à la date convenue, jusqu'à la fin du bail. Il a interdiction de déduire du dernier loyer le montant du dépôt de garantie, même en cas de litige sur les retenues.

Si le locataire déduit du dernier loyer le montant du dépôt de garantie, plusieurs conséquences s'enchaînent : le propriétaire ne lui délivre pas de quittance de loyer — or la quittance de loyer est indispensable pour recevoir une aide au logement ; le propriétaire peut, sans avoir recours au juge, faire une saisie conservatoire du montant qui lui est dû sur le compte bancaire du locataire ; enfin, le propriétaire peut demander au juge de condamner le locataire à lui payer le loyer impayé et des dommages et intérêts, en saisissant le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement loué.

Règle

La restitution du dépôt de garantie est donc toujours une démarche postérieure à la fin du bail, distincte du paiement des derniers loyers. Le locataire règle ses derniers loyers, restitue les clés après état des lieux de sortie, puis attend — ou réclame — la restitution du dépôt dans le délai légal.

Cette règle protège le propriétaire contre les retenues abusives du locataire, tout en conservant au locataire son droit de contestation encadré (mise en demeure, démarche amiable, juge) en cas de restitution indue.

Qui peut aider le locataire ?

Le locataire confronté à un litige sur le dépôt de garantie, ou à des difficultés pour le financer, dispose de plusieurs relais d'information et d'accompagnement gratuits.

L'Agence départementale pour l'information sur le logement (Adil) fournit une information juridique gratuite sur les rapports locatifs : plafonds du dépôt, restitution, retenues, contestation. Chaque département dispose de sa propre Adil, rattachée au réseau de l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement).

Règle

Le locataire peut également se tourner vers la commission départementale de conciliation, le conciliateur de justice ou l'Institut national de la consommation (INC) pour des modèles de lettres et des procédures de contestation. En cas de besoin de financement du dépôt de garantie, Action logement (avance Loca-Pass) et le fonds de solidarité pour le logement (FSL) du département sont les interlocuteurs compétents.

  • Adil : information juridique gratuite sur le dépôt de garantie et les rapports locatifs (anil.org).
  • Action logement : avance Loca-Pass pour financer le dépôt de garantie des salariés du secteur privé.
  • FSL : aide du département pour le dépôt de garantie et les frais d'entrée dans le logement.
  • Conciliateur de justice / CDC : démarche amiable gratuite en cas de litige avec le bailleur.
  • INC : modèles de lettres pour contester les retenues et la facture des travaux.

Ces organismes ne se substituent pas au juge : ils permettent de résoudre la majorité des litiges locatifs à l'amiable, dans un délai plus court et sans frais de procédure (hors médiateur civil payant).

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Dépôt de garantie dans un bail d'habitation

    Vérifiée le 2026-09-19

    Ouvrir

Voir aussi

Les plafonds du dépôt de garantie, les délais de restitution et la pénalité de retard sont fixés par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 concernant les rapports locatifs. Vérifier les dernières évolutions auprès de l'Adil de votre département ou d'un conseiller juridique avant d'engager une contestation.

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